Présentation

Recommander

Cliquez ici pour recommander ce blog

Calendrier

Juin 2007
L M M J V S D
        1 2 3
4 5 6 7 8 9 10
11 12 13 14 15 16 17
18 19 20 21 22 23 24
25 26 27 28 29 30  
<< < > >>

Liens

Recherche

Vendredi 15 juin 2007

Assistons-nous à la fin d'un rêve ? Celui d'un Etat qui risque de ne voir jamais le jour moins en raison de son voisin mais aussi à cause de ses divisions ? Des ambitions de certains ? On pourrait le craindre en vue de la situation actuelle en Palestine. A l'heure qu'il est, le Hamas - groupe islamiste - s'est emparé de la Bande de Gaza se débarrassant ainsi des modérés du Fatah menés par le Président de l'Autorité Palestinienne et héritier de Yasser Arafat, Mahamoud Abbas.

h-9-ill-924178-abbas.jpg

Des partisans du Hamas piétinant un des portraits officiels du président de l'Autorité Palestinienne, Mahamoud Abbas (www.lemonde.fr)

Effectivement, on peut penser qu'on est très loin de la création d'un Etat Palestinien conformément au processus de paix d'Oslo signé en 1993 entre le Front de Libération de la Palestine (FLP) de feu Yasser Arafat et de l'Etat d'Israël. D'ailleurs, le coup de force du Hamas reste quelque peu inquiétant puisque le bande de Gaza constitue le centre névralgique pour la constitution d'un futur Etat palestinien. Qui plus est, on en arrive aux règlements de compte entre Hamas et Fatah. Toutefois, personne, aussi bien les parties concernés que les Occidentaux ainsi que le reste du Proche Orient n'a intérêt à ce que la situation s'envenime davantage. 

De fait, c'est quelque prévisible, si on cherche bien, notamment depuis le 24 janvier 2006 et la victoire sans appel du Hamas aux élections législatives palestiniennes. A l'époque, le Fatah avait été durement sanctionné par le peuple palestinien en raison d'un certain immobilisme et de la corruption généralisée. Il convient de préciser au passage, que ce sont les principaux pays occidentaux qui ont imposé à l'Autorité palestinienne la tenue de telles élections. Toutefois, ce sont les mêmes pays occidentaux - Etats-Unis en tête - qui se sont dédouanés du verdict des urnes consacrant la victoire des islamistes. 

Aussi, tout le monde a sa part de responsabilité : les Palestiniens bien sûr (le Fatah et le Hamas tout particulièrement) mais aussi la plupart des pays occidentaux notamment les Etats-Unis ainsi que dans une moindre mesure l'Union européenne. Nous avons dit à maintes reprises qu'il était hors de question de négocier avec le Hamas en prétextant le fait qu'il ne fallait pas négocier avec un groupe terroriste. Effectivement, le Hamas reste une organisation terroriste - ne faisons pas la fine bouche - qui refuse toujours de reconnaître Israël même si des efforts ont été menés en ce sens de la part de celui-ci. Toutefois, continuer à ignorer une organisation qui a - qu'on le veuille ou non - remporté de façon écrasante les élections générales de 2006 et qui de plus - qu'on le veuille ou non là aussi - mène une politique sociale en faveur des plus démunis (ce qui explique son succès auprès de la population) semble une grossière erreur. On ne peut contester un résultat sorti des urnes surtout si il est net et transparent. Aussi, il était d'une évidence de collaborer avec le Hamas et le faire entrer dans le jeu.

On voit dans le Hamas, une organisation terroriste, ce qui est vrai. Toutefois, on n'a pas voulu voir dans le Hamas un interlocuteur incontournable qui a le soutien d'une partie de la population (et en sous-main de certains régimes du monde arabe peu fréquentables). En effet, seul le Fatah est reconnu internationalement par la communauté internationale et devient par ce fait, le seul interlocuteur viable. A mon sens, discuter ne veut pas forcément dire capituler ou renier ses valeurs. Oui, il faut se montrer exigeant envers le Hamas et le pousser à reconnaître Israël. Mais non, on ne peut dénigrer encore le plus longtemps cette organisation qui détient les clés (de par ses actions) du problème israélo-palestinien. 

