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Dimanche 19 août 2007

Samedi 17 août

 

2002

 

2002. Un chiffre, une date, un symbole. 2002 jours qu’une femme est quelque part dans la jungle colombienne. 2002 jours que sa vie ne tient plus à qu’un fil. 2002 jours que sa famille mais pas seulement attendent son retour. 2002 jours que ses enfants se demandent si elle reviendra. 

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Depuis le 23 février 2002, Ingrid Bétancourt est l’otage – parmi tant d’autres – des Forces Révolutionnaires de l’Armée Colombienne (FARC). Depuis 2002, un conflit entre des révolutionnaires marxistes et un gouvernement ultra conservateur qui se trouve dans l’impasse la plus totale. Depuis 2002, le manque de volonté entre les deux camps. Depuis 2002, un bras de fer incessant.

 

Comme je l’avais écrit précédemment [cf. article], Ingrid Bétancourt se retrouve au cœur d’un conflit dans lequel, elle n’y est pour rien bien entendu. En 2002, Ingrid Bétancourt voulait seulement faire entendre sa voix démocratiquement à l’occasion des élections présidentielles colombiennes. Mais depuis 2002, Ingrid n’a pratiquement rien dit. Pour être plus exact, on ne l’entend plus en raison de toute l’intransigeance des FARC mais aussi de la politique du président Alvaro Uribe, politique jusqu’au boutiste et absurde.

 

Depuis les débuts, la France joue un rôle de premier plan dans la gestion de cette crise. En effet, il ne faudrait pas oublier qu’Ingrid Bétancourt est également citoyenne française et que son sort nous concerne en premier ordre. A ce titre, la diplomatie s’est attachée – à mon sens – à agir avec la plus grande discrétion possible, tout en se rappelant que chaque jour supplémentaire que passe l’ancienne candidate à la présidentielle de 2002 augmente davantage les risques pour sa vie. Toutefois, il ne faudrait également pas oublier que les acteurs de la situation sont des durs à cuire et qui n’hésiteront pas à aller jusqu’au bout par idéologie et en raison de celle-ci.

 

Le 6 mai dernier, au soir de sa victoire à la présidentielle, Nicolas Sarkozy avait déclaré que la France n’oubliera jamais Ingrid Bétancourt. Dès lors, tout s’est accéléré : le président de la République a reçu la famille d’Ingrid qui a aussitôt placé ses espoirs dans la nouvelle équipe gouvernementale.

 

Mais depuis… rien !

 

Rien ! Pas un mot ! L’activisme constaté de Nicolas Sarkozy se serait-il transformé en pétard mouillé ? Alors certains d’entre vous diront que je polémique mais tout de même ! Sans doute que Nicolas Sarkozy s’est-il rendu compte que les FARC, ce n’est pas comme avec le colonel Kadhafi et les infirmières bulgares. Qu’envoyer Cécilia ne serait pas LA solution permettant la libération d’Ingrid Bétancourt.

 

A ce titre, je considère que la diplomatie française ne se montre pas assez ferme avec les FARC mais aussi avec le président Uribe. En effet, entre les deux principaux protagonistes de la situation, se trouve une victime Ingrid, coincée dans une guerre des nerfs et une guerre idéologique que se livrent ces derniers. L’idéologie vaut-elle plus que la vie d’une femme ? L’idéologie justifie-t-elle qu’Ingrid Bétancourt « bénéficie » d’un traitement différent de celui des infirmières bulgares ? Ou est-ce tout simplement la diplomatie de Sarkozy qui doit être étudiée sous différents angles ?

 

Toujours est-il que durant ce temps-là, une femme est en train de croupir dans une véritable geôle à ciel ouvert et elle attend. Elle attend qu’une véritable volonté politique prenne le pas sur une diplomatie convenue et compassionnelle. Que la communauté internationale se saisisse enfin de cette affaire et fasse pression sur le président Uribe afin qu’il fléchisse sa politique de fermeté qui ne mène pour l’instant au raidissement des deux camps. Que la France se contente de mener à bien son rôle de médiateur au lieu que son président nous sorte des envolées lyriques et joue les Mac Gayver par déclarations de presse interposées et arrières pensées politiciennes. En gros, elle attend que quelqu’un sorte de cet enfer. 2002 jours, c’est long ! Extrêmement long ! Sans compter que si il y a une sorte aussi redoutable que la mort, c’est bien l’oubli. Aussi, faisons en sorte qu’Ingrid Bétancourt –notre compatriote – bénéficie du même activisme présidentiel qui a conduit à la libération des infirmières bulgares (dans les conditions que l’on sait ne l’oublions pas !), la vie d’une femme en dépend ! 

