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Mardi 24 avril 2007
Lundi dernier, j'ai appris la mort de l'ancien président de la Fédération de Russie, Boris Eltsine à l'age de 77 ans des suites d'un malaise cardiaque.

Boris-Eltsine.jpg

Boris Eltsine, président de la Fédération de la Russie de 1991 à 1999 (www.liberation.fr)

Je garde une image quelque peu contrastée de l'ancien président de la Russie et maire de Moscou. D'une part, celle d'un homme qui a joué un rôle important dans la chute de l'URSS en 1991, celui qui aura permis à la Russie d'engager un processus démocratique... Mais de l'autre, Boris Eltsine restera comme celui qui ne pouvait se tenir en public tel un ivrogne - d'ailleurs, il était bien porté sur la boisson -, un coureur de jupons - enfin, je suppose si on en juge une célèbre image où on le voit peloter une de ses secrétaires, on imagine alors ce qui a bien pu se passer avant ! ;-) - et quand il n'était pas bourré, celui qui a ressérré la vis sur son pays juste après avoir ouvert les vannes de la liberté et de la démocratie.

Peut-on en vouloir à Eltsine ? Oui et non finalement. Oui, car il reste tout de même l'homme qui a engagé son pays dans une guerre coûteuse, inutile et meurtrière en Tchétchénie en 1994, uniquement dans le but de redorer le blason d'une Russie à peine dégagée du commnunisme. Oui, également car il n'a pas su ou n'a pas voulu transformer l'essai démocratique dans son pays. Preuve en est, la répression importante menée par le pouvoir contre de nombreux manifestants qui dénonçaient son programme économique, très libéral et qui occasionait une hausse importante des prix. Enfin, Boris Eltsine s'est tout de même arrangé pour que son poulain de l'époque, Vladimir Poutine, le succède fin décembre 1999. On connaît les conséquences d'une telle décision.

Toutefois, tout ne saurait être imputable à l'ancien président de la Fédération de Russie. En effet, si on lui reproche de ne pas avoir complètement installé la démocratie, il faudrait rappeler que l'ex-Union soviétique a plongé durant 70 ans, plus ou moins affirmé, perdant ainsi toute expérience démocratique. La démocratie ne se décrète pas et c'est un long cheminement. Cela vaut pour la Russie. D'ailleurs, le pays fut à cette époque, encore marqué par le communisme et son idéologie. Cela reste moins vrai à mon sens aujourd'hui surtout si on regarde l'évolution nationaliste du pays.

Aussi, Boris Eltsine me laisse une image quelque peu contrastée et je ne sais pas tellement quelle opinion m'en faire. Sur ce...
par Gilles publié dans : International
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Lundi 23 avril 2007
Une fois n'est pas coutume, je reproduis l'intégralité de l'entretien qu'Elisabeth Guigou, ancienne ministre et députée socialiste de Seine-Saint-Denis (circonscripton de Bondy, Noisy-le-Sec et Romainville) a accordé aux bloggeurs du "Bondy Blog", le 18 avril dernier.

Bonne lecture !


Gilles

Elisabeth-Guigou.JPG (Source : http://ps-bondy.typepad.com) Elue en 2002 députée PS de la circonscription de Bondy, Noisy-le-Sec et Romainville, en Seine-Saint-Denis, Elisabeth Guigou, plusieurs fois ministres, brigue un nouveau mandat aux prochaines législatives. A quelques jours de l'élection présidentielle, elle a reçu le Bondy Blog dans sa permanence de bondynoise.

