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Lundi 11 août 2008

Char russe en Ossétie du sud. (www.liberation.fr) Cela fait désormais 72 heures que le Caucase est en guerre. En effet, la Géorgie et la Russie s’affrontent à propos de l’Ossétie du sud, une province séparatiste géorgienne qui revendique le rapprochement avec la Russie.


Et c’est cette dernière qui a ouvert les hostilités en demandant à ses soldats stationnés à la frontière russo-géorgienne de faire une incursion dans la province rebelle. Résultats des courses : un bilan assez lourd et une communauté internationale plus ou moins discrète (du moins, dans les premières heures du conflit)


Il faut dire que le conflit ossète est complexe et qu’il cache en réalité plusieurs enjeux. Officiellement, il s’agit pour Moscou de porter assistance aux séparatistes ossètes persécutés selon les dires du gouvernement russe par les autorités géorgiennes. Pourtant les choses paraissent bien plus compliquées qu’il n’y paraît tant que la tentation séparatiste de l’Ossétie du sud n’est qu’un aspect du problème. Aussi, pour mieux comprendre ce qu’il se passe actuellement, il faut remonter dix-sept ans en arrière.


Mikheil Saakachvili, actuel président de la République de Géorgie, en janvier dernier au Conseil de l'Europe à Strasbourg. Fin 1991, l’URSS n’en finit pas d’agoniser et finit démantelée en plusieurs républiques indépendantes dont celle de Géorgie, qui recouvre sa souveraineté après plusieurs décennies de domination russe. Une souveraineté sur le papier néanmoins puisque l’ancien ministre soviétique des affaires étrangères, Edouard Chevardnadze, devient président de la nouvelle république qui reste sous contrôle du grand frère russe. Il faut attendre le 23 novembre 2003 pour que, à la suite d’élections frauduleuse et sous la pression de la rue, Chevardnadze démissionne. Après une phase transitoire, Mikheil Saakachvili, président du Mouvement national démocrate, remporte les élections présidentielles de décembre 2004 et devient l’actuel président de la République de Géorgie.


Depuis la Révolution des Roses de 2003, les relations entre Moscou et Tbilissi se sont fortement dégradées, la Géorgie ne cachant plus son intention de se couper définitivement de la tutelle russe et ce, en rapprochant avec les Etats occidentaux et c’est à titre qu’elle a à maintes reprises manifesté son intérêt pour l’Union Européenne. Côté russe, une telle attitude est tout simplement inacceptable dans la mesure où la Russie considère la Géorgie (et par extension le Caucase) comme faisant partie de sa sphère d’influence. Autrement dit, aucune autre puissance, occidentale de surcroît ne peut et ne doit s’ingérer dans ce qu’il considère comme son espace vital.


Dès lors, on arrive à un second aspect du problème, à savoir la question pétrolière. En effet, derrière le conflit sud-ossète se cache un projet d’oléoduc devant relier la mer Caspienne à la mer Méditerranée en passant par la Géorgie et devant approvisionner en pétrole l’Europe de l’Ouest, chose qui irrite Moscou qui se retrouve privé du pétrole comme arme et moyen de pression vis-à-vis de son proche étranger (l’Ukraine doit d’ailleurs en garder un souvenir amer !)



Projet d'oléoduc devant relier la mer Caspienne à la mer Méditerrannée en passant par la Géorgie.

Aussi, l’Ossétie du sud est un prétexte pour une Russie qui veut se refaire une santé militaire et montrer aux yeux du monde qu’elle est de retour. La guerre au Caucase est donc synonyme d’avertissement pour les pays voisins de la Russie mais pour ses partenaires du G8 ainsi que pour l’Union Européenne qui paraît, une fois de plus, embarrassé pour ne pas dire divisée. Ainsi, si le président de la République française et président en exercice du Conseil de l’Union, Nicolas Sarkozy, brille par son silence, que dire de son ministre des Affaires étrangères et européennes qui malgré ses discours alambiqués (du genre « Je condamne la guerre ») fait preuve de son impuissance mais aussi de son incompétence chronique (en effet, comment considérer la guerre ossète comme relevant d’enjeux minimes alors que c’est loin d’être le cas ?). Pourtant, le conflit ossète marque l’opportunité pour l’Union Européenne d’afficher une position claire et nette vis-à-vis de l’attitude russe notamment en l’absence des Etats-Unis, campagne présidentielle oblige.


