Quand les intellectuels africains répondent à Nicolas Sarkozy : contre le discours de Dakar

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Jeudi 19 juin 2008

Onzième et avant-dernier édito avant la coupure estivale !

Une fois n’est pas coutume, je vais parler musique.

Vous devez être au courant, il y a quelques semaines, le groupe français « Justice » avait mis en ligne son nouveau clip « Stress ». Un clip sans ambiguïté montrant des jeunes de banlieue faire de la violence gratuite et sans impunité !

A ce titre, nombre d’associations se sont insurgés contre le clip qui selon eux caricaturait la banlieue et desservait son image au lieu de la rehausser ! Faux répondent les réalisateurs du clip qui considèrent qu’il faut pousser la caricature jusqu’au bout afin de la dénoncer justement.

A titre personnel, j’avoue ne pas quoi penser de ce clip. A première vue, on a encore une caricature de la banlieue avec des jeunes qui sont considérés comme de véritables sauvageons, ce qui réduit encore une fois la banlieue à une caricature qu’elle ne mérite pas ! Néanmoins, le clip de Justice mérite d’exister d’autant plus qu’il crée le débat !

Aussi, en guise d’édito, je vous mets en ligne le clip sulfureux afin que vous fassiez votre opinion ! N’hésitez pas à déposer votre commentaire, votre avis m’intéresse !

Bonne lecture vidéo !

Gilles


justice stress (official video)

par Gilles publié dans : Edito
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Jeudi 19 juin 2008

Une fois n’est pas coutume, je mets en ligne un entretien de Jean-Claude Juncker, réalisé par Jean Quatremer, journaliste à Libération. Le Premier ministre luxembourgeois revient sur notamment sur le rejet du Traité de Lisbonne par les Irlandais et sur le message à transmettre à 500 millions d’Européens afin que l’Union Européenne soit perçue comme plus citoyenne.

Bonne lecture !

Gilles

Jean-Claude Juncker: "On risque d'assister au retour des vieux démons"

Jean-Claude Juncker, Premier ministre luxembourgeois. Comment sortir de la crise dans laquelle le non irlandais au traité de Lisbonne a replongé l’Union ? Les vingt-sept chefs d’Etat et de gouvernement se retrouvent aujourd’hui et demain, à Bruxelles, pour essayer d’esquisser une solution. Leur doyen, le Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker qui siège au Conseil européen depuis janvier 1995, estime que l’intégration communautaire demeure une nécessité dans un monde où l’Europe pèsera de moins en moins. Voici la version de l'entretien que j'ai eu avec lui, à Luxembourg, lundi, et qui est parue ce matin dans Libération.

L’Irlande est-elle isolée ?

Le non irlandais a la même signification que les non français ou néerlandais de 2005. Je ne suis pas d’accord avec ceux qui veulent à tout prix isoler l’Irlande, la mettre sur le banc des accusés et l’obliger à choisir entre le traité de Lisbonne et la sortie de l’Union. Jamais on n’aurait dit ça à la France, donc on ne peut pas le dire à l’Irlande. C’est condescendant, arrogant et cela amplifie les problèmes. Nous devons d’abord écouter aujourd’hui le Premier ministre irlandais qui esquissera quelques voies de sortie et nous verrons si nous pouvons le suivre sans remettre en cause la substance du traité de Lisbonne. Si nous ne trouvions pas cette voie et si nous devions continuer sur la base du traité de Nice, dont nous disons tous qu’il est insuffisant pour alimenter la machine communautaire, il faudra alors que nous ayons recours aux coopérations renforcées.

Donc, une Europe à plusieurs vitesses ?

Ce serait la conséquence logique qui se dégagerait d’un désaccord. Ce sera le seul moyen d’éviter que l’Europe s’estompe. Avanceront ceux qui seront portés par le désir de s’intégrer davantage et ceux qui ne voudront pas les suivre resteront de côté. Ce n’est pas l’Europe dont je rêve, mais si le vouloir-vivre en commun n’a pas la même signification pour tous, cela sera nécessaire.

N’est-ce pas la démonstration qu’il n’y aura plus jamais de traité européen? À 27, il y aura toujours quelqu’un qui votera non.