Pour ma part, je suis un fervent partisan de la création d'un Etat palestinien tout en exigeant qu'Israël ait son droit à la sécurité. Aussi, il faut tout faire en sorte pour que le processus d'Oslo arrive à son terme et que la Palestine sorte enfin de terre à partir de Gaza et de Cisjordanie. Je le répète : personne n'a intérêt dans le Proche-Orient à ce qu'un "Etat-Hamas" voie le jour dans la région (surtout pas Israël, ce qui peut se comprendre) Aussi, le processus d'Oslo doit se poursuivre, il en va de l'intérêt de tous même si cela passe par des concessions difficiles (comme celui qui veut que le Hamas entre dans le jeu de la négociation). Mais attention ! Il ne s'agit pas de faire le coup de Munich de 1938 - j'en voyais certains me faire déjà la remarque ! - autrement dit, la fermeté doit être de rigueur !

h-4-ill-924168-hamas.jpg

  Des partisans du Hamas s’emparant d’une maison d’un membre du Fatah (www.lemonde.fr)

PS : afin de prolonger la réflexion, voici l'intégralité de l'article que j'avais consacré à la victoire du Hamas lors des législatives de janvier 2006, article que vous pouvez retrouver sur mon ancien blog à l'adresse suivante : http://sergil7.spaces.live.com

                       

Une nouvelle donne (article publié le 29 janvier 2006)

 

Les élections palestiniennes de mercredi dernier ont porté le parti islamiste Hamas à la tête de l'Autorité Palestinienne.

C'est une nouvelle donne au Proche-Orient. Est-ce pour autant une bonne nouvelle pour la paix?

 

C'est en tout cas la question que l'on doit se poser au lendemain de ses législatives. Le Hamas est connu pour ses activités terroristes et sa farouche hostilité à Israël. Mais son arrivée à la tête de la Palestine marque un tournant.

Les Etats-Unis et Israël ont prévenu : ils ne négocieront en aucun cas avec une organisation terroriste. Pour autant, on voit mal comment Washington et Tel-Aviv se passeront du Hamas. En effet, l'élection du Hamas mettent les gouvernements américains et israéliens devant le fait accompli. Tout d'abord, il faut rappeller que l'élection du Hamas s'est faite sans irrégularité et sans fraude, comme l'a souligné l'observateur et ancien président des Etats-Unis, Jimmy Carter. La victoire de ce mouvement est donc nette et sans bavure, résultat de l'expression démocratique des Palestiniens.

 

Cette victoire, si elle est surprenante, est avant tout logique. Le Hamas n'a jamais caché sa volonté de mettre à bas l'Etat d'Irsaël et a toujours revendiqué la lutte armée et terroriste pour y parvenir. La communauté internationale ne se fait aucun doute sur les volontés de l'organisation fondée en 1987 par le cheick Yassine. Néanmoins, l'image du Hamas est radicalement différente du côté des Palestiniens. De fait, cette organisation a mené une large politique sociale et de charité envers les Palestiniens les plus modestes notamment à Gaza et en Cisjordanie. Cette politique est réelle et a beaucoup bénéficié à une partie des Palestiniens qui vivent dans des situations diffciles. Aussi, la victoire du Hamas est le fruit de cette largesse envers les plus défavorisés face à une Autorité jugée - selon l'organisation - comme corrompue et bien trop consensuelle face à Israël.

 

Aussi, on mise sur la réalité et l'exercice du pouvoir pour faire fléchir le Hamas. Ehud Olmert - le premier ministre israélien par interim - ne veut pas entendre parler du Hamas tant que celui-ci n'aura pas désarmé et accepté le jeu politique. La déclaration du gouvernment isralién marque surtout le malaise qui s'est emparé d'Irsaël depuis mercredi. Souvent mis à l'écart, le Hamas revient, plus légitimé que jamais, au centre de la vie politique en Palestine et du processus de paix au Proche-Orient. Son succès de mercredi montre qu'il devient désormais un membre avec qui il faut compter si on veut mener à bien le processus de paix. A mon sens, seul le dialogue est nécessaire à l'égard du Hamas pour la simple raison qu'ils représentent depuis les élections, l'interlocuteur légitime du peuple palestinien.

 

L'attitude du Hamas sera aussi à observer durant ces prochains mois. En effet, cette organisation fait une analyse militaire et non politique de la situation au Proche-Orient. A ce titre, elle n'a jamais exercé le pouvoir - seulement depuis 5 ans au niveau local - et l'élection de mercredi marque un tournant pour celle-ci. Fort de ses 76 députés (sur les 132 sièges à pourvoir), le Hamas paraît, de fait, déboussolé. Que va-t-il faire désormais ? Le Hamas a une logique militaire de la situation au Proche-Orient et c'est toute une idéologie qui devra être modifiée au sein même de l'organisation. Aussi, l'élection palestinienne de mercredi dernier marque une nouvelle donne pour le Hamas qui devra mesurer le champ des possibles face aux réelles volontés des Palestiniens qui aspirent avant tout à la paix et à un Etat.

