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Dimanche 18 mai 2008

Durant la campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy s’était publiquement et fermement opposé à la candidature de la Turquie à l’Union Européenne. Lors de son accession à l’Elysée, il a quand même laissé les négociations se poursuivre avec la Turquie. Par la suite, il envisageait de supprimer un article de la Constitution qui obligeait la tenue d’un référendum pour tout nouvel Etat candidat dans l’Union.

Et finalement, coup de théâtre ! Le Président de la République, sous la pression de Patrick Devedjian – fervent opposant à la candidature d’Ankara – est finalement revenu sur sa décision, ce qui constitue en soi une nouvelle mauvaise, une très mauvaise nouvelle !

C’est carrément un scandale et il s’agit là d’une aberration ! « Si la réforme constitutionnelle, dans laquelle s'inscrit cette disposition, est votée lors du Congrès qui doit avoir lieu le 7 juillet, la Constitution française sera le seul pays européen à compter une disposition spécialement destinée à empêcher l’adhésion d’un pays, la Turquie en l’occurrence. » dixit Jean Quatremer sur son blog. Du côté de l’UMP et de l’Elysée, on tente de dédramatiser en précisant que ce fameux recours au référendum concerne également des pays comme l’Ukraine ou la Russie, candidats potentiels, ce qui pause un problème de taille puisque l’Ukraine fait bel et bien partie du continent européen. Mais l’objectif reste le même : bloquer l’entrée de l’Europe à la Turquie.

« Cette affaire est inquiétante à plus d’un titre : d’abord, c’est la démonstration que Sarkozy ne tient plus sa majorité. Alors qu’il était favorable à la suppression pure et simple de l’actuel article 88-5 imposant un référendum pour toutes les adhésions après celle de la Croatie, il se retrouve avec une disposition spécifiquement antiturque. Son engagement politique de procéder à un référendum sur cette adhésion n’a donc pas suffi à rassurer l’UMP, ce qui en dit très long sur la confiance qu’inspire le locataire de l’Élysée. Ensuite, le nouvel article 88-5 est clairement discriminatoire, car l’Ukraine n’est pas prête d’être candidate. La Turquie est donc fondée à voir là une véritable déclaration d’hostilité : la version actuelle du 88-5 avait au moins le mérite de la neutralité. Enfin, le référendum, qui n’aura pas lieu avant une dizaine d’années, promet d’être un grand moment de la vie démocratique française, la consultation risquant de se transformer en un défouloir antimusulmans.» rappelle à juste titre, le correspondant de Libération à Bruxelles.

Nicolas Sarkozy en compagnie de Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères et européennes et du Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan. C’est tout le risque de ce référendum et Nicolas Sarkozy l’avait bien compris tant que cela pouvait nuire à l’image de la France non seulement en Turquie mais dans les pays musulmans. Pour autant, il a préféré céder aux pressions d’un homme – Patrick Devedjian – qui s’oppose à la venue de la Turquie en raison des polémiques sur le génocide arménien ! Dès lors, il prend le risque d’envenimer les relations entre Paris et Ankara dans la mesure où la France se permet de décider ou non la venue de la Turquie dont on sait pertinemment que le référendum risque de se transformer en rejet pur et simple de ce pays.

«Si cette disposition, qui est une défaite pour Sarkozy, est maintenue en l’état, je pense que le PS ne votera pas la réforme constitutionnelle.» a récemment déclaré le député socialiste du Doubs Pierre Moscovici. Il est en effet clair que le Parti socialiste ne peut cautionner ce qu’il convient d’appeler un référendum antiturc et une insulte à la Turquie, pays de 70 millions d’habitants. Ne pas le faire, c’est finalement être bienveillant de la bêtise commise par l’Elysée et prendre le risque de subir les contrecoups d’une telle décision !

Pour lire l'article de Jean Quatremer, cliquez ici :

par Gilles publié dans : Je vous parle d'Europe
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Dimanche 4 mai 2008

Je suis en pleine révision mais comme j’ai un peu la tête pleine et l’envie d’écrire pour mon blog est plus forte. Qui plus est, c’est l’occasion pour moi de parler un peu d’Europe.