Mais l’UE aura enfin le courage de s’opposer aux grand frère russe sans penser en premier lieu à son bien-être ?

par Gilles publié dans : International
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Dimanche 10 août 2008

Article très court, extrait vidéo court pour une fois !

par Gilles publié dans : International
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Vendredi 8 août 2008

Le stade olympique de Beijing (Pékin) lors de la cérémonie d'ouverture. C’est aujourd’hui que s’ouvrent les XXIX° Jeux Olympiques d’été à Beijing (plus connu sous le nom de Pékin), capitale d’un pays d’1,5 milliard d’âmes. Perso, je n’ai pas pu suivre la cérémonie d’ouverture, non pas parce que je la boycottais mais parce que je bosse tout simplement ! Hé oui, les JO ne sont pas une excuse valable pour ne pas aller travailler mais rien ne m’empêche pour parler un peu de cet événement planétaire et par extension de la Chine.

 

Cela faisait des années et plusieurs tentatives (dont celle cruelle de 1993) que l’Empire du milieu attendait ces Jeux, histoire de montrer l’image d’une Chine nouvelle à mi-chemin entre nationalisme, communisme et capitalisme. En effet, tout a été pensé, dès la désignation de Beijing en 2001 par le CIO pour cette nouvelle olympiade soit le symbole d’une Chine, puissance en devenir sur la scène mondiale.

 

On a souvent comparé les Olympiades de Beijing à ceux de Berlin en 1936, année où le chancelier nazi Adolf Hitler s’était servi des Jeux comme tribune politique et idéologique. Il va sans dire qu’il y a en effet quelques similitudes entre 1936 et 2008 pour autant il serait faux de croire et de faire croire que les Jeux de Beijing soient la pâle imitation des Jeux de Berlin.

 

Le président de la République populaire de Chine (et Premier secrétaitre du Parti Communiste Chinois) Hu Jintao en compagnie du président du Comité International Olympique, Jacques Rogge lors de la cérémonie d'ouverture. Ne nous n’y trompons pas ! Les Jeux de Beijing ont bel et bien une traduction politique comme le furent ceux de Moscou en 1980 et de Los Angeles en 1984. Oui, la Chine fera de ses Jeux une vitrine et en profitera pour montrer ses muscles sur la scène internationale. D’ailleurs, à ce titre, elle a déjà gagné d’une certaine manière puisqu’elle a réussi à faire imposer son point de vue à propos de la question du Tibet au point de « faire indirectement pression » sur les délégations nationales olympiques qui voulaient profiter des Jeux pour faire passer un message. Dès lors, si les Chefs d’Etat et de gouvernement notamment occidentaux voulaient exprimer leur désaccord et leur point de vue discordant vis-à-vis de la politique extérieure de la Chine et ben, non seulement c’est raté mais qui plus est, nous sommes tombés en plein cynisme : lorsqu’on voit la venue des principaux dirigeants de la planète dans un pays en délicatesse sur les Droits de l’Homme, cela me fait sourire quand Nicolas Sarkozy remet une liste de dissidents politiques emprisonnés au président chinois comme si ce dernier allait se montrer sensible aux demandes de notre cher président !

 

Pour autant, si la Chine a une vision bien spéciale des Droits de l’Homme et du Tibet, il serait hypocrite de penser et de dire, en évoquant les Jeux de 1936, que ce pays constitue une menace pour l’équilibre du monde. En effet, sauf si je me trompe, la Chine n’a pas pour l’heure menacé à un autre Etat ou adopté une attitude inquiétant vis-à-vis du reste du monde. En réalité, les Jeux de Beijing sont le théâtre d’un véritable bras de fer entre la Chine, nation ancestrale à la civilisation mythique qui doit parachever son entrée dans la modernité et les pays occidentaux qui doit s’accommoder d’un pays qui penser différemment de nous, sans pour autant renier des valeurs essentielles tels que la liberté (notamment celle de la presse) ou bien encore la justice. 

