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Dimanche 16 décembre 2007

Sarkozy---Kadhafi-4.jpg Le colonel Kadhafi en compagnie de Nicolas Sarkozy à l'Elysée. Une semaine de vacances qu’on aimerait bien vite oublier. Voilà le cher colonel Kadhafi qui quitte notre pays après s’être comporté tel un monarque avec sa cour. La Tour Eiffel, Versailles, la forêt de Fontainebleau, etc. Celui qui se fait appeler le « Guide suprême », s’en est allé avec toute sa clique et toute sa Cour dans notre pays et on a profité pour nous humilier, le chef de l’Etat en tête.

 

Rama-Yade-copie-2.jpg La secrétaire d'Etat aux Droits de l'Homme, Rama Yade (www.liberation.fr) Je le dis tout net : la visite du colonel Kadhafi en France est une honte pour notre gouvernement, un gouvernement qui est censé défendre les Droits de l’Homme. D’ailleurs, je ne peux que m’étonner du silence plus qu’assourdissant des ministres dit d’ouverture : ni Fadela Amara (qui pourtant a l’habitude d’avoir la langue bien pendue), ni Bernard Kouchner n’ont jugé utile de commenter cette visite plus que controversée. Il n’y a eu que notre chère secrétaire d’Etat aux Droits de l’Homme, Rama Yade, qui a eu le courage et l’honnêteté intellectuelle, il faut le dire, de dire tout haut ce que beaucoup pensaient tout bas au sein même de la majorité : que la visite de Kadhafi était tout sauf un honneur pour la France !

 

Voilà ! Une semaine, pour quels résultats ? Pour voir que le président de la République s’est renié en accueillant un homme qui a une vision bien spéciale de la démocratie, un homme qui se permet de contredire sans ambiguïté son homologue lorsque ce dernier déclare qu’il a été fait état de la question des Droits de l’Homme entre les deux pays. Pour voir le colonel Kadhafi se payer notre tête lorsqu’il évoque cette même question à l’UNESCO en se demandant si ces droits sont bel et bien respectés pour les étrangers qui vivent sur notre sol. En bref, on a été les dindons de la farce.

 

Alors certains diront mais où est passé l’opposition ? Rassurez-vous ! Le PS a eu une attitude tout sauf ambigüe en condamnant la visite du Guide suprême et en refusant tout bonnement de le rencontrer. Preuve en est, les députés socialistes, menés par Jean-Marc Ayrault ont boycotté la visite de ce dernier à l’Assemblée nationale !

 

Si le président de la République n’a pas commis une erreur en invitant le colonel Kadhafi, il a certainement commis une énorme maladresse diplomatique ! Alors, certains diront aussi bien à l’UMP – comme Pierre Lellouche, néoconservateur à ses heures perdues – que dans mon groupe de conférence de méthode à Sciences Po Grenoble qu’il faut agir au nom du pragmatisme.

 
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Certes. Mais le pragmatisme ne suffit pas et surtout, n’excuse pas tout. Soyons clair ! Il est nécessaire de discuter avec le chef de l’Etat libyen et voir d’un bon œil sa conversion en tant qu’homme repenti du terrorisme. Néanmoins, fallait-il aller jusqu’à dérouler le tapis rouge et lui faire les honneurs ? Tout cela pour des contrats ? Et à quel prix ? Le déni ou bien la mise au placard de nos valeurs ?

 

La France est quelque peu arrogante, il est vrai. Mais la France est également considérée et appréciée quand elle défend avec courage et hargne des questions essentielles comme celle des Droits de l’Homme. Au fond, ce n’est pas la visite en elle-même qui est à condamner mais la façon dont on organisé cette dernière. Car à force de vouloir trop faire les yeux doux au colonel Kadhafi, ce dernier s’est payé notre tête à merveille ! 

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par Gilles publié dans : International
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Mercredi 12 décembre 2007

Tapis rouge et mise aux petits soins pour un homme qui tente de se refaire une virginité politique et diplomatique sur la scène mondiale. Tapis rouge et controverse pour un chef d’Etat qui, même s’il joue un rôle non négligeable sur la scène mondiale, se moque éperdument de la question des Droits de l’Homme et qui se paie même le luxe de dire, à la tribune de l’UNESCO à Paris, ceci : "Avant de parler des droits de l'homme, il faut vérifier que les immigrés bénéficient chez vous de ces droits"

 Chez vous, comprenez la France, notre chère patrie des Droits de l’Homme. A ce titre, il n’y a pas si longtemps, notre chef de l’Etat s’était juré – du temps qu’il était candidat à la magistrature suprême – de faire là aussi une rupture dans la politique internationale de la France, n’hésitant pas à poser des questions à propos du respect des Droits de l’Homme à tel ou tel chef d’Etat, notamment un certain… Vladimir Poutine, du temps où ce dernier avait reçu la Légion d’Honneur des mains de l’ancien président de la République, Jacques Chirac.

