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Vendredi 24 août 2007

Vendredi 24 août

 

Made in China

 

Hu-Jintao.jpgHu Jintao, président de la République populaire de Chine et secrétaire général du Parti Communiste Chinois (PCC) Impossible également de ne pas faire ce tour du monde sans parler de l’Empire du milieu. A vrai dire, il est impensable de ne pas parler de la Chine tant que cette dernière occupe une place de choix sur la scène mondiale.

 

La Chine fascine mais elle fait peur également. Elle fascine car on a là, une civilisation ancienne et connue, un certain génie mais elle fait peur également car la Chine entre dans plein pied dans la mondialisation et qu’elle fait déjà du mal à nos économies. Elle fait également peur car Dieu sait que ce pays est ambitieux et qu’il compte bien conquérir le leadership mondial.

 

Dès lors, une question s’est posée à nos chers dirigeants occidentaux : faut-il combattre ou s’accommoder de la Chine, ce pays au 1,3 milliard d’habitants ? La réponse fut toute trouvée notamment depuis le 11 septembre 2001 : la Chine semble du côté des nations combattant le terrorisme et c’est d’ailleurs à ce titre qu’elle justifie sa présence militaire au Tibet avec les dégâts et les conséquences que l’on sait.

 

On a également oublié que la Chine reste un pays peu regardant des droits de l’homme. Bon, vous me direz qu’il y a débat et certains d’entre vous diront que les Chinois n’ont pas à adopter notre vision occidentale des droits de l’homme et de la démocratie. Toutefois, il me semble que la peine de mort, la censure ou les arrestations arbitraires soient peu compatibles avec les droits de l’homme tout de même !

 

Si je vous évoque cela, c’est que dans moins d’un an, auront lieux les Jeux Olympiques de Beijing. A ce titre, j’aurai à démontrer dans un mémoire que je réaliserai en 3ème année à Sciences Po, que la Chine se servira de ses Jeux pour montrer une autre image : celle d’un pays à géométrie (très) variable. Officiellement, le régime est communiste mais officieusement, il est clair que l’idéologie communiste s’est faite la malle. Ou plutôt, on n’en a gardé que les aspects les plus répressifs et réactionnaires, dignes de l’époque maoïste. Aujourd’hui, on pourrait résumer la Chine à ceci : « Le communisme, c’est le communisme mais le capitalisme, c’est le capitalisme ! ». Aussi, la Chine semble adopter un compromis quelque peu historique, une sorte de capitalo-communisme qui lui permet de marquer des points précieux sur la scène internationale.

 

Toujours est-il que nos chers dirigeants occidentaux font preuve d’une grande hypocrisie tant à la question chinoise. On ferme les yeux sur la question tibétaine, il en est de même à propos de l’Ile de Formose (plus connue sous le nom de Taïwan) et au bout du compte, on s’accommode bon gré, mal gré des fameux produits « made in China » malgré un dumping social évident et scandaleux.

 

Il est clair que la Chine est le pays qui va compter dans les quinze prochaines années et il n’en demeure pas moins que les Jeux de Beijing serviront de vitrine politique et économique au régime communiste de Hu Jintao, l’objectif étant la crédibilité de l’Empire du milieu. Dès lors, faisons – nous occidentaux – comme si de rien n’était ! On oubliera ainsi qu’en Chine, les dissidents politiques sont purement et simplement éliminés, que la liberté de la presse se passe de commentaires, que ce pays refuse toujours de signer le protocole de Kyoto et que la peine de mort reste pratiquée en « grandes pompes ». Made in China comme on dirait ! Et pendant ce temps, je me promène sur la place Tienanmen où en juin 1989, des étudiants furent purement et simplement massacrés pour avoir seulement réclamé une plus grande libéralisation du régime !

manifestation-de-juin-1989.jpg

Un manifestant posté devant les chars, à Beijing, le 4 juin 1989 (une image émmimement célèbre !)

 

Pour aller plus loin :

 

Puisqu’on parle des Jeux Olympiques, je vous invite à consulter le site officiel des Jeux de Beijing 2008 en cliquant ici

par Gilles publié dans : Carnets d'été 2007
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Jeudi 23 août 2007

Jeudi 23 août

 

Sur la route des Indes

 

Si il y a bien un pays qui est incontournable sur Terre, c’est bien l’Inde. Pour preuve, il suffit de voir l’importance croissante de ce pays au milliard d’habitants sur les plans économiques et technologiques notamment. A cela, on pourrait ajouter le plan culinaire mais aussi culturel avec les fameux films « Bollywood » connus pour la musique à outrance et les histoires d’amour à dormir debout (Du genre, « Je t’aime, mais on ne se touche pas surtout ! Même pas un smack ! » (RIRES)) mais qui sont bizarrement très appréciées chez nous, allez savoir pourquoi !