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par Gilles publié dans : Carnets d'été 2007
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Jeudi 16 août 2007

Continent maudit ?

 

Mardi 14 août

 

A mes lecteurs

 

Mon tour du monde se poursuit et rassurez-vous, je tiens le rythme. Il faut dire que ces derniers temps, j’ai été en mode « HP 7 » (Harry Potter and the Deathly Hollows si vous préférez). Je viens de terminer le livre et pour ceux qui avaient la flemme de lire dans la langue de Shakespeare, un conseil : réservez votre journée du 26 octobre et courrez chez votre libraire ! Le livre est tout simplement génial (RIRES).

 

Mais après cette page promotionnelle, place maintenant à un sujet beaucoup plus sérieux qu’il concerne un continent qui me tient à cœur : l’Afrique.

 

Gilles

 

Vue-g--n--rale-de-Lom----capitale-du-Togo.jpg Vue générale de Lomé, capitale du Togo (avec au centre, la Place de l'Indépendance) Il m’était impossible pour moi de faire ce tour du monde virtuel sans poser le pied en Afrique et notamment au Togo, un pays très important puisque c’est là où se trouvent une partie de mes racines. J’ai en effet, une partie de ma famille qui vit là-bas et c’est, tout de même, l’occasion de leur rendre une petite visite. C’est aussi l’occasion de vous parler d’un continent qui me tient à cœur : l’Afrique.

 

On pourrait en dire sur l’Afrique, vraiment en dire ! Une Afrique multiculturelle, multiethnique, une Afrique diverse. D’Europe, on a souvent une vision caricaturale du continent noir entre compassion et répulsion, entre paternalisme et idées reçues. Au passage, cela me fait bien rire. N’est-ce pas cet imbécile de Charles Trenet qui avait sorti du temps de son vivant : « les Africains sont de grands enfants ? ». Ou certains de dire : « Les Africains, ceci », « l’Afrique, cela », la famine, la guerre, etc. etc.

 

Alors l’Afrique, continent maudit ? Continent maudit par les guerres, le colonialisme, la Françafrique et autres formes d’ingérences politiques ? Continent maudit et menacé par le réchauffement climatique et le SIDA ? Alors, on pourrait voir le verre à moitié vide et baisser les bras, se dire que le continent noir ne fait que vivre qu’une tragédie et qu’on n’y peut rien.

 

Il y a quelques semaines, Nicolas Sarkozy déclarait à Dakar (Sénégal) que l’Afrique devait se prendre en main. Cela est effectivement le cas et pour une fois, je suis d’accord avec le Président de la République. Mais où il y a divergence, c’est entre le discours et la méthode. Nombre de fois, les Africains ont entendu les discours volontaristes des différents chefs d’Etat français et nombre de fois la déception fut au rendez-vous. L’enjeu est quelque peu simple : on ne peut prôner le développement pour le continent africain et en même temps, tirer à profit du potentiel africain. Autrement dit, on nous peut se permettre de promettre le développement et parler démocratie et dans le même temps, mettre volontairement à mal l’économie et le système politique de la plupart des pays africains, notamment francophones.

 

Le Togo en est l’exemple évident. Durant trente-huit ans, ce pays a été dirigé d’une main de fer par le général Etienne Gnassingbé Eyadema et ce, avec la bienveillance de la diplomatie française toutes tendances politiques confondues. Aussi lorsque Gnassingbé Eyadema meurt en février 2005, quelle n’a pas été ma surprise d’entendre Jacques Chirac – à l’époque chef de l’Etat – déclarer : « Je perds là un ami personnel ! ». Mais cela est finalement (bien) peu par rapport à cette autre (et vieille) déclaration : « La démocratie est un luxe pour les pays africains ».

 

Le continent africain a de précieux atouts mais qui restent assez mal exploités en raison notamment d’un système – la Françafrique entre autres – qui infantilise davantage les pays francophones anciennement colonies françaises. Si le continent africain doit prendre son avenir en main, cela ne peut se faire sans une réelle indépendance et non factice, comme c’est réellement le cas actuellement. Pour illustrer mes propos, je peux évoquer le cas du Franc CFA qui reste une devise bien dépendante de l’Euro tout comme elle l’était avec le Franc Français.

