Quand les intellectuels africains répondent à Nicolas Sarkozy : contre le discours de Dakar

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Samedi 14 juin 2008

Irlandais fêtant la victoire du non irlandais. (www.lemonde.fr) Après le « Non » français et le « Nee » néerlandais au Traité établissant une Constitution pour l’Europe en 2005, voici le « No » irlandais au Traité de Lisbonne, texte qui devait (ou doit plutôt, soyons optimistes !) remplacer le premier.

Pour être franc, je ne suis malheureusement pas surpris du résultat de la consultation référendaire irlandaise. Les eurosceptiques s’y sont donnés à cœur joie pour casser du sucre sur une construction européenne pourtant indispensable. Pourtant, les Villiers, de Winter et autres antieuropéens ne devraient pas pavoiser : en effet, le taux de participation a été extrêmement faible (environ 45%) et qui plus est, les raisons du non irlandais n’ont rien à voir avec ceux des non français et néerlandais. L’euroscepticisme a joué plein gaz dans un pays qui doit beaucoup à l’Europe, notamment sur le plan économique.

Toujours est-il qu’il faut prendre en compte le verdict des Irlandais. A titre personnel, le rejet du traité de Lisbonne est une mauvaise nouvelle pour la construction européenne et pour les autres dirigeants de l’UE à commencer par Nicolas Sarkozy. Celui qui se vantait du retour de la France en Europe avec le mini-traité qu’il avait initié est désormais bien ennuyé avec le non irlandais ! Désormais que va faire celui qui va prendre la présidence tournante de l’Union Européenne dans un peu plus de semaines ? Le rejet irlandais du traité de Lisbonne montre en tout cas que l’influence de la France est loin d’être complètement rétablie au sein de l’UE.

Je ne suis pas surpris par ce résultat pour la simple raison que nous, euro-romantiques, avons péché par rapport à ce traité de Lisbonne. On a en effet pensé qu’il suffisait de s’en tenir à une conférence intergouvernementale classique qui allait revoir la Constitution européenne et qu’une fois transformée en Traité de Lisbonne, ce texte passerait comme une lettre à la poste ! Grave erreur qui illustre avant tout la défiance des citoyens européens vis-à-vis de leurs dirigeants !

Irlandais lisant le "Herald Tribune" du vendredi 13 juin. L’Europe ne peut plus se faire sans les citoyens et c’est la leçon que l’on doit tirer du vote irlandais. Je pense que cela n’a pas été compris par nos dirigeants et les eurosceptiques ont en profité pour exploiter le traité de Lisbonne et le détourner. Si l’Europe doit à nouveau susciter des passions, cela doit se faire par des actions concrètes. Qui plus est, nos dirigeants doivent cesser de faire preuve de schizophrénie quand cela leur arrange : Nicolas Sarkozy (pour ne parler que de lui !) s’était réjoui du traité simplifié, ce qui ne lui a pas empêché de critiquer la Banque Centrale Européenne en critiquant sa politique monétaire, et ce avec des accents démagogiques, à la limite du populisme !

Résultats des courses : on a ce qu’on mérite, faute d’avoir des dirigeants suffisamment européens. Dès lors, certains parmi les euro-romantiques peuvent avoir de la frustration, voire de la colère. A ce titre, je pense à mon ami Vincent, qui n’a pas caché son amère déception en s’en prenant avec vigueur aux Irlandais. Effectivement, mon cher Vincent, on peut être déçu ! Mais cela ne doit pas nous faire oublier un point essentiel : l’Europe ne peut se faire sans les citoyens, cela est désormais un fait que les chefs d’Etat et de gouvernement des 27 ne pourront pas transiger.

Alors que faire ? Faire revoter les Irlandais ? Elaborer un nouveau traité ? Ou alors pousser les Irlandais à quitter l’Union ? Autant vous le dire tout de suite, la troisième solution est à exclure car on ouvrirait la boite à Pandore et on signerait la fin de l’aventure européenne. Le plus probable serait de faire revoter les Irlandais quitte à négocier des dispositions particulières. On ne peut faire mieux pour l’instant mais cela me semble plausible. D’ailleurs, on avait adopté un tel scénario lors du traité de Nice : en juin 2001, les Irlandais avaient voté non pour finalement oui en octobre 2002 après un effort considérable de pédagogie et d’explication de la part de la classe politique irlandaise.

