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Dimanche 16 décembre 2007

En guise de prolongement et d’épilogue à l’article précédent, je vous invite l’article écrit par Thomas Vallières dans l’hebdomadaire Marianne de la semaine du 28 juillet au 3 août 2007, un article toujours d’actualité ! Bonne lecture !

 

Gilles

 

Les droits de l’homme disaient-ils

 

Kadhafi-Sarkozy2007.jpg Le colonel Kadhafi et Nicolas Sarkozy en juillet 2007 en Libye. Pendant la campagne électorale présidentielle, Ségolène Royal demandait qu’on interdise à l’Iran l’accès au nucléaire, même civil. Elle avait tort.

Nicolas Sarkozy, lui, vient de signer avec le dictateur libyen Kadhafi, qui, lui aussi, refuse l’existence d’Israël, un accord pour lui faciliter l’accès au nucléaire civil. Triple ban !

Donc on est prêt à faire la guerre à l’un pour l’empêcher d’obtenir ce qu’on accorde généreusement à l’autre. Magnifique leçon de morale politique.

 

Accessoirement, Serge Dassault est assuré, lui, de pouvoir vendre à la Libye, enrichie par la flambée des cours du pétrole, des avions de combat et peut-être même, qui sait, ces fameux Rafale dont personne n’a voulu jusqu’à présent.

     Or, que reprochait-on à Jacques Chirac ? Que lui reprochait, surtout ce bataillon d’intellectuels droits-de-l’hommistes et apparemment angéliques qui a soutenu d’enthousiasme la guerre d’Irak de Bush avant de se rallier comme un seul homme à Nicolas Sarkozy ? D’avoir, le cynique, homme, sans foi ni loi, vendu des armes à l’Irak de Saddam Hussein et refusé, ensuite, de joindre à l’opération militaire destinée à abattre l’affreux tyran. Mais en quoi Kadhafi, nationaliste panarabe antisioniste comme l’autre, ex-fourrier du terrorisme international (ce que l’autre ne fut sans doute même pas), est-il moins tyrannique que Saddam ? Son régime moins totalitaire que celui du Baas ? En quoi ? Même omniprésence du chef à vie, même culte fou de la personnalité, même façon de chauffer à blanc les passions populaires, alors ?

 

     Qu’on nous entende bien : nous nous réjouissons de la libération des infirmières bulgares, fût-elle cher payée, car nous avons jamais donné, nous, dans l’angélisme droits-de-l’hommiste exalté qui constitue, trop souvent, un paravent d’hyprocrisie derrière lequel se cachent les pires visées néo-impérialistes ou néocolonialistes. On excommunie la Syrie de Bachar al-Assad, bravo, mais on ne refuse rien à l’Arabie saoudite, l’Etat le plus totalitaire et le plus intégriste du monde avec la Corée du Nord. On montre du doigt la Birmanie, et on a raison, mais on fait ami-ami avec le dictateur tunisien Ben Ali, l’homme aux 100% de suffrages, auquel d’ailleurs Sarkozy vient, à son tour, de tresser des couronnes de laurier. Qui reçoit-on à l’Elysée, toutes affaires cessantes, après l’élection présidentielle ? Ces grands démocrates que sont le Gabonais Bongo et l’émir du Qatar (et pour cause). Le président camerounais Biya vient de se faire reconduire au pouvoir – à vie ? – grâce à des élections grotesques tant elles ont été manipulées : on ne réagit même pas ! Chaque jour, des civils innocents sont tués en Afghanistan par les avions de l’Otan : pas un mot ! L’Italie, l’Allemagne, le Danemark, ou même le Canada font part de leur émotion : pas nous ! Les mêmes qui diabolisent Hugo Chavez, jusqu’ici, tout compte fait, plus démocrate que l’Egyptien Moubarak, le général pakistanais honni par les siens un défenseur du monde libre.

 

     Donc nous n’avons jamais été de ceux qui exigent qu’on camoufle la « Realpolitik », fondée sur les rapports de force et les intérêts nationaux, en conte enfantin pour Bibliothèque rose. Ainsi, estimons-nous que, pour empêcher absolument l’Iran de se doter d’une arme nucléaire, il fallait permettre et accompagner, en contrôlant le processus, son accession légitime au nucléaire civil.

