Quand les intellectuels africains répondent à Nicolas Sarkozy : contre le discours de Dakar


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"Le courage...c'est d'aller à l'idéal et de comprendre le réel"
(Jean Jaurès, 1903)

 

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Etudiant à Sciences Po Grenoble et militant socialiste depuis octobre 2003, je suis un passioné de politique et je cherche à m'investir au maximum dans les affaires de la cité.

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Gilles

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Jeudi 9 juillet 2009

Parlement européen, site de Strasbourg. Avec tout le travail que j'ai au sein du groupe socialiste au Parlement européen, je suis quelque peu à la ramasse ces temps-ci.

 

Et pourtant, il s'en passe des choses à Bruxelles et à Strasbourg, avec la nouvelle législature qui doit prendre ses quartiers lundi prochain à compter de minuit. D'ailleurs, les députés et leurs assistants s'apprêtent à se rendre dans la capitale alsacienne pour la séance plénière inaugurale. Malheureusement, votre serviteur ne sera pas de la fête et devra se contenter de voir la séance de son ordi ! Maigre cadeau de consolation ! (RIRES)

 

Toujours est-il que les différents groupes politiques préparent la prochaine législature et apparemment, il ne devrait pas avoir de grands changements puisque le Parti populaire européen (PPE), le groupe Socialiste et Démocrate (c'est le nouveau nom du PSE au sein de l'hémicycle mais je vous en parlerai ultérieurement !) et les libéraux démocrates de l'Alliance des Libéraux et des Démocrates pour l'Europe ont reconduit l'accord technique de majorité. En clair, une grande coalition, à l'image de ce qu'il existe en Allemagne et qui existe depuis les années 1990. Bref, pas de changements si ce n'est que les chrétiens démocrates et les socialistes conserveront leur liberté de vote ! C'est déjà ça !

 

Nick Griffin, leader du British National Party, député européen. Je vous parlais d'absence de nouveauté ? En fait pas tout à fait car si le groupe PSE a changé de nom (suite à l'arrivée des députés du Parti démocratique italien qui siégeaient jusqu'ici au sein de l'ADLE), l'hémicycle version 2009 - 2014 verra également la présence des europhobes de tout poils tels que les conservateurs britanniques qui ont réussi à créer un groupe parlementaire au nom contradictoire, celui d'ECR (European conservatives and reformists, les Conservateurs et réformateurs européens, tout un programme !) dans lequel on retrouve les Polonais du parti PiS (Ordre et justice) des frères Kaczynski et les amis de Berlusconi. Ajoutons à cela les extrémistes belges (plus précisément flamands) du Vlaams Belang, les extrémistes britanniques du BNP (British National Party), les néo-fascistes du Mouvement social italien et de la Ligue du nord sans oublier les Le Pen père et fille, actuellement non-inscrits mais qui devraient sans doute intégrer le groupe "Identité, Tradition Souveraineté". Bref, une centaine de députés europhobes qui n'hésiteront pas à mettre le désordre lors des débats ! A ce propos, l'un d'entre eux, un Britannique, Nick Griffin, leader du BNP et fraîchement élu, a déclaré que pour résoudre la question de l'immigration clandestine, il fallait tout simplement torpiller les bateaux de clandestins et renvoyer les râteaux en Libye, histoire de décourager les candidats au voyage ! Sans commentaires !

 


Intérieur du Parlement européen, à Strasbourg lors de l'effondrement du faux plafond en août 2008.

Un nouveau Parlement qui sera donc investi le 14 juillet à Strasbourg dans un Parlement qui connait des problèmes de sécurité si on en croit Jean Quatremer. De fait, il semblerait que les poutrelles de l'hémicycle ne soient pas totalement ignifugées. En gros, si un incendie se produisait, les conséquences seraient très lourdes. Malgré tout, cela n'a pas empêché les parlementaires européens de se réunir dans la capitale alsacienne tout comme cela n'a pas empêché le débat sur l'installation définitive du Parlement à Bruxelles d'être relancé. Les députés, ayant échappé à l'effondrement du fond plafond en août dernier, le débat risque d'être passionnant, une écrasante majorité souhaitant que l'essentiel des travaux se déroulent dans la capitale belge !

 

Bref, au Parlement, on est loin de chômer et les vacances, ce n'est pas pour tout de suite ! Mais bon, je ne vais pas me plaindre pour autant, bien au contraire !

Par Gilles - Publié dans : Je vous parle d'Europe
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Jeudi 9 juillet 2009

Les Verts auraient-ils les yeux plus gros que le ventre ?

