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Dimanche 24 juin 2007

A peine les élections terminées, le gouvernement se met au travail (enfin, c'est ce qu'il dit, je vous rappelle qu'au lendemain du 6 mai, François Fillon nous jurait sa volonté de s'y mettre vite !) Parmi les nombreux dossiers à traiter, on a la réforme des universités (qu'on tente de faire passer en catimini), la TVA sociale (qui fait l'objet de critiques à gauche mais aussi à droite à en croire les dernières déclarations de Jean-Pierre Raffarin, sénateur de la Vienne) et le service minimum dans les transports.

Il s'agit là d'un sujet épineux, il faut bien le reconnaître, d'autant plus que les transports jouent un rôle fondamental dans l'économie du pays. En quoi consiste exactement le service minimum ? C'est la possibilité d'assurer un service dans les transports publics à certaines heures les jours de grève. Qui plus est, c'est la possibilité d'encadrer les grèves avec la mise en place du vote à bulletin secret au bout du huitième jour de conflit social si ce dernier se perdure.

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La Gare Saint-Lazare (Paris) en jour de grève (www.nouvelobs.com)

Le gouvernement Fillon - représenté par Xavier Bertrand, ministre du Travail - veut nous faire croire qu'il privilégie la concertation avec les partenaires sociaux. Bon, cela est quelque peu le cas puisque les syndicats sont conviés. Toutefois, il est précisé qu'en cas d'absence d'accord, c'est le gouvernement qui instaurera une loi-cadre mettant en place ce service minimum, la loi devant entrer en vigueur en janvier 2008.

En y réfléchissant, je me dis : "mais de qui se moque le gouvernement ?" On parle de concertation ? Mais on ne laisse que six mois aux partenaires sociaux pour négocier un projet qui de toute façon est rejeté par ces derniers. Le service minimum n'est en rien une nouveauté, si on cherche bien. Pire, il a pour objectif de contraindre le droit de grève en intimidant de diverses façons, les salariés. 

De toute façon, le service minimum existe déjà en soi. La veille et jours de grève, les usagers restent informés de l'état du trafic notamment à Paris. Qui plus est, le dialogue social est engagé dans certaines entreprises telle la RATP par exemple où un mécanisme de prévention des conflits existe et qui a pour but de prévenir tout mouvement social. Enfin, il faut préciser à notre cher ministre des Transports que les salariés grévistes votent, pour la reprise du travail ou la maintien de la grève. 

Aussi, le gouvernement veut nous faire croire qu'il innove et cherche à jouer la concertation. En réalité, son objectif est clair : imposer de façon autoritaire, un projet de loi qui ne produira que peu d'effets pour les raisons que j'ai déjà évoquées. En réalité, Sarkozy, Fillon et Bertrand ont une vision bien particulière du droit de grève. Ainsi, le projet de loi prévoit l'obligation pour le salarié de se déclarer gréviste 48 heures avant le début du conflit. Il s'agit là d'une atteinte à la liberté du travail d'autant plus que cela est contre-productif. 

Le nouveau gouvernement veut aller vite au point de faire n'importe quoi. En cela, on refait les erreurs du passé alors qu'on est censé réaliser la rupture sur ce point là ! Mais non ! On dit aux syndicats : "Voici la loi-cadre, on vous donne six mois pour vous soumettre !" Le service minimum reste un sujet épineux qui ne peut être traité à la légère. Qui plus est, il reste contre-productif dans la mesure où en lieu et place du dialogue, on favorise les rancoeurs et la radicalisation des parties concernées. 

Comme le dit bien, Michel Destot - député-maire de Grenoble mais aussi Président du Groupement des Autorités Responsables des Transports publics (GART) - il faut promouvoir un "droit au transport" tout en défendant le "droit de grève", l'essentiel étant de concilier ces deux impératifs. Avec cette redéfinition du service minimum, 1) on n'innove en rien 2) le gouvernement aggrave les choses en contraignant le droit de grève l'opposant ainsi une liberté - celle de se mettre en grève - contre une autre - celle de se déplacer.