Toujours est-il que dans l’immédiat, le processus de ratification doit se poursuivre, on fera les comptes après !

par Gilles publié dans : Je vous parle d'Europe
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Jeudi 12 juin 2008

Bachar Al-Asad, le président de la République de Syrie. Et une nouvelle couleuvre à avaler ! Et elle s’appelle Bachar Al-Asad. En effet, notre cher président de la République, Nicolas Sarkozy, s’est une nouvelle fois distingué en invitant le président de la République de Syrie à être présent en sa compagnie à la tribune officielle lors du défilé du 14 juillet aux Champs-Elysées.

Et les Droits de l’Homme dans tout cela ? Aux oubliettes comme d’habitude ! En effet, il faut rappeler que Bachar Al-Asad dirige depuis une dizaine d’années la Syrie d’une main de fer et dans laquelle, toute contestation est étouffée, bien évidemment ! Il faut dire que Bachar Al-Asad est dans la continuité de son père qui avait installé son régime autoritaire suite à un coup d’Etat en 1970. Toujours est-il que cela fait des années que la Syrie est montrée du doigt notamment en raison de ses coups tordus au Liban et celui qui était encore considéré comme un paria il y a quelques mois encore, sera accueilli en grandes pompes par un Nicolas Sarkozy qui nous avait pourtant dit lors de la campagne présidentielle de 2007 qu’il souhaitait une diplomatie des droits de l’Homme !

Alors certains diront que c’est le résultat de la realpolitik et que nous devons l’accepter ainsi. Certes mais la realpolitik ne justifie pas tout notamment qu’on invite un homme lors de la cérémonie du 14 juillet, jour de fête nationale quand même ! Nicolas Sarkozy pousse le vice assez loin quitte à se montrer cynique envers notre histoire nationale. Le 14 juillet reste lourd de symboles avec la prise de la Bastille, synonyme de lutte pour les libertés et contre l’arbitraire. Aussi recevoir le président syrien ce jour-là me semble d’un très mauvais goût.

Nicolas Sarkozy en compagnie de Jean-Pierre Raffarin et des principaux leaders des partis politiques français lors d'une visite officielle au Liban. Qui plus est, une telle visite discrédite l’attitude de la France vis-à-vis du Liban pays auquel Nicolas Sarkozy – en compagnie des représentants des partis politiques représentés au Parlement – a rendu visite en promettant l’engagement de Paris aux côtés du peuple libanais. La visite d’Al-Asad est une claque pour les Libanais, ce que n’a pas manqué de rappeler  le leader druze Walid Joumblatt qualifiant une telle invitation de « honte pour le peuple français ».

Dès lors, ceux qui voyaient en Nicolas Sarkozy l’homme de la rupture au niveau de notre diplomatie doivent sérieusement déchanter et doivent une fois encore avaler des couleuvres. Je pense notamment à ce pauvre Bernard Kouchner qui n’arrête pas de se justifier qu’il est encore un homme de gauche ! Si vraiment, c’est un homme de gauche comme il ose encore le prétendre il devrait tout simplement démissionner de son poste de ministre des Affaires étrangères et européennes. Mais bon ! En aura-t-il le courage ou bien les paillettes du Quai d’Orsay l’inciteront de rester ?

Décidément, j’ai mal pour la diplomatie française et il ne faut pas diaboliser les dictateurs (et encore, on ne les diabolise que quand cela nous arrange !), il ne faut pas non plus se baisser à quatre pattes ! Apparemment, on n’a toujours pas retenu la leçon des années 1930.

par Gilles publié dans : International
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Mardi 10 juin 2008

C’est après-demain que les Irlandais vont se prononcer, par référendum, pour ou contre le traité de Lisbonne en cours de ratification par les 27 Etats de l’Union.

Il va sans dire que le vote des Irlandais est suivi de près par les dirigeants des autres Etats de l’Union d’autant plus qu’à 48 heures du scrutin, le Oui et le Non sont côte à côte avec un avantage pour le Non. Dès lors, les interrogations demeurent.

En effet, si l’Irlande rejette le Traité de Lisbonne, ce dernier risquerait bien d’avoir du plomb dans l’aile et forceraient nos chers dirigeants à tout revoir. Bien évidemment, et en tant qu’européen convaincu, je ne pourrai me réjouir si jeudi soir, le traité modificatif était rejeté d’autant plus qu’il est un peu fâcheux que 4 millions d’électeurs irlandais décident pour 500 millions d’Européens. Toutefois, si on pousse ce raisonnement jusqu’au bout, il faut alors rappeler que 55 millions d’électeurs français et néerlandais ont décidé pour le reste de l’UE en votant non au référendum sur la Constitution en mai et juin 2005. Dès lors, on a tout simplement décidé de stopper le processus de ratification alors que 18 Etats sur 25 avaient approuvé le nouveau traité de Rome.

