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Vendredi 6 juillet 2007

Angela-Merkel97846.jpgUne du magazine polonais "Wprost" avec photo-montage d'Angela Merkel, ayant pour intitulé : "La marâtre de l'Europe". Je ne sais pas si les journalistes polonais voulaient faire dans l'humour, toujours est-il que leur humour est mauvais goût. Cela témoigne aussi tout la germanophobie dont fait preuve l'élite polonaise et ses dirigeants menés par les jumeaux Kaczynski, l'un président de la République et l'autre Premier ministre. 

A titre personnel, c'est l'occasion pour moi de parler des frères Kaczynski, véritables poils à gratter de l'Union Européenne depuis leur accession au pouvoir courant 2005. Il faut dire que la Pologne, avant même son adhésion à l'UE, le 1er mai 2004, est quelque peu casse pied avec ses partenaires, n'hésitant pas à s'adonner dans le chantage pour obtenir gain de cause. Mais là, avec les frères Kaczynski, c'est autre chose, la provocation et les discours hostiles à l'Allemagne en plus. Aussi, fin juin dernier, le Premier ministre Jaroslaw Kaczynski a osé comparer l'Allemagne de Merkel à celle d'Adolf Hitler en déclarant ceci lors du sommet de Bruxelles des 21 et 22 juin dernier afin de justifier son veto au nouveau système de vote adopté par l'UE : « Si la Pologne n'avait pas eu à endurer les années 1939-1945, elle aurait aujourd'hui une démographie lui donnant 66 millions de personnes ». « Nous ne demandons qu'une chose, c'est de récupérer ce qui nous a été pris. » Inutile de rappeler que ces propos ont été vivement condamnés par la classe politique allemande dans son ensemble. 

Il faut dire que Lech et Jaroslaw Kaczynski sont habitués des phrases et déclarations qui fâchent. Pour n'en prendre que quelques-uns, on peut se rappeler des déclarations du président polonais à propos de la peine de mort, sentence qu'il envisageait de rétablir en Pologne, ce qui est contraire à l'article 7 du Traité des Communautés Européennes (plus connu sous le nom de Traité de Maastricht) de 1992 ainsi qu'à la Charte des droits fondamentaux. A ce titre, les autres pays membres de l'Union européenne ont exprimé leur réprobation face à de telles déclarations.

Lors du dernier sommet de Bruxelles, les jumeaux Kaczynski sont arrivés avec une ferme intention de saborder toute avancée afin de débloquer la crise que subit encore la construction européenne. Il faut dire que sans l'activisme de la France et surtout de l'Allemagne, la Pologne aurait été la grande vainqueur de ce sommet à minima et aux avancées à minima.  Qui plus est, la Pologne des frères Kaczynski exprime, de par son refus de tout compromis viable desservant ses intérêts, une germanophobie plus ou moins assumée. D'ailleurs, ils ne s'en cachent pas ! 

En effet, l'Allemagne est - après la Russie - la tête de turc des frères Kaczynski mais également d'une partie de l'élite politique polonaise. Il suffit, pour s'en convaincre, de se rappeler des récentes déclarations des dirigeants polonais. Cette germanophobie n'est que la conséquence, à mon sens, d'un nationalisme exacerbé qui revient en force avec quarante ans de régime communiste et dans lequel, la coupable est toute désignée - l'Allemagne -, ravivant ainsi les rancoeurs de l'Histoire. 

Il va sans dire que la pertinence de cette Une laisse à désirer et que celle-ci cache mal la volonté de certains d'humilier l'Allemagne. Aussi, que les Polonais ne nous disent pas qu'il s'agissait d'humour, parce que là, on n'a vraiment pas le même sens de l'humour !

par Gilles publié dans : International
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Jeudi 5 juillet 2007

Sarkozy-Bruxelles.jpgNicolas Sarkozy, lors du sommet de Bruxelles, le 22 juin dernier (www.20minutes.fr) Il y a quelques semaines, j’ai avais rédigé un article à propos du sommet européen de Bruxelles intitulé : « On va bien rire à Bruxelles ! ». C’était notamment le baptême du feu de notre président de la République, Nicolas Sarkozy.

 

Le sommet de Bruxelles était présenté comme celui de la dernière chance pour relancer la machine européenne gravement grippé par les « Non » français et néerlandais au Traité établissant une Constitution pour l’Europe de 2005. A ce titre, un échec du sommet européen aurait signifié l’enlisement durable de l’Europe des Vingt-sept.