Même si je considère qu'il ne faut pas abuser du droit de grève, il n'en demeure pas moins que ce dernier reste un droit et que sa mise en restriction dans le cadre du service minimum risque de s'avérer contre-productive. Pire, l'absence de véritable concertation entre les partenaires sociaux, les organisations patronales et le gouvernement confortera chacune des parties dans ses positions. Aussi, si on parle de service minimum, il n'en demeure pas moins qu'on s'achemine à une contrainte maximum

par Gilles publié dans : Actualité politique
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Vendredi 22 juin 2007

europe.jpgContrairement à ce que laisse présager le titre, ce dernier est tout à fait ironique. En effet, la construction européenne est à un tournant majeur, sans doute crucial.

 

A l’heure actuelle, se tient le Conseil européen de Bruxelles réunissant les Vingt Sept Etats de l’Union Européenne. Il s’agit de relancer la machine européenne mise à mal après les « Non » français et néerlandais au Traité Etablissant une Constitution Européenne. Pour sortir de la crise, la France présente un projet de traité simplifié, visant à un meilleur fonctionnement de l’Union et de ses institutions.

 

Sauf qu’on en connaît peu de choses du plan Sarkozy. Il est quelque peu vague et contrairement à ce qui nous est dit, il est loin de faire l’unanimité. Preuve en est, la Pologne et le Royaume-Uni qui jouent au maître chanteur, pour obtenir un maximum de concessions.

 

Le président de la République se veut volontariste, va-t-il réussir à imposer sa méthode sur le plan européen ? En effet, Nicolas Sarkozy joue gros – dans ce qui est son premier sommet européen – et a tout intérêt à ce que le Conseil européen aboutisse. Autrement dit, il est bien décidé à obtenir un accord, quel qu’en soit le prix pourvu que celui-ci puisse redorer son image de marque sur le plan européen.

 

Sarkozy l’européen ? Si seulement cela pouvait être vrai ! A l’heure où l’Europe s’embourbe dans la crise, on a un chef de l’Etat qui nous présente un mini-traité, véritable Europe à minima, véritable service minimum pour la relance européenne. Le chef de l’Etat manque cruellement d’ambition pour l’Europe, ce qui est gravissime mais il n’est pas le seul parmi les chefs d’Etat.

 

En 1994, François Mitterrand lançait devant les députés du Parlement européen à Strasbourg : « Le nationalisme, c’est la guerre ». Si l’Union Européenne est et reste une œuvre sans équivalent dans l’histoire pour rapprocher des peuples, celle-ci reste encore fragile, malgré tout. A l’heure actuelle, j’ai l’impression que les ambitions, intérêts et égoïsmes nationaux ont pris le pas sur l’ambition collective, les intérêts collectifs et les intérêts des Européens.

 

L’Union européenne est une formidable aventure qui mérite d’être poursuivie. Toutefois, elle ne peut se faire à huit clos entre Vingt Sept d’Etats assez peu europhiles au bout du compte. Qu’elle est loin l’époque du tandem Mitterrand – Kohl et Delors ! Voilà des hommes réellement européen qui ont fait avancé l’Europe de manière décisive avec notamment la mise en place de la monnaie unique, l’Euro.

 

Aujourd’hui, l’Europe manque de repères. Et surtout, les citoyens restent à l’écart de celle-ci. Sarkozy aura beau présenter un mini-traité ou traité simplifié à ses vingt-six homologues à Bruxelles, il n’en demeurent pas moins que si ces derniers restent pour la plupart modérément convaincus ou, pire plus ou moins convaincus, l’Europe continuera à s’embourber. La construction européenne ne peut plus se faire sans les citoyens que nous sommes mais encore faut-il que ceux qui nous gouvernent soient les premiers convaincus. Autrement dit, ces derniers doivent montrer l’exemple tout comme l’ont fait Mitterrand et Kohl mais aussi Giscard d’Estaing et les Pères fondateurs en leur temps.   

 

La construction européenne mérite mieux. Elle mérite qu’on croie en elle et qu’elle soit considérée par ceux qui en ont la responsabilité. Si on contente d'accords à minima et en catimini; faits sur le dos des peuples, alors l'Europe sera toujours vue avec défiance !