1. Qu'avez-vous réalisé en tant que députée pour la circonscription de Bondy, Noisy-le-Sec et Romainville?

Quand j'ai été élue en 2002, j'ai dit aux Bondynois, aux Noiséens et aux Romainvillois que je voulais être leur voix à l'Assemblée nationale, pour mieux les défendre. J'ai voulu rencontrer le maximum de gens, les individus ou les associations qui voulaient me voir. En cinq ans, j'ai reçu plus de 2000 personnes et traité 3000 dossiers. Le problème numéro un, c'est la pénurie de logements sociaux. Il y a en moyenne, dans les trois villes de ma circonscription et dans toute la Seine-Saint -Denis, un logement disponible pour dix demandes. Le deuxième problème c'est l'emploi et les stages pour les jeunes. J'ai soutenu de nombreuses requêtes, avec des résultats. Autre problème, la sécurité. Je suis fréquemment en contact avec les commissaires de police. J'interviens aussi pour faciliter les projets des villes. Par exemple, pour que soit installé à Bondy le siège national, aujourd'hui à Paris, de l'Institut de recherche pour le développement. A Noisy-le-Sec, en collaboration avec la RATP et la région, je travaille à un projet de réduction du bruit dû aux transports. Par ailleurs, j'ai obtenu, avec d’autres élus, que la ligne 11 du métro soit prolongée de Mairie des Lilas à Romainville. Les crédits viennent d'être inscrits au contrat de plan 2007-2013. J’aide tous les projets des associations qui veulent renforcer le lien social.

2. Si vous étiez magicienne, quel visage urbain donneriez-vous à votre circonscription?

Je ne suis pas magicienne. Je n'ai pas une baguette magique dans ma poche. Je le dis à toutes les personnes qui viennent me voir. La politique, c'est un travail lent, patient, rébarbatif souvent, c'est de l'action concrète, sur le terrain. Malheureusement, on ne peut pas changer la physionomie de certains quartiers d'un claquement de doigt. Je pense que c'est une aberration d’avoir mis les usines le long du canal de l'Ourcq, qui est un endroit magnifique, et des logements au-dessus des autoroutes et des voies de chemins de fer. Heureusement, aujourd’hui, la Mairie repense l’urbanisme. On réhabilite les logements sociaux ; Gilbert Roger ouvre le bois de Bondy, magnifique espace vert. Bien sur, on ne peut pas tout faire d'un seul coup.

3. Mais si vous deviez imaginer un autre Bondy, quelle physionomie aurait-il?

Le problème principal de Bondy, c'est entre le nord et le reste de la ville car le canal et la N3 sont une coupure. Le Maire Gilbert Roger a des projets , pour relier les différentes parties de la commune et pour favoriser au Nord, la mixité sociale. A Bondy Nord, les commerces sont enclavés. Ça donne un sentiment d'enfermement. Le problème est le même à la cité Cachin de Romainville et à la cité du Londeau de Noisy-le-Sec. Mais avec les projets ANRU (Agence Nationale de la Rénovation Urbaine), ceci va changer.

4. A Bondy, traitez-vous de ces questions avec le maire Gilbert Roger?

Bien sûr, très fréquemment. Je tâche de participer aux réunions ANRU, car les projets sont au cœur de la vie des Bondynois.

5. Et qu'est-ce qui va changer?

A Bondy Nord, des logements neufs remplaceront des immeubles vétustes, mais pas avant que les personnes ne soient relogées. Personne ne quittera son logement avant d’avoir été relogé dans son nouveau logement. L'animation socio-culturelle est aussi importante que la transformation des bâtiments. Ce qui compte c'est de faire vivre une ville. Il n'y a qu'un bureau de poste à Bondy nord. C'est insuffisant. Il n'y a pas de banque, pas assez de cafés, de restaurants. Et là, c'est l'affaire des initiatives privées, car les villes sont pauvres.

6. En 2003 il existait encore des séjours organisés par la municipalité pour les jeunes. Aujourd’hui ce n'est plus le cas. La politique de la jeunesse va-t-elle encore continuer à se dégrader de la sorte ?

Il y a en a toujours à ma connaissance. Il y en a chaque été et il y en a eu aux dernières vacances de printemps. Les crédits sont en augmentation. Il est dommage que la ville ne soit pas davantage aidée par le département et par l’Etat pour les politiques sociales. Le budget de la ville, ce sont les impôts des Bondynois, qui sont déjà assez élevés. La taxe d’habitation est plus élevée pour mon appartement de Bondy que pour mon appartement familial à Paris. Nous avons besoin d’une reforme profonde de la fiscalité locale. Il faudrait supprimer  la taxe d’habitation. C’est un impôt injuste, mal compris. Il faudrait une péréquation entre les régions. L’Ile-de-France est une région très riche, mais vous voyez bien qu’il y a une différence abyssale entre le département des Hauts-de-Seine, celui de Nicolas Sarkozy, et le département de Seine-Saint-Denis. Je trouve  anormal qu’il y ait quatre fois plus de policiers à Paris qu’en Seine-Saint-Denis. Cela veut dire qu’ici on ne connaît la police que par le biais des interventions de la BAC et des CRS.