 

     Mais, en revanche, que nous ont expliqué les André Glucksmann, les Pascal Bruckner, les Bernard Kouchner et tutti quanti ? Qu’ils se ralliaient à Sarkozy parce que lui, au moins (il en avait fait le serment !), romprait avec le réalisme sans principes de Chirac, n’irait pas serrer la main à Vladimir Poutine et mettrait toute la diplomatie de la France au service des droits de l’homme.

 

    Eh bien on a vu. On serre la main de Poutine, on l’étreint même, on découvre qu’il serait suicidaire de couper les ponts avec une Russie en pleine croissance, débordante de ressources gazières, dont le poids géopolitique ne cesse de se renforcer et dotée, en prime, d’un chef d’Etat qui ressemble furieusement à notre guide à nous. On multiplie les avances en direction de la Chine, sans trop se soucier de la nature de son régime attentatoire aux libertés publiques. On renoue avec la Syrie et, pour obtenir la libération des otages bulgares, on se couche devant le dictateur Kadhafi.

 

    Nous n’entendons nullement faire le procès de cette politique…qui fut celle de tous les prédécesseurs de Sarkozy (et dont Mitterrand ne s’écarta que de façon très éphémère). Nous faisons simplement remarquer qu’elle va radicalement, brutalement, à l’encontre des convictions, des professions de foi, des discours enflammés de ceux qui nous vendirent la révolution morale sarkozyenne. Et qui ne réagissent pas. Honteux ? Même pas.

 

   De toute façon, et c’est la question que nous entendons aborder frontalement et sans tabous la semaine prochaine (l’actualité nous en ayant empêchés cette semaine), notre propre évolution vers un pouvoir de plus en plus personnel, et assez peu républicain, ne nous met pas forcément en situation de donner des leçons en la matière.

par Gilles publié dans : International
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Dimanche 16 décembre 2007

Sarkozy---Kadhafi-4.jpg Le colonel Kadhafi en compagnie de Nicolas Sarkozy à l'Elysée. Une semaine de vacances qu’on aimerait bien vite oublier. Voilà le cher colonel Kadhafi qui quitte notre pays après s’être comporté tel un monarque avec sa cour. La Tour Eiffel, Versailles, la forêt de Fontainebleau, etc. Celui qui se fait appeler le « Guide suprême », s’en est allé avec toute sa clique et toute sa Cour dans notre pays et on a profité pour nous humilier, le chef de l’Etat en tête.

 

Rama-Yade-copie-2.jpg La secrétaire d'Etat aux Droits de l'Homme, Rama Yade (www.liberation.fr) Je le dis tout net : la visite du colonel Kadhafi en France est une honte pour notre gouvernement, un gouvernement qui est censé défendre les Droits de l’Homme. D’ailleurs, je ne peux que m’étonner du silence plus qu’assourdissant des ministres dit d’ouverture : ni Fadela Amara (qui pourtant a l’habitude d’avoir la langue bien pendue), ni Bernard Kouchner n’ont jugé utile de commenter cette visite plus que controversée. Il n’y a eu que notre chère secrétaire d’Etat aux Droits de l’Homme, Rama Yade, qui a eu le courage et l’honnêteté intellectuelle, il faut le dire, de dire tout haut ce que beaucoup pensaient tout bas au sein même de la majorité : que la visite de Kadhafi était tout sauf un honneur pour la France !

 

Voilà ! Une semaine, pour quels résultats ? Pour voir que le président de la République s’est renié en accueillant un homme qui a une vision bien spéciale de la démocratie, un homme qui se permet de contredire sans ambiguïté son homologue lorsque ce dernier déclare qu’il a été fait état de la question des Droits de l’Homme entre les deux pays. Pour voir le colonel Kadhafi se payer notre tête lorsqu’il évoque cette même question à l’UNESCO en se demandant si ces droits sont bel et bien respectés pour les étrangers qui vivent sur notre sol. En bref, on a été les dindons de la farce.