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par Gilles publié dans : International
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Vendredi 22 juin 2007

Jean-Marie-Bockel.jpg Jean-Marie Bockel, sénateur-maire de Mulhouse (68) et secrétaire d'Etat chargé de la Coopération et de la Francophonie (www.lepoint.fr) Dans le gouvernement Fillon II, l’accent est mis sur la présence de nombre de personnalités de gauche à des responsabilités importantes nous dit-on. Cela reste à savoir quant on sait que la plupart de ces hommes et femmes cde gauche occupent pour la quasi-totalité d’entre eux des postes de secrétaires d’Etat aux nominations plus ou moins pléthoriques. Et même si Bernard Kouchner est à la tête du Quai d’Orsay, c’est juste pour le plaisir d’être ministre que de pouvoir mener une véritable politique diplomatique qui on le sait tous désormais, reste entre les mains du chef de l’Etat.

 

Lors du gouvernement Fillon I, on n’arrêtait pas de nous sortir : « Chapeau » à propos de la nomination de Kouchner, de Hirsch, Jouyet et Besson. Soyons clair ! Kouchner était quelque peu en free-lance au sein du PS et n’était pas élu. Il en était de même pour Hirsch et Jouyet qui eux n’étaient pas encartés. Quant à « Monsieur Besson », pour finir, il faut rappeler que ce dernier avait claqué la porte du PS bien qu’étant député de la Drôme et maire de Donzère.

 

Alors on tente de ressortir l’argument de l’ouverture en nous parlant de Fadela Amara et Jean-Marie Bockel. Comme je l’ai dit précédemment, je considère que la fondatrice de « Ni putes, ni soumises » fait une grossière erreur en s’associant avec quelqu’un (en l’occurrence Christine Boutin) qui n’a pas hésité à brandir une Bible lors de la discussion du projet de loi sur le PACS – projet présenté par le gouvernement Jospin en 1999 – et qui est une catholique extrémiste. Toutefois, ce n’est pas de cela dont je veux parler.

 

La présence de « Monsieur Besson » dans le gouvernement avait fait beaucoup d’encre, ce dernier étant récompensé de sa trahison et de son arrivisme désormais évident. Mais, je dois reconnaître que Jean-Marie Bockel, l’actuel sénateur-maire de Mulhouse (67) a décidément fait plus fort que l’actuel secrétaire d’Etat chargé des Prospectives Economiques.

 

La nomination de Jean-Marie au secrétariat d’Etat à la Coopération et à la Francophonie a fait couler beaucoup d’encre et a forcément au sein du PS. En effet, l’UMP alsacienne s’est émue de la présence d’un homme qui est tout de même élu en exercice ! Jean-Marie Bockel est, rappelons-le, maire PS de Mulhouse. Autrement dit, ce dernier a été élu avec les voix de la gauche. L’attitude de l’ancien secrétaire d’Etat du gouvernement Fabius (1984 – 1986) envers ses électeurs est quelque peu méprisante, ce dernier se souciant bien plus de son fauteuil de maire que de ces derniers.

 

D’où la colère de la députée UMP du Haut-Rhin, Arlette Grooskost qui a annoncée dans la foulée, qu’elle quitterait le groupe UMP à l’Assemblée nationale. Il faut dire que cette dernière vise la place de Bockel pour les municipales de mars prochain. Elle dénonce en quelque sorte un mauvais coup : en effet, croyez-vous sincèrement que l’UMP présentera un candidat contre l’actuel maire de Mulhouse, désormais membre du gouvernement ?

 

C’est en cela que je considère Bockel comme étant le débauché parfait. Il n’hésite pas sacrifier ses convictions – encore faut-il qu’il en ait eues – et à se moquer de ses électeurs en échange d’un strapontin dans un gouvernement qui se veut d’ouverture. Jean-Marie Bockel se moque finalement de l’intérêt général et préfère les magouilles politiciennes, pourvu qu’il puisse garder sa mairie de Mulhouse en 2008.