Aussi, je ne vois pas vraiment pourquoi on devrait exprimer notre courroux vis-à-vis de l’Irlande. A ce titre, j’en profite pour répondre à mon ami Vincent qui s’insurge de la campagne référendaire irlandaise. D’une part – et je lui en remercie de l’avoir rappelé – le référendum est obligatoire en Eire (l’autre nom de l’Irlande) et de plus, on ne peut reprocher aux Irlandais d’exprimer des doutes sur ce traité qui finalement fait plus qu’alléger la défunte Constitution au point de la dénaturer notamment en supprimant toute référence aux symboles de l’Union.

Comme je le dis assez souvent, l’Europe mérite d’être aimée et suppose qu’on prenne des risques pour elle notamment vis-à-vis de concitoyens qui semblent douter après 50 ans de construction européenne. Nos dirigeants actuels n’expriment pas ce « désir d’Europe », cette envie de vouloir mener la construction européenne à son terme. Les années 1980 et au début des années 1990 furent des périodes magiques pour la construction européenne car nous avions des dirigeants qui croyaient dur comme fer à l’Europe quitte à prendre des risques politiques. Je pense notamment au référendum sur le traité de Maastricht en 1992 en France. Grâce à la mobilisation de François Mitterrand, alors président de la République, les Français se sont prononcés à pour une Europe plus politique même si le oui n’était passé qu’à une courte majorité.

Aujourd’hui, cette absence de prise de risques de la part de nos dirigeants, plus soucieux de sauver leur place au niveau interne, est très préjudiciable pour la construction européenne car nos concitoyens s’y reconnaissent de moins en moins. Qui plus est, nous payons dix ans de politique de dénigrement de la Commission de Bruxelles et de même de schizophrénie vis-à-vis de l’Europe : il n’y a qu’à voir l’attitude de Nicolas Sarkozy à ce sujet !

Alors voilà, allons voir ce que décideront les Irlandais. En cas de vote négatif, il faudra en tirer les leçons mais surtout poursuivre le processus de ratification du traité de Lisbonne. Ne pas le faire, c’est rééditer ce que nous avons en 2005 lors des non français et néerlandais, ce qui a été très préjudiciable par la suite à mon sens pour la dynamique de la construction européenne.


(Crédits photos : blog de Jean Quatremer)

par Gilles publié dans : Je vous parle d'Europe
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Mardi 10 juin 2008

Bonne nouvelle ! J’ai fini de rédiger mon mémoire et je vais bientôt rentrer à Bondy, même je dois quand même redescendre à Grenoble pour soutenir mes travaux (en espérant que je n’aurai pas également à retourner dans la capitale des Alpes, pour des rattrapages ! enfin, prions !)

Aussi, je peux tranquillement revenir sur mon blog et de tel qu’un édito pour se mettre en selle.

Hier, Jacques Chirac a présenté sa fondation pour l’environnement et le développement durable au musée du Quai Branly à Paris. Initiative charmante pour quelqu’un qui, en juin 1995, avait décidé de faire de nouveaux essais nucléaires alors que François Mitterrand s’était engagé à ne plus en réaliser trois ans auparavant. Bon, entre-temps, notre Jacquot s’est assagi et il faut lui laisser le bénéfice du doute. Qui plus est, je pense qu’il y a tout de même une certaine sincérité dans l’initiative de l’ancien chef de l’Etat d’autant plus que, dans le cadre du développement durable et du bien être de l’humanité, le dialogue des cultures a de son importance. C’est néanmoins dommage qu’il n’ait pas pensé à inviter des personnalités de gauche lors de l’inauguration de sa fondation !

Toujours est-il que, pendant ce temps, les Français vivent de plus en plus mal et je n’exagère pas en disant cela. Pour s’en convaincre, j’ai vu un numéro de « 66 minutes », l’émission d’information de M6 qui est une réussite au passage ! Il y a quelques jours, on diffusait un reportage sur les nouveaux pauvres : des gens qui ont un emploi (souvent un CDI) ou des pensions de retraite et propres sur eux mais qui faute de moyens suffisants pour boucler les fins de mois sont contraints à se serrer la ceinture jusqu’à l’asphyxie, voire à faire les poubelles des supermarchés pour trouver des denrées comestibles ! Il va sans dire que ce reportage m’a bien énervé. En effet, comment est-il possible de dire que tout va bien en France, alors que dans le même temps, des gens en viennent jusqu’à faire les poubelles pour pouvoir vivre tout simplement ? Mais dans quel pays sommes-nous ? Un pays développé ? Non mais c’est une blague j’espère !