 

Alors certains diront mais où est passé l’opposition ? Rassurez-vous ! Le PS a eu une attitude tout sauf ambigüe en condamnant la visite du Guide suprême et en refusant tout bonnement de le rencontrer. Preuve en est, les députés socialistes, menés par Jean-Marc Ayrault ont boycotté la visite de ce dernier à l’Assemblée nationale !

 

Si le président de la République n’a pas commis une erreur en invitant le colonel Kadhafi, il a certainement commis une énorme maladresse diplomatique ! Alors, certains diront aussi bien à l’UMP – comme Pierre Lellouche, néoconservateur à ses heures perdues – que dans mon groupe de conférence de méthode à Sciences Po Grenoble qu’il faut agir au nom du pragmatisme.

 
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Certes. Mais le pragmatisme ne suffit pas et surtout, n’excuse pas tout. Soyons clair ! Il est nécessaire de discuter avec le chef de l’Etat libyen et voir d’un bon œil sa conversion en tant qu’homme repenti du terrorisme. Néanmoins, fallait-il aller jusqu’à dérouler le tapis rouge et lui faire les honneurs ? Tout cela pour des contrats ? Et à quel prix ? Le déni ou bien la mise au placard de nos valeurs ?

 

La France est quelque peu arrogante, il est vrai. Mais la France est également considérée et appréciée quand elle défend avec courage et hargne des questions essentielles comme celle des Droits de l’Homme. Au fond, ce n’est pas la visite en elle-même qui est à condamner mais la façon dont on organisé cette dernière. Car à force de vouloir trop faire les yeux doux au colonel Kadhafi, ce dernier s’est payé notre tête à merveille ! 

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par Gilles publié dans : International
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Samedi 15 décembre 2007

Bayrou---Jupp--.jpg François Bayrou  et Alain Juppé en 2002 (www.nouvelobs.com) En naviguant sur le site Internet du Monde, je suis tombé sur une info assez croustillante. En marge des municipales de mars 2008, le président du Modem, François Bayrou a annoncé que son parti soutenait Alain Juppé (UMP), qui se présente pour un troisième mandat à la mairie de Bordeaux. Tout en précisant qu’il était en contact avec les maires socialistes de Dijon et de Tours, respectivement François Rebsamen et Jean Germain.

 

Au niveau national, l’ouverture semble également faire des émules : Marseille, Lyon, Montpellier, Pau et même Grenoble selon les rumeurs… Je ne cite que les principales. Toujours est-il que l’heure, comme le souligne le Monde, est à l’ouverture et il faut bien reconnaître que nous sommes dans une sacrée pagaille.

 

A première vue, on pourrait se dire que la politique de l’ouverture peut paraître pertinente au niveau local puisque la gestion des affaires municipales est quelque chose de très particulière et que les logiques nationales importent peu. C’est d’ailleurs l’argument que le président du Modem sous entend pour justifier ses choix.

 

Sanmarco---Gaudin.jpg L'ancien leader socialiste Philippe Sanmarco et l'actuel sénateur-maire de Marseille, Jean-Claude Gaudin. Le premier a annoncé son soutien au second (www.lefigaro.fr) Certes. Les municipales n’ont évidemment pas les mêmes enjeux que les élections nationales. Toutefois, la stratégie de l’ouverture favorise une joyeuse pagaille où les calculs politiques semblent prendre de plus en plus le pas sur les projets et convictions politiques. Ainsi, on tente de recontacter ceux qui ont été écartés par leurs partis politiques tandis que d’autres n’hésitent pas régler leurs comptes avec les « amis » politiques. Ainsi, le député UMP de l’Hérault, Jean-Pierre Grand, au nom de l’ouverture, a annoncé son ralliement à l’actuelle maire PS de Montpellier Hélène Mandroux. Il est de même pour Philippe Sanmarco – héritier de l’ancien maire socialiste de Marseille, Gaston Deferre – qui a annoncé son soutien au maire UMP sortant, Jean-Claude Gaudin. Une petite précision : Philippe Sanmarco n’est plus membre du PS depuis 2002 !