Nous ne saurons que dans quelques années l’impact qu’auront eu les Jeux Olympiques sur la Chine. En 2001, le CIO avait parié sur l’ouverture à long terme du régime communiste chinois au monde entier, espérons que ces valeurs humanistes auront de leur crédibilité afin que les JO ne se transforment pas en temple de la realpolitik et du cynisme sans gêne.

par Gilles publié dans : International
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Jeudi 31 juillet 2008

Les autorités chinoises, à une semaine de l’ouverture des Jeux Olympiques, ont finalement décidé de censurer partiellement l’accès à l’Internet pour les journalistes étrangers durant les quinze jours de compétition (du 8 au 24 août prochains)

Réprobation internationale, silence plus que gêné du Comité International Olympique (CIO), critiques de circonstances des journalistes français (notamment ceux de Libération…) On s’indigne, on joue les étonnés… Mais franchement, cela vous étonne ? En tout cas pas moi !

Lorsque Beijing avait été désigné, en 2001, par le CIO à Moscou pour accueillir les Jeux Olympiques sept ans plus tard, les autorités chinoises – déjà échaudées par leur échec en 1993 face à Sydney pour accueillir les Jeux en 2000 – avaient multipliés les promesses visant à garantir les droits de l’Homme et la liberté de la presse. Le Comité olympique dirigé par le Belge Jacques Rogge, y a cru et avait décidé de parier sur l’avenir en désignant la capitale chinoise au détriment de Toronto (Canada) et surtout de Paris (Bertrand Delanoë et son prédécesseur Jean Tibéri doivent en savoir quelque chose !). On s’était dit à l’époque et en toute naïveté que l’esprit olympique allait faire évoluer le régime communiste chinois et qu’en acquérant une certaine reconnaissance internationale, la Chine allait accepter une certaine libéralisation.

Jacques Rogge, président du CIO. Mais on a bien été naïfs de penser une telle chose et nous voilà bêtement pris au piège ! Le gouvernement chinois décide de limiter l’accès à Internet aux journalistes étrangers ? Franchement, que peut-on bien dire ? Car qu’on le veuille ou non, les chefs d’Etat occidentaux se rendront à la cérémonie d’ouverture et célébrer comme si de rien n’était l’Olympisme et la fraternité entre les nations et les peuples ! Durant ce temps-là, la Chine pourra tout simplement fêter sa victoire et faire des jeux, la vitrine du communisme de demain, très frileuse sur les libertés fondamentales mais très avenante lorsqu’il s’agit de ramener les capitaux étrangers !

Mais en réalité, la Chine a déjà gagné en obtenant les JO en 2001 et ce, en réalisant l’exploit, à mon sens, de ne pas faire la moindre concession notamment sur la question des libertés fondamentales. Après tout, son statut de puissance montante, l’oblige-t-elle vraiment à modifier son comportement ? Bien évidemment que non ! Tant que la puissance économique et financière est de son côté, la Chine se montrera toujours en position de force vis-à-vis des puissances occidentales qu’elle entend bien rivaliser !

Ainsi, en décidant de porter atteinte à la liberté de la presse, la Chine cherche tout simplement à nous faire comprendre, que c’est bien elle – et seulement elle – qui fixera les règles du jeu et non les Jeux qui lui fixeront les règles. A ce petit jeu-là (désolé pour le jeu de mots), on peut d’ores et déjà conclure que les autorités chinoises ont gagné puisque le CIO brille par sa discrétion ! Hé oui ! Il faut éviter de contrarier la Chine et surtout de gâcher la fête !

Même si la Chine est accusée de jeter un froid en censurant l’accès de certains sites sur le Net aux journalistes, cela lui importe peu finalement car elle sait qu’elle a gagné sur toute la ligne au bout du compte : durant 15 jours, le monde entier sera en Chine et la Chine sera tout simplement le centre du monde, de quoi asseoir durablement la position de la Chine sur la scène internationale.  

par Gilles publié dans : International
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Dimanche 27 juillet 2008

Une du Time avec en couverture Barack Obama et une question : "Pourquoi Barack Obama pourrait devenir le prochain président". Ces derniers temps, je n’ai pas eu l’occasion d’évoquer la campagne des présidentielles américaines. Non que cela ne m’intéresse pas – bien au contraire ! – mais la rédaction de mon mémoire, la préparation de mon année à l’étranger et mon job d’été n’ont pas tellement arrangé les choses. Mais la récente tournée européenne de Barack Obama me donne l’occasion de parler à nouveau des Etats-Unis et du candidat démocrate en particulier.