Gordon Brown, Premier ministre britannique Tout d’abord, le Royaume-Uni où les dernières élections municipales ont vu la déroute – et encore, je suis sympa ! – du Parti travailliste de Gordon Brown. A environ un à deux ans des élections, les résultats sont très mauvais pour le Premier ministre britannique qui paie, à mon sens, une certaine lassitude de la part de la population. Il n’a pas su s’imposer en tant que chef du gouvernement, ce qui n’est pas évident quand on succède à un homme qui a été durant dix ans le locataire du 10 Downing Street, je veux bien sûr parler de Tony Blair.

 Je parlais de lassitude juste à l’instant et cela semble le cas. D’ailleurs, la défaite de Ken Livingstone, à Londres face au tory et ancien journaliste Boris Johnson, n’est-il pas un symbole d’un certain ras-le-bol des Britanniques vis-à-vis à dix ans de blairisme ? Ou plutôt un essoufflement des travaillistes au bout de dix ans de pouvoir ?

Toujours est-il que la déculottée de Brown est plutôt mauvais signe et que cela risque tout bonnement de profiter au Parti conservateur de David Cameron. Dans l’opposition depuis 1997, les tories britanniques semblent être plus à gauche que l’UMP française ou bien encore la droite italienne ! Ce n’est pas une blague et cette stratégie semble être la bonne à l’heure où les sujets de sa Gracieuse Majesté pourraient être tentés par l’alternance et pour parler, je ne serais malheureusement pas surpris si les travaillistes britanniques se trouvaient écartés du pouvoir aux prochaines élections !

Revenons sur le continent pour parler un peu de la Belgique, mon pays d’accueil pour un an, année d’ouverture oblige ! Nos chers médias français ne semblent plus évoquer ce pays de dix millions d’âmes. On pourrait alors penser que la crise qui avait secoué le plat pays à la fin de l’année 2007 est bel et bien retombée et que la patrie de Tintin aspire à aller de l’avant. C’était sans compter sur les articles de Jean Quatremer – disponibles sur son blog – qui témoignent bien des tensions persistantes entre Wallons et Flamands. Ainsi, en témoigne une caricature que le journaliste de Libération a mis en ligne sur son blog et qui a suscité la colère des néerlandophones. Si l’idée de scission n’est plus tellement à l’ordre du jour, elle reste toujours dans les esprits et la Belgique a – enfin ! – un gouvernement depuis quelques semaines, rien est acquis notamment quand on voit l’impopularité d’Yves Leterme, le Premier ministre flamand.

 

 

La crise, si elle est partiellement retombée, n’attend pas grand-chose pour éclater à nouveau. A titre personnel, je pense que ce qu’il lie encore Wallons et Flamands, c’est encore et toujours Bruxelles. Sinon, comme l’avait justement dit Vincent, il y a quelques mois au plus fort de la crise, la rupture aurait été consommée ! Toujours est-il que j’ai hâte de m’installer à Bruxelles durant mon année à l’étranger, histoire de voir de mes propres yeux la situation !

Pour finir, mon tour d’Europe, je voulais parler du traité de Lisbonne. Depuis qu’il a été ratifié par le Parlement français en Congrès, on n’en parle plus alors que je tiens à rappeler que 1) la France prendra le 1er juillet prochain, la présidence de l’Union Européenne et que 2) ce traité, qu’on l’approuve ou non, reste un texte majeur. A ce jour, douze Etats de l’Union (France, Portugal, Danemark, Autriche, Allemagne, Slovénie, Slovaquie, Hongrie, Pologne, Roumanie, Bulgarie et Malte) ont ratifié le texte. Tous les yeux seront désormais rivés sur l’Irlande où le référendum est obligatoire. Mais cela, c’est en octobre, et c’est une autre histoire !


Pays ayant ratifié le Traité de Lisbonne, en avril 2008

PS : je n’avais pas parlé du retour de Berlusconi aux affaires en Italie, il y a quelques semaines ! Ce n’est pas que cela ne m’intéresse pas mais bon ! Il y a rien à dire hormis que c’est une mauvaise nouvelle pour l’UE et pour les Italiens même s’ils adorent les beaux parleurs ! (LOL, je vais me clamer, sinon je risque de glisser dans des préjugés xénophobes !)

PS 2 : à propos de la caricature (source : http://bruxelles.blogs.liberation.fr)

Voici la caricature qui illustre la "une", aujourd'hui, du Standaard  l'équivalent du Monde en Flandre. Le Roi annonce la naissance du quatrième enfant du prince héritier, Philippe. Les Belges francophones sont ravis. Le roi demande à son conseiller: "où sont les Flamands?". Réponse: "au travail". Sans commentaire.(Blog de Jean Quatremer, le 17 avril dernier)

 

par Gilles publié dans : Je vous parle d'Europe
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Vendredi 2 mai 2008

Après notre aventure lilloise, voici la vidéo que nous avons présenté devant le jury de Newrope, il y a une semaine tout juste ! En espérant qu’elle vous plaira !