 

Lakshmi-Mittal.jpg Lakshmi Mittal, indo-britannique, fondateur de Mittal Steel. De France, c’est un peu la vision que nous avons de l’Inde. Il n’en demeure pas moins que ce pays investit de plus en plus la scène internationale au point d’être considéré comme un pays avec lequel il faudra compter dans un avenir proche. Preuve en est, la saga Lakshmi Mittal. Cet homme, présenté comme l’une des plus grosses fortunes de l’Inde, s’est fait parler de lui en France pour sa tentative d’OPA sur l’entreprise sidérurgique Arcelor, l’an dernier. A ce titre, je ne me rappelle que trop bien de l’émoi qu’avait suscité l’initiative de Lakshmi Mittal au point même que le gouvernement De Villepin s’en mêle. La tentative a finalement réussi, Arcelor ayant eu plus une logique d’affaires que de patriotisme économique.

 

C’est cela l’Inde. Ces grands hommes d’affaires, capable de rivaliser avec les Occidentaux, de nouvelles classes moyennes qui n’ont rien à envier aux classes moyennes européennes ou américaines, des Silicon Valley à perte de vue… Mais pourtant !

 

Pourtant, il semble assez loin le rêve de Gandhi, le héros de l’indépendance de l’Inde, le 15 août 1947. Je dirais même que son rêve d’unification de son pays s’est évanoui à partir du moment où Indiens (de confession hindoue) et Pakistanais (de confession musulmane) ont consacré la partition de l’ancien Empire des Indes, sous la bénédiction de l’ancien pays colonisateur, le Royaume-Uni. Résultats des courses, l’Inde et le Pakistan sont deux pays qui ne cachent plus leur animosité envers l’autre et on craint que celle-ci mène à une guerre ouverte entre New Delhi et Islamabad, ce qui ne reste pas à exclure d’autant plus que ces deux pays détiennent l’arme nucléaire. 

Gandhi.jpg

 

Gandhi, surnommé "la Grande Ame" (1869 - 1948)

 

Il semble également loin le rêve de Gandhi, ce dernier souhaitant sortir son pays de la pauvreté. Bon, il est vrai que l’Inde connaît une croissance exponentielle à faire pâlir les capitales européennes. Pour autant, les inégalités n’ont jamais été aussi criantes sur le subcontinent indien malgré une classe moyenne en expansion. Qui plus est, derrière la modernité affichée de l’Inde, résiste toujours un fort conservatisme. Je vous évoquais, en guise d’introduction, des fameux films « Bollywood » (qui à la longue deviennent lassants surtout quand vous avez une cousine qui enchaîne avec ce genre de films toute la journée ! (RIRES)) dans lesquels sont racontées des histoires d’amour très allusifs, rien à voir avec nos histoires et scènes d’amour très suggestives ou carrément explicites. C’est qu’en Inde, la pudeur fait légion et ce que tout se qui est suggestif est considéré comme obscène. Ainsi, l’acteur américain Richard Gere en a fait la douloureuse expérience en se montrant en position délicate avec une actrice indienne, ce qui lui a valu des poursuites et des excuses publiques.

 

sonia-gandhi.jpg Sonia Gandhi, veuve de Rajiv Gandhi, petit-fils de Gandhi et leader du "Parti du Congrès" parti au pouvoir depuis juin 2004. Ainsi va l’Inde, un pays moderne mais rempli de conservatismes avec ces codes notamment dans la société. On peut ainsi faire l’allusion aux castes qui dominent et hiérarchise la société malgré une remise en cause de plus en plus évidente du gouvernement dirigé par le Parti du Congrès, parti fondé par Gandhi lui-même et dirigé par une des arrière-belle-filles, Sonia Gandhi. Pour cela, on s’emploie à une véritable politique de discrimination positive ayant pour but de casser les traditions et les conservatismes (rien à voir avec la discrimination positive à la Nicolas Sarkozy, véritable leurre)

 

Enfin, comment ne pas évoquer l’Inde sans parler du fleuve sacré, le Gange. Il s’agit d’un des fleuves des plus connus du monde mais aussi des plus pollués. Malgré tout, la tradition et la religion semblent prendre le dessus sur les questions de santé publique. Aussi, la question environnementale sera l’un des nombreux défis que l’Inde, future puissance mondiale et plus grande démocratie du monde devra répondre tout comme son voisin chinois. D’ailleurs, cela tombe bien puisque je traverse la chaîne de l’Himalaya pour atterrir à l’Empire du milieu.