Sarkozy---Kadhafi.jpgNicolas Sarkozy reçevant le colonel Kadhafi sur le  perron de l'Elysée. (www.lefigaro.fr) Avec la visite du colonel Kadhafi en France – visite de six jours tout de même – c’est la place même des Droits de l’Homme accordée par Nicolas Sarkozy dans la diplomatie française qui est posée. A titre personnel, je dirais que la question des droits de l’Homme est posée de façon aléatoire selon les cas précis. Ainsi, le président de la République évite soigneusement que sa secrétaire d’Etat chargée des Droits de l’Homme fasse partie du voyage, on aurait peur que cela choque nos amis chinois et préfèrent voir ailleurs au niveau de leur emplettes.

Il en est de même pour la Libye. Car vouloir renouer des liens diplomatiques, c’est une chose mais aller jusqu’à recevoir le colonel Kadhafi à Paris, en l’accueillant avec les honneurs, voilà qui ne peut être que de mauvais goût ! D’ailleurs, la presse européenne ne s’y est pas trompée en critiquant lourdement l’initiative de Nicolas Sarkozy.

Cela est d’autant plus important que si la France prône les Droits de l’Homme, cela ne doit pas se faire en fonction de la solvabilité ou non d’un Etat en question. Je m’explique : parler des Droits de l’Homme, c’est prendre le risque de perdre des marchés et cela rapporte peu. Dès lors, la logique financière l’emporte sur des considérations éthiques

Le président de la République semble adopter une diplomatie à géométrie variable et a cette manie de vouloir se démarquer de ses homologues européens. Ainsi, là où la chancelière allemande, Angela Merkel, exprime ses plus fortes réserves quant aux résultats des dernières élections en Russie, Sarkozy lui en profite pour téléphoner et féliciter tout bonnement le nouveau Tsar de Russie. C’est navrant.

C’est d’autant plus navrant qu’on se targue de crier sur tous les toits que nous sommes la patrie des Droits de l’Homme. Dès lors, je me dis : « à quoi sert Rama Yade ? » car même si elle a exprimé ses plus fortes réserves à la venue du colonel Kadhafi, on ne peut pas malheureusement en dire davantage du ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, qui n’en finit pas d’avaler des couleuvres diplomatiques.


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Samedi dernier, lors du sommet  Europe-Afrique de Lisbonne (www.liberation.fr)

Aussi, on ne peut pas se réjouir de recevoir le colonel Kadhafi même si ce dernier joue aux terroristes repentis. En effet, il ne faudrait pas oublier à quel point il use avec merveille du chantage diplomatique. C’est sans doute une nouvelle forme de cynisme. Mais alors, autant ne pas mettre en avant la question des droits de l’Homme quand cela nous chante et lorsqu’il s’agit d’avoir bonne conscience de temps en temps.

par Gilles publié dans : International
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Dimanche 2 décembre 2007

Ingrid-B--tancourt-copie-2.jpg Photo extraite de la vidéo prouvant qu'Ingrid Bétancourt, retenue par les FARC, est vivante. Vidéo rendue publique par le gouvernement colombien le 29 novembre dernier (www.liberation.fr) Contre toute attente. C’est contre toute attente qu’on a appris l’existence d’une nouvelle vidéo montrant l’ex-candidate à l’élection présidentielle de 2002 en vie.

 

Toujours retenue au sein des Forces Armées Révolutionnaires Colombiennes (FARC), la sénatrice franço-colombienne semble éprouvée et fatiguée. Une impression confirmée par la lettre qu’elle a adressé à sa mère et dans laquelle, elle évoque ses dures conditions de vie.

 

A titre personnel, je suis à la fois rassuré mais aussi inquiet pour l’otage franço-colombienne. Rassuré  car cela faisait tout de même quatre ans qu’on attendait cette preuve de vie, cette vidéo prouvant qu’elle était bien en vie. Malgré tout, je reste très inquiet car Ingrid Bétancourt semble bien éprouvée par sa captivité, ce qui est bien évidemment compréhensible.