 

Bonne lecture vidéo !

 

Gilles

 

par Gilles publié dans : Je vous parle d'Europe
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Samedi 26 avril 2008

Photo prise hier à la faculté de Lille 2, où se déroulait le concours "Newrope" Avec tout le travail qui m’attend ces jours-ci, je n’ai pas le temps nécessaire pour m’occuper de mon blog. Je le déplore mais c’est comme ça entre le mémoire et les partiels. En gros, jusqu’à la mi-juin, je vais être débordé et cela ne vas pas aller en s’arrangeant : hé oui, il y a aussi le Grand Oral à la mi-mai, épreuve majeure si je veux avoir mon billet pour la quatrième année synonyme à Sciences Po Grenoble, d’année à l’étranger (ou d’ouverture si on veut être plus précis !)

 

 

Toujours est-il que j’ai réussi à trouver du temps dans cet emploi du temps rempli pour me rendre à Lille et rejoindre mes camarades IEPiens pour participer au concours lancé par nos camarades de Sciences Po Lille : Newrope.

Vous vous en souvenez, je vous avais très brièvement parlé d’un concours qu’avait lancé Sciences Po Lille, au début de l’année universitaire. L’enjeu était simple : réfléchir à la manière dont on pouvait rendre l’Europe plus citoyenne. Après quelques réunions, mes camarades de Sciences Po Grenoble et moi sommes tombés d’accord sur la réalisation d’un jeu de rôle destiné aux collégiens et lycéens chargé de mieux leur faire connaître le fonctionnement et les compétences des institutions communautaires. Un jeu qui nous pris toute notre énergie mais qui a été un plaisir de réaliser.

Notre délégation, représentée par Angélique (à gauche), Kévin et Estelle durant la présentation de notre projet devant le jury.(Photo prise de mon téléphone portable) Ce projet, nous l’avons présenté hier après-midi à Lille, devant les deux autres IEP en lice, Paris et Lille, Rennes et Toulouse ayant finalement déclaré forfaits au dernier moment, les autres IEP (Aix-en-Provence, Bordeaux, Lyon et Strasbourg) n'ayant pas pris de toute façon part à l'initiative lancée par Lille. Devant un jury d’une dizaine de personnes composé de personnalités européennes, de professeurs et de journalistes, notre délégation a défendu notre vision de l’Union Européenne. De son côté, la délégation lilloise avait axé sa vision d’une Europe plus citoyenne en insistant sur la communication et en faisant un lien avec les transports en commun. Ainsi, propose-t-elle une campagne de communication afin de montrer aux Lillois toute l’importance de l’Europe dans leur vie quotidienne notamment en termes de transports. Enfin, Paris a défendu sa conception de l’Europe en évoquant le cinéma et la volonté de faire un film européen réalisé par 12 réalisateurs de l’Union plus la Turquie, ce qui susciterait le débat car ciblant un public particulier notamment en privilégiant les cinémas de quartiers et de campagne.

 

Après un débat entre Tokia Saïfi (ancienne secrétaire d’Etat chargée du Développement durable (2002 – 2004), actuelle députée européenne PPE) et Christine Lalumière (ancienne secrétaire d’Etat sous le gouvernement Mauroy (1981 – 1984) et ancienne député européenne PSE) sur l’identité européenne, le jury rend son verdict et c’est Sciences Po… Lille qui remporte le concours et son trophée : un séjour à Prague.

Personnellement, je n’ai pas caché ma déception notamment en raison du travail accompli durant presqu’un an. Pour autant, j’ai vite ravalé ma tristesse car il faut finalement être fier de la tâche réalisée : Kévin, Vincent, Angélique, Estelle, Anne-Laure, Claire et moi-même n’avons pas démérité et d’ailleurs, la délégation lilloise nous l’a rappelé ainsi que le jury. D’ailleurs, j’en profite pour faire un « big-up » à tous mes co-délégués et tout notamment à Angélique, Kévin et Estelle qui ont défendu avec brio notre projet qui sera réalisé de toute façon.

