« Je suis tombé par terre, c’est la faute à Voltaire ! » Dans les Misérables de Victor Hugo, le jeune Gavroche prononçait ces paroles, juste avant de mourir.
S’il aurait existé au XXI° siècle, je pense qu’il aurait tout simplement pu prononcer ces mêmes paroles en les modifiant sensiblement pour autant ! Aussi, au lieu de dire à la fin, « c’est la faute à Voltaire ! », il dirait « c’est la faute à Bruxelles ».
En automne dernier, selon l’eurobaromètre TNS-Sofres, 60% de nos compatriotes considéraient que l’appartenance à l’Union Européenne est une bonne chose. On peut s’en réjouir à première vue. Toutefois, l’euroscepticisme n’a jamais été – à mon sens – aussi fort. Et parfois, on en arrive vraiment à des considérations limites « café du commerce » !
Preuve en est, le 31 décembre dans la journée. Je suis chez une copine et je discute avec son père de banalités. Nous en arrivons à l’Europe. Voici son opinion à propos de la construction européenne : « Ah l’Europe, c’est une arnaque ! Bon, je considère qu’on a fait la guerre avec les Allemands et qu’il fallait qu’on se parle, mais c’était pas une raison pour qu’on couche ensemble non plus ! » Avant d’aller plus loin : « Moi, je considère nous apporte rien ! J’ai voté contre la Constitution, il y a deux ans ! Et pourquoi on nous parle de la Belgique à la télé ? Moi, je suis Français ! Je m’en fous moi de la Belgique ! »
Alors lu comme cela, on pourrait dire que cela se passe de commentaires et que vous pouvez aisément me traiter de lâche car je n’ai pas défendu la cause européenne et que j’ai tout simplement acheté la paix sociale et sauvegarder l’amitié de mon amie pour laisser passer ce genre de préjugés (RIRES)
Toujours est-il que cette opinion – édifiante – montre à quel point, le déficit d’Europe est criant au sein de nos concitoyens ! En effet, en dépit de ce sondage, les préjugés à propos de la construction européenne restent forts. Et il faut bien avouer que nos chers responsables politiques (toutes tendances politiques confondues) n’ont rien fait pour arranger les choses !
En effet, lorsqu’une difficulté se présente pour un gouvernement – de droite comme de gauche – ce dernier a la faiblesse (je dirais plutôt, la paresse intellectuelle) de dire : « Oui, mais comprenez, c’est l’Europe qui veut cela ! », l’Europe que l’on désigne comme une personne désincarnée, cette Europe des bureaucrates qui nous veut tant !
François Mitterrand (à l'époque président de la République française) et Helmult Kohl
(à l'époque chancelier de la République fédérale d'Allemagne), à Verdun en 1984. Toutefois, la construction a apporté énormément des choses et surtout nous permet de poursuivre une
aventure extraordinaire et d’atteindre un idéal : créer l’union (je l’espère politique) d’un continent sans heurts et sans affrontements et avec consentement des Etats. C’est cela la plus
grande fierté qu’on devrait avoir, nous Européens et il est vraiment dommage et regrettable que nos dirigeants politiques n’insistent pas assez sur ce côté positif de la construction
européenne !
La construction européenne n’est pas parfaite et l’Union
Européenne également. Toutefois, l’aventure mérite d’être poursuivie. Ce qui suppose qu’on associe les peuples à l’aventure européenne afin que celui élargisse son champ de supporters. Dès lors,
si l’Europe et ses promoteurs ne souhaitent plus rencontrer de déconvenues et des idées toutes faites, nous devons tout d’abord, communiquer autrement sur l’Europe. C’est tout l’objectif du
Mouvement Européen France et des Jeunes Européens France, notamment en Isère. A ce titre, Sciences Po Grenoble participe au concours Newrope qui a pour objectif justement de faire aimer l’Europe
à nos concitoyens.
PS : je vous invite à cliquer sur ce lien et posez-vous la question suivante : « Qu’est-ce que l’Europe n’a jamais fait pour nous ? »
Le député UMP du Vaucluse, Thierry Mariani à l'Assemblée
nationale. Dans le numéro de VSD à paraître prochainement, le député du Vaucluse, Thierry Mariani revient sur la mort des deux adolescents de Villiers-le-Bel et se demande alors
pourquoi ces derniers ne sont pas enterrés en France. Avant d’enfoncer le clou – et donc d’aggraver son cas – :
Si le député Mariani voulait se montrer intelligent,
il devrait tout d'abord respecter le deuil des familles, des familles qui cherchent à connaître la vérité et qui demandent un peu plus de respect !
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