Durant les années Jospin (1997 – 2002), le ministre de l’Intérieur de l’époque – Jean-Pierre Chevènement – avait
crée la police de proximité.
Cette police avait pour but principal – avant tout – de défendre les institutions et de renouer le dialogue entre les habitants des quartiers et notamment avec les jeunes, dont le dialogue reste au combien difficile. Cette police, de par sa présence, avait également pour but de prévenir tout désordre dans les quartiers.
Puis un beau jour de 2003 – quand la droite est revenue au pouvoir – un ministre de l’Intérieur, de la
Sécurité Intérieure et des Libertés locales, un certain Nicolas Sarkozy, a déclaré à Toulouse que « faire une partie de basket avec les jeunes. C’est bien ! Mais ce n’est pas la
mission de la police ! […] La mission de la police, c’est l’investigation ! » Une seule phrase, l’essentiel était dit : La police de proximité était
supprimée !
Nicolas Sarkozy, à l'époque ministre de l'Intérieur et de l'Aménagement du territoire à Toulouse en 2005
(www.toulouse.fr)Depuis les rapports entre les forces de l’ordre et les jeunes des
cités n’ont jamais été aussi exécrables et tendus. Et puis, on a eu les révoltes de novembre 2005 consécutives à la mort de Zyed et Bounia à Clichy-sous-Bois et plus récemment la mort de deux
autres jeunes à Villiers-le-Bel.
Celui qui allait devenir président de la République avait déclaré lors de sa campagne qu’il voulait rétablir la police de proximité – même s’il l’appelle d’une autre façon ! Qu’attend désormais celui qui été élu avec 53% des voix et qui a déclaré qu’il respecterait toutes les promesses qu’il a faites ?
Contrairement à ce que Fadela Amara avait déclaré en octobre dernier sur le plateau de France 2, dans l’émission « A vous de juger », Nicolas Sarkozy n’a aucune préoccupation pour la banlieue. Si tel était le cas, son premier geste aurait tout simplement été le rétablissement de la police de proximité.
Je ne dis pas que la police de proximité était parfaite et s’il fallait en changer les dispositions, qu’on le fasse ! Néanmoins, si la police doit être respectée et affirmer son autorité, elle doit en retour respecter les habitants des quartiers en établissant le dialogue et en assurant une meilleure présence.
Lionel Jospin l’avait reconnu en 2002 : il avait été naïf en matière de sécurité. Mais la droite – surtout celle de Sarkozy – n’a pas fait mieux entre 2002 et 2007 et les premiers mois de la présidence Sarkozy montrent décidément qu’on ne va pas dans le bon sens ! Les évènements de Villiers-le-Bel, dont l’enquête a rapidement été bâclée, en sont bien triste exemple !
Aussi, à ceux qui considèrent qu’on ne peut considérer les jeunes des cités comme des voyoucrates, que la sécurité doit être au service de tous et que les habitants des cités ont droit au respect de même que les gardiens de la paix (dont il faut rappeler le travail bien souvent difficile et ingrat), je vous invite à signer la pétition lancée par l’association « Banlieues actives » en cliquant sur le lien suivant : http://www.banlieueactive.com/Petition/?petition=3.
De nombreuses personnalités politiques l’ont signée (dont Elisabeth Guigou, députée de Seine-Saint-Denis) et j’en ai fait tout autant car j’en ai assez qu’on caricature la banlieue, assez qu’on considère ses habitants comme des glandeurs, des profiteurs et des voyoucrates ! Ne nous voilons pas la face : les problèmes existent mais ce n’est pas agissant de façon sectaire et démagogique (pour fidéliser les électeurs du Front national) que le président de la République et sa ministre – Michelle Alliot-Marie – pourront régler le problème de la sécurité dans les quartiers (à moins qu’ils font tout pour pourrir la situation pour les mêmes raisons démagogiques que je viens juste d’évoquer !)
Monsieur le Président : vous faites le beau avec votre politique d’ouverture ? Ben, prouvez que vous êtes réellement ouvert à toute proposition !
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Fadela Amara à la sortie du Conseil des ministres Fadela Amara
n’a décidément pas sa langue dans sa poche et ne pratique assurément pas la langue de bois. La preuve, l’actuelle secrétaire d’Etat chargée de la Politique de la Ville, a déclaré sans ambigüité,
hier après-midi, qu’elle ne votera pas pour l’actuel chef de l’Etat en 2012, avant de mettre un peu d’eau dans son vin aujourd’hui tout de même !
Fadela Amara en compagnie de la ministre de la Justice, Rachida Dati au
ministère de l'Intérieur, le 3 janvier dernier. (
Le bureau exécutif
du Nouveau Centre réuni autour d'Hervé Morin, son président. En cette fin d’année, c’est presque une banalité de dire que l’UDF – parti fondé en 1978 par et pour Valéry Giscard
d’Estaing – est bel et bien morte. Et ce n’est pas les propos stériles et politiciens d’Hervé Morin qui changeront la donne.

Ségolène Royal lors
de la campagne présidentielle de la candidate socialiste, Michele Bachelet au Chili en décembre 2005 (
Si l’actuelle présidente de la région
Poitou-Charentes se lance à la conquête du PS, il n’en demeure pas moins que la partie sera gagnée pour autant. En effet, elle devra rassembler le plus largement possible autour de son nom et son
texte d’orientation – qu’on appelle dans notre jargon la « motion » – pour que sa désignation au poste de Premier secrétaire soit la plus claire possible et sans contestation possible.
Disons-le clairement : la conquête du parti ne sera pas de tout repos mais l’ex-candidate à la présidentielle en a les moyens et les talents pour y arriver.
Jean
Quatremer, correspondant à Bruxelles pour le quotidien "Libération". En ce début d’année – et comme il faut que je parle d’Europe de temps en temps quand
même ;) – voici une occasion de prendre de la hauteur et de voir l’Europe vue de Bruxelles.
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