Martine Aubry, maire de Lille et animatrice des
"Reconstructeurs". Ce dimanche, les proches d’Arnaud Montebourg, de Laurent Fabius et de Dominique Strauss-Kahn se sont réunis autour de Martine Aubry, à Paris, pour parler du fond,
loin de « la guerre des chefs » qui se déroule au sein de mon parti.
"Je suis heureuse de venir à une réunion où nous allons laisser nos petites querelles passées à l'entrée et rentrer avec ce que nous avons d'essentiel en commun, c'est à dire nos valeurs", a déclaré Martine Aubry au début de la réunion. "Je suis fière de pouvoir dire : on va retrouver une gauche enthousiaste, joyeuse, fière d'elle, fière de ses valeurs et qui a envie de les porter collectivement", a-t-elle ajouté. (in Le Monde, du 1er juin 2008)
Sans doute que le but de cette réunion entre personnes issus des différents courants du PS est louable. S’il s’agit effectivement de réfléchir sur le fond et de s’interroger sur l’avenir de la gauche et du PS, je dis « pourquoi pas ? » Néanmoins, je m’interroge sur ce groupe plus ou moins hétérogène et hétéroclite.
Si les Reconstructeurs veulent – comme leur nom l’indique – refonder le parti et le travailler de l’intérieur en réfléchissant sur son devenir, alors ok, tant que leur travail peut apporter quelque chose d’utile au débat et à la rénovation. Dès lors, on peut compter sur les talents de Pierre Moscovici (proche de DSK), le réalisme d’Arnaud Montebourg ou bien encore sur les réflexions de Martine Aubry, réélue avec succès maire de Lille.
Néanmoins, si l’alliance des Reconstructeurs visent à regrouper un Cartel des Non ayant pour seul but de s’opposer par principes à Ségolène Royal et à Bertrand Delanoë, sans proposition idéologique claire et avec Martine Aubry comme porte-drapeau de ce nouveau cartel, alors cette alliance n’est pas vouée à faire des miracles dans la perspective du Congrès de Reims.
Le Congrès de Reims de novembre prochain doit marquer une étape essentielle pour le PS. Aussi, je m’interroge sur ce groupement assez curieux que sont les Reconstructeurs. Regroupement sincère ou manœuvre d’avant congrès ? Attendons voir ce que les Montebourg, Aubry, Fabius pourront apporter de nouveau dans la perspective du Congrès.
Mais bon, on verra bien !
Sinon, du côté de la majorité, j’ai lu un excellant article de
L’Express de la semaine du 15 au 21 mai consacré à la guerre secrète que se livre François Fillon et Nicolas Sarkozy. Apparemment, il y a de l’eau dans le gaz et la guerre de succession a
également commencé au sein de l’exécutif et de l’UMP. Le président de la République fait jouer la concurrence en disant à Brice Hortefeux de se tenir prêt et en multipliant les gestes d’attention
envers son ministre préféré, Xavier Bertrand. Bref, cela aurait pu être drôle si dans le même temps, l’exécutif réalisait des résultats concrets et que la majorité ne tendait pas de passer en
force le fameux texte de loi sur les OGM alors qu’il a été rejeté par la même Assemblée nationale, il y a une semaine !
Durant la campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy s’était publiquement et fermement opposé à la candidature de
la Turquie à l’Union Européenne. Lors de son accession à l’Elysée, il a quand même laissé les négociations se poursuivre avec la Turquie. Par la suite, il envisageait de supprimer un article de
la Constitution qui obligeait la tenue d’un référendum pour tout nouvel Etat candidat dans l’Union.
Ca y est ! La course pour conquérir le poste de Premier secrétaire est
désormais lancée : avant-hier Ségolène Royal a annoncé officiellement qu’elle était prête à prendre la direction du PS si les militants lui confiaient cette charge.



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