 

Puis comme par enchantement, la machine européenne s’est débloquée. Ah, Saint-Nicolas ! Que Dieu vous bénisse ! Sans vous, la construction européenne serait toujours à l’état d’enlisement et de blocage. Aussi, il est normal que vous vous glorifiez enfin d’un succès – l’adoption de votre mini-traité – vous faisant ainsi passer pour un europhile auprès des autres chefs d’Etat.

 

Mais cela est trop beau pour être vrai !

 

En réalité, Nicolas Sarkozy, par l’adoption de son mini-traité, est bien l’homme qui est en train de fossoyer l’Europe. Mais rendons-lui justice car il n’est pas le seul : Tony Blair (désormais Gordon Brown), les jumeaux Kaczynski (Président de la République et Premier ministre) … nos actuels dirigeants européens sont en train de tuer une formidable aventure qu’est la construction européenne faute de consensus et, surtout, d’ambitions réelles. 

Photo-Sommet-Bruxelles.jpg

Nicolas Sarkozy, Angela Merkel et Lech Kaczynski, lors du sommet européen de Bruxelles, le 21 juin dernier

 

Pour s’en convaincre, il suffit de lire la presse. Nicolas Sarkozy y est décrit comme quelqu’un ayant été particulièrement actif, ce qui est vrai. Mais de là à dire qu’il a été déterminant pour relancer la machine européenne, il y a comme un grand écart et cela témoigne du mépris dont il fait preuve notamment envers la chancelière allemande, Angela Merkel. Qui plus est, le mini-traité est présenté comme une solution majeure, une synthèse entre le « Oui » et le « Non ». Mais quelle synthèse ? J’aimerais bien savoir, au passage, ce que contient ce traité (qu’on dit maintenant simplifié !)

 

Nicolas Sarkozy se targue d’avoir rassemblé les Etats européens autour de son projet et de remettre ainsi la France au centre du jeu européen. Balivernes ! On est revenu aux mauvaises habitudes consistant à obtenir des consensus mous et mal ficelés. Pour votre gouverne, je tiens à préciser que l’actuel Traité de Nice – qui constitue en quelque sorte le règlement intérieur de l’Union européenne – était présenté, il y a sept ans, par Jacques Chirac et Lionel Jospin (respectivement Président de la République et Premier ministre de l’époque) comme une avancée majeure. On en connaît désormais le résultat. Il en est de même avec le traité simplifié : personne ne connaît réellement la teneur d’un texte qui doit – comble de l’ironie – passer par voie parlementaire et non par voie référendaire. Le Parlement est-il prêt à voter un texte plus ou moins opaque ! On va bien rire à Versailles lorsque les sénateurs et les députés seront réunis en Congrès !

 

Si le mini-traité permet à l’Europe de relancer une certaine dynamique (du moins, on l’espère !), elle ne sort pas de la crise pour autant ! Pour ainsi dire, nous sortons d’une crise pour en entrer très rapidement dans une autre : la question turque. Celle-ci est primordiale et une volte-face de l’Union Européenne, entraînée par la France de Nicolas Sarkozy pourrait avoir un effet grave sur la crédibilité du projet européen mais aussi sur les relations entre l’UE et la Turquie. Aussi, si du côté de l’Elysée, on se gausse d’avoir sauvé l’Europe, j’ai bien peur qu’on est favorisé d’une manière décisive une Europe à minima, sans convictions et à la carte. Une Europe où chacun des Etats membres appliquent ce qu’il arrange et où le mot « social » est un vilain mot ainsi que « concurrence libre et non faussée ». D’ailleurs, j’en profite pour lancer une petite pique aux Nonistes. La concurrence libre et non faussée, même si elle était loin d’être parfaite, a au moins un mérite : éviter la constitution de monopole par le simple jeu d’un marché dérégulé et sans règles. Avec la suppression d’un simple principe, l’Union Européenne s’achemine davantage vers une zone de libre-échange que vers une véritable entité, dotée de constitution, et d’une véritable politique notamment au niveau diplomatique et social.

 

Hé oui ! Fossoyeurs, nous voilà ! aurait-on pu chanter à Bruxelles, le 22 juin dernier. En un tour de passe-passe, Nicolas Sarkozy nous a fait l’illusion qu’il était un européen convaincu. En réalité, il est dépourvu d’ambitions et de rêves que la plupart de ses homologues européens et préfère les magouilles qu’aux prises de risques ! Pauvre Monnet, Adenauer, Schumann, Mitterrand, Kohl, VGE et les autres : ils doivent pour certains se retourner dans leur tombe, en regardant le piètre état du projet européen, un projet pourtant si prometteur.

par Gilles publié dans : International
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Mercredi 4 juillet 2007

Une-de-Marianne-30-juin---6-juillet.pngUne du Marianne de cette semaine. (www.marianne-en-ligne.fr) En lisant l’hebdomadaire Marianne de cette semaine, je suis tombé sur un article trop intéressant et qui m’a quelque peu troublé.

