Bernard Accoyer, président de l'Assemblée nationale, Christian Poncelet, président du Sénat, Rachida Dati, Garde des Sceaux, ministre de
la Justice et Roger Karoutchi, secrétaire d'Etat chargé des Relations avec le Parlement (www.lemonde.fr) Ce lundi 21 juillet, le Congrès, réuni à Versailles, a finalement voté la réforme des institutions
de notre V° République… à une voix près ! En effet, sur les 538 voix requises pour la réforme soit adoptée (soit les 3/5 des parlementaires), 539 élus ont finalement approuvé la modification
de notre loi fondamentale, autant dire que grand-chose !
Car en règle générale, la révision de la Constitution fait toujours l’objet d’un large consensus entre droite et gauche. Pour autant, un ressort est cassé et si le président de la République a réussi à faire passer sa réforme, il n’y est parvenu que d’un cheveu et en intimidant tous ceux qui apprêtaient à rejeter le texte. Ainsi, que valent encore des députés et des sénateurs comme Hervé Mariton, ou bien encore Georges Tron qui se sont finalement laissés acheter pour avoir la paix sociale et surtout l’assurance d’être réinvesti par l’UMP lors des prochaines législatives ? Je ne parle même pas d’Alain Lambert qui a rapidement retourné sa veste, lui qui avait pourtant rejeté le texte en 1ère et en 2nde lectures au Sénat ! Faut le faire au passage !
Il a fallu une seule voix pour que de la démocratie, nous passions à la monocratie et cette énième réforme censée rééquilibrer les pouvoirs entre pouvoir exécutif et pouvoir législatif, est loin de remplir sa promesse car sous prétexte que le Parlement aura plus de possibilités, on vient tout bonnement de doter notre République d’un régime semblable au système américain, un système qui rencontre lui-même ses propres limites !
Car le point final est le suivant : il ne s’agit en aucun cas de la victoire de la démocratie, comme le clame Sarkozy mais bien une victoire à la Pyrrhus de ceux qui optent pour un déséquilibre des pouvoirs. Certes des avancées sont là mais au bout du compte, ce ne sont que des miettes destinées à amadouer l’opposition en échange de promesses qui n’engagent que ceux qui les croient. Ainsi, Jean-Paul Balyet, président du Parti Radical de Gauche est bêtement tombé dans le panneau et semble encore croire aux belles paroles de l’UMP !
Qui plus est, comment parler de victoire de la démocratie alors qu’il manque des points essentiels défendus mordicus par l’opposition socialiste et superbement ignorés (souvent avec mépris !) par la majorité. Je pense notamment :
- au droit de vote des immigré(e)s : cela fait dix ans que cette question est réellement mis sur l’agenda politique et malgré les initiatives de Jospin (alors Premier ministre, il ne pouvait mettre en place cette mesure en raison du veto probable du Sénat et du fait qu’il n’a pas l’initiative d’organiser un référendum) et les belles promesses populistes de Nicolas Sarkozy, nous sommes l’une des rares démocraties où les immigrés n’ont qu’un droit : celui de se taire et de payer des impôts ! (et bizarrement l’argent n’a pas d’odeur surtout quand il vient des immigrés, ce qui est idéal pour financer les retraites !)
- au non-cumul des mandats : là encore, des timides avancées ont eu lieu mais là encore, on ne touche pas le cœur du problème et ceux qui ont voté la modification constitutionnelle sont les premiers à être concernés par le cumul ! (Rassurez-vous à gauche, il a aussi des cumulards). Cela fait des années que la gauche propose le mandat unique qui pourrait être une véritable révolution dans notre vie politique : mais nos chers députés oseront-ils sacrifier une bonne partie de leur train de vie ? Rares sont les personnes à l’avoir vraiment fait !
- à la réforme du Sénat : là encore, une particularité bien de chez nous ! Depuis 1958, la Haute Assemblée est à droite et le mode de désignation des sénateurs laisse vraiment à désirer. A ce titre, Guillaume, un camarade socialiste, m’a dit qu’une alternance peut être possible à l’horizon 2011 à la condition bien sûr que le PS et ses alliés remportent les régionales. Doit-on attendre jusqu’à cette échéance pour connaître l’alternance ? Et même en cas de victoire, est-il normal que la France soit le seul pays où l’élection des sénateurs se fait de manière plus ou moins opaque et plus ou moins arrangée ?
Aucune de ces trois dispositions n’est présente dans la réforme des institutions et il est clair que si au
moins une des trois revendications étaient inscrites dans la loi, l’attitude des socialistes aurait changé. Le vote négatif des socialistes n’est pas, comme je l’entends, un vote
anti-Sarkozy ! Notre vote souligne de grave anomalies dans la méthode et les choix opérés par la majorité et l’exécutif et le résultat extrêmement serré prouve tout le malaise et
l’intimidation dont a su faire preuve l’UMP et le gouvernement pour détecter et intimider certaines de ses brebis galeuses ! Alors non, il ne s’agit pas d’une victoire de la démocratie,
mais bien d’une mise en demeure de celle-ci ! Une victoire de la démocratie aurait signifiée de majorité et opposition trouve un ou plusieurs accords communs car lorsqu’il s’agit de la
Constitution, nous sommes ni de droite, ni de gauche mais Français ! Mais malgré cela, la droite, de par son attitude et son mépris, a préféré fustiger et passer en force au lieu de
rassembler et accepter des mesures concrètes quitte à se déshonorer !
ADDENDA : à propos de Jack Lang
Jack Lang a été le seul parlementaire à voter pour la réforme en
dépit de la consigne donnée par le Bureau national (BN) du PS qui à l’unanimité s’est prononcée contre.
A ce titre, certains diront que Lang est un grand garçon et qu’il n’a pas à recevoir d’ordres de personne !
Certes, mais alors pourquoi faire partie d’un parti politique alors ? Sur ce point, j’insiste volontiers sur l’hypocrisie de l’UMP qui qualifie le BN de « Politburo » mais qui ne se gêne pas pour intimider voire menacer ses propres parlementaires (et le résultat a été visiblement payant !)
Alors que certains militants de base peuvent être sanctionnés voire exclus pour s’être – à certains endroits – alliés avec le Modem en lieu et place des communistes, Jack Lang devrait-il retourner en Grèce (où il passe des vacances tranquille !), sans être inquiété de la moindre sanction ?
Aussi, et après mûre réflexion, je me ne demande qu’une chose – en tant que simple militant de base : que Jack Lang rende des comptes aux militants sur son attitude et qu’il soit exclu du PS ! (C’est un avis que j’assume complètement tant que je trouve l’attitude de ce dernier déplorable !)
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Que Jack Lang ait accepté de
participer à la commission Balladur sur la modernisation de notre loi fondamentale passe encore, mais que ce dernier accepte de voter en faveur de la réforme qui doit être débattue aujourd’hui en
Congrès à Versailles, voilà qui jette un peu le trouble !
Dieudonné et Jean-Marie Le Pen.

Le Parlement réuni en congrès à Versailles.
Garde républicain lors du défilé du 14 juillet 2007.

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