 

Alors l’Afrique, continent maudit ? Cela est à fortement nuancer d’autant plus que le berceau de l’humanité – hé oui, il ne faudrait pas l’oublier – est en train de bouger. Certains pays comme l’Afrique du Sud ou bien encore le Maroc n’ont plus grand-chose à envier aux pays occidentaux. Qui plus est, la jeunesse constitue une force redoutable pour un tel continent face à une Europe qui ne cesse de vieillir.

 

Aussi lorsque Nicolas Sarkozy invite les Africains et – notamment les plus jeunes – à se prendre en main, je dis « chiche ». Toutefois, le président de la République ne peut se permettre de jouer sur deux tableaux : nous jouer « Sarkozy, l’ami de l’Afrique » et jouer « Sarkozy, père fouettard de l’immigration choisie ». A ce propos, j’ai toujours considéré que le meilleur moyen d’en finir avec l’immigration était peu être d’arrêter un système : la Françafrique. Mais cela, c’est une autre histoire que j’aurai l’occasion de vous raconter ultérieurement. 

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A suivre (Prochaine destination : l’Inde. Viendront ensuite, la Chine, la Turquie, les Pays-Bas et une petite surprise !)
par Gilles publié dans : Carnets d'été 2007
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Vendredi 10 août 2007

Un Janus à deux visages

 

Jeudi 9 août

 

Contrairement, à ce qui fut prévu, j’ai décidé de changer ma destination pour remonter tout le continent américain et atterrir ainsi aux Etats-Unis. L’Afrique attendra un peu.

 

Direction donc New York, la fameuse « Big Apple » et son côté multiculturel. La ville des « Irish-Americans », la ville aux nombreuses nationalités. La ville du gigantisme aussi et de toutes les excentricités : les fameux gratte-ciel à vous faire perdre la tête, ses fameux taxis jaunes, le célèbre Central Park mais aussi ceci :

 

 

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Depuis le 11 septembre 2001, New-York a une plaie béante. C’est le fameux Ground Zéro, lieu où se dressaient les tours du World Trade Center. A ce titre, j’ai déjà évoqué sur mon blog, mes impressions à propos des attentats de septembre 2001. Toujours est-il que malgré cette tragédie et la peur qui est encore bien présente, les New-Yorkais semblent vouloir aller de l’avant et poursuivent ainsi leur folle existence.

 

Si, dans un ordre général, je devais décrire les Etats-Unis, je pourrais dire que c’est un véritable Janus ou encore, un pays a deux visages, un peu comme Docteur Jekyll et Mister Hyde. Le docteur Jekyll serait, à mon sens, l’Amérique profonde (« Mainstream America » en anglais), une Amérique bien pensante, plus ou moins manichéenne, plus ou moins conservatrice ou la morale est la norme, une Amérique quelque peu repliée sur elle-même. La série télévisée Seven Heavens (plus connue en France sous le titre Sept à la maison) en est pour moi, le symbole évident.

 

Quant à Mr Hyde, je verrais sans hésiter New-York incarner un tel personnage. En effet, il n’y a pas si longtemps, New-York, c’était la criminalité, les endroits plus ou moins sombres, etc. Mais New-York, c’est aussi l’ouverture sur le monde, le multiculturalisme, le libéralisme au niveau de la morale, bref, une Amérique qui n’hésite pas à évoquer tous les sujets mêmes les plus tabous. A ce titre, les séries Ally Mc Beal mais également Dawson’s Creek (bien que l’action ne se passe pas dans la Grosse pomme) sont également des symboles.

 

Pourquoi je vous parle de tout cela ?

 

C’est qu’à mon sens, les Etats-Unis sont terriblement tiraillés entre une volonté d’exprimer leur liberté, leur ouverture sur le monde et la défense de valeurs – qui pour certaines sont communes aux nôtres – mais aussi un repli sur soi plus ou moins marqué, plus ou moins fort. Si les Etats-Unis ont toujours balancé entre ces deux tendances, il n’en demeure pas moins que le 11 septembre 2001 a changé quelque peu les choses.

