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Mardi 13 mai 2008

Députés PS au Palais Bourbon. (www.liberation.fr) « En France, on n’a pas de pétrole, mais on a des idées ! » C’était le slogan d’une campagne publicitaire du milieu des années 1970 au moment du premier choc pétrolier.

Ce fameux slogan peut aisément s’appliquer au… Parti socialiste, mon parti !  En effet, le principal parti de gauche n’est pas au pouvoir mais n’est pas dépourvu d’idées. Le problème, c’est qu’il est paresseux pour aller en creuser dans la boîte à idées et il a été tout particulièrement paresseux entre 2002 et 2007. En témoigne un article très intéressant et juste de Libération, daté de ce mardi.

Dans cet article, les penseurs et intellectuels de gauche font un constat sévère. Ainsi, le témoignage de Michel Wievorka, sociologue proche de Martine Aubry : «Ces cinq dernières années, au PS, l’humeur n’était pas à la réflexion de fond. S’il s’agit de suivre les sondages et de regarder ce que dit Paris Match, on n’a pas besoin d’idées. Et pendant que le parti pataugeait dans des problèmes de leadership, le lien s’est distendu (entre les intellectuels et les dirigeants du PS)  …»

Il faut dire que ce fameux lien s’est distendu à partir des années 1990, ce qui n’est pas le cas quand on compare d’autres pays européens comme le Royaume-Uni par exemple : Anthony Giddens, spécialiste de la mondialisation, a joué pour beaucoup dans la ligne idéologique du New Labour en 1995, peu de temps après l’arrivée de Tony Blair à la tête du parti travailliste.

Le lien est distendu est cela est paradoxal puisque le PS ne manque pas d’idées, du moins de boîte à idées : en effet, outre le secrétariat aux études du parti, il y a la Fondation Jean-Jaurès créée en 1992 par l’ancien Premier ministre (et Premier secrétaire du PS) Pierre Mauroy, mais également la République des Idées de Pierre Ronsanvallon sans compter les divers think tanks – que je préfère appeler « Boîte à idées », c’est plus français !

L'économiste Thomas Piketty, proche de Ségolène Royal. Le PS ne manque pas de boîtes à idées mais ne pense pas assez à puiser à l’intérieur de celles-ci ! Cela nous a fait défaut entre 2002 et 2007 et la déconvenue de la dernière présidentielle nous oblige à nous creuser les méninges ! C’est ce que constate Thomas Piketty (économiste, professeur à l’EHESS et proche de Ségolène Royal) en déclarant de façon lapidaire : «Depuis la défaite de Jospin, en 2002, personne n’ose rien dire sur rien de peur de se faire canarder par les petits camarades présidentiables. Résultat: le PS n’a parlé de rien».

Pour autant, là où je ne suis pas tellement d’accord avec Thomas Piketty, c’est lorsqu’il dit ceci à propos de la déclaration de principes du Parti qu’il trouve « acerbe » : «Pathétique. Une fontaine d’eau tiède, des généralités insipides. Et c’est la même chose sur tous les grand sujets : retraites, santé, enseignement, impôt.» La déclaration de principes, comme son nom l’indique, ce sont des principes et cela ne nous interdit pas de réfléchir quant à la rénovation idéologique de notre parti. Dès lors, charge à nous de travailler de façon étroite avec les boîtes à idées sans pour autant oublier les militants que nous sommes !

 

par Gilles publié dans : La boîte à idées
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Lundi 12 mai 2008

Comme disait un certain Charles Pasqua, les promesses n’engagent que ceux qui les croient ! Aussi pour faire simple et comme je suis en pleines révisions – donc indisponible ! – je mets en ligne une vidéo que j’ai trouvée sur le blog de la section PS Sciences Po Paris !

Bonne lecture vidéo 


Sarko 6 mai 2007/08, 1 an 12 mensonges

 

par Gilles publié dans : Actualité politique
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Jeudi 8 mai 2008

Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy le 16 mai 2007 lors de la passation de pouvoir. (www.nouvelobs.com) « Jacques, reviens ! A l’Elysée, il est devenu fou ! » Sur ce ton ironique et humoristique, il va sans dire que l’actuel président de la République se montre de plus en plus fébrile et de plus en plus irrespectueux vis-à-vis de ses aînés et de l’opposition.