 

Aussi, la victoire du Hamas pose de nouvelles interrogations, donc de nouvelles inquiétudes, ce qui est légitime tant que le processus de paix est potentiellement en cause. Devant le fait accompli, la communauté internationale - en particulier les Etats-Unis et Israël - doit faire preuve de prudence, de méfiance mais aussi d'esprit d'ouverture et de dialogue envers le Hamas car quels qu'en soient les qualificatifs que l'on peut apporter au Hamas, il n'en demeure pas moins qu'elle détient désormais les clés de la poursuite du processus de paix et que son attitude - forte d'un esprit de revanche en raison de l'assassinat, par Israël, du cheick Yassine en hiver 2004 - pèsera lourd pour l'avenir du Proche-Orient

par Gilles publié dans : International
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Jeudi 14 juin 2007

Je reproduis l'intégralité d'un entretien accordé par Elisabeth Guigou à Jean-Claude Benard, "journaliste citoyen" , originaire de Bondy pour le site "Agora Vox" (Entretien que vous pouvez retrouver en cliquant à l'adresse suivante : http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=25778

Bonne lecture ! 

Gilles

Lorsqu’on fait du journalisme citoyen, on pense souvent ne pas être pris au sérieux par les responsables politiques ou économiques. Particulièrement concerné par la chose politique et notamment les élections législatives en cours, j’ai adressé une demande d’interview à ma députée en ne cachant pas qu’il s’agissait d’une interview de non-professionnel.

guigou---lisabeth.jpgElisabeth Guigou en 2001, alors ministre de l'Emploi du gouvernement Jospin. A ma grande surprise, Elisabeth Guigou, députée de ma circonscription, a très facilement et gentiment accepté de répondre à mes questions. Si nous avons abordé des problèmes purement locaux, nous avons profité de l’occasion pour évoquer la Seine-saint-Denis, la présidentielle et l’avenir de la gauche.

Je vous livre ci-dessous la totalité de cette interview exclusive.

Bonjour madame la ministre,

Vous êtes la candidate du Parti socialiste sur la circonscription Bondy, Noisy-le-Sec et Romainville pour la deuxième fois. Que retirez-vous de votre expérience en Seine-saint-Denis ?

Quand j’ai été élue en 2002, je me suis engagée à être la voix des Bondynois, des Noiséens et des Romainvillois à l’Assemblée nationale et à défendre leurs intérêts. En cinq ans, j’ai reçu dans mes permanences plus de 3 000 personnes et traité 4 000 dossiers. J’ai tenté d’aider à résoudre les difficultés. J’ai soutenu quantité de projets d’associations, d’établissements scolaires et appuyé les projets des villes de Bondy, Noisy-le-Sec et Romainville. Ce travail de terrain m’a permis de mieux voir les principales difficultés auxquelles sont confrontés les Bondynois, les Noiséens et les Romainvillois : la pénurie de logements à loyer modéré, l’emploi, les stages et les formations qualifiantes pour les jeunes, la santé, les transports collectifs, la pollution, la sécurité sur laquelle j’interviens fréquemment, notamment en étant en contact avec les commissaires de police.

Mais au-delà de ces difficultés j’ai surtout rencontré une formidable énergie et une grande créativité chez les habitants de nos villes et en particulier chez les jeunes. Le potentiel économique, culturel et humain de la Seine-saint-Denis est considérable. A nous les élus de soutenir les projets et les initiatives.

La circonscription

Q - Comment envisagez-vous de faire évoluer positivement le regard des Français sur notre département mis à mal de plus en plus régulièrement par les médias ?

La Seine-saint-Denis, ce n’est pas que du chômage, des voitures qui brûlent et des jeunes forcément dangereux. C’est surtout un dynamisme exceptionnel, une jeunesse qui a soif d’apprendre et d’agir, un tissu associatif riche de sa diversité, des entrepreneurs audacieux qui réussissent, créent de la richesse et des emplois. Par exemple j’ai initié un partenariat entre les lycées de Bondy, Noisy-le-Sec et Romainville et l’entreprise multinationale KPMG. Il offrira à nos jeunes des stages, des formations qualifiantes et de réelles perspectives d’avenir. La Seine-saint-Denis mérite mieux que l’image qui en est donnée et je me bats tous les jours pour changer cela.

Q - Que répondez-vous aux propos de Patrick Devedjian expliquant la différence entre les Hauts-de-Seine et la Seine-saint-Denis par le fait que ce sont les communistes qui sont responsables des difficultés du département ?

Le chômage, la précarité, l’insécurité, le pouvoir d’achat, le logement, tous ces problèmes relèvent de la compétence de l’Etat. Il est indigne d’accuser les élus locaux d’être responsables de cette situation alors qu’ils ne sont pas en charge de la sécurité ou de la politique économique.

