Quand les intellectuels africains répondent à Nicolas Sarkozy : contre le discours de Dakar

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Mercredi 14 mai 2008

C’est la dernière ligne droite ! Les partiels sont quasi-finis et il me reste une épreuve, à la fois enthousiasmante mais aussi terrifiante : le Grand Oral[1] ! Aussi, je révise toutes mes notes et relis des définitions essentielles comme la nation, l’Etat ou bien encore la société. Mais il faut également consulter l’actualité, et c’est ce que j’ai fait pas plus tard que ce soir, histoire d’être prêt pour le jour J.

Hervé de Charette, ancien ministre des Affaires étrangères (1995 - 1997), actuel député UMP (www.liberation.fr) Aussi, en lisant l’actu, je suis tombé sur un entretien d'Hervé de Charette,  ancien ministre des Affaires étrangères et député UMP. Il est sans concession sur son parti et sur l’ambiance au sein du groupe parlementaire au Palais Bourbon

Ainsi, il dénonce le fonctionnement même de son parti, construit par Nicolas Sarkozy de manière autoritaire dans le seul but de conquérir le pouvoir. Dès lors, il observe comme une anomalie dans son fonctionnement notamment depuis de Patrick Devedjian a pris les commandes du parti : il parle à ce titre de « présidence brejnévienne », ce que j’ai trouvé très amusant. Pour finir, s’il assure qu’il soutien Nicolas Sarkozy, il ne veut pas pour autant être un parlementaire béni « oui-oui » ou servile.

Hervé de Charette dit tout haut, ce que bon nombre de députés de la majorité pensent tout bas : en effet, Nicolas Sarkozy et le gouvernement pensaient avoir une assemblée remplie de députés godillots, au service du roi Sarkozy et de ses caprices ! Le président de la République pensait qu’il pouvait contrôler le Parlement comme il pouvait contrôler l’UMP : en lui faisant courber l’échine ! La « rébellion » des parlementaires UMP est pour autant le signe bien visible d’un malaise dans le parti de Nicolas Sarkozy !

Et c’est le président de la République qui est le principal responsable, à mon sens. En effet, entre la prise de la présidence de l’UMP en novembre 2004 et son arrivée à l’Elysée en mai 2007, Nicolas Sarkozy a construit le parti autour de sa seule personne et tant qu’il en avait le contrôle, rien ne pouvait le gêner. Pour autant, il entend imposer ses vues depuis l’Elysée, quitte à rendre immobile son parti : preuve en est la présence de Patrick Devedjian à la tête du secrétaire général de l’UMP : la nomination de l’ancien ministre de l’Industrie a été fortement contestée par les cadres du parti mais finalement, la polémique fut retombée, ces mêmes cadres étant trop préoccupés de conserver leur siège de député. En réalité, l’UMP est vue par le président de la République comme une force d’appoint, au pire un fan-club dans lequel, ses principaux leaders ne sont que des suiveurs pourris d’ambition !

Jean-François Copé, député-maire de Meaux (77), président du groupe UMP à l'Assemblée nationale. (www.lefigaro.fr) Dès lors, je me pose une question : à quoi bon la victoire si on n’est pas capable de tenir par la suite ? Ou plutôt à quoi bon la victoire si on déconsidère ses troupes par la suite ? A ce titre, même si Jean-François Copé a reçu une standing ovation aujourd’hui à l’Assemblée, après le « couac » à propos de la loi sur les OGM hier, le malaise des députés UMP est bien réel : il est la conséquence d’un certain « autoritarisme » du chef de l’Etat qui décide de tout et qui multiplie commission sur commission notamment en ce qui concerne la réforme des institutions : une telle mesure est-elle bien trop lourde à supporter pour les députés de la majorité ? Apparemment oui puisque qu’Hervé de Charette a d’ores et déjà annoncé qu’il ne votera pas le texte en l’état pour la raison suivante : « En l’état, je ne peux pas voter pour ce texte [sur la réforme des institutions] que je n’approuve pas. Premièrement, je considère que la Constitution française est une excellente constitution, qui réussit l’équilibre que nous cherchons depuis deux siècles entre la fonction du Président et la vie politique quotidienne entre le parlement et le gouvernement. On nous propose de toucher à trente-six articles, soit un article sur deux de la Constitution. C’est une transformation constitutionnelle qui ne dit pas son nom. Quant aux dispositions sur le pouvoir du Parlement, c’est une réforme technocratique. » Et il n’est pas le seul à le penser au sein de la majorité !