Je vous ferais remarquer que les trois pays qui ont voté « non » sont là depuis 1957 et 1973 pour l’Irlande. Le seul État fondateur à avoir voté « oui » jusqu’à présent est le Luxembourg (en juillet 2005).

Le « non » irlandais manifeste-t-il une défiance à l’égard de la construction communautaire ?

Il confirme l’existence d’un fossé qui sépare l’Europe en deux. Il ne s’agit pas du fossé entre la classe politique et les peuples d’Europe dont je ne nie pas l’existence, mais qui existe aussi au plan national : il serait surprenant de le voir se combler sous prétexte que les gouvernements se retrouvent à Bruxelles… Non, je veux parler d’un autre fossé, celui qui sépare 50 % de citoyens qui voudraient avoir plus d’Europe et 50 % qui considèrent qu’il y a suffisamment ou trop d’Europe. Cette ligne de fracture, qui traverse tous les États membres, a trouvé une confirmation brutale en Irlande. Ce fossé est très difficile à combler : si on dit qu’on n’agira pas dans tel domaine, on décourage ceux qui veulent plus d’intégration, si on dit qu’il faut plus d’Europe  dans les domaines de l’énergie ou de la défense, on suscite l’hostilité des autres. C’est là l’énorme différence entre la période actuelle et les décennies qui furent. Il fut un temps, pas si lointain, où il suffisait de crier : « vive l’Europe ! » pour susciter l’enthousiasme des foules.

Pourquoi un tel retournement ?

Il y a une vraie paresse des gouvernements qui ont renoncé à expliquer l’Europe. De plus, lorsque les dirigeants européens reviennent chez eux, ils justifient souvent les choix qu’ils doivent faire par des contraintes communautaires, contraintes qu’ils décrivent toujours comme s’ils avaient été absents au moment de leur genèse. Il est de notre responsabilité d’expliquer que nous nous réunissons à Bruxelles pour régler en commun nos problèmes et non pour nous battre. Trop de Premiers ministres rentrent chez eux en clamant : nous l’avons emporté, notre point de vue a prévalu. Cela donne l’impression qu’il y a des gagnants et des perdants. Comment ensuite expliquer aux citoyens que nous légiférons en commun pour le plus grand bien de l’Europe. La législation n’est pas toujours parfaite, elle n’est pas toujours pour le plus grand bien de l’Europe parce que nous pouvons prendre de mauvaises décisions. Mais faire comme si à Bruxelles avaient lieu des matchs de boxe, cela n’a aucun sens. Nous donnons de la réalité une description nationale qui est toujours fausse.

Enfin, il y a une paresse des citoyens qui sont bien installés dans leur confort national : beaucoup d’Européens se retirent dans le domaine privé et ne manifestent aucun intérêt vis-à-vis des autres pays européens et a fortiori des autres continents. Et ce qui m’étonne est que le citoyen est souvent épris de méfiance à l’égard de tout ce qu’on lui dit, mais lorsqu’on lui dit du mal de l’Europe, il le croit ! C’est assez incroyable. Ce double égoïsme national fait qu’on n’a plus de regard sur le monde ce qui est étonnant à une époque où l’information circule comme jamais. Cet égoïsme national n’est pas perçu comme tel parce que les nations se disent qu’elles doivent leur bonheur national à leur seule volonté, à leur seul savoir-faire national sans que nous, dirigeants nationaux, nous n’expliquions que ce qui va bien en France, au Luxembourg ou en Allemagne est largement dû à une discipline européenne librement consentie.

Comment expliquer la nécessité de construire l’Europe ?