 

Aussi, cela me fait bien rire lorsqu’on me sort que Nicolas Sarkozy fait preuve de courage lorsqu’il intègre des personnalités de gauche dans son gouvernement. Cela me fait d’autant plus rire la quasi-totalité de ces personnalités occupent des secrétariats d’Etat. Je tiens à vous rappeler que les secrétaires d’Etat jouent un rôle mineur et qu’ils sont chargés, pour l’essentiel, de missions. Ils restent soumis à un ministre de tutelle qui décide de la suite ou non de leurs initiatives. Enfin, ils ne participent au Conseil des ministres que lorsqu’ils sont invités, autant dire pas souvent.

 

Ainsi, quand la droite se gausse d’avoir réalisé l’ouverture, je me dis qu’elle est bien hypocrite. Nicolas Sarkozy et son chambellan François Fillon ont su flatter les ego de personnes désireuses de participer à un gouvernement quelle qu’en soit la couleur politique, les idées et orientations politiques et ce, en dépit des conséquences. Mais après tout, ce sont des êtres humains, remplis de convictions mais aussi (et surtout, j’ose dire) de contradictions. C’est cela aussi la vie politique !

par Gilles publié dans : Actualité politique
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Jeudi 21 juin 2007

Suite à la présentation du gouvernement Fillon II, j'ai eu deux commentaires assez intéressants de Serge, un bloggeur de droite nordiste. En voici des extraits :

"Je ne peux préjuger par avance ce que feront les nouveaux venus, je ne suis  pas  voyant mais une chose est certaine : ce que la gauche n'a  pu faire en matiére d'ouverture N.S. l'a fait . Je dirais que la discrimination positive est un bon moyen de promotion  et d'accés à des responsabilités aux  personnes venues de divers horizons et notamment issues de l'immigration"


 "Un des passages de l'interview  de MALEK BOUTHI sur l'arrivée de nouveaux visages à des responsabilités

Nicolas Sarkozy est-il plus courageux que le PS sur cette question?
C’est certain, il vient de mettre 10 à 0 au Parti socialiste. Il montre qu’il est, sur ce sujet, plus progressiste que le principal parti de gauche. Et il montre surtout qu’il y a un manque de courage sur la promotion des classes populaires françaises au sein du PS.


Voila un homme courageux et honnête"

Alors, je m'interroge et c'est l'occasion pour moi de parler d'un sujet quelque peu sensible : la discrimination positive. Mais juste avant, je me permets de répondre à Serge :

Mon cher Serge, concernant Malek Bouthi, ce dernier cherche tout simplement à régler ses comptes avec le PS. Ce dernier oublie d'ailleurs qu'il avait été investi par mon parti lors des récentes législatives. Pour ma part, Malek Bouthi reste un personnage controversé qui a tout de même proposé la méthode des quotas pour réguler l'immigration (dans un rapport réalisé pour le PS sur cette question) et qui aurait déclaré en 2004 que si Jean-Pierre Raffarin (alors Premier ministre) avait proposé un poste dans le gouvernement, il n'aurait pas hésité. Enfin bref...


Quant au gouvernement d'ouverture : mon cher Serge, je ne sais pas quel âge vous avez mais si vous êtes un peu âgé, vous devez avoir oublié quelque d'essentiel : en 1990 - 1991, le gouvernement socialiste Rocard, connu pour son ouverture au centre (avec Michel Delebarrre et Jean-Pierre Soissons) avait parmi ses membres un secrétaire d'Etat du nom de Kofi Yamgnane. Cet homme d'origine togolaise avait occupé le poste de secrétaire d'Etat chargé de l'Intégration. Qui plus est, il était maire d'un petit village du Finistère. Aujourd'hui, il est vice-président du Conseil général de ce même département.

Dès lors, qu'on arrête de me présenter Nicolas Sarkozy tel un magicien qui a réalisé des choses que la Gauche n'a pas fait. Il bénéficie juste de l'amnésie de nos concitoyens. J'ajouterais même que Nicolas Sarkozy joue l'ouverture avec habileté mais aussi cynisme, l'objectif étant de déstabiliser le centre et l'opposition. 