Les gouvernements Raffarin, auquel appartenait M. Devedjian, et Villepin ont affaibli les services publics en retirant des postes d’enseignants, en supprimant la police de proximité et en fournissant des effectifs insuffisants à la police et la justice de notre département. Il y a par exemple quatre fois plus de policiers à Paris qu’en Seine-saint-Denis. Et la misère du tribunal de Bobigny est flagrante. Ils n’ont cessé de diminuer le soutien aux associations qui entretiennent le lien social dans les quartiers.

Le récent rapport de l’INHES a montré à quel point cette politique a été néfaste. Sur l’économie, ils ont été incapables de relancer la croissance et de créer des emplois. La droite a préféré accorder des cadeaux fiscaux aux plus riches, même si cela faisait exploser la dette du pays. Et pour l’emploi de jeunes, ils n’ont su inventer que le CPE, qui heureusement a été retiré grâce à l’opposition parlementaire et à la mobilisation des syndicats et des étudiants.

Le Conseil général, la Région Ile-de-France et les communes ont fait de leur mieux pour compenser mais ils ne peuvent pas tout faire à la place de l’Etat quand celui-ci décide de se désengager. Il est injuste d’accuser les élus locaux de gauche alors que c’est la politique menée par les gouvernements de droite qui a aggravé la situation.

Q - Bondy a fait partie des villes touchées par les émeutes des banlieues. Habitant cette commune, j’ai pu constater que les dégradations étaient beaucoup plus faibles que ce que les médias ont bien voulu nous expliquer. Ne serait-il pas intéressant d’aider au développement de médias citoyens susceptibles de parler des réalités de terrain ?

Le développement d’Internet a considérablement modifié le rapport à l’information. Elle est à la fois beaucoup plus facile à obtenir, grâce aux très nombreux sites la faisant circuler, et à produire, notamment depuis l’apparition des blogs. Le journaliste n’est plus seulement une personne extérieure, venant relater et analyser ce qu’il a pu constater, mais peut aujourd’hui être un acteur direct de ce qu’il décrit.

C’est une évolution très intéressante qui permet d’avoir des points de vue plus divers et plus proches de ce qui ce passe. Le Bondy Blog en est un des exemples les plus connus. A un moment où quelques grandes entreprises proches du pouvoir concentrent entre leurs mains l’essentiel de la presse nationale, je pense qu’il est bon pour la démocratie de voir se développer à travers ces nouveaux médias une parole à la fois plus libre et plus proche du terrain. C’est un contre-pouvoir utile et une respiration face à la concentration des médias.

Q - On parle beaucoup de problèmes de logement social. Votre circonscription est une de celle qui a fait ,année après année, le plus gros effort alors que d’autres communes du département semblent ne pas respecter la loi sur les quotas de logements sociaux. Comment faire appliquer la loi partout en Seine-saint-Denis ?

Le logement est un problème grave, en particulier en Seine-saint-Denis. Je m’en rends compte tous les jours en discutant avec les habitants dans mes permanences ou sur les marchés. La gauche avait fait voter la loi SRU en 2000 qui oblige les villes à disposer d’au moins 20 % de logements sociaux. De nombreuses villes de droite refusent toujours cette mixité sociale. Surtout, le gouvernement n’a rien fait pendant ces cinq années pour les obliger à mieux appliquer cette loi de la République.

Nous proposons la construction de 120 000 logements sociaux par an, le « bouclier logement » qui limite à 25 % la part du budget des ménages modestes consacrée au logement ou la possibilité pour l’Etat de lancer les programmes de construction nécessaires à la place des villes ne respectant pas la loi. Le préfet de la Seine-saint-Denis pourrait ainsi imposer que, dans ces villes, les projets immobiliers comportent une part de logement social.

Q - Votre principale concurrente Georgia VINCENT (UMP) a déclaré au Bondy Blog : « Les socialistes ont laissé se développer l’ultralibéralisme dans les cités : certains jeunes que l’on dit à la dérive et sans repères ont organisé leur propre business souterrain. Il faut s’interroger sur ces jeunes écartés du cursus scolaire qui font tout pour subvenir à leurs besoins. Mais le fonctionnement rigide du régime socialo-communiste du département empêche cette énergie créatrice d’exprimer son potentiel phénoménal. »

Que lui répondez-vous ?

Quelle critique contre le bilan des politiques éducatives et de sécurité des gouvernements qu’elle a soutenue depuis cinq ans ! Dans un Etat de droit, rien ne peut justifier que des personnes, jeunes ou moins jeunes d’ailleurs, ne respectent pas la loi, se livrent à des trafics ou imposent leur volonté aux autres par la violence.