 

En 2004 – peu de temps avant les présidentielles américaines – Christine Ockrent publiait Bush – Kerry : les deux Amériques. Effectivement, il y a bien deux Amériques qui s’affrontent, du moins qui s’opposent. C’est en cela que les Etats-Unis sont un véritable Janus à deux visages. Ce sont deux Amériques qui s’affrontent sur l’image à donner de ce pays. Cette opposition est encore plus vive depuis le 11 septembre 2001 et les terribles attentats de New-York et de Washington. Si à New-York, on se montre volontiers cosmopolite, dans le fin fond du Texas, on n’hésite pas à montrer une vive hostilité envers les immigrés clandestins ou pas. Si à New York, les couples gays et lesbiens s’affichent plus ou moins facilement, dans l’Amérique profonde, ils restent considérés comme l’incarnation du Mal. Enfin, si dans à New-York et dans le reste des côtes Est et Ouest, on se veut ouvert sur le monde pour mieux le comprendre et moins le caricaturer, dans l’Amérique profonde, on croit dur comme fer que les Etats-Unis ont un rôle messianique à jouer pour l’ensemble de l’humanité.

 

Bon, je caricature un peu. Toujours est-il qu’en voyant ce trou béant que constitue Ground Zero – trou qui se sera comblé par la construction de deux nouvelles tours et d’un mémorial en souvenir des victimes du 11 septembre 2001 – je me dis que comme pour le Chili, l’Amérique est à la croisée des chemins ou plutôt de son destin. Les Etats-Unis ne doivent pas s’engager sur une pente dangereuse, celle du repli et d’une vision plus ou moins manichéenne où on se permettrait de donner les bons points et de rendre les coups à tel ou tel pays sous prétexte de lutte contre le terrorisme. Les Etats-Unis doivent continuer à faire rêver, à montrer un visage d’ouverture, de multiculturalisme et de tolérance. Un pays où la lutte contre le terrorisme ne se justifie par une restriction des libertés individuelles (le fameux Patriot Act), un pays où l’arrogance ne se traduit pas par une volonté d’imposer au reste du monde son modèle au mépris des cultures. Si les Etats-Unis veulent se montrer orgueilleux, c’est en affichant leur liberté et leurs valeurs fondamentales, celles qui font que les Etats-Unis furent un pays si longtemps respecté.

 

C’est cette Amérique là dont je rêve. Aussi, quant je quitte New-York, je me dis que cela reste encore possible. Tout dépendra des prochaines élections de novembre 2008.

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A suivre (Prochaine destination : le Togo)

 

PS : afin de prolonger mes propos, je vous conseille de regarder les films polémiques de Michael Moore tel que Bowling for Columbine et Fahrenheit 9 /11 mais également un autre film September 11 (mais cela j’aurais l’occasion de vous en parler un peu longuement, le 11 septembre prochain)

par Gilles publié dans : Carnets d'été 2007
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Lundi 6 août 2007
Lundi 6 août


 
Bonnes vacances monsieur le Président !

 

En préparant mon article sur les Etats-Unis, je suis allé – pour me divertir un peu – sur le blog de Marie-Pierre Ramos, camarade socialiste et maire-adjointe au Blanc-Mesnil. Je tombe sur l’article qui suit :

 

Chers congés et riches “amis”

Le député PS René Dosière estime le coût du séjour à plus d’un an de rémunération présidentielle.
Par PASCAL VIROT

Nicolas-Sarkozy-Malte.jpg Nicolas Sarkozy, lors de sa "retraite" à Malte, le 7 mai dernier, peu après son élection à la présidence de la République. Nicolas Sarkozy ne s’en est jamais caché : il aime le luxe. Son escapade de la victoire, juste après son élection à l’Elysée en mai, sur le yacht de son ami milliardaire Vincent Bolloré pour faire des ronds dans l’eau au large de Malte, en est un exemple. Pas le dernier. Déjà, ce séjour en Méditerranée avait créé un début de polémique sur les frais engagés et par qui. Rebelote depuis jeudi, quand a été officialisé le séjour, pour une durée indéterminée, du président de la République, de son épouse et de leur enfant dans une plaisante maison de 1200 m², dans la station estivale très chic de Wolfeboro aux Etats-unis.

Pour prévenir toute controverse, l’Elysée a fait savoir que le couple présidentiel était “en vacances à l’invitation d’amis, tout aussi riches qu’anonymes, et qu’il s’est rendu aux Etats-Unis par vol régulier. Des informations que le chef de l’Etat a reprises à son compte, hier.

Au retour de son équipée maltaise, Sarkozy avait été contraint de se justifier, expliquant: Je n’ai pas l’intention de me cacher, je n’ai pas l’intention de mentir, je n’ai pas l’intention de m’excuser, a-t-il affirmé. Je ne vois pas où il y a de la polémique. Et d’ajouter : “Cela n’a pas coûté un centime aux contribuables.