 

Daniel Cohn-Bendit et Eva Joly, tous deux candidats aux Européennes de juin dernier, élus depuis. Depuis leur succès aux élections européennes le mois dernier (16,2% des voix et 14 députés, talonnant de très près le PS), les écologistes ont le vent en poupe et se sentent pousser des ailes. Car ces temps-ci, tout le monde se sent écolo - en particulier Nicolas Sarkozy qui, comme par hasard, n'a pas nommé Claude Allègre au gouvernement et annoncé un plan ambitieux en matière d'énergie verte - et tout le monde veut tirer profit de cet intérêt soudain pour la cause écologique.

 

Aussi, les mouvements écologistes se sentent pousser des ailes et envisagent l'avenir en pensant fortement aux régionales de mars 2010. A ce titre, Daniel Cohn-Bendit a prôné des listes autonomes vis-à-vis du PS et ce dès le premier tour. Autrement dit, se démarquer par rapport à un parti qui est à la tête de la quasi-totalité des régions, histoire de rééditer la belle performance des européennes !

 

Les Ecologistes ont réalisé une bonne campagne et eu un succès incontestable, cela ne fait aucun doute. Seulement il convient de rappeler à nos partenaires que les régionales ne sont pas les européennes et que les enjeux ne sont pas les mêmes ! On peut comprendre la velléité d'indépendance des Verts qui ne veulent plus apparaître comme une force d'appoint du PS et, au contraire, se présenter comme une force qui rassemble large à partir des questions écologistes. Cela est d'autant plus compréhensible en raison du score de juin dernier qui remet les compteurs à zéro à gauche : les écologistes souhaitent désormais parler d'égal à égal avec les socialistes et montrer qu'ils peuvent également prendre les rênes de la gauche. C'est du moins ce que l'on comprend lorsqu'on lit les déclarations de Cohn-Bendit dans Libération de ce jeudi à propos des régionales : «S’il y a un système électoral à deux tours, il est normal qu’une force politique émergente se présente avec son programme, ses personnalités, et puis, le soir du premier tour, on voit le rapport et on fait des alliances, sinon ce n’est pas la peine d’avoir un système électoral à deux tours» dixit l'actuel député européen.

 

L'intention est louable mais une telle attitude n'est pas sans risque. D'une part, elle risque de créer le contraire de l'effet recherché - à savoir, favoriser la droite. Pire, cela pourrait se retourner contre les Verts si ces derniers cherchent uniquement à "se compter" comme l'a si bien souligné Jean-Marc Ayrault, député-maire de Nantes et président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale.

 


Militants verts fêtant la "victoire" d'Europe écologie lors des résultats des élections européennes, le 7 juin dernier.
 

Il faut en effet rappeler que le vote écologiste a rarement dépassé la barre des 10% en France, toutes élections confondues, depuis l'apparition de l'écologie politique sur la scène politique nationale à la fin des années 1980. Dès lors, son score des Européennes est l'exception qui confirme la règle dans la mesure où il était l'expression d'un vote sanction à l'égard du PS mais aussi d'émotion par rapport à la question environnementale, le grand débat du moment dans l'agenda politique. Aussi, la stratégie d'autonomie est tout sauf productive dans la mesure où d'une part cela pourrait favoriser l'UMP et d'une part pourrait réserver de mauvaises surprises aux écologistes quant au poids qu'ils espèrent peser au sein des assemblées régionales.

 

Les Ecologistes sont en situation de force et auraient beaucoup à gagner d'une union avec l'ensemble des forces de gauche et des progressistes et ce, dès le premier tour, en partant sur des bases claires et un socle programmatique solide. Au lieu de cela, on se sent pousser des ailes et on affiche des objectifs qui sont en réalité difficile à atteindre concrètement. Les Verts ont bel et bien les yeux plus gros que le ventre mais tout dépend au final de l'attitude du PS dans les prochains mois qui, s'il souhaite conserver son leadership naturel au sein de la gauche, doit mieux considérer ses partenaires et travailler sur un projet ambitieux et novateur.

Par Gilles - Publié dans : Actualité politique
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Mercredi 8 juillet 2009

Hier, les instances dirigeantes du PS se sont réunies à Marcoussis (Essonne) dans le centre d'entraînement du XV de France de rugby dans le cadre d'un séminaire afin de retrouver cohésion et esprit d'équipe mais aussi redonner du sens à notre formation.