Jacques Chirac, le Général de Gaulle, le PS et les journalistes en ont donc pris plein la figure. Pour l’ancien chef de l’Etat, devant 260 députés de l’UMP réunis hier midi à l’Elysée, Nicolas Sarkozy, selon les propos rapportés par certains parlementaires, a déclaré : « Chirac a mis 21 ans à se faire élire. Moi, je l'ai été du premier coup ». « Il a fait une réforme et demie, son premier septennat s'est arrêté en décembre 1995 sur un recul sur la réforme des régimes spéciaux ». « Moi, je n'ai pas l'obsession de durer et je mène tout de front »

Quant à l’opposition et aux journalistes, rassurez-vous on n’a pas été oubliés : ainsi selon l’ancienne ministre Marie-Anne Montchamp : « Il a fait une charge très importante contre la presse en disant que dans un pays où il n'y a plus d'opposition, la presse s'attribue la fonction d'opposition ». Sans oublier Ségolène Royal où Nicolas Sarkozy « regrette » que la presse n’ait pas suffisamment relayé le différend qui l’opposait à ses deux anciennes parlementaires.

Chassez le naturel, il revient au galop ! Les grands communicants de l’UMP et de l’Elysée nous disent que Nicolas Sarkozy a – une nouvelle fois ! – changé et qu’il assume de plus en plus la fonction présidentielle ! Ce qu’il ne l’empêche pas de lancer quelques attaques mesquines et perverses à l’égard de ses prédécesseurs.

Aussi, dire que Chirac n’a rien fait durant ses deux mandats, c’est se moquer du monde quand même ! Nicolas Sarkozy a été le lieutenant de l’ancien chef de l’Etat durant de nombreuses années et si Chirac a mis 21 ans pour se faire élire président de la République, Sarkozy n’a cessé d’y penser au fur et à mesure de son ascension politique !

Nicolas Sarkozy est décidément un gamin pourri qui considère la France et l’Elysée comme des jouets, le tout avec une arrogance qui me dégoute ! C’est quand même curieux qu’un homme qui a été numéro deux du gouvernement dans la précédente mandature ait si peu de reconnaissance envers sa famille politique et ses aînés !

Députés UMP entrant au Palais Bourbon (www.liberation.fr) A ce titre, certains députés de la majorité ne sont pas laissés abuser par les propos du chef de l’Etat, en témoigne l’ancienne ministre Christine Vautrin : « II a été assez agressif […] On ne va pas se raconter le film des élections durant 15 ans ! » déclare-t-elle. Quant au député de l’Hérault Jean-Pierre Grand, il regrette que « le président ait été aussi dur avec son prédécesseur ».

 

Le pire ennemi de Nicolas Sarkozy, c’est son arrogance ! Je dirai plutôt que c’est une forme de fuite en avant de la part du chef de l’Etat. Le président déçoit ? C’est la faute à ses prédécesseurs ! L’opposition retrouve des couleurs ? Ben, on regrette que la presse n’a pas assez fait son boulot en ce qui concerne le différend judiciaire qui concerne l’ancienne candidate à l’Elysée.

Décidément, cet homme ne fait pas honneur à la France ! Il me navre ! Et au bout du compte, c’est Chirac qui est le plus clairvoyant dans l’histoire : ainsi déclare-t-il, en 2005, à Bruno Le Maire, ancien directeur de cabinet de Dominique de Villepin, alors Premier ministre : « La majorité réclamera ce qu’elle voudra, je ne nommerai pas Sarkozy Premier ministre, c’est comme ça. Il est un excellent communicant, c’est sa force, mais elle lui fera faire des erreurs, des erreurs graves »

par Gilles publié dans : Actualité politique
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Mercredi 7 mai 2008

Et attendant mon article sur la perverse cordialité entre Sarkozy et Chirac...

par Gilles publié dans : Actualité politique
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Mercredi 7 mai 2008

