A peine les élections terminées, le gouvernement se met au travail (enfin, c'est ce qu'il dit, je vous rappelle qu'au lendemain du
6 mai, François Fillon nous jurait sa volonté de s'y mettre vite !) Parmi les nombreux dossiers à traiter, on a la réforme des universités (qu'on tente de faire passer en catimini), la TVA
sociale (qui fait l'objet de critiques à gauche mais aussi à droite à en croire les dernières déclarations de Jean-Pierre Raffarin, sénateur de la Vienne) et le service minimum dans les
transports.
Il s'agit là d'un sujet épineux, il faut bien le reconnaître, d'autant plus que les transports jouent un rôle fondamental dans l'économie du pays. En quoi consiste exactement le service minimum ?
C'est la possibilité d'assurer un service dans les transports publics à certaines heures les jours de grève. Qui plus est, c'est la possibilité d'encadrer les grèves avec la mise en place du vote
à bulletin secret au bout du huitième jour de conflit social si ce dernier se perdure.

La Gare Saint-Lazare (Paris) en jour de grève (www.nouvelobs.com)
Le gouvernement Fillon - représenté par Xavier Bertrand, ministre du Travail - veut nous faire croire qu'il privilégie la concertation avec les partenaires sociaux. Bon, cela est quelque peu le cas puisque les syndicats sont conviés. Toutefois, il est précisé qu'en cas d'absence d'accord, c'est le gouvernement qui instaurera une loi-cadre mettant en place ce service minimum, la loi devant entrer en vigueur en janvier 2008.
En y réfléchissant, je me dis : "mais de qui se moque le gouvernement ?" On parle de concertation ? Mais on ne laisse que six mois
aux partenaires sociaux pour négocier un projet qui de toute façon est rejeté par ces derniers. Le service minimum n'est en rien une nouveauté, si on cherche bien. Pire, il a pour objectif de
contraindre le droit de grève en intimidant de diverses façons, les salariés.
De toute façon, le service minimum existe déjà en soi. La veille et jours de grève, les usagers restent informés de l'état du trafic notamment à Paris. Qui plus est, le dialogue social est engagé
dans certaines entreprises telle la RATP par exemple où un mécanisme de prévention des conflits existe et qui a pour but de prévenir tout mouvement social. Enfin, il faut préciser à notre cher
ministre des Transports que les salariés grévistes votent, pour la reprise du travail ou la maintien de la grève.
Aussi, le gouvernement veut nous faire croire qu'il innove et cherche à jouer la concertation. En réalité, son objectif est clair : imposer de façon autoritaire, un projet de loi qui ne produira
que peu d'effets pour les raisons que j'ai déjà évoquées. En réalité, Sarkozy, Fillon et Bertrand ont une vision bien particulière du droit de grève. Ainsi, le projet de loi prévoit
l'obligation pour le salarié de se déclarer gréviste 48 heures avant le début du conflit. Il s'agit là d'une atteinte à la liberté du travail d'autant plus que cela est
contre-productif.
Le nouveau gouvernement veut aller vite au point de faire n'importe quoi. En cela, on refait les erreurs du passé alors qu'on est censé réaliser la rupture sur ce point là ! Mais non ! On dit aux
syndicats : "Voici la loi-cadre, on vous donne six mois pour vous soumettre !" Le service minimum reste un sujet épineux qui ne peut être traité à la légère. Qui plus est, il reste
contre-productif dans la mesure où en lieu et place du dialogue, on favorise les rancoeurs et la radicalisation des parties concernées.
Comme le dit bien, Michel Destot - député-maire de Grenoble mais aussi Président du Groupement des Autorités Responsables des Transports publics (GART) - il faut promouvoir un "droit au
transport" tout en défendant le "droit de grève", l'essentiel étant de concilier ces deux impératifs. Avec cette redéfinition du service minimum, 1) on n'innove en rien 2) le gouvernement aggrave
les choses en contraignant le droit de grève l'opposant ainsi une liberté - celle de se mettre en grève - contre une autre - celle de se déplacer.
Même si je considère qu'il ne faut pas abuser du droit de grève, il n'en demeure pas moins que ce dernier reste un droit et que sa mise en restriction dans le cadre du service minimum risque de
s'avérer contre-productive. Pire, l'absence de véritable concertation entre les partenaires sociaux, les organisations patronales et le gouvernement confortera chacune des parties dans ses
positions. Aussi, si on parle de service minimum, il n'en demeure pas moins qu'on s'achemine à une contrainte maximum
Contrairement à ce que laisse présager le titre, ce dernier est tout à fait ironique. En effet, la construction européenne est à un tournant
majeur, sans doute crucial.
Jean-Marie Bockel, sénateur-maire de Mulhouse (68) et secrétaire d'Etat chargé de la Coopération et de la Francophonie
(
Fadela Amara, présidente - fondatrice de "Ni Putes, ni soumises" et secrétaire d'Etat chargée de la Ville. Autre signe d’ouverture, c’est la nomination
de Fadela Amara au poste de secrétaire d’Etat chargée de la ville auprès de Christine Boutin, ministre du Logement, de la Ville et des solidarités. La présidente – fondatrice de « Ni putes,
ni soumises » a fait, à mon sens, une erreur. Sans doute, pense-t-elle bien faire, et ce dans l’optique de « redonner espoir à la banlieue » comme elle le dit ?
Toutefois, je doute fort des capacités d’action dont elle pourra bénéficier pour peser. Enfin, sa nomination pourra être perçue comme une tentative de récupération de la part du président de la
République notamment envers les banlieues (qui restent très hostiles à Nicolas Sarkozy et on comprend pourquoi !)
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