Je condamne fermement ces comportements. Ils doivent être sanctionnés. Il faut malheureusement constater que la droite n’a fait qu’aggraver la situation depuis 2002. Elle a affaibli la prévention en supprimant des postes dans les écoles, les collèges, les lycées, et elle n’a pas donné les moyens à la police et au tribunal de Bobigny de fonctionner correctement. Surtout elle a commis une grave erreur en supprimant la police de proximité qui avait une réelle efficacité dans ces quartiers.

C’est la même candidate UMP qui avait organisé en 2002 une manifestation contre l’ouverture d’une antenne de police dans le sud de Bondy. Antenne qui a dû fermer par la suite, faute de moyens et d’effectifs.

Le PS, la gauche et la présidentielle

Q - Ségolène ROYAL a su rassembler la quasi-totalité des électeurs de la gauche. Or, on peut constater que chaque formation de gauche va présenter ses candidats face à une UMP particulièrement unie. Ne pensez-vous pas que des accords locaux auraient pu être négociés pour permettre de fédérer le vote de gauche ?

J’ai été au premier tour la candidate du Parti socialiste, du Mouvement républicain et citoyen et du Parti radical de gauche. Au second tour, j’ai le soutien du Parti communiste et des Verts. Je représente donc un large rassemblement. Le 17 juin prochain nous devrons mobiliser massivement tous les progressistes pour créer à l’Assemblée une force qui résiste et qui propose un autre projet pour notre pays et pour la Seine-saint-Denis.

Q - Comment expliquez-vous qu’alors que les Français aient majoritairement voté à gauche aux élections européennes et régionales et qu’ils aient pu être un peu plus de 53 % à voter pour Nicolas Sarkozy et probablement lui donner une majorité au Parlement ?

Ce ne sont pas les mêmes élections. Il est vrai qu’en 2004 le rejet du gouvernement Raffarin avait amplifié nos larges victoires. M. Sarkozy a réussi à se dégager du bilan de la droite. Bien aidé par les médias, il est parvenu à se faire passer pour un homme neuf, alors qu’il était ministre de l’Intérieur et de l’Economie, numéro deux du gouvernement et président de l’UMP. Il est, lui aussi, responsable de la croissance faible, de la hausse de la précarité, de l’échec de la lutte contre la sécurité, du mauvais état de notre éducation, de notre police, de notre justice.

Comme tous les députés sortants de droite, il a soutenu le CPE et les baisses d’impôts injustes qui ont creusé la dette. Si les Français se rappellent de cela, je ne suis pas sûre qu’ils voudront renvoyer pendant encore cinq ans autant de députés UMP à l’Assemblée nationale.

Mais les Français doivent savoir ce qui les attend si M. Sarkozy obtient une majorité écrasante. Les premiers projets du gouvernement montrent clairement ce qu’est une politique de droite. La TVA va augmenter, ce qui provoquera la hausse des prix de tous les produits que les Français achètent, et donc baissera leur pouvoir d’achat. Les quatre nouvelles franchises médicales sur les consultations, l’hôpital, les examens et les médicaments vont rendre le coût de la santé plus chère et empêcheront les familles les plus modestes de se soigner correctement. La loi sur la récidive est avant tout une loi d’affichage qui ne réglera rien.

Elle remet en cause les principes qui ont fondé notre justice et remplira encore plus nos prisons qui sont déjà en surpopulation. La loi sur l’immigration, la troisième en quatre ans, stigmatise les immigrés et leur famille et dégradera fortement l’image de la France à l’étranger. Et ce ne sont pour le moment que les premières annonces.

Q - Le message « travailler plus pour gagner plus » a eu plus d’impact que « Donner du travail à plus de gens ». Les déclarations de plusieurs responsables socialistes pendant la campagne présidentielle mettant en cause les 35 heures n’ont-elle pas brouillé le message de gauche ? Si oui le regrettez-vous ?

En Seine-saint-Denis, on sait que les salariés à temps partiel aimeraient bien être à temps plein, que les chômeurs aimeraient retrouver du travail et que les salariés ne refusent pas les heures supplémentaires. Ceux qui se sont laissé illusionner par le slogan de l’UMP auront des réveils douloureux.

Q - Nicolas Sarkozy a popularisé le terme « droite décomplexée », ne pensez-vous pas comme l’a déclaré Laurent Fabius qu’il est temps que nous ayons une "gauche décomplexée" ?

Il est temps d’opérer une profonde refondation de la gauche. Nous devons nous interroger sur les moyens de promouvoir nos valeurs dans le monde d’aujourd’hui. Quelles réponses apporter aux problèmes quotidiens des gens quand l’économie est mondialisée ? Quand l’individualisme progresse ? Nous devons repenser notre vision de la société pour proposer aux Françaises et aux Français un projet crédible et efficace de réforme de la société.