7. Avez-vous un appartement de fonctions à Bondy ? Si oui, est-vous qui le payez ? Avez-vous une résidence secondaire?

Comme tous les députés je me partage entre Paris et l’Assemblée nationale d'une part, et ma circonscription d'autre part. Les députés ont tous deux points de chute. C’est moi qui paye mon logement à Bondy, rue Roger Salengro.  Je fais le va-et-vient entre mon appartement familial à Paris et mon appartement de Bondy où mon équipe et moi travaillons. Mon mari et moi, possédons une maison de vacances familiale dans le Vaucluse.

8. Qui sera votre suppléant aux prochaines législatives ?

Mon suppléant a été choisi en même temps que moi par les militants. Il s'agit de Philippe Guglielmi, premier adjoint au maire de Romainville.

9. Vous  n’avez pas pensé  à choisir un représentant de la diversité ?

J’aurais bien aimé avoir une femme issue de la diversité pour suppléante.

10. Souvent, les personnes de la diversité sont fortement impliquées dans les associations sur le terrain. Cette forme d'engagement ne mérite-t-elle pas plus de considération par les partis?

Il faut que les partis et les associations se fécondent mutuellement. A Bondy, il y a souvent une double appartenance parti-association. Mais je crois quand même qu’il faut aussi adhérer aux formations politiques.

11. Georgia Vincent, de l'UMP, sera votre rivale aux législatives. Ce sera comme aux municipales de 2001 à Avignon, une femme contre une femme ?

Madame Vincent a déjà été candidate contre moi la dernière fois. Je l’avais battue. Il reste que  je la respecte. A Avignon, mon adversaire était aussi une femme, la député-maire Marie-Josée Roig, que j'avais battue aux législatives de 1997 d’une petite marge, Avignon étant une ville de droite et d’extrême droite. Je me suis présentée contre elle à la mairie en 2001. Je n’ai pas réussi à conquérir la ville. Il faut prendre des risques et accepter d’être battu quand on fait de la politique.

12. Pourquoi le PS est-il en retard sur l’UMP concernant la nomination de personnes issues de la diversité à des postes de députés ou de ministres?

Je n'en suis pas si sûr que vous. Avez-vous des chiffres ?

13. Il y a l'exemple des régions. Le PS les contrôle toutes depuis 2004, sauf l’Alsace. La question de la représentation de la diversité était déjà d'actualité à l'époque, or le nombre de conseillers régionaux PS issus de la diversité est très bas, moins de 30 sur toute la France. Pourquoi n'avoir pas plus tenu compte de cet aspect à ce moment-là?E.Guigou.jpg

En compagnie du "Bondy Blog", le 18 avril dernier dans sa permanence à Bondy (93) (source : http://yahoo.bondyblog.fr)

Nous n'avons pas suffisamment pris en compte cet aspect, en effet. Mais nous avons quand même fait des efforts. Kader Arif, issu de la diversité, a mené l’ensemble de la région sud-ouest aux élections européennes de 2004, ce n’est quand même pas rien.

14. On constate un glissement important des populations des quartiers, traditionnellement plutôt à gauche, vers l’UDF ou l’UMP, voire le FN. Pourquoi ne faites vous rien pour retenir ces populations dans votre giron?

D’abord, je vous trouve bien affirmatifs sur le prétendu transfert vers l'UMP. Méfiez-vous, car si Nicolas Sarkozy est élu président de la république, il ne vous restera que vos yeux pour pleurer. C’est bien, les mouvements d’humeurs, mais il y a des politiques à préserver. Il y a au PS des engagements sur la scolarité que vous ne trouvez pas ni à l’UMP à l’UDF. Avec le PS, tous les postes de profs supprimés seront rétablis, il y aura à nouveau des aides-éducateurs et des psychologues ainsi que des infirmiers et des médecins scolaires. Les classes de CP et de CE1 ne compteront pas plus de 17 élèves dans les quartiers défavorisés.

