Sept minutes pour des vœux classiques et surtout sept minutes d’autosatisfaction !
Sept minutes où nous avons eu droit à un nouvel épisode du Sarko-show avec pour guest star, un Petit Nicolas se rendant compte visiblement de ce qu’il a réalisé, autrement
dit : pas grand-chose !

Nicolas Sarkozy présentant ses voeux à la Nation, le 31 décembre 2007 (www.liberation.fr)
Sept minutes – en direct s’il vous plaît ! (Quoique cela existe également les faux-directs qu’on appelle également différés !) – de blablas et de généralités. En général, les vœux présidentiels à la Nation, c’est toujours ennuyant (j’essaie de rester poli), les Français que nous sommes préférant tout simplement faire la fête un soir de 31 décembre que d’écouter le chef de l’Etat.
Mais bon, comme je dois être le dernier des mohicans – ou tout simplement un étudiant de Sciences Po consciencieux qui passera son Grand Oral en mai prochain – j’ai écouté son discours. Là, encore le président de la République nous promettait de la rupture. Là encore, on a eu droit à du classique aussi sur le fond que sur la forme !
Un président content de lui qui a parlé de ses prétendues réformes et qui semble avoir remonté le temps. En effet, il s’est attaché à nous dire une nouvelle fois - comme au soir de sa victoire, le 6 mai dernier - qu’il ne nous trahirait pas et qu’il ne nous décevrait pas, ce qui reste à prouver au passage !
En tout cas, un président content de lui mais qui n’a pas donné de perspectives claires pour l’année 2008 : l’Europe ? A peine évoquée ! En temps, cela n’aurait choqué personne, mais l’année qui commence au juste est celle, bizarrement, où la France prendra la présidence de l’Union Européenne. Trente secondes pour un évènement majeur ? Merci, monsieur le président !
Autre fait important : l’ouverture. Verbatim du Président : « J'ai mis tout mon coeur, et toute mon énergie à être le Président de tous les français et pas seulement de ceux qui ont toujours partagé mes convictions. C'est pourquoi j'ai voulu l'ouverture, c'est pourquoi je l'ai faite avec des hommes et des femmes de valeur. Je ne leur ai pas demandé de se renier. Je leur ai simplement proposé de servir leur pays. Ils l'ont accepté. Je leur en suis reconnaissant. »
Monsieur Sarkozy. Soyons honnêtes ! Les ministres d’ouverture ont surtout accepté de faire de la figuration et de manger des couleuvres ! Bernard Kouchner en est le triste exemple d’ailleurs ! (Quant à Monsieur Besson n'en parlons même pas tant qu'il a accepté de faire l'âne pour avoir le foin !) En tout cas, vous pouvez effectivement leur être reconnaissant : ils vous servent de caution sociale, histoire de mieux nous faire passer la pilule de vos prétendues réformes !
Enfin – et j’en aurai terminé parce que commenter les vœux du président, ce n’est finalement pas ma tasse de thé ! – je dois vous dire que j’ai été assez effaré par certains propos.
Par exemple : « retrouvons la fierté d’être Français ! » : clin d’œil malicieux aux électeurs du Front national et du Mouvement Pour la France, ce qui a le don de m’agacer parce que je n’ai pas attendu Nicolas Sarkozy pour être fier de mon pays, depuis un certain 12 juillet 1998 au moins d’ailleurs !
Quant à « sa politique de civilisation » : si seulement, il avait lu les thèses d’Edgar Morin !
Voilà, voilà ! On nous promettait de la rupture ? Finalement, elle a eu lieu ! On a eu un chef d’Etat content de lui hier soir, faisant le beau et des clins d’œil à son électorat au passage. Bref, on a un président en campagne permanente.
Et pendant ce temps-là, qui parle de mon modeste pouvoir d’achat d'étudiant à Sciences Po Grenoble ? Monsieur le Président ? Monsieur Fillon ? Madame Lagarde ? Où êtes-vous s’il vous plaît ?

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