Il y a tellement de choses à dires dans l’actualité politique – là par exemple, j’aimerais bien vous parler de Nicolas Sarkozy qui en a profité pour enfoncer Chirac devant des parlementaires UMP aujourd’hui ! – que j’en oublie un peu l’essentiel : parler de mon propre camp ! Alors, parlons du PS

Bertrand Delanöe, maire PS de Paris. Actuellement, rue de Solferino, les choses avancent lentement mais surement et 2012 est dans les esprits. On prépare l’après-Hollande avec un très probable duel Royal – Delanöe. A ce sujet, le maire de Paris a rédigé un texte qui se veut un texte de fond intitulé, « Clarté, courage, créativité ». A ce jour, il a recueilli près de 90 signatures dont celles de Michel Destot (député-maire de Grenoble), Harlem Désir (député européen), Lionel Jospin (ancien Premier ministre) et d’Elisabeth Guigou (députée de Seine-Saint-Denis)

 

 

Je ne peux m’exprimer sur ce texte dans la mesure où je ne l’ai pas encore consulté. J’espère pour autant que ce texte – comme son nom l’indique – respectera réellement ses engagements : si cette contribution doit apporter quelque chose de nouveau à la réflexion et au débat, alors ce texte est le bienvenu ! Si en revanche, ce texte doit servir de tremplin pour la course au Premier secrétariat, alors c’est bien dommage !

Actuellement, les regards sont jetés sur un probable « affrontement » Royal – Delanöe lors du congrès de novembre prochain. Certains, avides de « baston » comme on dirait chez moi, veulent dramatiser les choses, les envenimer un peu plus ! A ce petit jeu-là, le PS ne doit se disperser et se concentrer sur l’essentiel : la rénovation !

Ségolène Royal, présidente de la région Poitou-Charentes et ancienne candidate à la présidence de la République. La rénovation prend du temps et surtout du temps pour convaincre nos concitoyens que le PS s’engage résolument à leurs côtés. Pour autant, pour que le premier parti de gauche et de l’opposition puisse se faire entendre, il lui faut une figure de proue.

 

A ce stade, je préfère parler franchement : il faut un premier ou une première secrétaire qui devienne notre candidat(e) pour l’horizon 2012. Certains diront que c’est prématuré mais c’est comme cela parce que le temps du quinquennat l’exige désormais ! Quatre ans, c’est à la fois long et court et les Français ont besoin d’une visibilité, de quelqu’un qu’ils puissent identifier ! A ce titre, Ségolène Royal l’a bien compris en multipliant les initiatives envers les militants. Mais Bertrand Delanöe n’est pas en reste et je vous en dirai un peu plus lorsque j’aurai lu son texte d’une dizaine de pages.

Dès lors, je me rappelle des propos de Julien Dray qui avait déclaré ce matin sur France 2 :

Julien Dray, député PS de l'Essonne. 

"La solution de facilité, c'est de dire: allez, on met un chef, un vrai c'est lui qui va diriger le Parti socialiste et qui sera le candidat à l'élection présidentielle. Mon sentiment c'est que c'est droit dans le mur, ça",

 Je pense qu’il a tout simplement tort ! Choisir tout de suite une figure de proue pour 2012, ce n’est pas aller droit dans le mur : c’est le temps qui nous est imparti pour que les Français s’identifient à la fois au PS mais également à celui qui le dirige car diriger un grand parti, qu’on le veuille ou non, c’est prétendre plus tard à vouloir diriger la France ! C’est en cela que Julien Dray a tort parce qu’il n’intègre pas le temps du quinquennat ! Avec le quinquennat, c’est bel et bien l’Elysée qui donne son tempo et qui rythme la vie politique française. C’est regrettable, mais c’est ainsi !

Alors pendant ce temps-là au PS, on prépare le congrès et finalement, les bisbilles Royal – Delanöe, les ambitions de Moscovici, de Dray, de Valls ou de Machin importent peu ! Ce qui compte c’est que le prochain congrès soit véritablement un congrès historique : historique pour l’avenir du PS, historique dans le sens où le PS souhaite sortir d’une caricature bien souvent injuste (mais bien souvent justifiée malheureusement). Un congrès utile et serein mais aussi clair, courageux et créatif quoi !

par Gilles publié dans : La boîte à idées
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