 
En effet, une des particularités de Nicolas Sarkozy est qu’il adopte une attitude bonapartiste. Dès lors, on pourrait penser qu’il s’inspire directement Napoléon I et de la période du Consulat (1800 – 1815), ce qui est vrai d’une part tant que le locataire de l’Elysée reste quelque peu autoritaire, voire insultant et méprisant avec ses collaborateurs (qui se garderont bien de vous le dire, bien évidemment). Toutefois, si on compare Sarkozy à Napoléon (ce qui est quand même très péjoratif, surtout si la comparaison est faite par la presse européenne pour des raisons que vous devez aisément imaginer !), il faut aller plus loin et ne pas penser uniquement à Napoléon Bonaparte. C’est en cela que le dossier réalisé par Marianne montre tout son intérêt.

                                              
En effet, idéologiquement, Nicolas Sarkozy s’inspire fortement du Second Empire (1852 – 1870) mené par Louis Napoléon Bonaparte, plus connu sous le nom de l’Empereur Napoléon III. Et là, je dois vous avouer que les ressemblances – notamment dans la façon de concevoir et d’exercer le pouvoir – sont frappantes.

 
Pour cela, je vous inviterai à consulter le numéro 532 de l’hebdomadaire de Jean-François Khan dont je ne partage pas l’essentiel de ses idées (loin de là !) mais dont l’analyse et la réflexion demeurent toujours aussi intéressantes. Après lecture de ses articles, j’en conviens à penser qu’effectivement la France est entrée dans une sorte de « Troisième Empire » ou plutôt de république impériale ou (encore mieux !) de « démocratie bananière ».

Durant la campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy n’arrêtait de dire qu’il représentait la France des honnêtes gens contre la France des fraudeurs. Il a cité (avec maladresse et hypocrisie) Jaurès, Blum avec une bonne dose de « rupture » et ce, sur fond de malaise social et identitaire dans notre pays. En 1851, Louis-Napoléon Bonaparte avait utilisé la même stratégie en clamant une politique sociale ambitieuse pour les plus pauvres et une politique internationale en rupture avec le Congrès de Vienne de 1815 (qui liquida la domination de la France napoléonienne) devant ainsi remettre la France dans la cour des grands. Cela avait permis dans les deux cas – Louis Napoléon Bonaparte et Nicolas Sarkozy – d’atteindre la magistrature suprême, sur fond de promesses, d’autoritarisme et de forte démagogique.

C’est en cela que le dossier de Marianne reste quelque peu frappant. Car si on regarde bien, on est bel et bien entré dans une sorte de « Troisième Empire » : un président qui méprise plus ou moins l’autre tête de l’exécutif, une assemblée nationale composée de godillots prêts à louanger le chef, un chef de l’Etat pratiquant l’ouverture pour mieux tuer dans l’œuf ses adversaires, un rapport plus ou moins incestueux avec les grands groupes de presse et de médias ainsi que les chefs d’entreprise (Lagardère, Bouygues, et j’en passe), des people et personnalités du monde du spectacle qui s’affichent avec Sarko comme si il était soudainement devenu leur meilleur ami… Il y a comme un air de déjà vu !  

Et il faut chercher dans le Second Empire pour voir une telle similitude. Napoléon III lui aussi avait pratiqué l’ouverture vers la gauche républicaine pour mieux la marginaliser, lui aussi se mêlait de tout et imposait sa vision des choses notamment à propos de l’aménagement de Paris (cela ne vous rappelle au rien au passage, tout dernièrement ?), lui aussi s’éprenait de justice sociale tout en pratiquant un fort libéralisme économique… et quant à la liberté de la presse (Heu… la liberté de quoi, s’il vous plaît ?)