 

A suivre

 

Pour aller plus loin :

 

Je vous conseille de visionner un documentaire qu’a consacré Stéphane Bern à ce magnifique pays lors de son émission estivale « Un autre monde » le 19 juillet dernier sur France 2, vidéo que vous pouvez louer ou acheter en VOD (Vidéo à la demande) en cliquant ici. Bonne lecture ! Sinon, vous pouvez toujours aller dans un restaurant indien, cela ne coûte pas cher et on y mange bien ! Pour ceux que cela intéresse, j'ai une excellante adresse à Paris mais aussi à Grenoble, vous n'avez qu'à me demander ! ;-)

par Gilles publié dans : Carnets d'été 2007
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Mercredi 22 août 2007

Mercredi 22 août

 

C’est la droite « bling bling » !

 

Couverture-de-Marianne-n--538.jpgCouverture du numéro 538 de Marianne du 17 août 2007 (www.marianne-en-ligne.fr) Bon soyons honnêtes ! La droite a changé ! Fini la bonne droite de papa. Une droite conservatrice, gaulliste et pas dans ses baskets. Voici une nouvelle droite. Certains l’appelleront « Jet Set » (ce qui est vrai), moi, je préfère l’appeler « bling bling ». Cela sonne plus.

 

Une droite « bling bling » qui se la pète, qui fait comme si c’était la première fois qu’elle accédait aux responsabilités. Une droite qui ne jure que par la communication. Une droite – ou plutôt un homme – qui s’affiche avec people et paillettes, star du petit écran (TF1 de préférence, mais pas seulement, vous en avez pour tous les goûts), une droite – ou plutôt un homme – qui est présente aussi dans Le Figaro qu’à Gala ou Voici.

 

La droite « bling bling ! » C’est assez drôle tout de même car si on y réfléchit, on s’aperçoit que ceux qui la compose sont présents sur la scène politique depuis des années. Vous savez, les Alliot-Marie, Borloo, Fillon, Sarkozy et Cie. Pour palier et faire plus « djeun » on affiche la diversité, de façon ostensible avec Rama Yade et Rachida Dati, nouvelles égéries de la maison UMP. On y pratique l’ouverture également avec des personnalités se disant de gauche, histoire de ne pas trop culpabiliser sur le fait qu’ils ont fait cocu à des gens qui, eux, se sentent vraiment de gauche (je veux parler des militants).

 

Une droite « bling bling » qui n’hésite pas à faire de gros bras d’honneur à ceux qui lui font pourtant confiance. « Gagner plus en travaillant plus ? ». Chiche ! Mais cela n’empêche pas notre cher président de la République de passer ses vacances dans une luxueuse villa dans une station balnéaire huppée des Etats-Unis. Si on applique sa maxime, a-t-il vraiment mérité de telles vacances si on pense surtout que l’action de Nicolas Sarkozy ne se résume qu’à travers une communication à outrance ?

 

Une droite « bling bling » qui est plus ou moins arrogante. En réalité, cela n’est pas une nouveauté en soi. De son temps, le RPR (ancêtre (?) de l’UMP) savait aussi s’y prendre pour jouer les « monsieur je sais tout ». L’ancien Premier ministre (1993 – 1995), Alain Juppé, en est d’ailleurs un expert ! Mais là, on n’hésite plus à afficher sans doute, certains allant même jusqu’à qualifier leurs adversaires de jolis mots tel que « salope » par exemple (Enfin, c’est juste un exemple !)

 

Bref, c’est une droite « bling bling » qui se la pète comme on peut le voir sur la couverture de Marianne, en guise d’illustration. Cette droite fait la belle alors que durant ce temps, on a un Premier ministre (Il s’appelle comment déjà ?) qui sert de plante verte, un Président de la République qui est aussi, président de l’UMP, ministre de l’Intérieur, ministre de la Justice et accessoirement supporter du Tour de France.

 

Dès lors, je m’interroge. Où est le débat de fond, le débat d’idées ? Il est aussi parti en vacances ? Parce que là, cela commence à devenir inquiétant ! A ce rythme, les aventures de Cécilia risquent de devenir la série à succès durant ces cinq prochaines années !  

par Gilles publié dans : Carnets d'été 2007
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Lundi 20 août 2007

La République des clandestins

 

Lundi 20 août

 

Suite à l’article que j’ai consacré à la Françafrique, Khadija – une camarade de lycée – m’a envoyé le message suivant : « Un petit documentaire qui va surement t’intéresser ! » et ce, avec le lien adéquate.