Après cela, nous sommes restés avec la délégation lilloise et nous avons partagé un dîner tous ensemble autour d’un projet qui nous rassemble : l’Europe. C’est aussi cela la fraternité entre les peuples ;)


En compagnie de l'organisation et de la délégation lilloise, place Rihour après le concours (Photo prise de mon téléphone portable)

PS : pour vous faire une idée que notre projet, nous avions réalisé, il y a deux semaines, une vidéo. J’attends seulement qu’elle soit en ligne pour vous la faire partager !

par Gilles publié dans : Je vous parle d'Europe
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Dimanche 6 avril 2008

Le défaut de mon blog, c’est que je ne parle pas suffisamment d’Europe ! C’est dommage et cela m’ennuie franchement d’autant plus que je vais partir un an à Bruxelles dans le cadre de mon année à l’étranger (bon, ce n’est pas le Pérou non plus mais c’est quand même l’étranger ! ;) ) Toujours est-il quand naviguant sur le blog de Jean Quatremer et de mon ami Vincent, président des Jeunes Européens Isère, je suis tombé sur une info intéressante :

José Manuel Barroso, ancien Premier ministre portugais (2002 - 2004) et actuel président de la Commission européenne depuis juin 2004. Dans les couloirs de la Commission, des bruits courent que l’actuel président de la Commission européenne (et candidat à sa propre succession), José Manuel Barroso pourrait bien être président du Conseil de l’Union, qui conformément au Traité de Lisbonne, (en cours de ratification) sera en place durant deux ans et demi. De fait, nombres d’Etat membres de l’Union ne souhaite pas d’une personne qui fasse de l’ombre au président de la Commission européenne. Hors, le traité de Lisbonne reste flou sur les prérogatives du futur président de l’Union. « Il prévoit simplement que le Conseil européen sera doté d'un président à temps plein, qui ne pourra pas exercer de mandat national, élu à la majorité qualifiée par les chefs d’État et de gouvernement, pour un mandat de deux ans et demi renouvelable une fois. Ce Président « préside et anime les travaux du Conseil Européen », « assure la préparation et la continuité des travaux du Conseil Européen en coopération avec le Président de la Commission et sur la base des travaux du Conseil des affaires générales », « oeuvre pour faciliter la cohésion et le consensus au sein du Conseil Européen ». Il présente au Parlement Européen un rapport à la suite de chacune des réunions du Conseil et il « assure, à son niveau et en sa qualité, la représentation extérieure de l'Union pour les matières relevant de la politique étrangère et de sécurité commune, sans préjudice des attributions du Haut Représentant de l'Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité » » dixit, le correspondant de Libération à Bruxelles.

 

 

Les Britanniques sont loin de partager cet avis puisqu’il voit dans le président de l’Union, une personnalité forte et charismatique pour représenter l’Union. Aussi, la candidature de l’ancien Premier ministre Tony Blair a sa pertinence dans la mesure où l’ancien leader travailliste a une grande visibilité internationale. Toutefois, une telle hypothèse semble être remise en cause par les 27 puisqu’ils considèrent que le futur président de l’Union doit être issu d’un pays ayant adopté l’Euro (la monnaie unique) et appliqué les politiques de l’Union (et on ne peut pas dire que le Royaume-Uni soit exemplaire en la matière)

Jean-Claude Juncker, premier ministre luxembourgeois, pris en photo par Jean Quatremer. Le fédéraliste que je suis propose, à la lecture de l’article de Jean Quatremer, qu’on fusionne le poste de président de la Commission et celui de président du Conseil de l’Union afin qu’on est une véritable présidence de l’Union Européenne. Bon, c’est sans doute de l’ « euro-politique » fiction mais cela vaut le coup de l’envisager sérieusement, ne serait-ce que l’Europe bénéficie d’une meilleure visibilité auprès des citoyens. Toujours est-il que le futur président de l’Union doit effectivement être une personnalité forte et un européen convaincu : à ce titre, les personnalités politiques ne manquent pas et si je ne suis pas persuadé que José Manuel Barroso fasse l’affaire, je suis de plus en plus enclin à soutenir la possible candidature de Jean-Claude Juncker et je ne dirais pas non si Angela Merkel, l’actuelle chancelière de la République fédérale d’Allemagne, se présentait à ce poste.

 

En effet, ce sont des personnalités de conviction, et cela ne fera pas de mal à l’Union Européenne.

PS : pour lire l’article de Quartemer, cliquez ici :

par Gilles publié dans : Je vous parle d'Europe
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