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Lundi 21 juillet 2008

Bernard Accoyer, président de l'Assemblée nationale, Christian Poncelet, président du Sénat, Rachida Dati, Garde des Sceaux, ministre de la Justice et Roger Karoutchi, secrétaire d'Etat chargé des Relations avec le Parlement (www.lemonde.fr) Ce lundi 21 juillet, le Congrès, réuni à Versailles, a finalement voté la réforme des institutions de notre V° République… à une voix près ! En effet, sur les 538 voix requises pour la réforme soit adoptée (soit les 3/5 des parlementaires), 539 élus ont finalement approuvé la modification de notre loi fondamentale, autant dire que grand-chose !

Car en règle générale, la révision de la Constitution fait toujours l’objet d’un large consensus entre droite et gauche. Pour autant, un ressort est cassé et si le président de la République a réussi à faire passer sa réforme, il n’y est parvenu que d’un cheveu et en intimidant tous ceux qui apprêtaient à rejeter le texte. Ainsi, que valent encore des députés et des sénateurs comme Hervé Mariton, ou bien encore Georges Tron qui se sont finalement laissés acheter pour avoir la paix sociale et surtout l’assurance d’être réinvesti par l’UMP lors des prochaines législatives ? Je ne parle même pas d’Alain Lambert qui a rapidement retourné sa veste, lui qui avait pourtant rejeté le texte en 1ère et en 2nde lectures au Sénat ! Faut le faire au passage !

Il a fallu une seule voix pour que de la démocratie, nous passions à la monocratie et cette énième réforme censée rééquilibrer les pouvoirs entre pouvoir exécutif et pouvoir législatif, est loin de remplir sa promesse car sous prétexte que le Parlement aura plus de possibilités, on vient tout bonnement de doter notre République d’un régime semblable au système américain, un système qui rencontre lui-même ses propres limites !

Car le point final est le suivant : il ne s’agit en aucun cas de la victoire de la démocratie, comme le clame Sarkozy mais bien une victoire à la Pyrrhus de ceux qui optent pour un déséquilibre des pouvoirs. Certes des avancées sont là mais au bout du compte, ce ne sont que des miettes destinées à amadouer l’opposition en échange de promesses qui n’engagent que ceux qui les croient. Ainsi, Jean-Paul Balyet, président du Parti Radical de Gauche est bêtement tombé dans le panneau et semble encore croire aux belles paroles de l’UMP !

Qui plus est, comment parler de victoire de la démocratie alors qu’il manque des points essentiels défendus mordicus par l’opposition socialiste et superbement ignorés (souvent avec mépris !) par la majorité. Je pense notamment :

-       au droit de vote des immigré(e)s : cela fait dix ans que cette question est réellement mis sur l’agenda politique et malgré les initiatives de Jospin (alors Premier ministre, il ne pouvait mettre en place cette mesure en raison du veto probable du Sénat et du fait qu’il n’a pas l’initiative d’organiser un référendum) et les belles promesses populistes de Nicolas Sarkozy, nous sommes l’une des rares démocraties où les immigrés n’ont qu’un droit : celui de se taire et de payer des impôts ! (et bizarrement l’argent n’a pas d’odeur surtout quand il vient des immigrés, ce qui est idéal pour financer les retraites !)

-       au non-cumul des mandats : là encore, des timides avancées ont eu lieu mais là encore, on ne touche pas le cœur du problème et ceux qui ont voté la modification constitutionnelle sont les premiers à être concernés par le cumul ! (Rassurez-vous à gauche, il a aussi des cumulards). Cela fait des années que la gauche propose le mandat unique qui pourrait être une véritable révolution dans notre vie politique : mais nos chers députés oseront-ils sacrifier une bonne partie de leur train de vie ? Rares sont les personnes à l’avoir vraiment fait !

-       à la réforme du Sénat : là encore, une particularité bien de chez nous ! Depuis 1958, la Haute Assemblée est à droite et le mode de désignation des sénateurs laisse vraiment à désirer. A ce titre, Guillaume, un camarade socialiste, m’a dit qu’une alternance peut être possible à l’horizon 2011 à la condition bien sûr que le PS et ses alliés remportent les régionales. Doit-on attendre jusqu’à cette échéance pour connaître l’alternance ? Et même en cas de victoire, est-il normal que la France soit le seul pays où l’élection des sénateurs se fait de manière plus ou moins opaque et plus ou moins arrangée ?