On se fout de la gueule des gens car dans le même temps, on nous dit que le chômage poursuit une décrue spectaculaire (alors que la baisse du nombre de demandeurs d’emplois n’est que la conséquence du départ des baby-boomers à la retraite) et que la croissance repart. Alors soit j’ai raté un épisode, soit, on m’aurait menti (à l’insu de mon plein gré comme dirait l’autre !) Dès lors, il n’y a pas de quoi pavoiser notamment de part de la majorité et de ceux qui l’ont rejoint. Les Bockel, Besson et Cie sont bien encore les seuls à croire aux bienfaits de la méthode Sarkozy, comme on croirait à la méthode Coué ! Enfin, bref…

Au prochain édito !

Gilles

 

PS : je vous laisse avec une vidéo extraite de l’émission « 66 minutes » présentée par Aïda Thouari – très mignonne au passage, vous ne trouvez pas ? (RIRES) – et qui évoque cette France des nouveaux pauvres. Veuillez m’excuser pour la qualité de la vidéo d’autant plus que je n’ai pas trouvé mieux et que je me serais bien passé de l’inscription que vous allez voir !


par Gilles publié dans : Edito
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Mercredi 4 juin 2008

La Garde des Sceaux, Rachida Dati. Décidément, elle me fait rire madame Dati ! Hier, lors de la séance des questions au gouvernement à l’Assemblée nationale, la Garde des Sceaux s’en est violemment prise à la gauche suite à une question d’une députée socialiste sur le jugement du palais de Justice de Lille qui avait annulé un mariage car la femme avait menti sur sa virginité.

"Vous avez abandonné un nombre de jeunes filles dans les quartiers difficiles entre les mains des grands frères", a lancé la garde des Sceaux aux socialistes dans une passe d'armes houleuse pendant la séance des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale. "Votre politique d'intégration a été un échec. Nous payons aujourd'hui pour ces filles".
"A défaut de votre soutien, elles ont trouvé la justice. La justice les a aidées, elle leur a permis d'être libres, indépendantes", a poursuivi Rachida Dati sous les huées des députés socialistes. "N'empêchez pas ces jeunes filles d'être libres".
(in Le Nouvel Observateur du 3 juin 2008)

Il va sans dire que les propos de la ministre de la Justice sont choquants, voire stupides ! Et cela montre à quel point la droite est de mauvaise foi ! Il faut en effet rappeler à notre chère ministre que la gauche n’est – malheureusement ! – plus au pouvoir depuis le 6 mai 2002 et que quand elle a été au pouvoir depuis 1981, elle n’a jamais dépassé les cinq ans. Autrement dit, depuis 1981, elle a autant gouverné que la gauche en termes de durée et la droite a autant fauté sinon plus en matière de politique d’intégration dans les banlieues.

Qui plus est, je ne vois pas le rapport entre le jugement de Lille et la politique d’intégration de notre pays et l’amalgame que fait la garde des Sceaux me semble grave à mes yeux : en effet, on sous-entend que la gauche a été laxiste et qu’elle a préféré acheter la paix sociale en imposant les grands frères, laissant ainsi les jeunes femmes, principalement, de confession musulmane, livrées à leur sort. De telles accusations montrent la nervosité de la majorité et son arrogance vis-à-vis de ses adversaires. Elles montrent également que Rachida Dati n’a décidément pas la carrure et la compétence pour diriger le ministère de la Justice.

Il serait que la majorité et madame Dati cessent d’accuser la gauche de tous les maux lorsqu’elle est aux responsabilités ! Cela est malhonnête et montre tout simplement que la droite ne sait absolument pas reconnaître les propres erreurs de la politique qu’elle mène ! Quant à la ministre de la Justice, qu’elle se calme et tourne sa langue sept fois avant de parler, cela vaudra mieux pour elle et pour notre vie politique !

 

Addenda (10 juin 2008) : voici en ligne la vidéo montrant l’échange verbal entre le PS et Rachida Dati !

par Gilles publié dans : Actualité politique
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"Le courage...c'est d'aller à l'idéal et de comprendre le réel"
(Jean Jaurès, 1903)

 


"Allons voir si la Rose", le journal des sections universitaires du PS disponible en ligne
Numéro 1 (janvier - février 2008)
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Etudiant à Sciences Po Grenoble et militant socialiste depuis octobre 2003, je suis un passioné de politique et je cherche à m'investir au maximum dans les affaires de la cité.

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Gilles

PS : pour me contacter, actupolitique@hotmail.fr



 

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