Députés PS au Palais Bourbon. (www.liberation.fr) « En France, on n’a pas de pétrole, mais on a des idées ! » C’était le
slogan d’une campagne publicitaire du milieu des années 1970 au moment du premier choc pétrolier.
Ce fameux slogan peut aisément s’appliquer au… Parti socialiste, mon parti ! En effet, le principal parti de gauche n’est pas au pouvoir mais n’est pas dépourvu d’idées. Le problème, c’est qu’il est paresseux pour aller en creuser dans la boîte à idées et il a été tout particulièrement paresseux entre 2002 et 2007. En témoigne un article très intéressant et juste de Libération, daté de ce mardi.
Dans cet article, les penseurs et intellectuels de gauche font un constat sévère. Ainsi, le témoignage de Michel Wievorka, sociologue proche de Martine Aubry : «Ces cinq dernières années, au PS, l’humeur n’était pas à la réflexion de fond. S’il s’agit de suivre les sondages et de regarder ce que dit Paris Match, on n’a pas besoin d’idées. Et pendant que le parti pataugeait dans des problèmes de leadership, le lien s’est distendu (entre les intellectuels et les dirigeants du PS) …»
Il faut dire que ce fameux lien s’est distendu à partir des années 1990, ce qui n’est pas le cas quand on compare d’autres pays européens comme le Royaume-Uni par exemple : Anthony Giddens, spécialiste de la mondialisation, a joué pour beaucoup dans la ligne idéologique du New Labour en 1995, peu de temps après l’arrivée de Tony Blair à la tête du parti travailliste.
Le lien est distendu est cela est paradoxal puisque le PS ne manque pas d’idées, du moins de boîte à idées : en effet, outre le secrétariat aux études du parti, il y a la Fondation Jean-Jaurès créée en 1992 par l’ancien Premier ministre (et Premier secrétaire du PS) Pierre Mauroy, mais également la République des Idées de Pierre Ronsanvallon sans compter les divers think tanks – que je préfère appeler « Boîte à idées », c’est plus français !
L'économiste Thomas Piketty, proche de
Ségolène Royal. Le PS ne manque pas de boîtes à idées mais ne pense pas assez à puiser à l’intérieur de celles-ci ! Cela nous a fait défaut entre 2002 et 2007 et la
déconvenue de la dernière présidentielle nous oblige à nous creuser les méninges ! C’est ce que constate Thomas Piketty (économiste, professeur à l’EHESS et proche de Ségolène Royal) en
déclarant de façon lapidaire : «Depuis la défaite de Jospin, en 2002, personne n’ose rien dire sur rien de peur de se faire canarder par les petits camarades présidentiables. Résultat:
le PS n’a parlé de rien».
Pour autant, là où je ne suis pas tellement d’accord avec Thomas Piketty, c’est lorsqu’il dit ceci à propos de la déclaration de principes du Parti qu’il trouve « acerbe » : «Pathétique. Une fontaine d’eau tiède, des généralités insipides. Et c’est la même chose sur tous les grand sujets : retraites, santé, enseignement, impôt.» La déclaration de principes, comme son nom l’indique, ce sont des principes et cela ne nous interdit pas de réfléchir quant à la rénovation idéologique de notre parti. Dès lors, charge à nous de travailler de façon étroite avec les boîtes à idées sans pour autant oublier les militants que nous sommes !






Commentaires