Aussi, les citations et discours à la Jaurès prononcés par le candidat Sarkozy lors de la campagne présidentielle ne sont pas si innocents puisque écrits par Henri Guaino, ancien disciple de Philippe Séguin lui-même disciple de Napoléon III. En effet, l’actuel président de la Cour des Comptes avait écrit, en 1990, un livre élogieux (Napoléon le Grand) sur le Second Empire, régime quelque peu controversé. Autrement dit, Nicolas Sarkozy a bel et bien une vision bonapartiste du pouvoir s’approchant aussi de Napoléon I que de Napoléon III et la preuve en est faite tous les jours depuis son accession à l’Elysée. Si vous ne me croyez pas ou pensez tout simplement que j’ai forcé sur la boisson (je rassure mes proches et notamment mon papa,  le ne bois absolument pas ! (RIRES)), je vous conseille tout simplement de vous procurer le Marianne de cette semaine ou tout simplement de vous procurer un bon livre d’Histoire, histoire de revoir de vos classiques. Et vous verrez, il y a effectivement comme un air de déjà vu !

par Gilles publié dans : Actualité politique
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Mercredi 4 juillet 2007

Hier après-midi, le Premier ministre François Fillon faisait son discours de politique générale devant son gouvernement au complet et les 577 député(e)s à l’Assemblée nationale. C’est un passage obligé pour tout locataire de Matignon qui se respecte mais aussi un exercice périlleux tant que la plupart des numéros deux de l’exécutif s’y sont cassés les dents aussi bien à droite (Jean-Pierre Raffarin, Alain Juppé) qu’à gauche (Edith Cresson, Pierre Bérégovoy).

 

Hier après-midi, on attendait donc François Fillon au tournant. Qu’est-ce qu’il allait enfin dire pour exister politiquement ? Les députés de la majorité nous avaient promis des surprises, de l’innovation. Hé ben, il faut dire qu’on a été plutôt déçu.

Fran--ois-Fillon-3.jpg

 

François Fillon, hier après-midi lors de son discours de politique générale (www.lemonde.fr)

 

1 heure 07 de discours pour des informations qui étaient censées surprendre nos compatriotes et, au bout du compte, un discours de politique générale qui fait pas mal « copié collé ». Durant un peu plus d’une heure donc, le chef du gouvernement s’est contenté de réciter la leçon que lui a apprise son maître de l’Elysée. Qu’a-t-on appris dans ce discours si attendu ? Rien sinon, la confirmation de la politique menée par le président de la République. Aucune innovation majeure de la part du Premier ministre qui s’est uniquement contenté de rappeler la réforme des universités, le projet de TVA sociale et de franchise médicale ainsi que la mise en place d’une commission sur l’avenir des institutions pour ne citer que cela.

 

Mettez Sarkozy à la place de Fillon, le résultat aurait été le même ! Si le président de la République cherche à imposer un style, on serait bien tenté de connaître celui du Premier ministre. D’ailleurs, si le François Fillon parle de « couple présidentiel », on peut se demander qui domine et qui est dominé à l’intérieur de l’exécutif !

 

Le Président de la République veut tout faire au risque de mal faire les choses. Autrement dit, il ne respecte plus ses prérogatives telles que prévues par notre constitution. Aussi, trouve-t-on cela normal que Claude Guéant – l’ancien directeur de cabinet de Nicolas Sarkozy au ministère de l’Intérieur et actuel secrétaire général de l’Elysée – fasse un entretien dans les médias expliquant les grandes lignes du discours de François Fillon ? L’ancien ministre de la Sarthe n’est-il pas assez grand pour le faire ?

 

Au sortir du discours de politique générale, les députés UMP – bien évidemment – ne tarissaient pas d’éloge à propos du Premier ministre, à entendre Nadine Morano (que je ne porte vraiment pas dans mon cœur mais qui convient de ne pas l’insulter ! Je ne ferais pas comme Devedjian, moi !). Franchement, je m’attendais à quelque chose de neuf tels les députés de la majorité nous l’ont promis. Au bout du compte, elle est finalement venue la nouveauté : c’est que le Premier ministre sert de chambellan au Président de la République qui ne prend même plus la peine de respecter la Constitution de la V° République.

 

Aussi, qu’il est sans doute difficile d’être François Fillon, ces temps-ci surtout quand on est réduit à jouer le rôle de perroquet du président de la République. Bon, vous me direz que j’exagère mais d’un côté, c’est bien lui qui a accepté cette situation. Il nous cesse de dire qu’il est heureux de servir Nicolas Sarkozy et de se préparer à cette charge depuis ans. Ah, groupie ! Quand tu nous tiens !
par Gilles publié dans : Actualité politique
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Lundi 2 juillet 2007

Le-Prince-Charles-de-Galles-et-Dien-Xiaoping-en-1997.jpgLe prince Charles de Galles, héritier de la couronne d’Angleterre, en compagnie de Dien Xiaoping, président de la République populaire de Chine, lors des cérémonies de rétrocession de la province de Hongkong, le 30 juin 1997. Le 30 juin 1997, au soir, le gouverneur de Hongkong, le Britannique Chris Patten, ne pouvait retenir ses larmes lorsque l’Union Jack était définitivement retiré au profit du drapeau chinois. Ce soir-là, la Chine venait mettre fin à 156 ans de colonisation de Hongkong par le Royaume-Uni. A cette époque, tous les commentateurs politiques et analystes financiers ne cachaient pas leur inquiétude, certains évoquant même la fin de Hongkong, la province colonisée par le Royaume-Uni allant rentrer dans la norme du régime de Beijing.