Aucune de ces trois dispositions n’est présente dans la réforme des institutions et il est clair que si au moins une des trois revendications étaient inscrites dans la loi, l’attitude des socialistes aurait changé. Le vote négatif des socialistes n’est pas, comme je l’entends, un vote anti-Sarkozy ! Notre vote souligne de grave anomalies dans la méthode et les choix opérés par la majorité et l’exécutif et le résultat extrêmement serré prouve tout le malaise et l’intimidation dont a su faire preuve l’UMP et le gouvernement pour détecter et intimider certaines de ses brebis galeuses ! Alors non, il ne s’agit pas d’une victoire de la démocratie, mais bien d’une mise en demeure de celle-ci ! Une victoire de la démocratie aurait signifiée de majorité et opposition trouve un ou plusieurs accords communs car lorsqu’il s’agit de la Constitution, nous sommes ni de droite, ni de gauche mais Français ! Mais malgré cela, la droite, de par son attitude et son mépris, a préféré fustiger et passer en force au lieu de rassembler et accepter des mesures concrètes quitte à se déshonorer !


ADDENDA : à propos de Jack Lang


Jack Lang a été le seul parlementaire à voter pour la réforme en dépit de la consigne donnée par le Bureau national (BN) du PS qui à l’unanimité s’est prononcée contre.

A ce titre, certains diront que Lang est un grand garçon et qu’il n’a pas à recevoir d’ordres de personne !

Certes, mais alors pourquoi faire partie d’un parti politique alors ? Sur ce point, j’insiste volontiers sur l’hypocrisie de l’UMP qui qualifie le BN de « Politburo » mais qui ne se gêne pas pour intimider voire menacer ses propres parlementaires (et le résultat a été visiblement payant !)

Alors que certains militants de base peuvent être sanctionnés voire exclus pour s’être – à certains endroits – alliés avec le Modem en lieu et place des communistes, Jack Lang devrait-il retourner en Grèce (où il passe des vacances tranquille !), sans être inquiété de la moindre sanction ?

Aussi, et après mûre réflexion, je me ne demande qu’une chose – en tant que simple militant de base : que Jack Lang rende des comptes aux militants sur son attitude et qu’il soit exclu du PS ! (C’est un avis que j’assume complètement tant que je trouve l’attitude de ce dernier déplorable !)

par Gilles publié dans : Actualité politique communauté : Les blogs socialistes
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Lundi 21 juillet 2008

Décidément, la droite sarkozyste n’aura pas fini de me surprendre ! Alors que l’issue du vote de la réforme des institutions est incertaine (même si François Hollande et Julien Dray se montrent moins optimistes), voilà que l’UMP, de par la voix de son porte-parole et porte-flingues Frédéric Lefèvre, tient à féliciter Jack Lang pour je cite « son honnêteté intellectuelle ».

On croit rêver et l’opération séduction de l’UMP me fait bien marrer d’autant plus que Jack Lang n’attend plus que cela pour être attiré par les sirènes du sarkozysme ! Si officiellement, l’ancien ministre de la Culture (1981 – 1986 puis 1988 – 1992) puis de l’Education nationale (2000 – 2002) et actuel député du Pas-de-Calais reste un socialiste, je m’interroge quant aux véritables ambitions de ce dernier.

Que Jack Lang ait accepté de participer à la commission Balladur sur la modernisation de notre loi fondamentale passe encore, mais que ce dernier accepte de voter en faveur de la réforme qui doit être débattue aujourd’hui en Congrès à Versailles, voilà qui jette un peu le trouble !

Jack Lang se déclare toujours socialiste ? Chiche mais on aurait aimé plus d’entrain de la part de ce dernier lorsque le gouvernement se permet de casser les 35 heures (en fluant les partenaires sociaux au passage) ou met en place des lois scandaleuses en matière d’immigration. Mais non, pour montrer qu’il est socialiste, il se permet de casser du sucre sur Ségolène Royal : belle preuve de solidarité partisane, la droite sarkozyste doit se frotter les mains !

Il va sans dire que l’attitude de Jack Lang est profondément décevante ! Il dit vouloir voter en faveur de la réforme des institutions parce qu’il en a été en partie l’auteur ! Mais où sont ses principales réalisations ? Le droit de vote des immigrés ? Aux abonnés absents ! La réforme du Sénat ? Envolée ! Le non-cumul des mandats ? Connais pas ! Ces trois dispositions étaient le minimum que réclamaient le PS (dont Jack Lang) pour approuver la réforme des institutions et celles-ci ne figurent nulle part dans le texte !