Quelques chiffres suffisent. En 1900, 20 % de la population mondiale était européenne, en 2000, 11 %, en 2025, ce sera 7 % et en 2100, 4 %. 500 millions d’Européens seront donc confrontés à 8,5 milliards d’hommes. En 2025, la Chine sera la deuxième puissance commerciale, l’Inde, la quatrième, juste derrière l’Europe. Les pays de l’OCDE verront leur part dans le PIB mondial passer sous les 40 %, égalés par le monde asiatique. Pourtant, nous continuons de penser que nous dominons la planète. Or, déjà, aujourd’hui, le monde ne nous appartient plus. Le dernier siècle européen a été le XIXe : le XXe s’est terminé en siècle américain, de notre propre faute. La seule leçon qu’il faut tirer de ces faits, ce n’est pas d’avoir peur des autres, ce n’est pas de nous parcelliser, de nous subdiviser, mais de faire de l’Europe une grande région de la planète. Tout nous pousse à l’intégration pour survivre économiquement, culturellement, politiquement, militairement. On devrait dire les choses comme cela. Si les nations font comme si elles n’avaient pas besoin des autres, c’est que nous ne mesurons pas à quel point nous devons notre bonheur relatif à la force conjuguée de l’Union, et que nous refusons de voir les énormes changements qui sont en cours et que nous n’arrêterons pas. Nous n’avons pas besoin des États-Unis d’Europe qui feraient fi du fait national. Mais, à force de nous affaisser, nous risquons d’avoir les États désunis d’Europe. Nous tenons entre nos mains le destin d’un continent et nous ne le savons pas.

Les peuples semblent effectivement penser que l’État nation est plus protecteur que l’Union parfois perçue comme le cheval de Troie de la mondialisation.

Entre la mondialisation et la nation, il y a l’Europe organisée. Par exemple, l’une des bonnes réponses des Européens a été la monnaie unique qui nous protège au quotidien. Si l’euro n’existait pas, le prix à la pompe serait de 30 % plus élevé. Si l’euro n’existait pas, après le non français, néerlandais et maintenant irlandais, nous aurions eu de graves crises monétaires qui nous auraient tous rendus plus pauvres. La dimension stabilisatrice de l’euro devrait plus souvent être soulignée : où en serions-nous si nous n’avions pas la monnaie unique ?

Ne faut-il injecter dans l’Union davantage de démocratie ? Est-il normal que la nomination des responsables européens se fasse dans le secret du Conseil européen des chefs d’État et de gouvernement ?

Il faudrait que les grandes familles politiques européennes disent avant les élections européennes de juin prochain quel est leur candidat à la présidence de la Commission afin qu’il y ait plus de transparence dans le choix offert.

Comment expliquer que les citoyens se mobilisent si peu pour les élections européennes (moins de 40 % en moyenne) alors que le Parlement a désormais des pouvoirs importants ?

Les peuples ne savent pas quels sont les droits du Parlement européen parce qu’ils ne s’y intéressent pas. Pourtant, ils devraient le faire et ils verraient que « Bruxelles », ce sont des gouvernements qui votent et un Parlement européen qui vote. Les décisions de Bruxelles n’émanent pas d’un dictateur caché ou de bureaucrates mystérieux, mais d’un processus démocratique que les gouvernements n’assument pas chez eux.

La construction communautaire n’est-elle pas jugée tellement nécessaire par les États qu’elle continuera bon gré, mal gré ?

Les générations à venir s’apercevront du prix de l’absence de l’Europe, mais seulement lorsque le prix aura été payé. C’est bien là le problème. J’ai cette arrogance de penser qu’il faudra tout faire pour qu’on n’ait jamais à payer ce prix de la non Europe. Sinon, on dira de ma génération qu’elle a failli à son devoir lorsqu’il sera trop tard pour réparer nos erreurs. Il faut savoir entretenir avec les peuples d’Europe une relation de clarté : il faut leur dire ce qu’il adviendra si nous échouons et décrire la route qui doit être la nôtre. Nous sommes confrontés à un problème de générations. Il y a ceux qui ont fait la guerre et ceux qui ne l’ont jamais connu et qui considèrent la paix comme un dû. Néanmoins, je reste persuadé que le grand drame européen restera toujours la guerre. Il y a sur la planète au moins cent guerres en cours. En Europe, il n’y a pas de guerre. Est-ce que l’Europe est immunisée contre la guerre ? Non. Il y a moins de dix ans, on tuait, on torturait, on violait en ex-Yougoslavie. Est-ce que les vieux démons ont vraiment quitté l’Europe ? Non. L’absence de la guerre n’est pas la règle, c’est l’inverse. Nous avons su, grâce aux efforts de la génération de nos parents l’éliminer comme mode de gestion normal des différends.