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Jean-Pierre Grand, député de l'Hérault et Hélène Mandroux, maire de Montpellier. Le premier a apporté son soutien à la seconde. Depuis, il a été suspendu à l'UMP ! Vive l'ouverture à l'envers ! ;-)

 

Oui, c’est une sacrée pagaille et la stratégie de l’ouverture peut s’avérer payante comme elle peut s’avérer désastreuse. Si cette stratégie porte, au niveau municipal, un projet ambitieux et clair, alors pourquoi pas finalement. Si au contraire, cette stratégie vise à enquiquiner l’adversaire et à ratisser large afin d’être élu, alors à quoi servent les croyances et les partis politiques ?

 

En effet, la stratégie d’ouverture peut parfois créer des situations ubuesques, voir complètement cocasses. Ainsi, à Paimpol (22), l’ex-Modem, Jean-Yves de Chaisemartin cherche à constituer une liste allant de l’UMP à… un militant PCF. Vive le calcul et l’écart politiques ! Toujours est-il que l’ouverture tue l’ouverture, du moins, elle ne se limite qu’à des stratégies politiciennes où l’essentiel se résume à une seule chose : conserver sa mairie (ou la conquérir !) coûte que coûte.

 

Dès lors, l’ouverture peut paraître pertinente sous certains aspects et sous certaines conditions au niveau municipal. Malgré tout, reste en prouver son utilité surtout dans un scrutin de ce type. Ainsi, comme l’a précisé un internaute sur le site Internet du Nouvel observateur, aux municipales, on vote beaucoup plus pour une personnalité que pour un parti. Dès lors, si l’ouverture se réduit à des calculs et vise à brouiller les lignes politiques, alors on aura droit à une sacrée pagaille en mars prochain !

par Gilles publié dans : Actualité politique
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Samedi 15 décembre 2007

13122007-001-.jpg Action de rue du JEF-Isère au Musée Dauphinois, Grenoble, le 13 décembre dernier (Photo prise de mon téléphone portable) Le 13 décembre dernier fut signé le traité modificatif de Lisbonne qui fixe les nouvelles règles de fonctionnement de l’Union Européenne, un traité qui doit entrer en vigueur le 1er janvier 2009 après ratification dans chacun des Etats membres.

 

A cette occasion, les Jeunes Européens France – la branche jeunesse du Mouvement Européen France – ont voulu marquer le coup en invitant ses sections locales à mener des actions de rue, le jour de la signature du traité afin de marquer notre attachement à la construction européenne. Bien évidemment, la section Isère des Jeunes Européens France a répondu présent et c’est en compagnie de Vincent, le président des JEF-Isère, et de quelques militants que nous avons mené notre action de rue.

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A l’origine, nous avions souhaité draper les « bulles » (nom local pour désigner les cabines du téléphérique) d’un des symboles de l’UE, à savoir le drapeau européen. Toutefois, cela ne fut pas possible pour des raisons administratives. Mais qu’à cela ne tienne, nous n’avons pas hésité à gravir les marches qui nous séparaient du Musée dauphinois et réaliser notre action de rue avec quelques jolies photos.

 

Cette action est quelque peu symbolique mais elle était nécessaire à un moment où l’Union Européenne, à en croire les 27 chefs d’Etat et de gouvernement, repart sur les rails. Malgré tout, le traité de Lisbonne ne doit pas devenir la norme. Autrement dit, nous devons aller plus loin et afficher une nouvelle ambition pour l’Europe et les Européens que nous sommes. C’est d’ailleurs à ce titre, que les Jeunes Européens regrettent la disparition pure et simple de toute référence aux symboles de l’Union, ce qui prive l’Europe de tout objectif ou vocation fédéraliste.

 

En tout cas, l’Europe mérite qu’on gravite les échelons et qu’on mouille la chemise pour elle. Toutefois, cela nous oblige à ce qu’on prenne en compte l’avis de nos compatriotes. Si ces derniers n’ont pas rejeté la construction européenne et qu’ils sont de plus en plus intéressés, il n’en demeure pas moins que nous devons construire l’Europe avec eux et non derrière leur dos. Ainsi, il est nécessaire que le traité de Lisbonne soit ratifié par voie référendaire car c’est là, un premier signe d’engagement et de prise en compte de nos concitoyens.

 

C’est là un enjeu majeur dans lequel les Jeunes Européens peuvent jouer un rôle important et dans lequel, notre implication est nécessaire. 