En réalité, c'est l'occasion d'évoquer pour moi, un thème qui me tient à coeur : la promotion de ceux qu'on appelle les "minorités visibles". A ce sujet, Nicolas Sarkozy veut faire croire qu'il a marqué un grand coup en faisant la promotion de personnes issues de la diversité. Fadela Amara, Rama Yade, Rachida Dati... toutes ces personnes sont quelques peu emblématiques. On pourrait se dire que la discrimination positive serait LA solution pour aider les minorités à s'intégrer et à accéder à des postes de responsabilité.

Mais cela serait trop beau pour être vrai. 

De fait, la discrimination positive est une vrai-fausse idée. Et surtout, elle ne règle en rien la question de l'intégration. Pire, elle renforce la question de la discrimination. Si on promeut Mohammed, parce qu'il s'appelle Mohammed, on discrimine alors Jean-Paul. La discrimination positive, au lieu de promouvoir l'intégration, donne des arguments à ceux qui prônent le communautarisme aussi bien du côté du Front national que du côté des groupes extrémistes de tous genre.

Aussi, c'est pour cette raison principale que je suis opposé à la discrimination positive. Cela pourrait en surprendre plus d'un en raison de ma couleur de peau et de mes origines territoriales. Je pourrais dire que c'est génial. Toutefois, je ne suis en aucun cas convaincu par la discrimination positive. 

Par ce choix de la discrimination positive, on abandonne les principes républicains pour lesquelles les hommes et les femmes de la Révolution française se sont battus. Si la France en arrive à un tel choix, c'est qu'elle commence à renoncer à ce principe démocratique. Aussi, promouvoir quelqu'un à cause de sa couleur de peau, c'est certes bien, mais que fait-on de ses qualités ? de ses compétences ?

En réalité, la France a détourné la sens même de discrimination positive qui ne vise pas en réalité la couleur de la peau mais l'environnement social. 

Aussi, mon cher Serge, si on s'extasie sur le fait que Rachida Dati et Cie occupent des postes à responsabilités et que George Pau-Langevin soit la première femme noire de métropole à devenir députée, c'est bien la preuve, à mon sens, que l'intégration est en panne et que mon pays reste aussi mal à l'aise. De telles nominations ne devraient surprendre personne de nos jours, d'autant plus si on se rappelle du volontarisme de François Mitterrand lors de son second septennat. 

Volontarisme et efforts qui demeurent insuffisants néanmoins et cela concerne aussi bien la Gauche et la Droite, le PS et l'UMP en particulier. Effectivement, cela est toujours un progrès de placer des minorités visibles. Mais gare à l'effet boomerang. Il ne faut pas mettre des minorités visibles pour mettre des minorités visibles ! C'est comme si on succombait à un effet de mode, notamment depuis la crise des banlieues de 2005.

Seuls les principes républicain et l'ascenseur social peuvent jouer un facteur non négligeables dans la question de l'intégration. La discrimination positive peut paraître - à première vue - séduisante mais à terme, on prend le risque de s'embarquer dans un système vicieux. Qui plus est, on ne peut pas faire de discrimination positive si la France reste quelque peu amnésique sur son passé. Aussi, je ne peux que m'inquiéter lorsque le président de la République - auparavant candidat - nous joue les Maurras en parlant de repentance à propos de la colonisation.

Il ne s'agit pas de refaire l'histoire ou de réclamer réparation. Il faut seulement que la France et les Français qu'on dit de souche acceptent une fois pour toutes leur passé qui est aussi le notre. C'est à partir de ce devoir de mémoire essentiel que nous pourrons approfondir la question de l'intégration et ne plus se contenter de fausses solutions tel que la discrimination positive qui amplifie les problèmes - en nous faisant entrer dans un système vicieux - au lieu de les traiter convenablement.

par Gilles publié dans : Actualité politique
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Mercredi 20 juin 2007

Suite aux élections législatives, le gouvernement Fillon a subi un véritable remaniement en à peine un mois. Un record, ce-ci dit en passant. Aussi, le gouvernement s’élargit à tel point que le Premier ministre François Fillon fasse quelques écarts en portant le nombre de secrétaires d’Etat à 16 au lieu de 10 comme prévu initialement.