 

Parmi les thèmes abordés, la nécessité d'ouvrir le Parti socialiste ainsi que l'élaboration d'un Tour de France du projet, dans lequel, le premier parti de gauche sera confronté à des analystes mais également des Français afin de présenter un programme pour l'horizon 2011. Selon Christian Paul, député de la Nièvre : "Cette journée doit permettre de fixer nos repères politiques et intellectuels. Autrement dit, d'amorcer le travail de fond sur lequel nous avons pris beaucoup de retard au cours des dernières années". Autrement dit, mettre le parti au travail en changeant une fois pour toutes les méthodes.

 

Ce séminaire s'est déroulé sans la présence de Ségolène Royal et de Bertrand Delanoë qui loin d'être affaiblis, demeurent en position de force si on en croit un papier paru sur le blog Puzzle socialiste de ce mercredi. En effet, la teneur de la réunion de Marcoussis et les orientations prises avaient des accents plus ou moins ségolistes notamment en ce qui concerne l'ouverture et la stratégie vis-à-vis de l'échéance 2012.

 

En effet, depuis la sévère défaite aux Européennes de juin dernier, la direction menée par Martine Aubry doit donner de sérieuses garanties en ce qui concerne un changement d'attitude à l'égard de notre électorat, qu'il est impératif de retrouver en sa totalité. Dès lors, les quelques idées qui ont été lancées reprennent assez celles de Ségolène Royal, propositions qui furent rejetées lors du congrès de Reims de novembre dernier. Ainsi, le Tour de France du projet (clin d'oeil à l'actualité cycliste du moment) ressemble assez à l'idée de démocratie participative défendue par l'actuelle présidente de la région Poitou-Charentes.

 

Qui plus est, il faut rappeler le contexte politique qui a récemment changé avec les Européennes notamment avec le net recul du Modem et la forte percée des Ecologistes. En effet, si durant longtemps, la ligne défendue par Martine Aubry était le refus d'une alliance avec le Modem, celle-ci demeure invalidée en raison du succès des Verts qui ne jurent désormais que par autonomie, ce qui pourrait finalement pousser la direction de mon parti à reconsidérer son rapport avec la formation de François Bayrou notamment dans le cadre des régionales, élections capitales tant qu'il va de la crédibilité de notre parti.

 

Martine Aubry, première secrétaire du PS, et Ségolène Royal, présidente de la région Poitou-Charentes, lors de la réunion de Rezé en mai dernier dans le cadre des Européennes. Aussi, toutes les orientations prônées par Ségolène Royal durant des mois semblent de nouveau trouver de l'écho au sein de l'équipe de Martine Aubry dont le souci majeur reste de recréer une dynamique d'unité et de cohésion au sein de notre mouvement. Dès lors, si l'initiative de Martine Aubry semble intéressante celle-ci doit être désormais suivie des faits notamment en impliquant les militants mais également l'ensemble des ONG, membres de la société civile et autres associations proches de nous. D'ailleurs notre première secrétaire n'a pas manqué de rappeler cela en utilisant la métaphore rugbalistique suivante : "Dans la mêlée, il faut pousser fort et dans le même sens, je crois que les rugbymen savent qu'on ne joue jamais seul. Si on fait une tentative individuelle, tout le monde perd"

 

C'est justement de notre capacité à la jouer collectif et en nous rassemblant que nous pourrons proposer un projet sérieusement réfléchi et travaillé aux Français, opposant ainsi une autre alternative à la politique du chacun pour soi prônée par la majorité.

Par Gilles - Publié dans : La boîte à idées
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Mercredi 8 juillet 2009

Comme vous le savez, c'est LE sujet de conversation depuis des jours dans les quatre coins de la planète.

 

Michael Jackson, le roi de la pop, nous a quittés le 25 juin dernier et plus de dix jours après sa brutale disparition, l'émotion reste toujours aussi vive.

 

Mon blog étant exclusivement consacré à l'actualité politique, je n'ai pas évoqué la mort de l'artiste sur mon site. Cependant, j'ai trouvé une vidéo dans laquelle nos responsables politiques français rendent hommage à ce Mozart du XX° siècle à leur façon !

 

A visionner sans modération sous les airs de "Don't stop 'til you get enough !"

 

Bonne lecture vidéo !