[1]Le Grand Oral, c’est la grande épreuve de Sciences Po : une heure pour préparer un sujet ou un texte tiré au sort, dix minutes pour exposer et vingt minutes de discussion devant un jury. Si vous pensez que c’est simple comme bonjour, c’est que nous n’avez jamais fait ce type d’examen ! J’appréhende un peu – surtout qu’on peut tomber sur tout et n’importe quoi ! – mais bon, comme on dit en latin : Alea Jacta Est (« Le sort en est jeté ! »)

par Gilles publié dans : Actualité politique
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Mardi 13 mai 2008

Députés PS au Palais Bourbon. (www.liberation.fr) « En France, on n’a pas de pétrole, mais on a des idées ! » C’était le slogan d’une campagne publicitaire du milieu des années 1970 au moment du premier choc pétrolier.

Ce fameux slogan peut aisément s’appliquer au… Parti socialiste, mon parti !  En effet, le principal parti de gauche n’est pas au pouvoir mais n’est pas dépourvu d’idées. Le problème, c’est qu’il est paresseux pour aller en creuser dans la boîte à idées et il a été tout particulièrement paresseux entre 2002 et 2007. En témoigne un article très intéressant et juste de Libération, daté de ce mardi.

Dans cet article, les penseurs et intellectuels de gauche font un constat sévère. Ainsi, le témoignage de Michel Wievorka, sociologue proche de Martine Aubry : «Ces cinq dernières années, au PS, l’humeur n’était pas à la réflexion de fond. S’il s’agit de suivre les sondages et de regarder ce que dit Paris Match, on n’a pas besoin d’idées. Et pendant que le parti pataugeait dans des problèmes de leadership, le lien s’est distendu (entre les intellectuels et les dirigeants du PS)  …»

Il faut dire que ce fameux lien s’est distendu à partir des années 1990, ce qui n’est pas le cas quand on compare d’autres pays européens comme le Royaume-Uni par exemple : Anthony Giddens, spécialiste de la mondialisation, a joué pour beaucoup dans la ligne idéologique du New Labour en 1995, peu de temps après l’arrivée de Tony Blair à la tête du parti travailliste.

Le lien est distendu est cela est paradoxal puisque le PS ne manque pas d’idées, du moins de boîte à idées : en effet, outre le secrétariat aux études du parti, il y a la Fondation Jean-Jaurès créée en 1992 par l’ancien Premier ministre (et Premier secrétaire du PS) Pierre Mauroy, mais également la République des Idées de Pierre Ronsanvallon sans compter les divers think tanks – que je préfère appeler « Boîte à idées », c’est plus français !

L'économiste Thomas Piketty, proche de Ségolène Royal. Le PS ne manque pas de boîtes à idées mais ne pense pas assez à puiser à l’intérieur de celles-ci ! Cela nous a fait défaut entre 2002 et 2007 et la déconvenue de la dernière présidentielle nous oblige à nous creuser les méninges ! C’est ce que constate Thomas Piketty (économiste, professeur à l’EHESS et proche de Ségolène Royal) en déclarant de façon lapidaire : «Depuis la défaite de Jospin, en 2002, personne n’ose rien dire sur rien de peur de se faire canarder par les petits camarades présidentiables. Résultat: le PS n’a parlé de rien».

Pour autant, là où je ne suis pas tellement d’accord avec Thomas Piketty, c’est lorsqu’il dit ceci à propos de la déclaration de principes du Parti qu’il trouve « acerbe » : «Pathétique. Une fontaine d’eau tiède, des généralités insipides. Et c’est la même chose sur tous les grand sujets : retraites, santé, enseignement, impôt.» La déclaration de principes, comme son nom l’indique, ce sont des principes et cela ne nous interdit pas de réfléchir quant à la rénovation idéologique de notre parti. Dès lors, charge à nous de travailler de façon étroite avec les boîtes à idées sans pour autant oublier les militants que nous sommes !

 

par Gilles publié dans : La boîte à idées
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Lundi 12 mai 2008

Comme disait un certain Charles Pasqua, les promesses n’engagent que ceux qui les croient ! Aussi pour faire simple et comme je suis en pleines révisions – donc indisponible ! – je mets en ligne une vidéo que j’ai trouvée sur le blog de la section PS Sciences Po Paris !

