Assistons-nous à la fin
d'un rêve ? Celui d'un Etat qui risque de ne voir jamais le jour moins en raison de son voisin mais aussi à cause de ses divisions ? Des ambitions de certains ? On pourrait le craindre en vue de
la situation actuelle en Palestine. A l'heure qu'il est, le Hamas - groupe islamiste - s'est emparé de la Bande de Gaza se débarrassant ainsi des modérés du Fatah menés par le Président de
l'Autorité Palestinienne et héritier de Yasser Arafat, Mahamoud Abbas.
Des partisans du Hamas piétinant un des portraits officiels du président de l'Autorité Palestinienne, Mahamoud Abbas
(www.lemonde.fr)
Effectivement, on peut penser qu'on est très loin de la création d'un Etat Palestinien conformément au processus de paix
d'Oslo signé en 1993 entre le Front de Libération de la Palestine (FLP) de feu Yasser Arafat et de l'Etat d'Israël. D'ailleurs, le coup de force du Hamas reste quelque peu inquiétant puisque le
bande de Gaza constitue le centre névralgique pour la constitution d'un futur Etat palestinien. Qui plus est, on en arrive aux règlements de compte entre Hamas et Fatah. Toutefois, personne,
aussi bien les parties concernés que les Occidentaux ainsi que le reste du Proche Orient n'a intérêt à ce que la situation s'envenime davantage.
De fait, c'est quelque prévisible, si on cherche bien, notamment depuis le 24 janvier 2006 et la victoire sans appel du Hamas aux élections législatives palestiniennes. A l'époque, le Fatah avait
été durement sanctionné par le peuple palestinien en raison d'un certain immobilisme et de la corruption généralisée. Il convient de préciser au passage, que ce sont les principaux pays
occidentaux qui ont imposé à l'Autorité palestinienne la tenue de telles élections. Toutefois, ce sont les mêmes pays occidentaux - Etats-Unis en tête - qui se sont dédouanés du verdict des urnes
consacrant la victoire des islamistes.
Aussi, tout le monde a sa part de responsabilité : les Palestiniens bien sûr (le Fatah et le Hamas tout particulièrement) mais aussi la plupart des pays occidentaux notamment les Etats-Unis ainsi
que dans une moindre mesure l'Union européenne. Nous avons dit à maintes reprises qu'il était hors de question de négocier avec le Hamas en prétextant le fait qu'il ne fallait pas négocier avec
un groupe terroriste. Effectivement, le Hamas reste une organisation terroriste - ne faisons pas la fine bouche - qui refuse toujours de reconnaître Israël même si des efforts ont été menés en ce
sens de la part de celui-ci. Toutefois, continuer à ignorer une organisation qui a - qu'on le veuille ou non - remporté de façon écrasante les élections générales de 2006 et qui de plus - qu'on
le veuille ou non là aussi - mène une politique sociale en faveur des plus démunis (ce qui explique son succès auprès de la population) semble une grossière erreur. On ne peut contester un
résultat sorti des urnes surtout si il est net et transparent. Aussi, il était d'une évidence de collaborer avec le Hamas et le faire entrer dans le jeu.
On voit dans le Hamas, une organisation terroriste, ce qui est vrai. Toutefois, on n'a pas voulu voir dans le Hamas un
interlocuteur incontournable qui a le soutien d'une partie de la population (et en sous-main de certains régimes du monde arabe peu fréquentables). En effet, seul le Fatah est reconnu
internationalement par la communauté internationale et devient par ce fait, le seul interlocuteur viable. A mon sens, discuter ne veut pas forcément dire capituler ou renier ses valeurs. Oui, il
faut se montrer exigeant envers le Hamas et le pousser à reconnaître Israël. Mais non, on ne peut dénigrer encore le plus longtemps cette organisation qui détient les clés (de par ses actions) du
problème israélo-palestinien.
Pour ma part, je suis un fervent partisan de la création d'un Etat palestinien tout en exigeant qu'Israël ait son droit à la sécurité. Aussi, il faut tout faire en sorte pour que le processus
d'Oslo arrive à son terme et que la Palestine sorte enfin de terre à partir de Gaza et de Cisjordanie. Je le répète : personne n'a intérêt dans le Proche-Orient à ce qu'un "Etat-Hamas" voie le
jour dans la région (surtout pas Israël, ce qui peut se comprendre) Aussi, le processus d'Oslo doit se poursuivre, il en va de l'intérêt de tous même si cela passe par des concessions difficiles
(comme celui qui veut que le Hamas entre dans le jeu de la négociation). Mais attention ! Il ne s'agit pas de faire le coup de Munich de 1938 - j'en voyais certains me faire déjà la remarque ! -
autrement dit, la fermeté doit être de rigueur !