 

Après visionnage du documentaire, je vous invite à voir La République des clandestins, film réalisé pour France 5 et diffusé en octobre 2006. On y montre la réalité et l’envers du décor de l’immigration clandestine subsaharienne, immigration composée d’hommes qui risquent leur vie et font table rase de leur passé (au risque de trouver la mort, malheureusement) dans le simple espoir de croire en des jours meilleurs et à l’eldorado européen.

 

Un documentaire à voir, en cliquant ici !

 
Gilles

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Immigrés clandestins recueillis au large de l'ile de Lampesuda en Italie

par Gilles publié dans : Carnets d'été 2007
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Dimanche 19 août 2007

« Dis papa. C’est quoi la Françafrique ? »       

 

Dimanche 19 août 2007        

 

Nicolas-Sarkozy-en-compagnie-du-pr--sident-de-la-R--publique-du-Gabon--Omar-Bongo.jpgNicolas Sarkozy en compagnie du président de la République du Gabon, Omar Bongo (www.lepoint.fr) Suite à mon article consacré à l’Afrique, j’ai voulu prolonger ma réflexion sur le continent noir en évoquant notamment un système qui ne devrait plus exister, du moins sous sa forme actuelle.

 

En juillet dernier, mes parents et moi sommes tombés sur une chaîne de télévision un peu particulière car vachement militante. Il s’agit de Zalea TV, chaîne qui a mystérieusement disparue. Qu’a cela ne tienne, nous nous sommes rattrapés sur 3A TéléSud (chaîne disponible sur le Canal 95 de la Freebox). Dans les deux cas, on parlait d’un système plus ou moins paternaliste, plus ou moins équitable, plus ou moins corruptible, plus ou moins néocolonial : la Françafrique.

 

« Dis papa, c’est quoi la Françafrique ? ». Cette question, je ne l’ai jamais véritablement posée à mon père, ce dernier me parlant de ce système dès que j’étais en âge de comprendre. Ce qui m’a surpris, c’est l’émergence de plus en plus claire de sujet, notamment sur le plan politique et économique. Ce qui me surprend également – et agréablement je dois dire – c’est que la Françafrique est évoquée au grand jour, sans tabou par les médias. Cela m’amuse au passage, car le grand public à l’air de découvrir un système qui existe, en réalité, depuis les indépendances (formelles) des Etats africains francophones.

 

La Françafrique, c’est quelque peu la contrepartie aux indépendances politiques et économiques pour lesquelles les leaders politiques africains se sont battus. C’est à mon sens, la trahison de la France envers des Etats qui ne cherchaient qu’à s’inspirer du modèle et des valeurs démocratiques de l’hexagone. C’est enfin un système qui rend économiquement dépendant les ex-colonies francophones. En gros, les règles du jeu sont inégalitaires.

 

Il y a encore dix ans, on n’aurait pas parlé ouvertement de la Françafrique et de ceux qui ont été au cœur, notamment les conseillers à l’Elysée spécialistes du continent, dont un des plus célèbres reste Jacques Focard, véritable faiseur de pluie et de beau temps dans les Etats africains francophones. Toujours est-il qu’il y a une prise de conscience qui émerge. Pour cela, il suffit de lire les nombreux ouvrages de François-Xavier Verschave mais aussi se référer aux actions menées par l’association Survie qui dénonce de tels agissements. Enfin, notons également les nombreuses conférences organisées à ce sujet par le Centre de documentation Inter-Peuples de Grenoble (notamment la plus récente organisée en avril dernier : « Françafrique : le réseau Chirac – la relève Sarkozy ? »)

 

Il ne s’agit pas d’adopter une logique revancharde ou de règlements de compte à mon égard. Seulement que certains de mes compatriotes comprennent les véritables enjeux et problèmes du continent noir. En effet, il saurait injuste de voir uniquement en l’Afrique, un continent miné par la faim, la guerre et le SIDA et dont sa population n’aurait qu’une seule ambition : immigrer pour piquer le pain des Français aux dires de certains. Qu’on se le dise : l’immigration massive des populations africaines n’est que la conséquence perverse d’un système qui vise, en une relation unilatérale, de protéger les intérêts de la France, de mon pays.

 

Un système qui ne peut se comprendre que si on se rappelle que ceux qui y ont participé – de près ou de loin – sont des « enfants de la colonisation ». En effet, dans les années 1960, un homme comme Jacques Chirac avait une trentaine d’années et un homme comme François Mitterrand, une cinquantaine. Aussi, le réflexe paternaliste prend le pas sur la volonté d’un véritable rapport bilatéral.