En juillet 2007, au moment de la présentation de la Commission Balladur. Ainsi, cela me fait bien marrer lorsque l’UMP salue l’honnêteté intellectuelle de Lang et cela me fait encore plus rire lorsque Laurent Joffrin qualifie l’ancien ministre de la Culture de « bon juriste », je me dis alors qu’il n’a sans doute pas lu la tribune de Robert Badinter dans Le Monde. Les propos de l’ancien ministre de la Justice sont sans ambiguïtés et soulignent toutes les dérives de la réforme constitutionnelle !

Dès lors une question mérite d’être clairement posée : si Jack Lang se définit encore comme socialiste, il n’en demeure pas moins qu’il doit faire preuve de solidarité et de loyauté envers son parti : on est libre de rester ou de quitter un mouvement surtout lorsqu’on ne se sent plus en phase avec lui mais on peut faire dans l’entre-deux ! On nous accusera encore d’avoir un fonctionnement à la Stalinienne (ce qui me fait bien marrer car l’UMP est bien pire dans ce domaine et qu’à côté d’elle, le PS passe pour un enfant de chœur !) mais les règles sont les règles un point, c’est tout !

PS : en guise de piqûre de rappel, voici un extrait du règlement interne du Parti socialiste :

Art 9.6 Les membres du groupe socialiste au parlement acceptent les règles internes du Parti et se conforment à sa tactique. En toutes circonstances, ils doivent respecter la règle de l’unité de vote de leur groupe. En cas d’infraction à cette règle, le Conseil national peut faire jouer les dispositions prévues à l’article 11.12. Les membres de la délégation socialiste française au parlement européen sont soumis aux mêmes dispositions.

par Gilles publié dans : Actualité politique communauté : Les blogs socialistes
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Vendredi 18 juillet 2008

Non, non je ne vais pas vous parler d’un nouvel épisode du Parrain, film culte des années 1970 mais d’un baptême assez particulier.

Dieudonné et Jean-Marie Le Pen. Il y a quelques jours, l’humoriste Dieudonné a baptisé sa fille à l’église Saint Eloi de Bordeaux en présence de son parrain. Jusqu’ici rien d’anormal et pas de quoi fouetter un chat. Toutefois, le parrain en question est un personnage assez particulier puisqu’il s’agit d’un certain… Jean-Marie Le Pen ! L’information, rendue publique par Libération mardi dernier, a été confirmée par l’évêque qui s’est chargé du baptême mais aussi par l’intéressé lui-même qui a toutefois mis un bémol : si le leader du Front national était bien présent au moment de la cérémonie, il n’est pas cependant pas le parrain de la fille et quatrième enfant de Dieudonné. En revanche, il est bel et bien le parrain du troisième enfant de l’humoriste.

Je dois vous dire que je suis assez surpris par cette info. Soyons clairs : il ne s’agit pas du fait que Dieudonné invite Le Pen à la cérémonie, après tout nous sommes en République et chacun est libre de convier qui il veut ! Toutefois, la confirmation par Le Pen de sa présence est loin – très loin – d’être innocente car en effet, l’objectif est simple : se faire parler de lui et tenter d’adopter une nouvelle image notamment par rapport à Nicolas Sarkozy tout en gardant un côté provocateur un peu comme Dieudonné.

Depuis ses mauvais résultats électoraux à la présidentielle, aux législatives et aux municipales, le FN et son leader tentent d’exister politiquement même si, je vous rassure, ses principales idées ont été purement et simplement recyclées par Nicolas Sarkozy. Ainsi, pour attirer la caméra sur lui, il n’hésite pas à surprendre son monde notamment en étant convié au baptême de la fille de Dieudonné. Ainsi, c’est l’assurance pour l’ancien député de Paris (1986 – 1988) de faire parler de lui et de se faire désormais passer comme beaucoup plus tolérant que l’actuel président de la République !

Dieudonné et des militants du Front national, lors de la fête BBR de novembre 2006. De son côté, même si Dieudonné ne s’est pas publiquement exprimé à ce sujet – et c’est logique qu’il ne le fasse pas, après tout, il s’agit là d’une affaire privée – c’est aussi l’occasion de se faire parler de lui et de montrer qu’il existe toujours. Ainsi, autant allier l’utile à l’agréable : l’utile, c’est de se faire parler de lui, l’agréable, c’est d’avoir Le Pen à ses côtés (et donc se faire parler de lui !)