15. Le PS a utilisé SOS-Racisme et aujourd’hui Ni putes ni soumises, à la fois comme vivier et comme caution de l’action socialiste envers les populations des quartiers sensibles. Or on s’aperçoit que ces associations sont très peu légitimes et très peu présentes sur le terrain. Quelle serait votre nouvelle stratégie pour regagner du terrain en banlieue ?

Croyez vous ? Je me souviens du fantastique succès de la marche organisée par Ni Putes Ni Soumises. Nous nous appuierons sur la formidable énergie et créativité des habitants des quartiers. Quand on leur fait confiance, ils réussissent.

16. Comment trouvez-vous la campagne de Ségolène Royal ?

Je trouve que nous avons une candidate courageuse, avec une force physique et mentale très remarquable. Elle a beaucoup d’intuition, de créativité et de volonté. Elle tiendra ses engagements. Elle a su construire un socle très solide avec la démocratie participative et l’accent qu’elle a porté sur les problèmes du quotidien. Je pense que le deuxième tour de l’élection doit se jouer entre Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy. Elle a toutes les chances de gagner.

17. Si François Bayrou gagnait l’élection présidentielle et vous proposait, à vous personnellement, d’intégrer son gouvernement, est-ce que vous iriez ?

Premièrement, je pense qu’il ne gagnera pas. Ensuite je ne me laisse pas débaucher. Je veux que Ségolène Royal soit la première Présidente de la République.

18. Comme vous l'avez peut-être lu sur le Bondy Blog dimanche dernier, Ségolène Royal nous a énormément déçus lors de sa venue au parlement des banlieues, à Villeurbanne. Vous n’y étiez pas. Pourquoi vous, députée de Seine-Saint-Denis, ne l’accompagnez-vous pas plus souvent lors de ses déplacements en banlieue ?

Je serais bien allée à Villeurbanne mais ce jour là, Ségolène m’a demandé d’aller à Rome pour la représenter, à l’occasion du 50e anniversaire du Traité de Rome. En revanche, j’étais présente au parlement des banlieues de Bondy en novembre. Je tâche d’être très présente et de faire campagne dans ma circonscription mais aussi partout en France ainsi qu'à l'étranger.

19. Lorsque Ségolène Royal est venue à Bondy en novembre, elle a dit qu’elle y reviendrait en janvier 2007.

Elle a dit qu’elle reviendrait au Parlement des banlieues. Elle est allée à Villeubanne.

20. Elle n’a pas fait de propositions concrètes. Qu'en pensez-vous ?

Dans ses 30 propositions, elle a bien pris en compte les domaines de l’éducation et de l'emploi. Dans son pacte présidentiel, elle prévoit 125 000 logements sociaux construits par an avec un service public de la caution, les logements étudiants, etc. Ce sont des propositions qui bénéficieront d’abord aux quartiers.

21. Quels enseignements tirez-vous des affrontements de la gare du Nord, en dehors de la condamnation du bilan de Nicolas Sarkozy?

Je suis consternée de voir qu’un simple contrôle, légitime, de titre de transport dégénère de cette façon. Cela ne se passe dans aucun autre pays d’Europe. Il faut absolument mener une politique qui retisse les liens entre la police et les citoyens. C’est pour cela que Ségolène Royal propose de remettre en place la police de proximité. Notre objectif c’est la sécurité pour tous. Les seuls contacts entre la police et les jeunes sont devenus des liens d’affrontement. L’extrême droite profite de ce système de violence. Et Nicolas Sarkozy fait un fond de commerce de l’insécurité. Il faut que la sécurité redevienne l’affaire de tous.