Mais demain, d’ici à 50 ans, si nous ne réussissons pas à maintenir l’Europe qui nous permet de régler pacifiquement nos conflits, nous assisterons au retour des vieux démons. C’est écrit dans l’histoire, c’est inscrit dans le sol européen, c’est inscrit dans ses cimetières.  Je sais que ce discours ne passe plus. Ce n’est pas une raison pour ne pas le tenir. Je sais bien que les gens sont d’abord préoccupés par les prix du pétrole ou des produits alimentaires. Ils ont raison d’exiger de l’Europe qu’elle fournisse des réponses. Et ceux qui traînent les pieds pour répondre aux préoccupations quotidiennes des citoyens ont tort. L’Europe est faite pour protéger. Je reconnais que nous parlons insuffisamment du contenu politique, que nous parlons insuffisamment des problèmes des gens et si nous arrivons à fournir des réponses, nous faisons comme si l’Europe n’avait aucune responsabilité, car nous aimons donner à nos opinions publiques nationales le sentiment que seul leur gouvernement est capable d’apporter une réponse. Mais il ne faut jamais perdre de vue les raisons de la construction communautaire.

L’État nation rassure, l’Europe inquiète ?

Les citoyens n’ont pas toute confiance dans leur État, mais ils perçoivent néanmoins l’Europe comme une menace pour le réduit national, car ils imaginent qu’on peut l’isoler du reste du monde. Si nous disions enfin qu’il n’y a pas de réponse nationale à un problème international, mais qu’il y a une chance de réponse européenne, nous arriverions peut-être à expliquer que nous n’avons pas d’autre choix qu’européen. Il faut avoir le courage de dire en France que la France seule ne peut résoudre aucun des grands problèmes futurs (réchauffement planétaire, faim dans le monde, énergie, etc.), a fortiori l’Irlande ou le Luxembourg. Nous sommes grands en tant que nations parce que nous avons compris que seuls nous sommes petits.


Entretien réalisé par Jean Quatremer. (Crédit photos : http://bruxelles.blogs.liberation.fr)

par Gilles publié dans : Je vous parle d'Europe
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Jeudi 19 juin 2008

En cette nuit d’insomnie, je n’allais pas tarder à rejoindre Orphée quand je me suis dit qu’il fallait que je réponde à un jeune bloggeur de 19 ans, Kévin Bernardi.

Etudiant en première année de droit, ce jeune narbonnais est un militant socialiste et franchement pro-Royal, ce qui n’est pas pour me déplaire, d’autant plus qu’il fait un travail remarquable sur son blog. Toutefois, c’est son billet d’humeur à propos du Traité de Lisbonne qui m’a attiré l’attention. En voici l’intégralité :

Hier, l'Irlande a voté par référendum" Oui" ou "Non" au Traité de Lisbonne, concernant en grande partie la réforme des Institutions de l'Union Européenne.

Imaginez quand même que sur 27 pays membres, se disant "Démocratiques", seul l'Irlande a choisi la voie référendaire...
La France, présidée par Nicolas Sarkozy (personne ne l'ignore?), a choisie le vote par voie parlementaire.

Par peur d'un nouveau refus après le "Non" français de 2005 ou par mépris du peuple, qui selon la Constitution et nombres de textes fondamentaux, est "souverain"? Un peu des deux à vrai dire.
Oui, Nicolas Sarkozy n'a pas souhaité connaître un nouvel affront (il était Ministre en 2005) et une soit-disant mise à l'écart des décisions européennes, comme ce fut le cas, en 2005.

Bouh la France, le vilain petit canard, qui ne fait pas comme les autres!!! Ca, c'était en 2005. Les résultats du vote irlandais seront connus dans l'après-midi; demain se sera peut être l'Irlande qui sera considéré comme le "vilain petit canard" ou plutôt, la brebis galeuse, qui ne suit pas le troupeau.

S'il aurait dû se prononcer, je pense que le peuple français, aurait refusé ce texte.

Pourquoi?