 

Ingrid est vivante, c’est un fait indéniable. Toutefois, je m’interroge. En effet, c’est le président colombien Alvaro Uribe qui a montré cette preuve de vie, peu de temps après qu’il ait écarté le président vénézuélien Hugo Chavez de la médiation entre son gouvernement et les FARC. Aussi, est-ce un calcul politique ou une simple coïncidence ? La question reste quelque peu déplacée et reste bien dérisoire par rapport au cauchemar que connaît la famille Bétancourt, Mélanie et Lorenzo – les deux enfants d’Ingrid – en tête. Toutefois, on ne peut s’empêcher de penser cela d’autant plus qu’Alvaro Uribe avait clairement exprimé son exaspération par rapport à la médiation de Chavez.

 

Ingrid est vivante. Toutefois, le plus difficile reste à faire : la libérer. A ce titre, toutes les voies et solutions doivent être exploitées et en particulier la médiation. A ce titre, il est nécessaire de rappeler le rôle joué par le président Chavez et que ce dernier doit rester en première ligne même si la France doit s’impliquer davantage dans les négociations. Aussi, les présidences Chavez et Sarkozy doivent mettre de tout leur poids pour infléchir la position de Bogota et parvenir enfin à un échange humanitaire.
 

Et cela est d’autant plus important qu’il y a urgence. Urgence par rapport à Ingrid. Urgence par rapport à des otages qui sont de plus en plus éprouvés et dont leur vie ne tient de plus en plus qu’à un fil. Aussi, nous devons passer à l’action, ce qui suppose que chacun des parties fassent preuve de courage et surtout de bonne volonté. La vie des otages vaut – espérons-le – plus que les intérêts et l’orgueil politique de chacun.

par Gilles publié dans : International
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Mardi 27 novembre 2007

file-292662-49875.jpg Notre cher président de la République adore emmener toute sa clique gouvernementale et familiale, surtout lors d'un voyage officiel.

Bon. Qu'il emmène la moitié de son gouvernement, cela est quelque peu logique tant qu'il s'agit de négocier et de décrocher d'importants contrats. Mais qu'il emmène sa maman et son fils – qui, je suppose, n'ont pas dû débourser un seul euro – c'est un peu limite. Je dirai même grossier lorsqu'en rencontre officielle avec le Président de la République chinoise, on se permet de présenter sa mère et son fils ! 

Mais ce n'est pas de cela dont je souhaite parler. En effet, si on a beaucoup parlé des contrats décrochés par notre chère diplomatie en Chine – dont la construction de deux réacteurs nucléaires par Aréva – en revanche, la question des droits de l'Homme est passée, comme d'habitude à la trappe ! A ce titre, nos chers journalistes sont restés discrets.
 

   







Rama-Yade-copie-1.jpg Rama Yade, secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères, chargée des Droits de l'Homme (www.liberation.fr) Ils le sont restés tout autant à propos de l'absence notable de la secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères, chargée des Droits de l'Homme, Rama Yade. En effet, celle-ci a été priée de rester bien sagement en France afin de ne pas froisser les officiels chinois.

Dès lors, je me demande : à quoi sert Rama Yade ? Une telle absence ce week-end montre en tout cas que Nicolas Sarkozy mène une politique des droits de l'Homme à dimension variable et apparemment, la présence de la secrétaire d'Etat était plus gênante dans l'Empire du milieu qu'en Tchad par exemple. A titre personnel, je considère que notre diplomatie a raté une occasion d'afficher son point de vue à la Chine et la présence de Rama Yade aurait été une symbole.

Mais non ! Nicolas Sarkozy a préféré la realpolitik à la rupture et jouer les gros bras. C'est quelque peu bizarre car il tenait un discours tout à fait différent lors de son premier discours de candidat, le 14 janvier dernier à Paris. Qui plus est, il en était de même à propos de la Russie de Vladimir Poutine : résultat des courses, on fait plus qu'ami-ami avec le président russe connu, tout le monde le sait, pour défense des droits de l'Homme ! (J'ironise)

Sans-titre-1.JPGL'absence de Rama Yade du cortège officiel qui a accompagné le président de la République est quelque peu révélatrice de la vision du monde de Nicolas Sarkozy. Comme je le dirais : « Human rights are Human rights but Business is – and especially – Business» Autrement dit : « Les droits de l'Homme sont les droits de l'Homme mais les affaires sont les affaires ! ». Aussi, si le chef de l'Etat veut se montrer en rupture avec la politique de ses prédécesseurs, c'est raté !