22. Vous êtes née au Maroc. Quel souvenir avec vous de ce pays ? y avez-vous gardé des attaches ?

Non seulement j’y suis née, mais j’y ai passé toute mon enfance et mon adolescence. J’ai fait toutes mes études là-bas : primaires, secondaires et deux années d’études supérieures à la fac de Rabat. J’ai vécu au Maroc jusqu’à l’âge de dix-huit ans. Donc c’est mon pays de naissance et de cœur. Il y a des bonheurs que je n’ai que là-bas. Je ne parle pas arabe, et je le regrette. Mon père parlait couramment l’arabe et je comprends quelques mots. Quand je vais au marché de Bondy Nord, je retrouve l’ambiance de mon enfance. J’ai aussi retrouvé ici des amis d’enfance, par exemple, une amie avec qui j’étais en classe à Marrakech qui habite à Pavillons-Sous-Bois. Le fait de vivre là-bas m’a appris que la diversité est une richesse, que l’on peut additionner les identités. Je me sens à la fois française, marocaine et européenne, et d’ailleurs citoyenne du monde quand je vais ailleurs. Mon engagement politique s’est structuré là-bas, au moment de la guerre d’Algérie, mon engagement à gauche s’est structuré à partir de l’anticolonialisme. C’est paradoxal, je savais qu’en cas d’indépendance mes parents devraient quitter le Maroc, mais j’ai toujours pensé que tous les pays avaient le droit d’avoir leur autonomie et leur indépendance.

Propos recueillis par Nadia Boudaoud, Hanane Kaddour, Idir Hocini, Antoine Menusier et Chou Sin, le 18 avril 2007 (http://yahoo.bondyblog.fr)

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En compagnie d'Elisabeth Guigou, le 11 septembre 2005, lors du repas de rentrée de la section PS à Bondy (93) (photo prise de mon téléphone portable)

par Gilles publié dans : Vie militante, vie(s) locale(s)
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Lundi 23 avril 2007
Dimanche soir, 18h50. Moment contrasté pour moi. Stress, fatigue, attente, inquiétude, espoir... tout cela à la fois. Passera ? Passera pas ? Nouveau 21 avril ? Que de questions ! Plus vient le temps du verdict.

Première info : le taux d'abstention exceptionnellement bas. 15,1% ! du jamais vu, depuis 1965. Il faut dire qu'il y en avait du monde, notamment dans mon bureau de vote à Grenoble. Je regarde la suite de la soirée électorale sur France 2. L'ambiance a l'air bonne au QG de l'UMP et du PS ainsi qu'à celui de l'UDF. Au paquebot - le siège du FN - l'ambiance est tout autre. Vraiment tout autre ! Il ne se passe rien. A force de regarder des soirées électorales et de capter les messages subliminaux des journalistes politiques - en l'occurence pour France 2, Elise Lucet et David Pujadas - j'avais compris qu'il se "passait quelque chose au FN" pour reprendre l'expression du journaliste vedette de France 2. Autrement dit, Le Pen ne sera pas au second tour. Mais alors à qui, profite le crime ? Un copain me communique une première estimation vers 19h30. J'attends confirmation.

Arrive 20 heures, l'heure fatidique. Deux visages s'affichent alors :



Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal, tous deux qualifiés pour le second tour de la présidentielle (www.nouvelobs.com)

Voilà ! C'est confirmé. Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal sont au second tour de la présidentielle, recueillant respectivement 31,11 % et 25,85 % des suffrages. Arrivent ensuite François Bayrou avec 18,50 % et Jean-Marie Le Pen avec 11% environ.

Qu'est-ce qui faut en penser ? Tout d'abord, c'est la victoire de la République ! 85 % des inscrits sont allés voter, c'est hallucinant et on ne peut que s'en réjouir. Qui plus est, il faut noter le bon score de Ségolène Royal qui fait extrêmment mieux que Lionel Jospin, il y a cinq ans. Enfin, il y a l'effondrement de Jean-Marie Le Pen qui me réjouit.

Mais justement, à quoi est du cet effondrement ?

Dans les 31 % de Nicolas Sarkozy, il faut compter sans doute compter 5 à 6 points venant d'électeurs de Jean-Marie Le Pen sans doute attiré par les discours belliqueux et limites extrêmistes du candidat de l'UMP. Alors ceertains me disent que mon analyse ne tient pas. Toutefois, je pense que si Nicolas Sarkozy avait réalisé le même score avec un FN stable - soit 16 % - la signification n'aurait pas été la même. On peut se réjouir du recul du FN mais à quel prix ? Celui qui a consisté, pour le président de l'UMP, à picorer dans la boîte à idées du leader frontiste ? Cela est quelque peu lamentable !