Votre action si vous êtes élue

Q - Quel « contrat » proposez-vous aux habitants de Bondy, Noisy-le-Sec et Romainville pour les cinq ans à venir ?

Si les habitants de la circonscription me font une nouvelle fois confiance, j’exercerai mon unique mandat de députée à leur service pour soutenir les initiatives, débloquer les situations difficiles ou appuyer les démarches. Les habitants de Bondy, Noisy-le-Sec et Romainville savent que sur le terrain et à l’Assemblée nationale, je suis toujours là pour les représenter et les défendre. Ils savent aussi que je m’opposerai à tous les projets qui leur seront néfastes comme la mise en place de quatre nouvelles franchises médicales ou l’augmentation de la TVA qui diminuera le pouvoir d’achat des ménages à revenu modeste ou moyen.

Q - Quelles seront vos actions prioritaires en ce qui concerne la circonscription. Quelles sont les voies que vous comptez privilégier pour améliorer ?

Le cadre de vie
L’emploi local
La citoyenneté

Je continuerai à me battre pour que nos jeunes bénéficient d’une éducation de qualité comme je l’ai fait en soutenant l’atelier Science Po du lycée Jean Renoir de Bondy ou en initiant une convention entre nos lycées et la grande entreprise KPMG.

Je soutiendrai les entrepreneurs pour créer plus d’emplois et de richesses en Seine-saint-Denis. Je continuerai d’exiger la création d’un commissariat à Romainville, d’une Maison de la justice et du droit à Bondy, des moyens supplémentaires pour le tribunal de Bobigny et la mise en place d’une police de quartier.

Je continuerai à intervenir dans les projets de rénovation et d’aménagement de nos villes. Je veillerai à ce que l’Etat verse sa part pour financer le prolongement du métro jusqu’à Romainville. Je continuerai à soutenir la construction de nouvelles maisons de retraite ou d’établissements d’accueil pour personnes en situation de handicap comme l’Institut médico-éducatif qui vient d’ouvrir à Bondy.

Que souhaiteriez-vous ajouter ?

La droite détient le pouvoir à la présidence de la République, au Sénat, au Conseil Cconstitutionnel et dans les médias. L’Assemblée nationale est la seule institution où peut s’exercer un contre-pouvoir. Or celui-ci va être rapidement nécessaire car après les élections législatives les mauvaises nouvelles vont pleuvoir : des franchises médicales sur les consultations, l’hôpital, les examens et les médicaments, des baisses d’impôts pour les plus riches financées par une augmentation de la TVA payée par tous, des moyens en moins pour l’éducation et tous les services publics, une politique de sécurité qui abandonne les quartiers populaires, la concentration des pouvoirs politiques, économiques et médiatiques.

C’est pourquoi il ne faut pas se laisser démotiver par les discours ambiants et la vague bleue annoncée. Nous devons tous nous mobiliser pour envoyer le plus possible de députés de gauche à l’Assemblée nationale pour que les habitants de Bondy, Noisy-le-Sec et Romainville soient représentés à l’Assemblée et défendus. Parce qu’aussi notre démocratie a besoin de pluralisme.

Merci d’avoir répondu à mes question et permettez-moi de vous souhaiter bonne chance pour le second tour.

A l’issue du premier tour, Elisabeth Guigou est en ballottage favorable dans sa circonscription

Bondy le 14 juin 2007

par Gilles publié dans : Vie militante, vie(s) locale(s)
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Jeudi 14 juin 2007

Monsieur Besson n’en a pas fini de vouloir régler ses comptes avec son ancien parti, le PS. Celui qui est secrétaire d’Etat chargé des Prospectives économiques auprès du Premier ministre a été chargé d’une mission sur la TVA sociale. Et voilà qu'hier, sur BFM, l’ancien député de la Drôme ose dire que la TVA sociale était présente dans le projet des socialistes intitulé « Réussir ensemble le changement » et voté en juin 2006.

eric-besson.jpg

 

"Monsieur Besson", actuel sécretaire d'Etat auprès du Premier ministre chargé de la Prospective et de l'évaluation des politiques publiques

Monsieur Besson semble perdre la mémoire au sujet de la TVA sociale. Qu’il se rassure, on va lui rafraîchir la mémoire ! En effet, la réaction du PS ne s’est pas faite attendre et se dernier a diffusé un communiqué dénué de toute ambiguïté dans lequel est rappelé la position de mon parti. D’ailleurs, la voici :

 « Nous modifierons les prélèvements sociaux afin qu’ils cessent de pénaliser l’emploi. Nous avons réalisé une première étape majeure en 1998 en basculant les cotisations sociales maladie vers la CSG. Nous devons aujourd’hui faire de même pour les cotisations patronales en les calculant sur l’ensemble de la richesse produite et non sur les seuls salaires. » (cf extrait tiré du projet du PS "Réussir ensemble le changement")

 

Le message est clair. Il n’a jamais été fait question d’introduire une TVA sociale dans le projet des socialistes, chose que Monsieur Besson avait même défendu qu’il a contribué à la rédaction du projet.