Ainsi, la mise à l'écart de Rama Yade me fait un peu honte pour la France et notre diplomatie car cela montre tout simplement que Nicolas Sarkozy a une vision bien particulière des Droits de l'Homme. Dès lors, plus un pays est « bankable » (rentable) et stratégique, moins on est regardant sur la nature de son régime Vous ne me croyez pas ? Allez chez nos chers amis chinois ! A ce titre, il serait bon de rappeler que la Chine reste le premier pays au monde où on pratique de façon massive la peine de mort. Mais bon ! Cette information ne pèse pas bien lourd face à une vingtaine d'Airbus ! Realpolitik oblige !

par Gilles publié dans : International
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Jeudi 15 novembre 2007

Yves-Leterme.jpgYves Leterme, leader des chrétiens démocrates, vainqueurs des législatives du 10 juin dernier. (www.lemonde.fr) 150 jours. Cela fait environ plus de 150 jours que la Belgique se retrouve sans gouvernement et sans exécutif. Sans chef de gouvernement et surtout sans consensus entre Flamands et Wallons.

Afin de mieux comprendre la situation, un petit résumé des faits : créé lors du Congrès de Vienne de 1815 et indépendant en 1830, la Belgique est divisée en deux principaux groupes linguistiques et communautaires : les Flamands au nord, néérlandophones et les Wallons au sud, Francophones. D'un ordre général, Wallons et Flamands ne se sont jamais appréciés mais ont réussi jusqu'ici à cohabiter et à gouverner ensemble. D'ailleurs, et à titre personnel, je ne me rappelle que trop bien cette séparation linguistique quand j'avais traversé la Belgique pour rejoindre les Pays-Bas, il y a de cela quatre ans : autrement dit, pas de bilinguisme notamment sur les voies de communication, Bruxelles exceptée (et encore !)

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(http://bruxelles.blogs.liberation.fr)

D'ailleurs, la capitale belge est l'objet de toutes convoitises. En effet, la région de Bruxelles-Capitale est située en territoire néérelandophone mais avec une forte majorité de francophones, ce qui ne peut qu'attiser les ressentiments séparatistes et l'affrontement entre Flamands et Wallons. 

 


Filip-Dewinter.jpgFilip Dewinter, leader du Vlaams Belang. Conditionnée telle une soupape durant de nombreuses années, la question de la partition de la Belgique est ouvertement posée depuis de nombreuses années notamment par les Flamands et un parti ouvertement raciste et xénophobe : le Vlaams Belang, mené par Filip Dewinter.

Le Vlaams Belang est dénué de toute ambiguïté puisque son objectif est le suivant : la souveraineté et l'indépendance de la Flandre, ce qui suppose au passage le rattachement de Bruxelles, chose inacceptable pour la majorité francophone. Résultat des courses : des revendications de part et d'autres et une Belgique parasité depuis juin dernier.

A mon sens, la Belgique se retrouve à la croisée des chemins, cela ne fait aucun doute. Plus précisément, à la croisée de son destin. A ce titre, je reste quelque peu surpris du sentiment patriotique qui naît actuellement dans le plat pays notamment à Bruxelles. D'ailleurs, mon ami Vincent, de passage dans la capitale belge durant la Toussaint, m'avait raconté cette anecdote. Une anecdote qui fait mouche dans un pays qui traite désormais d'une question restée plus ou moins taboue durant de nombreuses années.

Alors la Belgique semble se réveiller et le patriotisme avec surtout du côté wallon ou on refuse tout bonnement l'idée d'une partition de la Belgique même si le sujet a ouvertement été évoqué par la Radio Télévision Belge Francophone (RTBF) lors d'une émission – sous forme de docu-fiction – qui a fait mouche et surtout polémique en automne 2006. Dès lors, la Belgique et les Belges doivent se poser la question : la partition oui, mais pourquoi faire ? Et pour quelle finalité ?

Dès lors, la Belgique est en pleine crise mais a les cartes en main. Elle a les cartes de son avenir et ce patriotisme de plus en plus net montre tout simplement que certains, dans le plat pays, souhaite tout simplement une longue vie à cette jeune nation qu'est la Belgique. 

PS : en guise de prolongement, je vous invite à lire l'article quelque peu intéressant de Vincent Guerre à propos de la crise belge vu sous un angle européen en cliquant ici. Bonne lecture !

par Gilles publié dans : International
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