Fillon-3.jpg

Le Premier ministre, lors de l'inauguration du TGV Est Paris - Strasbourg, le 10 juin dernier (www.nouvelobs.com)

 

Dès lors, je consulte la liste du nouveau gouvernement :

 

PREMIER MINISTRE

François Fillon

 

MINISTRE D'ETAT

Jean-Louis Borloo,
ministre d'Etat, ministre de l'Ecologie, du Développement et de l'Aménagement durables

 

MINISTRES

Michèle Alliot-Marie
, ministre de l'Intérieur, de l'Outre-Mer et des Collectivités territoriales;
Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères et européennes;
Christine Lagarde, ministre de l'Economie, des Finances et de l'Emploi;
Brice Hortefeux, ministre de l'Immigration, de l'Intégration, de l'Identité nationale et du Codéveloppement;
Rachida Dati, garde des Sceaux, ministre de la Justice;
Michel Barnier, ministre de l'Agriculture et de la Pêche;
Xavier Bertrand, ministre du Travail, des Relations sociales et de la Solidarité;
Xavier Darcos, ministre de l'Education nationale;
Valérie Pécresse, ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche;
Hervé Morin, ministre de la Défense;
Roselyne Bachelot-Narquin, ministre de la Santé, de la Jeunesse et des Sports;
Christine Boutin, ministre du Logement et de la Ville;
Christine Albanel, ministre de la Culture et de la Communication
Eric Woerth, ministre du Budget, des Comptes publics et de la Fonction publique.


SECRETAIRES D'ETAT

Roger Karoutchi, secrétaire d'Etat auprès du Premier ministre, chargé des Relations avec le Parlement;
Jean-Pierre Jouyet, secrétaire d'Etat auprès du ministre des Affaires étrangères et européennes, chargé des Affaires européennes ;
Laurent Wauquiez, secrétaire d'Etat auprès du Premier ministre, porte-parole du gouvernement;
Eric Besson, secrétaire d'Etat auprès du Premier ministre, chargé de la Prospective et de l'Evaluation des politiques publiques;
Valérie Létard, secrétaire d’Etat  auprès du ministre du Travail, chargée de la Solidarité;
Dominique Bussereau, secrétaire d'Etat chargé des Transports ;
Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire  d’Etat auprès du ministre de l'Ecologie, chargée de l’Ecologie;
Christian Estrosi, secrétaire d'Etat auprès de la ministre de l'Intérieur, chargé de l’Outre-mer;
André Santini, secrétaire d’Etat auprès du ministre du Budget, chargé de la Fonction publique;
Jean-Marie Bockel, secrétaire d’Etat auprès du ministre des Affaires étrangères, chargé de la Coopération et de la Francophonie;
Hervé Novelli, secrétaire d’Etat auprès de la ministre de l'Economie, chargé des Entreprises et du Commerce extérieur;
Fadela Amara, secrétaire d’Etat auprès de la ministre du Logement, chargée de la Politique de la ville;
Alain Marleix, secrétaire d’Etat auprès du ministre de la Défense, chargé des Anciens combattants;
Rama Yade, secrétaire d’Etat auprès du ministre des Affaires étrangères, chargée des Affaires étrangères et aux droits de l’homme;
Luc Chatel, secrétaire d’Etat auprès de la ministre de l'Economie, chargé de la consommation et du tourisme;

Bernard Laporte, secrétaire d’Etat à la Jeunesse et aux sports auprès de la ministre de la Santé et des Sports, sera nommé fin octobre, après la coupe du monde de rugby.

HAUT-COMMISSAIRE 

Martin Hirsch, haut-commissaire aux Solidarités actives contre la pauvreté.