 

Gilles

Par Gilles - Publié dans : Le fil rouge
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Lundi 6 juillet 2009

Daniel Duquenne (au centre de la photo), candidat divers gauche, arrivé en tête du second tour la municipale partielle à Hénin-Beaumont (Nord) avec 52% des voix (en compagnie de ses partisans) hier soir à l'annonce des premières estimations. Les résultats du second tour de la municipale partielle d'Hénin Beaumont (Nord) ont donné la victoire à Daniel Duquenne, tête de liste de gauche avec 52% des suffrages contre 48% pour la liste FN menée par Steve Briois et Marine Le Pen.

 

La (re)conquête n'a donc pas eu lieu hier soir, la ville restant dans le giron de la gauche républicaine, les appels à la mobilisation et au sursaut républicain ayant visiblement fonctionné, ce qui n'a pas empêché Marine Le Pen d'avoir le sourire, ce qui est inquiétant au passage !

 

En effet, avec un taux de participation en hausse - 62% - le FN recueille élevé qui lui permet de crier victoire, transformant ainsi sa défaite en succès électoral. En gros, c'est "qui perd gagne" pour la fille du capitaine. A mon sens, une défaite trop lourde aurait lourdement handicapé l'actuelle députée européenne dans la course à la succession de Jean-Marie Le Pen, ce dernier voyant son mandat de président du FN expirer fin 2010.

 

Dès lors, si les valeurs de la République ont été préférées à la solution de facilité qu'est le Front national, il n'en demeure pas moins que les partis de gouvernement doivent faire preuve de vigilance et tirer les leçons de ce scrutin. Cela vaut particulièrement pour le Parti socialiste qui a vu son image sérieusement écornée dans une ville qui est pourtant un de ses bastions historiques. D'ailleurs Martine Aubry, notre première secrétaire ne s'y est pas trompée en déclarant que : "l'exaspération et la colère se sont exprimées lors de cette élection. Nous devons tout faire pour réunir à nouveau les forces de progrès et accompagner une politique qui redonnera sa fierté à Hénin-Beaumont."

 

Car si le vote FN était et reste pour moi la pire des solutions - les habitants de Vitrolles (Bouches-du-Rhône), de Toulon (Var), de Marignane (Bouches-du-Rhône également) et d'Orange (Vaucluse) s'en souviennent amèrement - il n'en demeure pas que le résultat de Marine Le Pen doit être étudié avec sérieux et que nos responsables politiques ne contenteront pas des discours tout faits et à convenir face au Front national.

 

Marine Le Pen, députée européenne non-inscrite et seconde de la liste FN menée par Steve Briois (à gauche de la photo) lors du scrutin municipal partiel à Hénin-Beaumont hier. De fait, si 48% des électeurs héninois exprimés ont porté leurs suffrages sur la formation de Jean-Marie Le Pen, c'est moins pour exprimer un racisme ou un sentiment xénophobe mais plus pour souligner un ras-le-bol des partis de gouvernement dont certains de leurs éléments se compromettent assez gravement dans des affaires de corruption et de mœurs. Le Front national, version Marine Le Pen, axe doucement mais sûrement sa stratégie sur une dénonciation d'un système considéré comme élitiste, vendu et ayant trahi la confiance des électeurs. Il renoue donc avec un populisme "doux" si j'ose dire dans la mesure où il n'est pas ouvertement raciste, rompant ainsi avec l'image sulfureuse qu'il a donnée dans les années 1980 et 1990.

 

Aussi, il est du devoir des partis républicains et notamment du Parti socialiste de redonner espoir mais surtout de donner l'exemple notamment en se séparant d'élus qui se compromettent dans des affaires de corruption ou de mœurs, et ce, loin de tout calcul et/ou considération politique. En effet, si nos responsables politiques n'ont pas ce courage politique, les mêmes causes produiront les mêmes effets, donnant ainsi au Front national des armes pour dénoncer l'établissement, un thème qui lui tient à cœur tant qu'il sait qu'il retrouve un écho certain dans une frange de la population qui croient à la politique et aux discours des partis de gouvernement. A ce titre, le cas d'Hénin Beaumont est assez révélateur dans la mesure l'ancien maire, Gérard Dalongeville, s'est compromis dans des affaires de détournement de fonds, ce qui est condamnable à mon sens car si les élus locaux sont appréciés, ce n'est pas pour rien. Bien au contraire, ils sont censés être au plus près des habitants et de leurs préoccupations. A charge pour Daniel Duquenne de redonner confiance aux habitants de Hénin-Beaumont afin qu'ils n'expriment plus leur désarroi en votant FN.

Par Gilles - Publié dans : Actualité politique
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