Aussi, soit l’ancien secrétaire national du PS à l’économie perd la mémoire (cela doit être l’effet Alzheimer), soit il ment délibérément. En tout cas, je ne peux que être consterné par l’attitude de Monsieur Besson qui rogne à ce point ses convictions. Pour un homme qui se dit de gauche, eh ben on est servi !

 

En effet, Monsieur Besson s’apprête à défendre une mesure injuste socialement et qu’il a combattu quand il était au PS. La TVA sociale part du principe suivant : augmenter les prix à la consommation afin d’assurer – dit-on – le financement de la Sécurité sociale. A première vue, cela pourrait être intéressant car on adopte un principe keynésien : la relance par la consommation. Sauf que là, la consommation ne sert pas à la relance de l’économie mais pour financer l’assurance maladie. Toutefois, la TVA sociale n’a rien de sociale car, cette mesure entraîne une hausse des prix à la consommation et notamment sur les produits de première nécessité. L’exemple le plus frappant reste l’Allemagne où la TVA a sensiblement augmenté depuis la mise en place, en septembre 2005, du gouvernement de Grande Coalition (CDU – SPD) dirigé par Angela Merkel. Aussi, la TVA sociale ne favorisera en rien un refinancement de l’assurance maladie et sert de palliatif aux nombreux cadeaux que fait ou s’apprête à faire le gouvernement Fillon tel l’abaissement du bouclier fiscal à 50 % dès janvier 2008, par exemple.

 

La droite sarkozyste se moque décidément du monde et je crains malheureusement que les premiers perdants de la TVA sociale soient ceux percevant les revenus les plus modestes. Alors, non ! Je n’en veux pas de cette TVA qui n’a rien de sociale !

 

La TVA sociale est une fausse bonne idée et qui trouvera ses limites. Mais ne comptez pas sur Monsieur Besson pour vous le dire ! C’est normal, il opère sa conversion d’homme de gauche à d’homme de droite (ou plutôt de jospiniste convaincu à groupie sarkozyste)

par Gilles publié dans : Actualité politique
ajouter un commentaire commentaires (4)    recommander
Jeudi 14 juin 2007

E.-Guigou-Romainville-3.jpg

Elisabeth Guigou en compagnie de son suppléant, Philippe Gugliemi et Corinne Valls, maire DVG, lors de la fête de la ville de Romainville (www.elisabethguigou.com

En cette fin de campagne législative, venez assister, jeudi 14 juin à 20 heures - salles des fêtes de Romainville - à la dernière réunion publique organisée par Elisabeth Guigou, candidate PS pour la 9ème circonscription de Seine-Saint-Denis en compagnie de :

- Philippe GUGLIEMI, suppléant et secrétaire de la section PS de Romainville

- Corinne VALLS, maire DVG de Romainvile

- Céline CURT, candidate communiste au 1er tour de l'élection législative

- Gilles GARNIER, suppléant de Céline CURT et vice-président du Conseil général de Seine-Saint-Denis

- Anne DEO, candidate des Verts au 1er tour de l'élection législative

- Laure ADLER, journaliste à "France Culture"

- et Dominique VOYNET, sénatrice (Verts) de Seine-Saint-Denis

Venez nombreux !

Pour vous y rendre :

De Bondy ou de Noisy-le-Sec :

Bus ligne 105 arrêt "Place Carnot" puis ligne 129 ou 318 arrêt "Mairie de Romainville"

Gilles


 

par Gilles publié dans : Vie militante, vie(s) locale(s)
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Mercredi 13 juin 2007

Palais-Bourbon.jpg Assemblée nationale, Paris (www.ledauphine.com)  Le 10 juin dernier, vous avez largement placé en tête les trois candidats socialistes que je soutiens (à Grenoble et à Bondy)

Toutefois, le taux d’abstention n’a jamais été aussi fort. Dans la 9ème circonscription de Seine-Saint-Denis (celle où se représente Elisabeth Guigou), il a même atteint 47% soit huit points de plus que la moyenne nationale.

 

Certains d’entre eux considèrent que les jeux sont faits, notamment les jeunes. « A quoi bon d’aller voter de toute façon puisque Nicolas Sarkozy aura la majorité à l’Assemblée ? » se disent d’autres.