Une nouvelle fois, c’est le député (apparenté PS) de l’Aisne René Dosière, grand spécialiste des budgets de l’Elysée, qui s’est ému du coût du séjour américain. “Qui” paie ? a-t-il demandé. Selon différents journaux, la location atteindrait quelque 21 900 € par semaine. Officiellement, la rémunération du Président, qu’il fixe lui-même, est en gros de 6 000 € par mois.” a rappelé l’auteur de L’argent caché de l’Elysée ; une telle dépense “ne peut être supportée par le Président puisqu’elle représente - si l’on ajoute le transport - davantage que [sa] rémunération annuelle“, a estimé Dosière, rappelant qu’il avait posé la question au couple Chirac lorsque celui-ci avait séjourné dans un palace de l’île Maurice en 2000.

A l’époque, une vive polémique avait surgi lorsqu’avait été révélé le coût du séjour de trois semaines du couple présidentiel au Royal Palm: 3 349 € la nuit.

Je ne sais pas si c’est la fonction qui veut cela toujours est-il que comme d’habitude, l’Elysée et son nouveau locataire nous prend vraiment pour des veaux. Au passage, je veux bien que Nicolas Sarkozy aille se reposer aux Etats-Unis – après tout, c’est son problème – néanmoins, engager de telles dépenses pour des vacances, voilà qui pose problème.

 

Ce qui pose problème en réalité, c’est la coupure dont fait preuve le président de la République avec le reste des Français. On nous dit « Gagner plus en travaillant plus ! » Chice ! Mais cela n’empêche pas Nicolas Sarkozy de multiplier les sorties de luxe du Fouquet’s à Paris à ses vacances aux Etats-Unis en passant par Malte. Sarkozy se veut le président de tous les Français mais en réalité, il se comporte avec une certaine arrogance et un manque de retenue évident envers notamment ceux qui connaissent des fins de mois compliqués. Comme l’expliquait si bien la journaliste Laure Adler lors de la réunion de soutien à Elisabeth Guigou lors de la législative de juin dernier, Nicolas Sarkozy touche au symbolique, notamment celle qui est en lien avec sa fonction de président de la République. Il se veut président de tous les Français ? Laissez-moi rire ! Car peu importe qu’il paie ou pas son séjour actuel aux Etats-Unis, il n’en demeure pas moins que le président se sent beaucoup plus proche de ses « riches » amis que de la majorité de nos concitoyens qui lui ont fait confiance le 6 mai dernier…

 

Alors vous me direz – surtout si vous êtes un fan de Sarko – que je polémique pour rien. Sans doute mine de rien. Toujours est-il que celui qui promettait une rupture avec une certaine manière de gouverner risque bien de succomber plus tôt que prévu à l’ivresse du pouvoir et des charmes qu’offrent la fonction de chef de l’Etat. Mais bon, ne soyons pas rancunier : bonnes vacances, petit Nicolas ! Il est clair qu’une station huppée de la côte Est des Etats-Unis, cela est vachement mieux que le bassin d’Arcachon (sa destination de vacances lorsqu'il n'était que simple ministre !) ! N’est pas beauf qui veut mon cher !

par Gilles publié dans : Carnets d'été 2007
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Jeudi 2 août 2007

A mes lecteurs

 

Poursuite de mon tour du monde virtuel avec pour nouvelle destination, le Chili. Bon, je fais de mon mieux pour tenir le rythme de croisière. Cela est quelque peu difficile car je fais un job d’été quelque peu fatiguant – je suis magasinier aux entrepôts des Galeries Lafayette à Paris – avec des horaires de dingue et une sieste post-taf devenue quasi rituelle, en raison de la charge énorme de travail, et ce jusqu’au 31 août. Mais bon, c’est pour la bonne cause (RIRES)

 

Et maintenant, place au Chili !

 

Gilles

 

Mercredi 1er août

 

A la croisée des chemins

 

Santiago.jpgSantiago, capitale du Chili. Mercredi 1er août, 14h30. Après ma virée nipponne, je débarque à Santiago, capitale du Chili, huit ans après y être venu pour la première fois. C’était en août 1999. A cette époque, je participais avec la chorale des Petits Ecoliers Chantants de Bondy à un festival international de chant choral organisé par la chorale des enfants de Vina del Mar, une ville située non loin de Valparaiso sur la côte Pacifique.