 

La France a une place en Afrique qu’on le veuille ou non. Néanmoins, ce sont les règles du jeu qui doivent être changées. Cela est d’autant plus nécessaire qu’un pays comme la Chine n’hésite plus à investir dans notre pré-carré afin d’amplifier son réseau d’alliance et d’influence. Aussi, si on parle de nouvel horizon dans les relations franco-africaines, cela doit pour autant dépasser le cadre des simples intentions. Nombreuses ont été les occasions manquées notamment en 1990 lors du sommet de la Baule mais aussi – dans un cas particulier – en février 2005 au Togo lors de la mort du général Etienne Gnassingbé Eyadema au pouvoir durant 38 ans. A ce titre, je reste toujours aussi sceptique par rapport à l’explication que m’a donné Michel Barnier – à l’époque ministre des Affaires étrangères du gouvernement Raffarin – à propos de la gestion de la crise togolaise lors de la conférence qu'il a donnée le 6 avril dernier à Sciences Po Grenoble. Comment en effet dire que l’élection présidentielle – qui a vu la victoire du fils du dictateur décédé (drôle de coïncidence, ceci dit en passant) – s’est déroulée dans de bonnes conditions alors que dans le même temps, on voyait des militaires s’emparer d’urnes électorales, certaines ayant même été découvertes bourrées. La colère des Togolais n’en était que prévisible et logique. 

Manifestation-du-24-avril-2005.jpg

Manifestations de Togolais après la victoire contestée de Faure Gnassingbé, lors du scrutin présientiel d'avril 2005.

 

La France doit garder un rôle de premier plan en Afrique tout en modifiant sensiblement les règles du jeu. Dès lors, j’observe ce que fera Nicolas Sarkozy. On peut effectivement penser que quelque chose peut évoluer dans le sens que c’est quelqu’un qui n’a pas connu « le temps béni des colonies » (pour reprendre les paroles d’un de ses amis, Michel Sardou. Toutefois, je reste extrêmement méfiant d’autant plus quand on sait que l’actuel locataire de l’Elysée est un ami personnel du président de la République Omar Bongo, véritable dictateur en son pays…

 

Aussi, si l’Afrique doit se prendre en main, elle ne peut le faire que si la France décide (enfin) de revoir les règles du jeu. Et si l’élan venait de la société civile ?

 

 

Pour aller plus loin :

 

Je vous recommande de visiter le site de l’association Survie, fondée par François-Xavier Verschave mais aussi de lire un article que j'avais rédigé en février dernier à l'occasion du dernier sommet franço-africain de Jacques Chirac

A lire également, les trois principaux ouvrages de ce dernier :

 

-          La Françafrique, le plus long scandale de la République (éd. Stock)

-          Noir silence : Qui arrêtera la Françafrique ? (éd. les Arènes)

-          Noir Chirac

 

PS : ci-joint, voici le résumé de Noir silence (livre publié en 2000), histoire que vous fassiez une certaine idée.

 

Couverture-du-livre-Noir-silence.jpgCouverture du livre "Noir silence" publié en 2000. Il existe un pays où, depuis son palais, le chef de l’Etat recrute librement des mercenaires et pilote des guerres civiles sur un autre continent.

Ce livre donne des noms, des dates, des témoignages.

                                             

Il existe un pays qui attise les conflits ethniques et déverse des armes sur des régions à feu et à sang, pour rester maître du seul vrai pouvoir : l’argent.

Ce livre raconte ces crimes sans tribunal.

 

Il existe un pays qui, pour défendre ses intérêts, autorise ses services spéciaux à d’allier, en terre étrangère, avec les réseaux mafieux et les milices d’extrême droite.

Ce livre recoupe les enquêtes en France et à l’étranger pour démonter l’engrenage.

                                           

Il existe un pays où un candidat à l’élection présidentielle, deux fois ministre de l’Intérieur, peut s’appuyer, en toute impunité, sur les circuits des casinos et des ventes d’armes.

Ce livre donne des clés pour comprendre son ascension et son pouvoir.

 

Il existe un pays qui, loin de ses frontières, truque des élections et couvre l’assassinat de ses propres coopérants.

Ce livre permet de comprendre la logique de ce monde absurde.

                                                         

Ce pays, c’est la France.

Le continent humilié, c’est l’Afrique.

Leur liaison incestueuse, c’est la Françafrique.

 

Comment en finir avec un aussi noir silence ?

François-Xavier Verschave.

par Gilles publié dans : Carnets d'été 2007
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