Pour plusieurs raisons, qui sont quasi-identiques aux arguments des "pro-No" en Irlande:

- L'Europe décide de 7 mesures législatives sur 10
- Les citoyens ne sont que trop peu informés des décisions prises par une Commission qui détient trop de pouvoirs, alors que ce devrait être au Parlement Européen, élu par les 500 millions de citoyens européens.
- L'Europe est donc sourde aux revendications sociaux-économiques, notamment celles des pêcheurs actuellement (Portugal, Espagne, France, Italie, Belgique, Pays-Bas, Irlande...)
- Les citoyens, irlandais ou européens, ne sont pas informés des idées-phares du Traité de Lisbonne. Est-ce qu'en France, le Traité a été détaillé, dans les JT, la presse quotidienne...??? Non, l'adoption s'est faite en catimini, sans que l'avis des citoyens ne soit demandé.
- Enfin, les européens, les citoyens européens ne veulent pas d'une fédération du style "Etats-Unis d'Europe".

Et pourtant, c'est bien de cela qu'il s'agit dans le Traité de Lisbonne:

- Un président de l'Union élu pour 2,5 ans renouvelables (présidence de 6 mois actuellement)
- Un Ministre des Affaires-Étrangères... et peut être bientôt, un Ministre de la Défense, un Ministre de l'Economie, de la Culture, de l'Agriculture... commun à tous.

Pour ces raisons-là, je n'aurai pas voté "Oui" au Traité de Lisbonne... si bien-sûr le texte, cher à Nicolas Sarkozy, avait été soumis à référendum.

Mais comme un article du "Daily Telegraph" (repris hier sur ce site) le décrivait, les dirigeants européens, sont déjà en train de calculer, d'échafauder un plan "B" en cas de refus Irlandais, pour qu'au final, le Traité de Lisbonne soit... adopté.

Voilà une belle leçon de Démocratie... Ne donnons plus de leçon au reste du monde, nous avons encore beaucoup à apprendre de la signification du mot "Démokratîa".



Kévin - SégolènePour2007, le 12 juin 2008

Je dois vous dire que le commentaire de Kévin m’avait intrigué au point que je lui réponde sur son blog (D’ailleurs, je vous invite à lire mon commentaire en cliquant sur le lien suivant). En retour, Kévin a eu la gentillesse de me répondre à son tour.

Toujours est-il que la construction européenne souffre d’un déficit d’image faute d’être perçue différemment par les citoyens que nous sommes. Résultats des courses, des contre-vérités sont parfois émises et c’est l’Union Européenne qui en prend un coup.

Commission européenne, Bruxelles (Belgique) Ainsi, si Kévin émet des objections justes et valables sur le manque de transparence de l’Union Européenne, on ne peut pour autant dire que cela soit la règle bien au contraire ! En effet, depuis une dizaine d’années, le Parlement Européen voit ses attributions renforcées au détriment de la Commission Européenne qui n’est pas toute puissante contrairement à ce qu’on pourrait le penser et comme je l’avais signalé à Kévin, elle exerce un contrôle sur la Commission en validant ou non la composition de celle-ci ou alors en la renversant. Deux exemples concrets : en juin 2004, lors de l’audition des commissaires composant la Commission Barroso, le membre italien de celle-ci fut écarté par les députés en raison de ses propos sur l’homosexualité. Cinq ans auparavant, la Commission Santer fut contrainte à la démission, cette dernière étant sous le coup d’une mention de censure en raison de la mise en cause de certains de ses membres dans des scandales financiers et de mœurs.

Qui plus est, il est injuste de penser que l’Union Européenne fait la sourde oreille aux revendications des citoyens que nous sommes ! Pour preuve, la Commission de Bruxelles a finalement acceptée de venir en aide aux pêcheurs en difficulté en raison des prix de l’essence. De plus, l’Europe est quotidiennement présente dans nos vies notamment en ce qui concerne la défense et les droits des consommateurs ou bien encore la libre-circulation.

Parlement européen à Strasbourg (France (pour les séances plénières)) et à Bruxelles (Belgique (pour les séances ordinaires) Pour finir, j’aimerais évoquer la nature même de l’UE : l’ancien président de la Commission européenne, Jacques Delors aime à dire que l’Europe est un objet politique non identifié. C’est vrai d’autant plus qu’elle semble hésiter entre fédéralisme et simple association d’Etat-nations. Néanmoins, elle avance à petit pas vers la voie fédéraliste, n’en déplaisent à certains. Une monnaie unique, la libre-circulation des personnes, des institutions renforcées et reconnues… L’option fédérale est bel et bien une possibilité depuis quinze ans et le fameux traité de Maastricht. Cela ne veut pas dire qu’elle sera aisément adoptée mais elle montre également qu’elle a des résultats.