Ce n’est pas la première fois qu’on voit Le Pen et Dieudonné se rapprocher puisqu’en novembre 2006, l’humoriste était venu au Bourget assister à la conférence BBR (Bleu – Blanc – Rouge) du Front national, ce qui avait provoqué l’étonnement et la polémique. Mais là, je m’interroge : Dieudonné cherche-t-il à faire le bouffon une nouvelle fois ou voit en Le Pen, un nouveau maître à penser ?

Toujours est-il que Dieudonné est tombé bien bas !

par Gilles publié dans : Actualité politique
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Vendredi 18 juillet 2008

Jean-François Copé, président du groupe UMP à l'Assemblée nationale. Opération sauve qui peut à l’UMP et au gouvernement ! Le 21 juillet prochain, le Sénat et l’Assemblée nationale seront réunis en Congrès pour voter ou non la réforme des institutions voulue par le chef de l’Etat. Et ce qu’on dire, c’est que ce n’est pas gagné. Ce n’est tellement pas gagné que l’UMP a lancé une opération « sauve qui peut » pour éviter de se prendre une claque. Ainsi, Jean-François Copé, le président du groupe UMP à l’Assemblée nationale a écrit une lettre à tous les députés socialistes les invitant je cite : « à voter en toute conscience et en toute liberté » pour la réforme estimant « qu’il ne s’agit plus d’une question de droite ou de gauche mais de conviction personnelle ».

Quelle hypocrisie de la part de Jean-François Copé quand on sait que certains parlementaires de la majorité ont déclaré qu’ils rejetteront le texte. Parmi ces gens, on retrouve Charles Pasqua dont on ne peut pas l’accuser d’être subitement devenu un progressiste ! Toutefois, il dénonce la méthode employée par le chef de l’Etat qui dans sa volonté de vouloir s’adresser directement aux Sénateurs et députés (ce que l’actuelle Constitution lui interdit) a accordé certes, plus de prérogatives au Parlement afin de l’amadouer mais quand faisant de nouvelles concessions, il a provoqué de nouvelles hostilités.

Dès lors, l’UMP et le gouvernement font de leur maximum pour sauver l’essentiel du projet de loi en multipliant les clins d’œil vis-à-vis de l’opposition notamment du PS : aux socialistes, Nicolas Sarkozy nous promet un droit de réponse à chaque grande émission qu’il fera (autant dire des miettes !), aux radicaux de gauche, il laisse entendre qu’ils pourront constituer un groupe parlementaire notamment au Sénat. Si le PRG semble hésiter, le PS a déjà fait un fin de non-recevoir et il a bien raison !

Le Parlement réuni en congrès à Versailles. Le président de la République le savait depuis le début : il n’avait pas les 3/5 nécessaires pour faire adopter la réforme des institutions en Congrès. Aussi, s’il voulait réellement présenter cette réforme comme étant une mesure au service du fonctionnement de notre République, il aurait joué le jeu en acceptant des revendications qui sont loin d’être partisanes notamment la réforme du Sénat que Jack Lang avait porté en vain au sein de la Commission Balladur, ce qui n’empêche pas ce dernier, désireux de partir à la soupe et d’être ministre coûte que coûte d’approuver le texte et sans doute le voter, se désolidarisant ainsi de mon parti qui a eu une attitude responsable d’autant plus que certains comme Manuel Valls ou bien encore Didier Migaud ont fini par ouvrir les yeux !

Dès lors, la majorité semble paniquer quant à l’issue d’un scrutin qui se jouera à quelques voix près (5 à 10 voix, autant vous dire pas grand chose !) et semble se montrer discrète niveau arrogance, quitte à être de mauvaise foi. Alors j’entends certains dire qu’une fois encore, le PS se contente de pester contre un texte qu’on juge novateur et qu’on ferait bien de suivre Jack Lang, qui s’est montré courageux. Mais c’est oublier que l’attitude méprisable d’une majorité qui n’a que faire de l’opinion et des propositions de l’opposition. C’est également oublier l’attitude du chef de l’Etat qui ne souhaite qu’une chose : instaurer la V° République bis à son image en mélangeant curieusement le gaullisme (du moins, ce qu’il en reste) avec certains aspects de la constitution des Etats-Unis.