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Non, non ! Il ne s'agit pas d'un terroriste, mais de Vincent, notre cher président qui fait le pitre ! (RIRES)

par Gilles publié dans : Je vous parle d'Europe
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Mercredi 12 décembre 2007

Tapis rouge et mise aux petits soins pour un homme qui tente de se refaire une virginité politique et diplomatique sur la scène mondiale. Tapis rouge et controverse pour un chef d’Etat qui, même s’il joue un rôle non négligeable sur la scène mondiale, se moque éperdument de la question des Droits de l’Homme et qui se paie même le luxe de dire, à la tribune de l’UNESCO à Paris, ceci : "Avant de parler des droits de l'homme, il faut vérifier que les immigrés bénéficient chez vous de ces droits"

 Chez vous, comprenez la France, notre chère patrie des Droits de l’Homme. A ce titre, il n’y a pas si longtemps, notre chef de l’Etat s’était juré – du temps qu’il était candidat à la magistrature suprême – de faire là aussi une rupture dans la politique internationale de la France, n’hésitant pas à poser des questions à propos du respect des Droits de l’Homme à tel ou tel chef d’Etat, notamment un certain… Vladimir Poutine, du temps où ce dernier avait reçu la Légion d’Honneur des mains de l’ancien président de la République, Jacques Chirac.

Sarkozy---Kadhafi.jpgNicolas Sarkozy reçevant le colonel Kadhafi sur le  perron de l'Elysée. (www.lefigaro.fr) Avec la visite du colonel Kadhafi en France – visite de six jours tout de même – c’est la place même des Droits de l’Homme accordée par Nicolas Sarkozy dans la diplomatie française qui est posée. A titre personnel, je dirais que la question des droits de l’Homme est posée de façon aléatoire selon les cas précis. Ainsi, le président de la République évite soigneusement que sa secrétaire d’Etat chargée des Droits de l’Homme fasse partie du voyage, on aurait peur que cela choque nos amis chinois et préfèrent voir ailleurs au niveau de leur emplettes.

Il en est de même pour la Libye. Car vouloir renouer des liens diplomatiques, c’est une chose mais aller jusqu’à recevoir le colonel Kadhafi à Paris, en l’accueillant avec les honneurs, voilà qui ne peut être que de mauvais goût ! D’ailleurs, la presse européenne ne s’y est pas trompée en critiquant lourdement l’initiative de Nicolas Sarkozy.

Cela est d’autant plus important que si la France prône les Droits de l’Homme, cela ne doit pas se faire en fonction de la solvabilité ou non d’un Etat en question. Je m’explique : parler des Droits de l’Homme, c’est prendre le risque de perdre des marchés et cela rapporte peu. Dès lors, la logique financière l’emporte sur des considérations éthiques

Le président de la République semble adopter une diplomatie à géométrie variable et a cette manie de vouloir se démarquer de ses homologues européens. Ainsi, là où la chancelière allemande, Angela Merkel, exprime ses plus fortes réserves quant aux résultats des dernières élections en Russie, Sarkozy lui en profite pour téléphoner et féliciter tout bonnement le nouveau Tsar de Russie. C’est navrant.

C’est d’autant plus navrant qu’on se targue de crier sur tous les toits que nous sommes la patrie des Droits de l’Homme. Dès lors, je me dis : « à quoi sert Rama Yade ? » car même si elle a exprimé ses plus fortes réserves à la venue du colonel Kadhafi, on ne peut pas malheureusement en dire davantage du ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, qui n’en finit pas d’avaler des couleuvres diplomatiques.


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Samedi dernier, lors du sommet  Europe-Afrique de Lisbonne (www.liberation.fr)

Aussi, on ne peut pas se réjouir de recevoir le colonel Kadhafi même si ce dernier joue aux terroristes repentis. En effet, il ne faudrait pas oublier à quel point il use avec merveille du chantage diplomatique. C’est sans doute une nouvelle forme de cynisme. Mais alors, autant ne pas mettre en avant la question des droits de l’Homme quand cela nous chante et lorsqu’il s’agit d’avoir bonne conscience de temps en temps.

par Gilles publié dans : International
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