Les raisons de rejeter le Traité de Lisbonne sont légitimes d’autant plus que je rejoins Kévin lorsqu’il dénonce le déficit démocratique qui a prévalu au moment de l’élaboration du texte. A titre personnel, je reste un partisan du référendum mais un bon référendum ne servira à rien et produira les mêmes effets si un lourd effort de pédagogie et de transparence n’est pas réalisé. C’est en cela que les europhiles ont péché lors des référendums français, néerlandais et irlandais. La pédagogie et l’explication seront les meilleures armes pour lutter contre les idées reçues et obscures à propos de la construction européenne.

Tout cela pour conclure que l’Europe ne pourra se faire sans les citoyens, actuels mais aussi futurs ! En effet, pour être concrète, l’idée d’Europe doit être perçue dès le plus jeune âge afin que les enfants d’aujourd’hui deviennent des citoyens européens avisés demain ! Des citoyens avisés qui auront le devoir de se montrer exigeants vis-à-vis de la construction européenne et de ses acteurs, si celle-ci souhaite conserver sa légitimité.

par Gilles publié dans : Je vous parle d'Europe
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Jeudi 19 juin 2008

Il y a un an, j’avais écrit un article consacré à Laurent Solly, ancien directeur de campagne adjoint de Nicolas Sarkozy lors de la présidentielle et qui, pour services rendus, s’est retrouvé numéro trois de TF1. A cette époque, je m’inquiétais déjà sur l’implication de l’Elysée dans l’audiovisuel, inquiétudes d’autant plus justifiées quand on sait que Martin Bouygues, le propriétaire de la Une, et Nicolas Sarkozy sont comme les cinq doigts de la main : inséparables !

A cette époque, Serge, un bloggeur de droite, m’avait critiqué jugeant qu’on faisait une fois de plus, un procès d’intention vis-à-vis de Nicolas Sarkozy tout en affirmant que les journalistes étaient à gauche et que TF1 était jugée par une majorité des Français comme la chaîne la plus objective. Autrement dit, circulez, y’a rien à voir, vous pouvez dormir tranquille !

Un an après, mes craintes se confirment et les basses manœuvres qui se font dans le monde de l’audiovisuel n’annoncent rien de bon !

Patrick Poivre d'Arvor, présentateur du journal télévisé de TF1 depuis 1987. Il y a tout d’abord, le renvoi de Patrick Poivre d’Arvor du Journal Télévisé de TF1. N’allez pas croire que je pleure la disparition médiatique de ce journaliste tant qu’il existe des personnes mieux qualifiées que lui. Toutefois, l’annonce de cette mise à l’écart est assez troublante. En effet, si Nonce Paolini, le président de la chaîne, cherche à faire du ménage, pourquoi alors garder Claire Chazal et Jean-Pierre Pernault, premiers supporters de la Sarkozie et premiers fayots du chef de l’Etat en prime ? Il est clair que Nicolas Sarkozy n’est pas si innocent dans cette histoire, notamment en raison de son lien avec Martin Bouygues. En favorisant la candidature de Laurence Ferrari – l’actuelle présentatrice de Dimanche + sur Canal Plus – il espère, sans doute, avoir des journalistes et une chaîne qui fasse son travail déontologique du moment qu’il soutienne et fasse la promotion du patron Sarkozy !

Tout cela pourrait être risible si dans le même temps, le gouvernement se montrait clair sur ses intentions quant à l’avenir de la télévision publique. Vous l’aurez sans doute remarqué, la journée d’hier fut marquée par une grève du service public. Ainsi, les journaux télévisés ainsi que certains programmes de France Télévisions ont été purement et simplement annulés. Certains diront que le personnel de France 2 et de France 3 abusent d’autant plus que le projet du gouvernement, initié par Sarkozy, consiste à améliorer la qualité des programmes que nous regardons.