En tout cas, c'est projet contre projet désormais et Dieu sait que ces quinze jours seront déterminantes. J'entends déjà dire - surtout de la part de militants UMP - que la partie est déjà gagnée, que les jeux sont faits... mais vous savez, un match - quel qu'en soit la discipline - se joue jusqu'à la dernière seconde et rien ne dit que le président de l'UMP devienne le prochain chef de l'Etat. Bon, vous me direz que mon analyse est digne de quelqu'un croyant aux bienfaits de la méthode Coué ! Moi, je vois les choses différemment et je pense que Ségolène Royal peut faire la différence. Pour cela, plusieurs conditions s'imposent :

1. Ségolène Royal devra se montrer déterminante en ne parlant que du pacte présidentiel et en distinguant bien ses principales mesures.

2. Elle est au second tour et à ce titre, elle est beaucoup plus libérée - comme la plupart des militants. Elle a désormais tout à gagner, en s'adressant notamment à ceux qui n'ont pas porté leurs suffrages sur son nom.

3. La victoire se joue au centre, cela est indéniable. Je le savais depuis le début, le poids de la gauche va poser problème notamment pour les reports de voix. Aussi, l'électorat de François Bayrou va se montrer déterminant pour la victoire finale.


La mobilisation doit se poursuivre jusqu'au bout et nous devons pas nous relâcher afin de mener Ségolène Royal aux marches de l'Elysée. Désormais, c'est projet contre projet. On a tout dit sur Ségolène Royal, bien souvent à tort et à travers. Mais, je suis convaincu qu'elle peut aller jusqu'au bout et remporter l'élection présidentielle. Ségolène Royal surprend et a déjoué les pronostics - surtout lorsqu'on disait il y a encore quelques jours qu'elle ne passerait pas le second tour. Il reste quinze jours et en quinze jours, il peut s'en passer des choses. La victoire de Ségolène Royal ne saurait uniquement se jouer sur un rassemblement anti-Sarko mais sur la bataille du projet et des idées qu'elle défend.

Maintenant, en route pour la victoire, et comme l'a dit Ségolène Royal, "c'est jouable !"


PS : à titre d'information, je vous communique les résultats du 1er tour. Toujours à titre d'information, je vous signale également que Monsieur Besson a annoncé son ralliement à Nicolas Sarkozy. Pour ceux qui ne comprendraient pas grand chose, c'est celui qui après avoir écrit un livre à charge sur Nicolas Sarkozy en janvier dernier, a claqué la porte du PS pour rejoindre celle de l'UMP tout en déclarant qu'il se rallierait à l'adversaire de Ségolène Royal. Je vous laisse deviner où se trouve la conviction politique et où se situe l'opportunisme à peine caché. (D'ailleurs, le candidat de l'UMP lui fait les yeux doux pour qu'il reste en politique, c'est vraiment pitoyable !)

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Les résultats du premier tour de la présidentielle (www.lemonde.fr)
par Gilles publié dans : Actualité politique communauté : Soutiens à Ségolène Royal
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Vendredi 20 avril 2007
La campagne officielle va toucher à sa fin, ce soir à minuit. Et comme la loi m'y oblige, il m'est interdit de faire campagne et/ou de diffuser des tracts ainsi que de faire tout commentaire politique.

Contrairement à ce que certains peuvent penser - hein Vincent - je suis respectueux de la loi et à ce titre, ce blog ne sera plus mis à jour à partir de ce vendredi minuit jusqu'au dimanche 22 avril, 20 heures.

Durant cette période, je vous demanderai - à vous chers bloggeurs - de ne pas laisser de commentaires sur mon blog (de toute façon, je ne pourrais pas vous répondre avant lundi au plus tard) et de bien vouloir jouer le jeu.

Sur ce, bon week-end et surtout, exercer votre pouvoir démocratique et souverain !

Gilles

PS : je vous informe également que, pour cause de partiels, je serai moins présent sur ce blog à partir du 23 avril jusqu'au 17 mai - avec une absence plus ou moins totale du 9 au 17 mai.
par Gilles publié dans : Actualité politique
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Vendredi 20 avril 2007
Voilà ! Le dénouement approche ! Dans deux jours, on connaîtra les deux qualifiés pour le second tour avec, je l'espère, deux confrontations de projets.