Des partisans du Hamas s’emparant d’une maison d’un membre du Fatah (www.lemonde.fr)
PS : afin de prolonger la réflexion, voici l'intégralité de l'article que j'avais consacré à la victoire du Hamas lors des
législatives de janvier 2006, article que vous pouvez retrouver sur mon ancien blog à l'adresse suivante : http://sergil7.spaces.live.com
Une nouvelle donne (article publié le 29 janvier 2006)
Les élections palestiniennes de mercredi dernier ont porté le parti islamiste Hamas à la tête de l'Autorité Palestinienne.
C'est une nouvelle donne au Proche-Orient. Est-ce pour autant une bonne nouvelle pour la paix?
C'est en tout cas la question que l'on doit se poser au lendemain de ses législatives. Le Hamas est connu pour ses activités terroristes et sa farouche hostilité à Israël. Mais son arrivée à la tête de la Palestine marque un tournant.
Les Etats-Unis et Israël ont prévenu : ils ne négocieront en aucun cas avec une organisation terroriste. Pour autant, on voit mal comment Washington et Tel-Aviv se passeront du Hamas. En effet, l'élection du Hamas mettent les gouvernements américains et israéliens devant le fait accompli. Tout d'abord, il faut rappeller que l'élection du Hamas s'est faite sans irrégularité et sans fraude, comme l'a souligné l'observateur et ancien président des Etats-Unis, Jimmy Carter. La victoire de ce mouvement est donc nette et sans bavure, résultat de l'expression démocratique des Palestiniens.
Cette victoire, si elle est surprenante, est avant tout logique. Le Hamas n'a jamais caché sa volonté de mettre à bas l'Etat d'Irsaël et a toujours revendiqué la lutte armée et terroriste pour y parvenir. La communauté internationale ne se fait aucun doute sur les volontés de l'organisation fondée en 1987 par le cheick Yassine. Néanmoins, l'image du Hamas est radicalement différente du côté des Palestiniens. De fait, cette organisation a mené une large politique sociale et de charité envers les Palestiniens les plus modestes notamment à Gaza et en Cisjordanie. Cette politique est réelle et a beaucoup bénéficié à une partie des Palestiniens qui vivent dans des situations diffciles. Aussi, la victoire du Hamas est le fruit de cette largesse envers les plus défavorisés face à une Autorité jugée - selon l'organisation - comme corrompue et bien trop consensuelle face à Israël.
Aussi, on mise sur la réalité et l'exercice du pouvoir pour faire fléchir le Hamas. Ehud Olmert - le premier ministre israélien par interim - ne veut pas entendre parler du Hamas tant que celui-ci n'aura pas désarmé et accepté le jeu politique. La déclaration du gouvernment isralién marque surtout le malaise qui s'est emparé d'Irsaël depuis mercredi. Souvent mis à l'écart, le Hamas revient, plus légitimé que jamais, au centre de la vie politique en Palestine et du processus de paix au Proche-Orient. Son succès de mercredi montre qu'il devient désormais un membre avec qui il faut compter si on veut mener à bien le processus de paix. A mon sens, seul le dialogue est nécessaire à l'égard du Hamas pour la simple raison qu'ils représentent depuis les élections, l'interlocuteur légitime du peuple palestinien.
L'attitude du Hamas sera aussi à observer durant ces prochains mois. En effet, cette organisation fait une analyse militaire et non politique de la situation au Proche-Orient. A ce titre, elle n'a jamais exercé le pouvoir - seulement depuis 5 ans au niveau local - et l'élection de mercredi marque un tournant pour celle-ci. Fort de ses 76 députés (sur les 132 sièges à pourvoir), le Hamas paraît, de fait, déboussolé. Que va-t-il faire désormais ? Le Hamas a une logique militaire de la situation au Proche-Orient et c'est toute une idéologie qui devra être modifiée au sein même de l'organisation. Aussi, l'élection palestinienne de mercredi dernier marque une nouvelle donne pour le Hamas qui devra mesurer le champ des possibles face aux réelles volontés des Palestiniens qui aspirent avant tout à la paix et à un Etat.
Aussi, la victoire du Hamas pose de nouvelles interrogations, donc de nouvelles inquiétudes, ce qui est légitime tant que le processus de paix est potentiellement en cause. Devant le fait accompli, la communauté internationale - en particulier les Etats-Unis et Israël - doit faire preuve de prudence, de méfiance mais aussi d'esprit d'ouverture et de dialogue envers le Hamas car quels qu'en soient les qualificatifs que l'on peut apporter au Hamas, il n'en demeure pas moins qu'elle détient désormais les clés de la poursuite du processus de paix et que son attitude - forte d'un esprit de revanche en raison de l'assassinat, par Israël, du cheick Yassine en hiver 2004 - pèsera lourd pour l'avenir du Proche-Orient
Elisabeth Guigou
en 2001, alors ministre de l'Emploi du gouvernement Jospin. A ma grande surprise, Elisabeth Guigou, députée de ma circonscription, a très facilement et gentiment accepté de
répondre à mes questions. Si nous avons abordé des problèmes purement locaux, nous avons profité de l’occasion pour évoquer la Seine-saint-Denis, la présidentielle et l’avenir de la
gauche.

Assemblée nationale, Paris (

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