La Constitution de 1958 est notre loi commune et elle doit être réécrite par tous et non par Nicolas Sarkozy pour Nicolas Sarkozy ou service de Nicolas Sarkozy. Dès lors, le Congrès de lundi risque d’être très passionnant !

par Gilles publié dans : Actualité politique
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Samedi 12 juillet 2008

Garde républicain lors du défilé du 14 juillet 2007. L’armée française a le blues, ces temps-ci ! Il faut dire qu’elle n’est pas considérée par le gouvernement et qu’elle est dénigrée (ce qui est grave, tout de même !) par son chef, un certain Nicolas Sarkozy ! Car il faut le rappeler, Nicolas Sarkozy en tant que chef de l’Etat est également chef des armées. Autrement dit, en temps de guerre et en cas de participation de la France à un conflit, c’est lui qui dirige notre armée nationale.

Jusqu’ici, notre armée s’est toujours distinguée par son « devoir de réserve » : autrement dit, pas de prise de position de l’état-major ou de tout autre militaire en public et surtout pas le moindre signe de manifestation ou de mécontentement. D’ailleurs, le surnom de l’armée est sans équivoque puisqu’elle est appelée « la Grande muette » !

Sauf que là, la Grande muette a envie de l’ouvrir notamment en raison de l’attitude de Nicolas Sarkozy vis-à-vis de l’armée. Cela a commencé en juin dernier avec la présentation du livre blanc qui prévoit une réduction importante des effectifs de l’armée, ce qui se traduit par des fermetures de garnison mais surtout à manque à gagner pour les villes qui accueillent les bases militaires concernées. Puis, il y a eu le drame de Carcassonne (11) où à la suite d’une démonstration militaire, treize personnes furent blessées. Là, Nicolas Sarkozy, reprenant à son compte, l’émotion qu’avait suscité ce fait divers, a voulu faire des exemples en exigeant la démission du Commandement en chef de l’armée de terre, le Général Cuche, tout en prenant soin d’insulter les responsables concernés en les traitant d’amateurs, et en public s’il vous plait !

Pour finir, il y a la visite du président syrien Bachar Al-Asad qui sera présent lors du défilé militaire du 14 juillet. Ce jour-là, la promotion « Lieutenant Antoine de La Batie » – du nom d’un officier de 28 ans mort dans l’attentat du Drakkar contre les soldats français de la FINUL en 1983 au Liban – descendront les Champs-Elysées et passeront devant la tribune officielle sur laquelle se trouveront un président de la République adolescent et une belle brochette de dirigeants corrompus et bien peu fréquentables dont Al-Asad. Que feront-ils, ces élèves officiers de cette promotion qui le nom d’une personne morte, comme cinquante-sept autres Français au Liban lors d’une opération de maintien de la paix, dans un attentat auquel, la Syrie d’Al-Asad (celle de papa) est directement impliqué ? J’attends de voir cela avec impatience !

Toujours est-il que la visite d’Al-Asad n’est que la goutte d’eau qui fait déborder le vase et qui pousse la « Grande muette » à sortir de sa réserve. A ce titre, Laurent Attar-Bayrou, le président de la Fédération nationale des Anciens des missions extérieures (FNAME) souhaitait organiser une manifestation durant le défilé militaire afin de protester contre la présence du président syrien et rappeler tous les mauvais coups fomentés par Damas aussi bien du temps du père Al-Asad que du fils. Manque de pot pour lui : sous pression de l’Elysée, la préfecture de police de Paris a purement et simplement interdit la manifestation ! Il faut dire que des militaires qui manifestent, cela fait mauvais genre pour l’image de marque de France et du p’tit chef Sarkozy !


Nicolas Sarkozy, lors du défilé militaire du 14 juillet 2007

A l’heure où le président de la République souhaite purement et simplement que la France retrouve le commandement intégré de l’OTAN sans avoir au préalable consulter les états-majors, et qu’il présente son livre blanc sur la défense, la Grande Muette veut bien en profiter pour l’ouvrir, même si Hervé Morin, le ministre de la Défense a rappelé à son « devoir de réserve » (et non « droit de réserve », comme il l’a dit de façon inculte, comme si l’armée n’avait qu’un seul droit : celui de se taire !). Toujours est-il que le droit de réponse exercé par plusieurs éléments de l’armée montre l’ampleur de l’affront fait par Nicolas Sarkozy à ses propres troupes ! Et là, on est bien content de conclure cet article en étant heureux d’avoir une armée républicaine et respectueuse de l’Etat de droit, parce qu’autrement cela aurait pu mal finir ! ;)  

par Gilles publié dans : Actualité politique
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