Char russe en Ossétie du sud. (www.liberation.fr) Cela fait désormais 72 heures que le Caucase est en
guerre. En effet, la Géorgie et la Russie s’affrontent à propos de l’Ossétie du sud, une province séparatiste géorgienne qui revendique le rapprochement avec la Russie.
Et c’est cette dernière qui a ouvert les hostilités en demandant à ses soldats stationnés à la frontière russo-géorgienne de faire une incursion dans la province rebelle. Résultats des courses :
un bilan assez lourd et une communauté internationale plus ou moins discrète (du moins, dans les premières heures du conflit)
Il faut dire que le conflit ossète est complexe et qu’il cache en réalité plusieurs enjeux. Officiellement, il s’agit pour Moscou de porter assistance aux séparatistes ossètes persécutés selon
les dires du gouvernement russe par les autorités géorgiennes. Pourtant les choses paraissent bien plus compliquées qu’il n’y paraît tant que la tentation séparatiste de l’Ossétie du sud n’est
qu’un aspect du problème. Aussi, pour mieux comprendre ce qu’il se passe actuellement, il faut remonter dix-sept ans en arrière.
Mikheil Saakachvili, actuel président de la République de Géorgie, en janvier dernier au Conseil de l'Europe à Strasbourg. Fin 1991, l’URSS n’en finit pas d’agoniser
et finit démantelée en plusieurs républiques indépendantes dont celle de Géorgie, qui recouvre sa souveraineté après plusieurs décennies de domination russe. Une souveraineté sur le papier
néanmoins puisque l’ancien ministre soviétique des affaires étrangères, Edouard Chevardnadze, devient président de la nouvelle république qui reste sous contrôle du grand frère russe. Il faut
attendre le 23 novembre 2003 pour que, à la suite d’élections frauduleuse et sous la pression de la rue, Chevardnadze démissionne. Après une phase transitoire, Mikheil Saakachvili, président du
Mouvement national démocrate, remporte les élections présidentielles de décembre 2004 et devient l’actuel président de la République de Géorgie.
Depuis la Révolution des Roses de 2003, les relations entre Moscou et Tbilissi se sont fortement dégradées, la Géorgie ne cachant plus son intention de se couper définitivement de la tutelle
russe et ce, en rapprochant avec les Etats occidentaux et c’est à titre qu’elle a à maintes reprises manifesté son intérêt pour l’Union Européenne. Côté russe, une telle attitude est tout
simplement inacceptable dans la mesure où la Russie considère la Géorgie (et par extension le Caucase) comme faisant partie de sa sphère d’influence. Autrement dit, aucune autre puissance,
occidentale de surcroît ne peut et ne doit s’ingérer dans ce qu’il considère comme son espace vital.
Dès lors, on arrive à un second aspect du problème, à savoir la question pétrolière. En effet, derrière le conflit sud-ossète se cache un projet d’oléoduc devant relier la mer Caspienne à la mer
Méditerranée en passant par la Géorgie et devant approvisionner en pétrole l’Europe de l’Ouest, chose qui irrite Moscou qui se retrouve privé du pétrole comme arme et moyen de pression vis-à-vis
de son proche étranger (l’Ukraine doit d’ailleurs en garder un souvenir amer !)

Projet d'oléoduc devant relier la mer Caspienne à la mer Méditerrannée en passant par la Géorgie.
Aussi, l’Ossétie du sud est un prétexte pour une Russie qui veut se refaire une santé militaire et montrer aux yeux du monde qu’elle est de retour. La guerre au Caucase est donc synonyme
d’avertissement pour les pays voisins de la Russie mais pour ses partenaires du G8 ainsi que pour l’Union Européenne qui paraît, une fois de plus, embarrassé pour ne pas dire divisée. Ainsi, si
le président de la République française et président en exercice du Conseil de l’Union, Nicolas Sarkozy, brille par son silence, que dire de son ministre des Affaires étrangères et européennes
qui malgré ses discours alambiqués (du genre « Je condamne la guerre ») fait preuve de son impuissance mais aussi de son incompétence chronique (en effet, comment considérer la guerre ossète
comme relevant d’enjeux minimes alors que c’est loin d’être le cas ?). Pourtant, le conflit ossète marque l’opportunité pour l’Union Européenne d’afficher une position claire et nette vis-à-vis
de l’attitude russe notamment en l’absence des Etats-Unis, campagne présidentielle oblige.
Mais l’UE aura enfin le courage de s’opposer aux grand frère russe sans penser en premier lieu à son bien-être ?
Le stade olympique de Beijing (Pékin) lors de la cérémonie d'ouverture.

Les autorités chinoises, à une semaine de l’ouverture des Jeux Olympiques, ont
finalement décidé de censurer partiellement l’accès à l’Internet pour les journalistes étrangers durant les quinze jours de compétition (du 8 au 24 août prochains)




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