Mardi dernier, l'Union africaine (UA) réunie à Addis-Abeba (Ethiophie) a recommandé une nouvelle fois, le report d'un an des élections générales prévues en Côte d'Ivoire, initialement prévu le 31 octobre prochain. Autrement dit, le président ivorien, Laurent Gbagbo va son mandat prolonger d'un an, il est à expiration depuis... 2005.
Laurent Gbagbo, président de la Cote d'Ivoire
Ce n'est pas la première fois que l'UA reporte d'un an l'organisation des élections ivoriennes qui devaient avoir normalement lieu en octobre 2005. De fait, ce report montre toute la complexité voire l'acrité de la situation ivorienne.
En effet, la Côte d'Ivoire reste, au moment où je vous parle, un pays coupé en deux avec au nord, les forces rebelles et au sud, les jeunes patriotes soutenant le président Gbagbo. La situation est complexe et je vous avouerai que parfois, je m'emmêle les pinceaux. Toujours est-il que le report d'un an des élections générales ne me parait pas de bonne augure.
Il est temps pour la Côte d'Ivoire de retrouver une stabilité et l'attitude de l'UA - en partenariat avec l'ONU - est quelque peu hazardeuse. Reporter une nouvelle fois les élections montre que la situation reste bloquée et qu'elle peut exploser à tout moment. L'UA et l'ONU sont encore bien impuissantes pour imposer durablement une solution pour ce pays central et longtemps considéré comme un modèle économique en Afrique occidentale. Une telle décision ne ferait que mettre en soupape une crise qui demande qu'à reprendre. C'est risquer alors une situation encore plus tragique dont le dénouement serait facheûx.
L'UA place, certes, des gardes-fous puisque le président ivorien Laurent Gbagbo devrait avoir des prérogatives réduites et un pouvoir partagé avec son premier ministre, Charles Konan Banny. Néanmoins, on reste dans le stade du bricolage et réduire le pouvoir du président dans des domaines précis, risquerait d'attiser la colère des Jeunes patriotes et menacer à terme la stabilité de la Côte d'Ivoire. Néanmoins, il faut rendre justice à l'UA tant qu'elle se place dans une situation insupportable et qu'il s'agit de juguler la crise et non la précipiter, ce qui aurait été sans doute le cas si les élections se seraient tenues comme prévu.
La Côte d'Ivoire joue son avenir et plonge dans la crise en laissant pourrir la situation. Quant à l'UA, elle joue sa crédibilité. La crise ivorienne a valeur de test, essentiel pour la fiabilité de cette organisation. De fait, il est temps que l'Afrique se prenne en main et ne soit plus sous tutelle des anciens pays coloniaux par Françafrique interposée qui, il faut le dire, font encore la pluie et le beau temps (ce qui ne veut pas dire une rupture ferme et définitive entre Afrique et Occident). De fait, l'issue de la crise ivorienne est capitale.
A ce titre, je vous invite, si vous êtes intéressé par l'actualité politique africaine, je vous invite à consulter le mensuel Jeune Afrique - L'Intelligent. Vous pouvez également consulter le site www.jeuneafrique.com et suivre au plus près l'actu de ce magnifique continent au potentiel énorme.
FICHE :


Nom : Côte d'Ivoire
Superficie : 322 460 km²
Population : 16,6 millions d'habitants
Langues : français (officielle), dioula, baoulé, bété, sénoufo...
Capitale : Yamoussoukro
Ville majeure : Abijdan
Elections et situation :
Le 22 octobre 2000, Laurent Gbagbo est élu à la présidence de la République face au général Robert Gueï, auteur d'un coup d'Etat contre Henri Konan Bédié, élu en octobre 1995. En septembre 2002, le Mouvement patriotique de Côte d'Ivoire échoue dans une tentative de coup d'Etat. Le MPCI se retranche dans le nord et le pays est coupé en deux. La France intervient militairement et politiquement et est à l'origine des accords de Marcoussis qui met en place un gouvernement de réconcialition nationale en janvier 2003. La situation empirant, l'Afrique du Sud propose une médiation entre les deux camps [les rebelles contre les Jeunes patriotes]. En septembre puis octobre 2005, l'UA puis l'ONU reportent d'un an la tenue des élections présidentielles prévues à cette date. Fin 2005, un gouvernement de transition est mis en place. Laurent Gbagbo reste à la tête de l'Etat mais se voit imposer Charles Konan Banny, membre de l'opposition, comme Premier ministre.
Dominique Strauss-Khan, le 13 octobre dernier
source : AFP, www.lemonde.fr
Filip Dewinter, leader du Vlaams Belang
Manifestation à Séoul contre l'essai nucléaire nord-coréen, le 11 octobre


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