Néanmoins, l’enjeu de ce scrutin est tout aussi primordial que celui de la présidentielle où vous avez nombreux à vous déplacer dans les bureaux de vote. La formidable mobilisation des 22 avril et 6 mai derniers ne doit pas être remise en cause par ceux qui tentent par tous les moyens de décourager les électeurs de gauche de se rendre aux urnes. Pour eux, toutes les techniques sont bonnes pour garantir à Nicolas Sarkozy, la plus large majorité possible : multiplication de sondages, complicité des médias qui couvrent de moins en moins cette échéance politique capitale, implication personnelle de Nicolas Sarkozy dans la campagne, vraie – fausse ouverture pour nous faire croire que la droite n’est en aucun cas sectaire, etc. etc.

 

Durant la campagne de premier tour, on a entendu certains dire : « A quoi bon ? Que la gauche ait 50 ou 150 députés à l’Assemblée, on ne pourra pas nous venir en aide ! ».

Lors de la dernière législature (2002 – 2007), 178 députés de gauche étaient présents à l’Assemblée. Et c’est parce qu’ils étaient présents que ces derniers ont pu faire pression sur la majorité pour le maintien de la loi SRU ou bien encore le retrait du CPE. Aussi, avoir 150 députés à l’Assemblée, cela est fort bien différent que d’en avoir 100 ou 50 ! Bien au contraire !

 

Le président de la République et la majorité nous jouent la carte de l’ouverture et de la rupture. Il n’en est rien en réalité, si on regarde de près ! Il suffit de voir dans certaines circonscriptions : les candidats de l’UMP ne constituent en rien une rupture, certains d’entre eux étant élus et réélus depuis au moins vingt ans : Eric Raoult (12ème circonscription de Seine-Saint-Denis) depuis 1986, Didier Julia (Seine-et-Marne), Jean Tibéri (Paris) depuis 1968, etc. etc. « Pour qu’il y ait rupture, il est totalement absurde de reconduire les sortants ! » comme le souligne si bien Marianne. Et pourtant, l’UMP n’hésite pas à  reconduire ses vieux de la vieille et même ses indésirables tel Alain Carignon à Grenoble.

 

Alors l’actuelle majorité justifie la possible présence de 400 à 450 (voire 500) députés UMP par le fait qu’il faut soutenir au maximum le projet de Nicolas Sarkozy. Ce dernier rétorque en évoquant l’exemple des régions et des départements.

Effectivement, la Gauche détient la totalité des régions – Alsace et Corse exceptées – ainsi que 51 départements sur 49 pour la droite et le centre. Néanmoins, les régions n’ont en aucun cas le pouvoir de faire et défaire les lois, de contrôler le gouvernement, ou bien encore de déposer une motion de censure pour renverser le Premier ministre. D’ailleurs, je reste quelque peu surpris que Nicolas Sarkozy, anciennement président du Conseil général des Hauts-de-Seine, ne s’en souvienne pas ! Ou alors, c’est qu’il fait preuve de malhonnêteté !

 

Les personnes que je rencontre – notamment dans les quartiers nord de Bondy – ne sont pas dupes et n’attendent rien de Nicolas Sarkozy. Malgré tout, ils expriment leur découragement et en particulier les jeunes. Je peux comprendre leur frustration et leur colère et je la partage surtout quand on a milité pour « La France présidente » et contre un projet qui n’annonce rien de bon pour la France.

 

Nombre d’abstentionnistes ne veulent pas d’un Palais Bourbon monocolore (ou « Bleu – Blanc – Bleu » pour reprendre le titre de la Une de Libération, le 11 juin dernier). Aussi, il me semble nécessaire de vous rendre aux urnes pour faire entendre votre voix, votre différence, pour dire que vous ne souhaitez d’une Assemblée béni oui – oui sarkozyste. Le président de la République cherche à imprimer sa marque sur l’ensemble des leviers de pouvoirs, au risque de créer un déséquilibre dans nos institutions. Or, trop de déséquilibres des pouvoirs met à mal le fonctionnement de nos institutions et donc de notre démocratie. A ce titre, l’exemple de la dernière législature est flagrant avec l’utilisation abusive de l’article 49 – 3 de notre constitution.

 

Pour que respire notre démocratie, il faut constituer un contre-pouvoir en envoyant un maximum de députés de gauche et notamment socialistes. Cela passe par un regain de mobilisation. Vous avez été 17 millions de Français à soutenir un autre projet de société. Il est donc essentiel que le 17 juin prochain, vous puissez faire entendre votre voix discordante.


Urne---lectorale.jpg

par Gilles publié dans : Actualité politique
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Blog : Sport sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus