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Jeudi 8 novembre 2007

Je poursuis le remplissage de ma boîte à idées et cette fois, j’ai voulu savoir ce que faisaient nos camarades transalpins.

 

Comme vous le savez, les principaux partis de la coalition de l’Olivier – qui regroupe à la fois les Démocrates de Gauche (l’ex PC italien), la Marguerite (parti du centre), les Radicaux et des formations d’extrême gauche – se sont formés en une seule et même formation : le Parti Démocrate qui a officialisé son existence lors de son congrès du 17 octobre dernier. 

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Walter Veltroni, leader du Parti Démocrate italien, lors du congrès inaugural, le 17 octobre dernier

 

Si en France, on s’intéresse beaucoup à la création de nouveau parti qui va des chrétiens-démocrates au démocrates de gauche et communistes historiques, c’est que l’Italie constitue à lui seul un laboratoire des transformations et autres recompositions politiques dans ce pays. A ce titre, la socialiste Ségolène Royal s’était elle-même rendu dans la botte italienne pour observer cette recomposition de la gauche et du centre italien, recomposition rendue encore plus intéressante dans la mesure où la coalition de l’Olivier est actuellement au pouvoir.

 

Alors que doit en penser la Gauche française ? Certains politologues, comme Marc Lazar, considèrent que l’Italie est un exemple à suivre. A titre personnel, la recomposition de la vie politique italienne notamment à gauche est très intéressante et il serait stupide que la gauche française rejette d’un revers de main une telle initiative sans l’étudier de près. Toutefois, on ne saurait transposer la situation italienne à la situation française, l’histoire et la vie politique de ces deux pays étant quelque peu différentes.

 

Sans-titre-2.JPGA l’heure actuelle, il convient de réfléchir sur la pertinence ou non de l’Union de la Gauche façon « Congrès d’Epinay de 1971 ». En effet, une telle union qui regroupait – et regroupe encore – Communistes, Socialistes et Radicaux de Gauche était encore valable dans l’hypothèse où on avait un PCF fort électoralement. Il faut désormais constater que cela n’est plus le cas. Vraiment plus le cas. Aussi, il faut redéfinir une nouvelle stratégie d’alliance autour du PS, un PS qui accepte peu à peu une vision sociale démocrate et réformiste tout en ne reniant pas son passé et son histoire, une formidable histoire ceci dit en passant ! Et comme je l’avais dit il y a quelques mois sur mon blog, je suis favorable à une nouvelle Union d’Epinay qui irait du Modem aux communistes réformateurs.

 

Toutefois, cela n’est pas simple et il convient de se rappeler que les coalitions entre la gauche et le centre ont souvent été peu fructueuses dans l’histoire de notre pays notamment sur les Troisième et Quatrième Républiques, en particulier entre le MRP (ancêtre de l’UDF), la SFIO (ancêtre du PS) et le PCF tous trois au pouvoir peu après la Seconde Guerre mondiale.

Qui plus est, François Bayrou – le leader du Modem – devra choisir tant que son attitude « ni droite, ni gauche » trouvera ses limites. Autrement dit, il est contraint d’adopter une ligne politique tant que ce dernier reste coincé entre les deux grands partis politiques français, système institutionnel et électoral obligent.

 

Enfin, reste à savoir si une gauche à l’italienne avec la création d’une nouvelle formation peut être quelque chose de pertinent pour la suite. Si on se contente de créer un nouveau parti avec une idéologie « fourre-tout », alors cette formation ressemblera plus à un conglomérat de partis politiques qu’à un véritable parti, ce qui a été le cas de la Fédération de la Gauche Démocratique et Socialiste (qui regroupait la SFIO et les Radicaux de 1965 à 1968) et de l’UDF jusqu’à 1998 au moins.

 

Aussi, le cas italien mérite d’être suivi afin que la Gauche française puisse en tirer ses propres conclusions.

par Gilles publié dans : La boîte à idées
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Jeudi 8 novembre 2007

Je reviens sur ce blog, après ces quelques jours où j’ai un peu voulu lever le pied. Il faut dire que j’en avais un peu besoin et que mes soucis informatiques – hé oui, cela continue encore et encore – ont eu raison de moi.

 

Fran--ois-Hollande-Bureau-national-PS.jpg François Hollande, à la sortie du Bureau national du PS qui a approuvé le Traité de Lisbonne (www.lemonde.fr) Il y a deux jours, le bureau national du PS s’est prononcé en faveur du traité de Lisbonne par 36 voix pour contre 20 contre et 2 abstentions. Tout cela, sans le véritable enthousiasme.

 

A titre personnel, je me suis prononcé sur le traité modificatif de Lisbonne en y exprimant mes plus fortes réserves. En effet, comment peut-on parler d’un progrès alors que dans le même temps, nous, socialistes, partisans d’une Europe sociale, obtenions moins par rapport il y a deux ans ? Si, l’essentiel est préservé comme une présidence de l’Union, un Haut représentant des Affaires étrangères et un passage à la majorité qualifiée, il n’en demeure pas moins que le traité de Lisbonne reste à l’image de ceux qui l’ont négocié : sans envergure et sans ambition pour l’Union.

 

Il est clair que la situation de mon parti reste quelque peu difficile dans la mesure où le PS a laissé pas mal de plumes dans la question européenne notamment lors du débat sur la défunte constitution en 2005. A ce titre, et en tant que partisan du « Oui », j’ai toujours une dent envers certains de nos camarades qui nous disaient bonnement qu’il fallait voter contre ce texte pour en négocier un autre, plus social, plus ambitieux. Une telle position n’a fait que mettre en branle notre positionnement par rapport au projet européen et contribuer à une certaine zizanie.

 

Aussi, je me demande si le parti avait véritablement le choix à propos du Traité de Lisbonne. Au bout du compte, la décision du Bureau national était quelque peu réaliste : ne pas approuver le traité de Lisbonne, c’est prendre le risque de s’éloigner un peu plus de la position des autres partis socialistes et sociaux-démocrates européens et défendre à nouveau une ligne idéologique qui montre de plus en plus ses limites. Néanmoins approuver le traité de Lisbonne, même au nom du réalisme et de la responsabilité politique, c’est aussi prendre le risque de s’éloigner davantage de ceux qui se sont exprimés de façon souveraine en rejetant sans ambiguïté le Traité Constitutionnel Européen en mai 2005 même si, bien évidemment, les adversaires du Traité ne sont pas des anti-européens pour la large majorité d’entre eux.

 
Drapeau-UE.jpg

Quel qu’en soit la décision prise par le Bureau national – au passage, il aurait été intéressant de consulter les militants ceci dit au passage, mais bon ! – il s’agit pour mon parti de réinvestir le projet européen, projet laissé en gestation après les initiatives menées par Mitterrand. Nous parlons d’Europe sociale depuis au moins quinze ans ! Il serait temps que nous portions véritablement un projet autour de cette thématique en disant au passage, si nous souhaitons véritablement une Europe à vocation fédérale ou une Europe limitée à un grand marché. L’actuel traité de Lisbonne consacre à mes yeux – et c’est l’une des mes principales réserves – une Europe à vision anglo-saxonne : une Europe limitée à un grand marché concurrentiel, avec peu de régulations possibles, une Europe à la Charte où l’intérêt des Etats fait l’intérêt général. Une Europe sans envergure qui ferait (ou fera si on est encore plus pessimiste) le bonheur de ce courant. Dès lors, notre parti, dans le cadre de sa rénovation, doit avoir le courage politique de travailler sur un nouveau projet européen autour de l’Europe sociale car on ne construit pas de nouvelle dynamique après ce médiocre traité de Lisbonne, on pourra dire adieu à l’Europe fédérale et par la même occasion à l’Europe sociale.

par Gilles publié dans : Actualité politique
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Vendredi 2 novembre 2007

01112007.jpg Palais de la Porte Dorée (Paris XII°), jeudi 1er novembre (photo prise de mon téléphone portable) Jeudi 1er novembre. Pour passer les fêtes de la Toussaint et comme je suis de passage sur la capitale, rien de tel que faire une visite du musée de l’immigration, Porte Dorée, dans le XII° arrondissement, en compagnie d’une ancienne camarade de lycée.

 

J’ai entendu parler de la Cité de l’Immigration presque par hasard en plein débat sur la loi Hortefeux et les fameux tests ADN et autant vous le dire, son inauguration fut restée plus ou moins confidentielle. En effet, lors de son inauguration le 10 octobre dernier, ni le ministre de l’Immigration, de l’Identité nationale, de l’Intégration et du Co-développement, ni le Premier ministre et surtout ni le Chef de l’Etat n’ont jugé utile de se rendre à la Cité de l’Immigration afin de rendre hommage à celles et ceux qui ont fait, font et feront la France : les immigrés.

 

Officiellement, on disait que Nicolas Sarkozy avait un problème d’agenda. Toutefois, et quelque qu’en soit la véracité de ce fait, il est plus que regrettable que Nicolas Sarkozy n’ait pas trouvé ne serait-ce qu’une heure pour se déplacer à la Porte Dorée afin de découvrir notre histoire commune, son histoire !

 

En effet, en visitant ce musée et son exposition permanente, j’ai été frappé par les objets et autres documents présents à l’intérieur de la Cité. De fait, cela nous rappelle que nous venons tous de quelque part et que nous apportons un plus supplémentaire à la France, notre patrie. Ce musée nous rappelle également qu’on n’émigre pas par envie ou par exotisme. Emigrer, c’est souvent la conséquence d’une situation de moins en moins supportable à vivre. Emigrer, c’est quand on espère des jours meilleurs, une condition de vie meilleure pour soi et ses proches. 

01112007-008-.jpg

A l'intérieur du musée (photo prise de mon téléphone portable)

 

Aussi, je ne digère toujours pas l’instrumentalisation qui a été faite à propos de l’immigration et des immigrés en général. En effet, c’est être amnésique et hypocrite que de penser que l’immigration et l’étranger sont la cause de la situation quand laquelle se trouve la France et qu’il s’agit de s’en prémunir par tous les moyens. Penser d’une telle façon, c’est la porte ouverte à toutes les dérives et à tous les mimétismes également. Doit-on adopter les tests ADN sous prétexte que les Britanniques ont prévu cela dans leur dispositif ?

 

La France et les Français doivent se réconcilier avec son histoire et notamment en ce qui concerne l’immigration. A ce titre, on en apprend beaucoup de ce musée. C’est ainsi par exemple que j’ai appris que René Goscinny, le papa d’Astérix et du Petit Nicolas, est d’origine polonaise ! A partir du moment que la France sait se montrer généreuse et ouverte sur le monde, les immigrés le lui rendent bien !

 

C’est pourquoi je n’arrive toujours pas à comprendre ce faux débat sur l’immigration et les arrières pensées politiques qui se jouent derrière. Quand la France a remporté la coupe du monde de football de 1998, nous criions tous « Black Blanc Beur » et personne ne se posait la question du bienfait ou du méfait de l’immigré, du moment que la France gagnait !

 

C’est pourquoi cette Cité de l’histoire nationale de l’Immigration vaut la peine d’être visitée car les immigrés que nous sommes tous constituent la mémoire et le futur de notre pays. Dès lors, il ne s’agit pas d’oublier d’où l’on vient et c’est tout l’objectif de ce mussé.

Cit---de-l-Histoire-nationale-de-l-Immigration.jpg

 

 

Cité nationale de l’histoire de l’immigration
Palais de la Porte Dorée
293, avenue Daumesnil 75012 Paris

Métro ligne 8 Station « Porte Dorée »

Bus ligne 46 ou PC2

 

Tarifs (jusqu’au 31 décembre)

Plein tarif : 3 €

Moins de 26 ans : 2 €

Gratuit pour les moins de 18 ans

 

Pour en savoir plus : www.histoire-immigration.fr

par Gilles publié dans : Vie militante, vie(s) locale(s)
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