 

Puis, dix ans sont passés. Dix ans sont passés et il n’en demeure pas moins que Hongkong garde une certaine exception par rapport au reste du continent chinois. En effet, l’ex-province britannique a gardé ses lois, sa justice, sa monnaie, sa presse et surtout son extraordinaire développement économique. Pour la simple raison que la bonne santé économique de Hongkong profiterait également au régime communiste mené aujourd’hui par le chef de l’Etat et numéro 1 du Parti communiste chinois, Hu Jintao.

 

Business is business, j’ai presque envie de dire. A mon sens, les Chinois ont préféré maintenir cette particularité que constitue Hongkong. C’est une véritable poule aux œufs d’or et il aurait été stupide de la part de la République populaire de se priver d’un énorme potentiel économique en uniformisant de manière brutale la province. D’autant plus, que Hongkong attire encore plus que le reste des zones économiques ouvertes – situées sur le littoral chinois et créées par le régime communiste, il y a bientôt trente ans. A Hongkong, les possibilités d’investissement sont réelles et les contraintes notamment au niveau commercial, restent faibles. Qui plus est, Hongkong attire toujours en raison du bilinguisme de la ville (mandarin et anglais).

 

Le situation de Hongkong résume à peu de choses près, celle du reste de la Chine. Officiellement, le régime reste communiste. Toutefois, il n’est que communiste dans les textes car dans la réalité, la Chine bascule de plus en plus dans une logique libérale, notamment sur le plan économique. Par exemple, vous seriez surpris si je vous disais que dans la constitution chinoise, il est désormais inscrit l’accès et le droit à la propriété privée, du jamais vu dans un pays qui se veut communiste ! La Chine a, en réalité, compris tout l’avantage et le bénéfice qu’elle pouvait tirer en se convertissant au capitalisme. Aussi, a-t-elle préféré maintenir une certaine liberté pour Hongkong afin de profiter également de l’usufruit.

 

Toujours est-il que cela reste trop beau pour être vrai. A l’heure actuelle, si la province de Hongkong bénéficie d’une importante autonomie, il n’en demeure pas moins que des problèmes subsistent notamment en terme de démocratie. A ce titre, Hongkong reste logée à la même enseigne que le reste de la Chine même si la liberté d’expression y est beaucoup moins restrictive. Aussi, il n’est pas rare que des manifestants se réunissent chaque année en juin, pour célébrer les événements de la place Tiananmen, chose qui est évidemment impensable à Beijing.

 

C’est sans doute les raisons qui retiennent le régime communiste chinois de lancer un processus pleinement démocratique à Hongkong, contrairement aux engagements de Dien Xiaoping – l’ancien numéro 1 chinois – en 1997. A cette époque, le gouvernement chinois avait promis la tenue d’élections libres quelques temps après la rétrocession de Hongkong, élections qui sont pour l’heure, constamment repoussées. Le constat est clair : si le régime de Beijing autorise la tenue de telles élections, cela risque de donner des idées aux opposants internes au régime qui réclameront la même chose, mettant ainsi à mal, le régime chinois. Ainsi, la Chine préfère user de pragmatique, histoire de ne pas tuer cette véritable poule aux œufs d’or que constitue la baie de Hongkong. Communism is communism but business is business comme on dirait là-bas ! 

Hong-Kong.jpg

 

FICHE :  



Carte-de-Hong-Kong.jpg           

 

Nom : Province de Hongkong

 

Superficie : 1 092 km²

                          

Population : 7 millions d’habitants

 

Langues : mandarin, cantonais, anglais (officielles)

 

Particularités :

 

Après 156 ans de colonisation, le Royaume-Uni rétrocède la province de Hongkong à la République populaire de Chine, le 30 juin 1997, la rétrocession étant effective dès le 1er juillet de la même année à minuit. A cette époque, beaucoup s’était inquiétés du retour de la province dans le giron de Beijing notamment sur le plan économique et des libertés publiques. Malgré tout, le gouvernement chinois a préféré maintenir le statut de la province, lui autorisant ainsi une forte autonomie. Toutefois, la province reste logée à la même enseigne que le reste du pays notamment sur le plan politique.

par Gilles publié dans : International
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