C'est un moment que j'attends avec impatience mais je redoute également. Passera ? Passera pas ? Suspense. En tout cas, on aura tout dit que Ségolène Royal. On l'aura moqué, tenté de la discréditer, de la faire passer sous ses mauvais jours...

Et pourtant, elle a tenu avec calme, force et détermination. C'est finalement plus dur pour une femme de s'imposer en politique même au sein de son propre parti. Toutefois, je me dis, qu'en même temps, une opportunité s'offre à nous, Français. Une opportunité unique, à saisir.

Pourquoi je voterai Ségolène Royal ? Pas simplement, parce que je suis militant socialiste. C'est bien plus profond que cela :

1. Comme je vous l'ai dit, j'ai apprécié, durant toute la campagne de premier tour, sa force de conviction et de courage. Il faut avoir du courage pour aller à la rencontre des électeurs, d'organiser des débats participatifs, si souvent moqués. Il faut avoir de l'humilité pour écouter l'autre. Ce matin, des militants UMP de ma conférence de méthode reprochait à Ségolène Royal de se montrer arrogante en employant la première personne. Cela me fait bien rire parce que le candidat de l'UMP en fait tout autant, à la différence près qu'il pense qu'il n'y a que lui en France. Durant toute la campagne, Ségolène Royal a connu des coups plus ou moins bas, parfois au sein même du PS. Mais elle a tenu, et c'est là le plus important ! Le 1er février dernier, L'Express titrait : "Tiendra-t-elle ?" Elle a su montrer qu'elle était en capacité de tenir jusqu'au bout et bien plus même. Elle a su rendre les coups à ceux qui lui en donnaient. Calme, courage, conviction, maîtrise de soi : Ségolène Royal a su qu'elle était au même titre que les trois autres favoris de cette course à l'Elysée, capable d'obtenir le "job" présidentiel.

2. Ségolène Royal est une socialiste, ce n'est un secret pour personne. Elle est socialiste, tout en restant réaliste ! Durant toute sa campagne, elle a voulu partir du concret en évoluant et prenant en compte les aspirations de nos concitoyens. Alors on s'est moqué d'elle, on a prétendu qu'elle n'avait pas d'idées, qu'elle était nulle... En réalité, de telles attaques au début de la campagne, on montré toute la fébrilité et la nevrosité de ses adversaires, Nicolas Sarokzy en prime. Partir du concret, c'est aller à la rencontre des gens et prendre le temps de les écouter. Nombre de fois, Ségolène Royal a pris le temps de partir à la rencontre de cette France diverse et diversifiée, d'aller à la rencontre de tous et notamment en banlieue, que ce soit à Bondy, en Seine-Saint-Denis lors du Parlement des banlieues en novembre dernier ou à celui de Villeurbanne (69) en mars dernier. La candidate socialiste est à mon sens, la seule à pouvoir régler, avec humanisme et coeur, la question des banlieues car elle a montré tout attachement aux habitants des quartiers. Richarda Dati, porte-parole de Nicolas Sarkozy, avait promis que ce dernier se rendrait en banlieue. Il se serait grand temps qu'il se dépêche, il ne lui guère plus de temps avant la fin de la campagne officielle.

3. La campagne de Ségolène Royal a connu des hauts et des bas, cela ne fait aucun doute. A propos de doute, j'ai pu comme n'importe quel militant avoir mes moments d'interrogations. Aussi, pour en avoir le coeur net, rien de tel que de distribuer des tracts aux marchés. Par deux fois et en trois jours, j'ai silloné les marchés de Saint-Bruno et de l'Estacade à Grenoble. Globalement, des messages encourageants envers notre candidate. De la spotanéité même, avec des passants qui nous demandaient un exemplaire du "Pacte présidentiel". On disait que la campagne de Ségolène Royal avait connu un trou d'air. Mais je constate que cette dernière a attiré de plus en plus de monde, lors de ses meetings et enthousiasmé de plus de plus d'auditeurs que ça soit à la télévision ou à la radio. La force de conviction de Ségolène Royal se trouve sans doute dans l'idée qu'elle se fait d'elle-même : qu'elle peut y arriver et qu'elle y arrivera.