 

Huit ans après, Santiago n’a pas changé. Une ville à l’américaine avec ses grandes routes, ses fast-foods et restaurants imposants – d’ailleurs pour vous raconter une anecdote, nous étions partis, ma famille d’accueil et moi, manger un soir dans un restaurant… chinois ! Faut le faire quand même, soit disant en passant ! – la grande ambassade américaine, la Cordillère des Andes tout près… Non le Chili que j’ai visité en 1999 n’a pas changé. Et pourtant, il n’a jamais autant fait parler de lui, notamment ces derniers mois.

 

En effet, depuis janvier 2006, le Chili vit une sorte de révolution douce. En effet, une femme – Michele Bachelet – dirige un pays réputé comme le plus machiste de l’Amérique latine. Pour vous en convaincre, j’aimerais vous rappeler que le Chili est encore très catholique (comme j’ai pu moi-même m’en rendre compte) et que le divorce fut longuement interdit et je ne vous parle même pas de l’avortement qui est tout simplement prohibé. Aussi, quelle n’a pas été la surprise et finalement l’avancée majeure qu’a constitué l’arrivée de la socialiste Michele Bachelet à la tête de la Modena (le palais présidentiel, ndlr) d’autant plus qu’elle symbolise l’avenir mais aussi le sombre passé de son pays.

 

En effet, le Chili, ce fut aussi les années de dictature du général Augusto Pinochet qui se sont traduites par une liberté de la presse plus que rognée, des opposants malmenés, des exils forcés et un néo-libéralisme qui a laissé des traces. A mon sens, le Chili est à la croisée des chemins car ce dernier doit faire face à son passé sombre d’autant plus que les partisans de l’ancien dictateur ne cachent pas leur admiration pour ce dernier, bien au contraire ! A ce titre, j’ai été quelque peu surpris de la réaction de ses partisans à l’annonce de sa mort, le 11 décembre dernier.

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Augusto Pinochet - dans les années 1980 - ancien général et dictateur du Chili, décédé le 11 décembre 2006

 

A titre personnel, je me suis toujours demandé ce que pouvait ressentir un Chilien ayant vécu les années Pinochet. Cette question, je me suis l’a même posé la première fois que je suis venu au Chili en 1999. Malheureusement, je n’ai pas pu en savoir plus en raison notamment de la barrière de la langue mais aussi du fait qu’à 15 ans, il y a certains sujets qu’il faut soigneusement éviter. Aujourd’hui, je me la pose toujours cette question à tel point que j’avais fait un petit exposé sur le Chili des années post-Pinochet en conférence de méthode d’Espagnol cette année.

 

Mais bon, revenons au sujet ! (RIRES). Je pense qu’effectivement, le Chili est à la croisée des chemins car il s’inscrit de plein pied dans la modernité, il n’en demeure pas moins que le passé est là, bien pesant. Pour preuve, les familles des victimes de l’opération Condor réclament des comptes et les pros et antis Pinochet s’affrontent régulièrement depuis la départ de l’ancien dictateur du pouvoir en 1990. Aussi, lorsqu’on parle de Michele Bachelet – qui, au passage, s’exprime dans un excellant français – je me dis qu’elle a une lourde tâche à accomplir : inscrire son pays dans la modernité économique, sociale et sociétale tout en affrontant le passé et ce, sans haine, ni revanche, ce qui est loin d’être évidant surtout lorsque comme elle, on a été victime de la dictature et que sa famille en a payé un lourd tribut.

 

Vous l’aurez compris, j’ai une affection particulière pour le Chili un pays qui a de multiples défis à relever. Je pense que ce pays arrivera à en finir avec ses vieux démons et je crois qu’il est sur la bonne voie depuis l’avènement de Michele Bachelet au pouvoir. Alors, il ne me reste plus qu’à quitter Santiago, pour me rendre sur la côte Pacifique à Valparaiso, en espérant de ne pas attraper froid (hé oui, c’est l’hiver austral là-bas !)

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Michele Bachelet, présidente de la République du Chili, lors de son élection en décembre 2005

 

A suivre (Prochaine destination : l’Afrique du Sud)

 

PS : en guise de conclusion, je voulais vous faire un petit cadeau avec un sketch des Inconnus, « Les Frères Garcia ». Pour en savoir plus, cliquez ici. Cela en vaut la peine d’autant plus qu’il est drôle et court.  

par Gilles publié dans : Carnets d'été 2007
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