 

 

Il n’y a pas réellement de modifications majeures hormis la « promotion » de Jean-Louis Borloo au ministère de l’Ecologie, du développement et de l’aménagement durables et du Transport. Voici donc Borloo, numéro 2 du gouvernement en remplacement de Juppé. Mais peut-on réellement parler de promotion, notamment depuis le couac sur la TVA sociale qui a coûté des voix et des sièges à l’UMP faute d’avoir été réglo dans cette affaire ? Toujours est-il que Borloo se retrouve à la tête d’un ministère qui n’est pas taillé sur mesure pour lui, à mon sens. Vous avez aimé Juppé l’écolo ? Vous adorerez à coup sûr, Borloo, l’écolo. Et pour être sûr qu’il ne fera pas de bêtises, il est secondé par Nathalie Kosciuso-Morizet, secrétaire d’Etat chargée de l’Ecologie. Ben oui, le coup de la TVA sociale passe encore mal pour le gouvernement.

 

Néanmoins, ce n’est pas tellement la nomination de Borloo à la place du poste qu’a occupé éphémèrement Juppé qui m’intéresse ainsi que le jeu de chaises musicales qui s’en est suivi. La liste des secrétaires d’Etat vaut la peine d’être évoquée. Là encore, Nicolas Sarkozy et François Fillon veulent nous faire le coup de l’ouverture. Alors on recrute – ou plutôt on débauche – un sénateur socialiste du nom de Jean-Marie Bockel, également maire de Mulhouse (68). Sa nomination a bien sûr fait grincer des dents bien évidemment au PS mais également dans les rangs alsaciens de l’UMP à tel point qu’une députée de la majorité présidentielle ait renoncé à siéger avec le groupe UMP au Palais Bourbon. A titre personnel, je considère que Jean-Marie Bockel joue les arrivistes au même titre qu’Eric Besson et que ce dernier agit beaucoup plus par calculs et ambitions politiques que par réel intérêt pour la Coopération et la Francophonie. Les municipales de mars 2008 approchant, il semble plus prudent de conserver sa mairie et ce, quel qu’en soit le prix.

 

fadela-amara.jpg Fadela Amara, présidente - fondatrice de "Ni Putes, ni soumises" et secrétaire d'Etat chargée de la Ville. Autre signe d’ouverture, c’est la nomination de Fadela Amara au poste de secrétaire d’Etat chargée de la ville auprès de Christine Boutin, ministre du Logement, de la Ville et des solidarités. La présidente – fondatrice de « Ni putes, ni soumises » a fait, à mon sens, une erreur. Sans doute, pense-t-elle bien faire, et ce dans l’optique de « redonner espoir à la banlieue » comme elle le dit ? Toutefois, je doute fort des capacités d’action dont elle pourra bénéficier pour peser. Enfin, sa nomination pourra être perçue comme une tentative de récupération de la part du président de la République notamment envers les banlieues (qui restent très hostiles à Nicolas Sarkozy et on comprend pourquoi !)

 

Enfin, on continue l’ouverture vers le centre. Ou plutôt, on distribue les cadeaux ! Après Hervé Morin qui a lâchement quitté François Bayrou, voici André Santini. Le député-maire d’Issy-les-Moulineaux (92) reçoit un strapontin : secrétaire d’Etat chargé de la Fonction publique. Hé oui ! On offre les cadeaux et on arrange entre copains pour services rendus. Il en est de même pour ceux qu’on appelle les people avec la nomination de Bernard Laporte au poste de secrétaire d’Etat chargé des Sports. Plus fort que l’ANPE tu meurs ! En tout cas, Bernard Laporte peut remercier son ami Sarko de lui avoir dégoter ce poste, histoire de bien préparer sa reconversion qui nous l’espérons – parce qu’il faut oser aimer la France nous les socialistes, c’est Fillon qui l’a dit (J’ironise) – se soldera par une victoire de l’Equipe de France de rugby à la prochaine coupe du Monde.

 

Aussi, je regarde cette nouvelle équipe Fillon. Pas de changement et des secrétaires d’Etat faisant de la figuration et étant de parfaits alibis pour le tandem Sarkozy – Fillon. Cela m’amuse, au passage ! Pensez-vous vraiment que Rama Yade, la secrétaire d’Etat chargée des Droits de l’Homme, puisse faire quoi que cela soit dans un ministère (les Affaires étrangères) quelque peu bridé ? Mais bon, laissons ce gouvernement à l’œuvre ! On en reparle dans six mois.

par Gilles publié dans : Actualité politique
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