4. Il faut un président - en l'occurence une présidente - qui abrite. Mais l'essentiel n'est surement pas là. Il faut une présidente qui sache réconcilier les Français et qui donne à la France, une image neuve, celle d'un pays ouverte sur le monde et sur les autres. La qualifiication de Ségolène Royal au premier tour serait un pas décisif, signe d'une bonne partie de nos concitoyens a foi en cette "France ouverte, métissée, fière de sa diversité". N'oublions pas l'Europe ! Ségolène Royal est la seule qui soit en mesure de réconcilier le "Oui" et le "Non" au référendum sur le Traité Etablissant une Constitution pour l'Europe. Oui la seule ! La seule - qui avec François Bayrou - soit réellement européenne au point de prendre la décision de faire ratifier le futur traité institutionnel par référendum. Aussi, elle prend réellement conscience du fait que l'Europe ne pourra se faire sans les citoyens et que ces derniers doivent mettre tous les poids pour engager ceux qui les représentent. Le candidat de l'UMP cherche à montrer qu'il est proche des Français. En réalité, il n'a jamais aussi été méprisant : pour en revenir aux banlieues, il n'est resté que 45 minutes à la mairie de Villepinte (93), en ne prenant même pas la peine de partir à la rencontre des habitiants. Est-ce là un signe d'apaisement ?

5. C'est sans doute une chance historique pour mon pays, de surprendre le monde en mettant pour la première fois, une femme à l'Elysée. C'est sans doute une autre façon de concevoir la politique et de faire de la politique. Ségolène Royal est restée tout au long de sa campagne de premier tour fidèle à ses valeurs, n'hésitant pas à évoquer des sujets quelques peu tabous dans ma famille politique : la nation, le travail... La force de Ségolène fut justement de donner une déclinaison de gauche au travail, à la nation, à la famille : comment peut-on traiter Ségolène Royal de conservatrice alors qu'elle est mère de quatre enfants et qu'elle vit en concubinage avec François Hollande. Dire cela, c'est pour le coup faire preuve de conservatisme.

6. Enfin, il y a une date et un visage que je n'oublierai pas : le 21 avril 2002 et la qualification de Jean-Marie Le Pen au second tour. Mon père avait du, à contrecoeur, voté pour le président de la République sortant. Ce qu'on fait d'ailleurs une bonne partie des symphatisants de gauche. Je suis de ceux qui espèrent de tout coeur, un second tour, projet contre projet, une confrontation claire entre deux visions de la France. Cette date du 21 avril m'incite à la prudence et à me dire que le danger lepéniste est toujours là. Si d'aventure, Le Pen devait être de nouveau qualifié - et même face à Royal - cela serait bien le signe que notre démocratie et notre vie politique françaises sont bien malades et face à une telle situation, je ne pourrai que craindre pour l'image de la France.


Je pourrais en dire encore et encore sur Ségolène Royal. En tout cas, voilà les raisons que me poussent à voter pour Ségolène Royal - si on met de côté, le fait que je sois militant socialiste - dès le premier tour. Notre pays se trouve à un tourant, et il est essentiel de savoir ce qu'on veut. Moi, c'est décidé : je veux une société des solidarités basée sur la base du gagnant-gagnant et non pas sur la base du "chacun pour soi". Notre pays a connu bien trop de crises depuis un funeste 21 avril pour qu'il se prive de parielle occasion. Car c'est une occasion unique. Notre pays peut montrer à la face du monde, sa volonté de sortir du marasme dans lequel il est plongé et vouloir partir sur de nouvelles bases. Ségolène Royal peut être un symbole de cette nouvelle France bien décidée de partir sur de nouvelles bases. Et moi, j'adore les symboles.


Aussi, je n'hésite plus - d'ailleurs, je n'ai jamais hésité - et dès le 22 avril, je vote Ségolène Royal ! Je vous conseille d'ailleurs d'en faire autant !


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par Gilles publié dans : Actualité politique communauté : Soutiens à Ségolène Royal
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