Bonne lecture vidéo 


Sarko 6 mai 2007/08, 1 an 12 mensonges

 

par Gilles publié dans : Actualité politique
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Jeudi 8 mai 2008

Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy le 16 mai 2007 lors de la passation de pouvoir. (www.nouvelobs.com) « Jacques, reviens ! A l’Elysée, il est devenu fou ! » Sur ce ton ironique et humoristique, il va sans dire que l’actuel président de la République se montre de plus en plus fébrile et de plus en plus irrespectueux vis-à-vis de ses aînés et de l’opposition.

Jacques Chirac, le Général de Gaulle, le PS et les journalistes en ont donc pris plein la figure. Pour l’ancien chef de l’Etat, devant 260 députés de l’UMP réunis hier midi à l’Elysée, Nicolas Sarkozy, selon les propos rapportés par certains parlementaires, a déclaré : « Chirac a mis 21 ans à se faire élire. Moi, je l'ai été du premier coup ». « Il a fait une réforme et demie, son premier septennat s'est arrêté en décembre 1995 sur un recul sur la réforme des régimes spéciaux ». « Moi, je n'ai pas l'obsession de durer et je mène tout de front »

Quant à l’opposition et aux journalistes, rassurez-vous on n’a pas été oubliés : ainsi selon l’ancienne ministre Marie-Anne Montchamp : « Il a fait une charge très importante contre la presse en disant que dans un pays où il n'y a plus d'opposition, la presse s'attribue la fonction d'opposition ». Sans oublier Ségolène Royal où Nicolas Sarkozy « regrette » que la presse n’ait pas suffisamment relayé le différend qui l’opposait à ses deux anciennes parlementaires.

Chassez le naturel, il revient au galop ! Les grands communicants de l’UMP et de l’Elysée nous disent que Nicolas Sarkozy a – une nouvelle fois ! – changé et qu’il assume de plus en plus la fonction présidentielle ! Ce qu’il ne l’empêche pas de lancer quelques attaques mesquines et perverses à l’égard de ses prédécesseurs.

Aussi, dire que Chirac n’a rien fait durant ses deux mandats, c’est se moquer du monde quand même ! Nicolas Sarkozy a été le lieutenant de l’ancien chef de l’Etat durant de nombreuses années et si Chirac a mis 21 ans pour se faire élire président de la République, Sarkozy n’a cessé d’y penser au fur et à mesure de son ascension politique !

Nicolas Sarkozy est décidément un gamin pourri qui considère la France et l’Elysée comme des jouets, le tout avec une arrogance qui me dégoute ! C’est quand même curieux qu’un homme qui a été numéro deux du gouvernement dans la précédente mandature ait si peu de reconnaissance envers sa famille politique et ses aînés !

Députés UMP entrant au Palais Bourbon (www.liberation.fr) A ce titre, certains députés de la majorité ne sont pas laissés abuser par les propos du chef de l’Etat, en témoigne l’ancienne ministre Christine Vautrin : « II a été assez agressif […] On ne va pas se raconter le film des élections durant 15 ans ! » déclare-t-elle. Quant au député de l’Hérault Jean-Pierre Grand, il regrette que « le président ait été aussi dur avec son prédécesseur ».

 

Le pire ennemi de Nicolas Sarkozy, c’est son arrogance ! Je dirai plutôt que c’est une forme de fuite en avant de la part du chef de l’Etat. Le président déçoit ? C’est la faute à ses prédécesseurs ! L’opposition retrouve des couleurs ? Ben, on regrette que la presse n’a pas assez fait son boulot en ce qui concerne le différend judiciaire qui concerne l’ancienne candidate à l’Elysée.

Décidément, cet homme ne fait pas honneur à la France ! Il me navre ! Et au bout du compte, c’est Chirac qui est le plus clairvoyant dans l’histoire : ainsi déclare-t-il, en 2005, à Bruno Le Maire, ancien directeur de cabinet de Dominique de Villepin, alors Premier ministre : « La majorité réclamera ce qu’elle voudra, je ne nommerai pas Sarkozy Premier ministre, c’est comme ça. Il est un excellent communicant, c’est sa force, mais elle lui fera faire des erreurs, des erreurs graves »

par Gilles publié dans : Actualité politique
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Mercredi 7 mai 2008

Et attendant mon article sur la perverse cordialité entre Sarkozy et Chirac...

par Gilles publié dans : Actualité politique
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(Jean Jaurès, 1903)

 


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