Vous l’aurez sans doute remarqué – en tout cas, cela ne vous a pas échappé ! – le sénateur de l’Illinois s’est rendu au Proche-Orient ainsi qu’à Berlin, Paris et Londres afin d’affiner et de montrer aux Américains qu’il a la stature d’un homme d’Etat apte à diriger la première puissance mondiale et il va sans dire que sa venue a suscité un fol enthousiasme : ainsi dans la capitale allemande, entre la Porte de Brandebourg et la Colonne de la Victoire, des centaines de milliers de personnes étaient venues assister au discours d’Obama consacré aux relations transatlantiques. En France, même s’il a fait une courte visite, l’enthousiasme est également présent à tel point qu’il existe des comités de soutien au candidat démocrate, ce qui est paradoxal et curieux quand on sait que les Français, tout comme les Allemands d’ailleurs ne voteront pas pour les présidentielles américaines et que ce sont bel et bien les Américains qui trancheront !

Quoi qu’il en soit, le sénateur de l’Illinois suscite un espoir, du moins une immense attente à chaque endroit où il passe ou il s’exprime. D’ailleurs, ma prof d’anglais à Sciences Po Grenoble en seconde année, Terry Halot, ne s’y était pas trompée lorsqu’elle nous a parlé d’Obama, il y a un an et demi en nous diffusant une vidéo. Quand on lui a demandé si elle voterait pour lui si ce dernier était désigné candidat – je précise qu’elle est de nationalité américaine – elle a répondu sans hésiter oui.

A Berlin, le 24 juillet dernier. Toujours est-il que Barack Obama fascine notamment en France où la seule évocation de son nom fait dépasser les clivages droite / gauche. Partout, on parle de lui, c’est avec enthousiasme et il va sans dire que s’il était candidat en Europe, il gagnerait sans doute !

Aussi, je m’interroge ! La logique et l’ambiance du moment voudraient que je m’enthousiasme pour la campagne du candidat démocrate et pour la fraîcheur qu’apporte ce nouveau Kennedy. Malgré tout, je reste volontairement en retrait du mouvement qui a lieu autour du personnage d’Obama. En effet, il est charismatique, très bon orateur et convaincant dans ses propos ! Toutefois, il suscite tellement d’attentes qu’on en oublie que nous n’avons aucun pouvoir sur la campagne américaine ! Vraiment aucun ! Je le répète : ce sont les citoyens américains et eux seuls qui départageront Barack Obama et son rival républicain (droite conservatrice), John Mc Cain.

Supporter de Obama qui tient une affiche sur laquelle il est écrit "Hope" ("Espoir" en français) Qui plus est, si l’espoir est mobilisateur et source d’optimisme, il peut être très rapidement décevant. Dès lors, je me demande si la candidature d’Obama est plus le fait qu’il apporte, comme je le disais, une certaine fraîcheur, mais aussi l’image d’une Amérique qu’on aimerait retrouver, celle de Kennedy (et d’une moindre mesure de Clinton) et qui est à mille années-lumière de l’Amérique de Bush, symbolisée par John Mc Cain ? Sans doute, mais ceux qui pensent que tout risque de changer avec la possible élection d’Obama devraient temporiser et se dire que le sénateur démocrate n’est pas le Messie ou l’Homme providentiel ! Le penser serait une grande erreur car il est évident qu’Obama n’a pas réponse à tout et qu’il ne peut devenir le porte-étendard du monde.

Enfin, l’espoir suscité par la candidature d’Obama dans l’Hexagone éclipse les vrais enjeux qui concernent notre propre société en France. Aujourd’hui, aussi bien à gauche qu’à droite, on applaudit la campagne du démocrate, premier noir susceptible d’être à la Maison Blanche en janvier 2009, ce qu’il faut faire d’ailleurs ! Néanmoins, cela ne doit nous faire oublier la question de l’intégration qu’il faut résoudre de manière durable dans notre pays. Autrement dit, la candidature d’Obama doit nous faire réfléchir et nous apporter un propre regard critique sur notre société !

Pour finir, je vous mets en ligne deux vidéos : la première est le discours d’Obama à Berlin, le 24 juillet, où il parle entre autres des relations transatlantiques et la seconde est un extrait de sa conférence de presse à l’Elysée, le lendemain en compagnie de Nicolas Sarkozy. Les deux vidéos sont intégralement dans la langue de Shakespeare !

 

par Gilles publié dans : International
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