Jean-François Copé, député-maire de Meaux (77), président du groupe UMP à l'Assemblée nationale et président de la Commission sur l'avenir de l'Audiovisuel, le 11 juin dernier. Balivernes, tout cela ! Et à ce stade, la Commission Copé prend vraiment les gens pour des imbéciles ! Expliquez-moi comment on pourra compenser la perte de 800 millions d’euros (ce que représentent les recettes publicitaires pour France Télévisions) si dans le même temps, on refuse d’augmenter la redevance et qu’on se contente d’instaurer de nouvelles taxes sur les nouvelles technologies et les accès à Internet ? La réponse est simple : asphyxier à terme le service public audiovisuel en lui privant des moyens de concurrencer le secteur privé qui, grâce à aux nouvelles plages publicitaires, pourront s’en faire pleins les poches. Autrement dit, les Bouygues, Bolloré et autre Lagardère, peuvent dire merci à leur ami-président qui, sous-couvert de préserver la qualité du service public audiovisuel, prépare le terrain vers un fossoyage de cette dernière, étape essentielle avant une éventuelle privatisation !

Alors voilà ! On pourra toujours dire que les rédactions françaises sont remplies de gauchistes anti-Sarkozy et penser comme Serge que TF1 est une chaîne objective et de qualité. Certains évoqueront même l’exemple britannique avec la British Broadcasting Channel (plus connue sous le nom de BBC). Malgré tout, derrière le remodelage du PAF, on trouve aisément l’implication du pouvoir aux intentions franchement peu bienveillantes.

par Gilles publié dans : Actualité politique
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Samedi 14 juin 2008

Jean Sarkozy, conseiller général des Hauts de Seine. Décidément, le rejeton du président de la République a les yeux plus gros que le ventre ! Il a à peine mon âge et veut déjà présider le groupe UMP au Conseil général des Hauts-de-Seine ! Son seul argument : il porte le nom de Sarkozy !

En effet, Jean Sarkozy, tout jeune conseiller général de Neuilly sur Seine de 22 ans souhaite se présenter à la tête du groupe UMP-Nouveau Centre alors que dans le même temps, Patrick Devedjian, président du conseil général des Hauts de Seine souhaite installer Hervé Marseille, conseiller général NC.

Le fils cadet de Nicolas Sarkozy est un gamin pourri d’ambition tout comme son papa ! A une différence près ! Il met en avant son nom de famille comme cela lui permettait de tout avoir et de tout réclamer sans effort ! C’est donc cela la méritocratie ? Mais on est où là ? En République ? Non, non ! On est dans le 9-2, véritable Sarkoland et département toujours dirigé en sous-main par Nicolas Sarkozy !

Devedjian aurait-il perdu la confiance de son maître au point que ce dernier encourage son fils dans ses ambitions ? Difficile à dire mais toujours est-il que le président de la République garde toujours un œil sur ce qu’il considère comme son joyau ! Concernant Jean, je m’interroge : les cours de droit à l’Université Paris X de Nanterre sont-ils tellement ennuyants pour qu’il prenne de la hauteur ?

Quoi qu’il en soit, Jean Sarkozy ne peut prétendre aux ambitions qu’il vise sans compter que d’autres conseillers généraux UMP du 9-2 ne diraient pas non pour la présidence du groupe UMP bien au contraire ! Je pense notamment à Isabelle Balkany, la femme de Patrick Balkany, véritable caïd dans son fief de Levallois et dont on sait que les rapports avec Devedjian sont loin, voire très loin d’être idylliques ! Néanmoins et selon Le Nouvel Observateur, en propulsant Jean Sarkozy à la tête du groupe UMP, c’est également un moyen d’enquiquiner davantage l’ancien maire d’Antony.

Bref, dans cette ambiance digne de Dallas, Jean Sarkozy se prend à rêver ! Qui sait, la présidence du groupe UMP peut devenir un marchepied pour la présidence du Conseil général des Hauts de Seine ? Sans doute ! Pour autant, sur quels résultats et sur quelles expériences, le rejeton du chef de l’Etat peut-il s’appuyer pour arriver à ses fins ? Aucune car Jean Sarkozy est un fils à papa, qui n’avance ses pions qu’au bénéfice de porter le nom de Sarkozy !

Décidément, le 9-2 est un département bien particulier !

par Gilles publié dans : Actualité politique
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(Jean Jaurès, 1903)

 


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Etudiant à Sciences Po Grenoble et militant socialiste depuis octobre 2003, je suis un passioné de politique et je cherche à m'investir au maximum dans les affaires de la cité.

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