Quelle belle surprise ! Après plusieurs jours de suspense insoutenable, de vrais-fausses déclarations, Monsieur Nicolas Sarkozy, vice-premier ministre de l'Intérieur nous annonce qu'il est candidat. Alléluia !

Manque de pot pour lui, c'est Libération qui s'est chargé de l'effet de surprise en publiant avant l'heure, l'entretien qu'il a accordé à six quotidiens de la presse régionale - remarque, pour les habitants de l'Isère : ce boulimique de l'info s'est fait l'économie de s'entetenir avec le Dauphiné libéré ! Nicolas Sarkozy nous promettait une surprise ? Tu parles !
A propos de son annonce, un de ses proches, le député Dominique Paillé avait déclaré : "Jacques Chirac avait choisi lui aussi la presse régionale pour annoncer sa candidature en 1994. En employant la même méthode que lui, Nicolas Sarkozy a peut-être choisi la voie du succès. En tous cas, c'est de bon augure." Laissez-moi rire ! Sarkozy ne fait que brasser du vent, tente de rendre évenementiel, une annonce qui est attendue depuis novembre 2003 et faire à montrer qu'il est au-dessus de tout intérêt partisan en se mettant dans la peau du rassembleur.
Mascarde ! Et je n'ai pas peur de le dire. L'homme n'est pas dénoué de contradictions et elles sont nombreuses. En visitant le site internet du Monde, certains internautes affirmaient qu'il était plus clair que Ségolène Royal dans ses idées. Cela reste à démontrer : un temps, il parle de rupture, un autre temps, il se pose en une stature de rassembleur. De plus, il ose parler de "rupture tranquille" plagiant ainsi François Mitterrand qui avait fait sa campagne présidentielle de 1981 sur le thème de la "Force tranquille". Sarkozy, nouvel adepte du mitterrandisme? On rêve là !
Nicolas Sarkozy cherche à faire diversion suite à la désignation sans faille de Ségolène Royal qui elle propose un véritable projet et qui pratique réellement la politique autrement. Le président de l'UMP reste quelque peu flou et semble vouloir moucher le "débat" au combien démocratique à venir au sein de son parti. Vous le savez, la copie ne voudra en rien l'original. Sarkozy sait de toute façon qu'il sortira gagnant des débats et qu'il aura le soutien de ses groupies, le 14 janvier prochain. Les débats à venir ne sont là que pour la forme et qu'il soit mauvais ou bon, il sera investi.
Sarkozy nous fait une déclaration ambigue : est-il candidat à la candidature UMP ou candidat tout court ? Si c'est la seconde hypothèse, il est clair qu'il fera en sorte de noyer le débat tout en sauvant les apparences : un débat pour la forme, en clair.
Sarkozy cherche à montrer qu'il constitue une véritable rupture. Mais alors, comment se fait-il qu'il soit très chiraquien dans sa démarche présidentielle ? De fait, cela compte énormément ! Sarko déteste Chirac, cela ne l'empêche pas d'utiliser les mêmes méthodes pour nous séduire. La candidature de Sarkozy reste un non-évènement, et ce qu'il propose d'ailleurs. Certains attendent le débat avec impatience ? Hé ben, moi aussi ! Comme cela, nous verrons bien que le président de l'UMP ne fait que brasser du vent depuis trop longtemps et qu'il reste le roi de la contradiction à croire qu'il soit franchement schizophrène. Un peu comme Chirac. Comme quoi, Chirac et Sarkozy sont les meilleurs ennemis du monde. Le ministre de l'Intérieur s'est voulu novateur ? Il n'a été et ne sera que chiraquien dans la méthode et, à ce titre, la France a déjà donné - et moi aussi - donc Sarkozy : non merci !

Clémentine Autain et José, le 6 novembre au Mans, tous deux candidats à la candidature.
Olivier Besencenot en compagnie d'Alain Krivine.

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