Les Américains ont toujours un temps d'avance sur nous, notamment dans le cadre des séries télévisées. Pour preuve : 24 heures chrono - diffusé en alternance sur Canal + et TF1 - et Commander in Chief sur M6. Leur point commun ? Un chef de l'Etat qui sort des schémas ordinaires : dans "24 Heures Chrono", le président (dans les trois premières saisons) est noir. Dans Commander in Chief, c'est... une femme. Aussi, les Américains semblent toujours une longueur d'avance sur nous. La réalité rejoint-elle la fiction ? Cette question mérite d'être posée aux vues des personnalités politiques démocrates qui se présentent à l'investiture de leur parti en vue de la présidentielle de 2008.

Barack Obama, sénateur démocrate et candidat à l'investure de son parti pour l'élection présidentielle de 2008 (www.lemonde.fr)Je ne sais pas si Barack Obama est un fan du "Président Palmer" (un des héros de 24 heures chrono) mais il ne serait pas étonnant qu'il s'en soit inspiré. Sur le site de Liberation, le quotidien de Laurent Joffrin s'est demandé si les Américains étaient prêts à élire un Noir à la Présidence. Je ne pense pas que le problème soit là d'autant plus que les Noirs américains se placent de plus en plus à des postes importants au sein de la société américaine.
Barack Obama se présente comme un candidat post-racial et cherche à être le représentant de tous les Américains et non uniquement de la communauté noire. Jeune sénateur de 45 ans, Barack Obama a des positions assez particulières puisqu'il est favorable à la peine de mort comme il milite en faveur de l'avortement. Ses challengers démocrates soulignent son manque d'expérience, chose qu'il convoit volontiers mais pourrait se transformer en atout. De plus, il est opposé dès le départ à l'intervention américaine en Irak réclament un retour des "boys" à la maison. Barack Obama ne joue pas donc réellement sur sa couleur de peau et ses lacunes peuvent bien devenir des atouts notamment face à une ancienne First Lady, Hillary Clinton.

Hillary Clinton (à droite) en compagnie de son époux, l'ancien Président des Etats-Unis, Bill Clinton, et de sa fille Celsea (www.votehillary.org)La sénatrice de New-York possède un atout solide (qu'on pourrait appeler de "prestige") : elle fut First Lady entre 1992 et 2000. Stratégique, elle a, qui plus est, gommé son image de "libéral" (gauchiste, dans le sens anglo-saxon) notamment en soutenant l'intervention américaine en Irak et en se montrant modérée sur la question de l'avortement. Toutefois, ses prises de positions lui ont faire perdre des points du côté de l'opinion publique américaine même si elle a exprimé selon ses propres mots, un "mea-culpa". Aussi, est-elle décidé de se lancer dans la course à la Maison Blanche.
Aussi, la réalité rejoint-elle la fiction. Quelque qu'en soit le candidat qui sera investi lors de la convention démocrate d'août 2008, la présence de Obama et de Clinton montre une certaine évolution dans une société américaine toujours aussi complexe.
par Gilles
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Près de deux heures de discours pour une - véritable - entrée en campagne réussie. N'ayant pas pu aller à Villepinte, je suis resté chez moi et j'ai suivi le discours-programme de notre candidate, Ségolène Royal. Elle savait obstinément qu'elle était attendue au tournant aussi par ses adversaires que par ses partisans. Elle ne devait en aucun déçevoir, et ce qu'on peut dire, c'est qu'elle a surpris. Agréablement surpris.

Ségolène Royal, hier à Villepinte, devant plus de 16 000 militants (www.liberation.fr)
Je n'entrerai pas dans le détail de son discours puisqu'un article y sera spécialement consacré. Touujours est-il que la députée des Deux-Sèvres s'est clairement marqué à gauche tout y mettant un certain réalisme. Ainsi, a-t-elle commencé la présentation de son "pacte présidentiel" en évoquant la Dette. Pour être franc avec vous, j'ai été quelque peu surpris, mais cela fut une bonne surprise dans la mesure où elle a évoqué ce problème avec réalisme, preuve qu'elle compte bien évoquer cet épineux dossier lors du débat présidentiel.
Devant près de 16 000 militants et symphatisants socialistes, et devant une famille socialiste rassemblée comme jamais, Ségolène Royal nous a livré une vision de notre pays, sa conception de la République et du pouvoir. Ce que je retiens avec force dans son discours, c'est sa franche et ferme volonté de prendre à bras le corps la question des banlieues. Là, j'ai eu le sentiment que Ségolène Royal ne s'adressait pas aux Français en tant que candidate à la présidentielle, mais en tant que mère, évoquant l'éducation qu'elle a donné à ses propres enfants. Ségolène Royal s'est montré d'une grande franchise et d'une forte sincérité que j'ai ressenti.
Ségolène a plaidé pour une France métissée et colorée, acceptant son héritage multiple. Elle est la seule à avoir clairement condamné l'esclavage, le qualifiant de crime contre l'humanité et a évoqué le terrible génocide rwandais de 1994 dont bizarrement nos responsables politiques (aussi bien de droite que de gauche) en font peu mention. C'est en tant que patronne et chef de file que Ségolène Royal a défendu son "pacte présidentiel", les commentateurs politiques s'accordant même pour souligner que son grand oral fut quelque peu réussi.

Aussi, a-t-elle marqué un grand coup. Néanmoins, je vais faire preuve de prudence car si France-Soir titrait, "Ségo, c'est gagné", je reste quelque peu mesuré. Ségolène doit encore convaincre et mener campagne jusqu'au bout afin de s'imposer. Cela suppose également que la famille socialiste et alliée doit rester soudée, tous derrière notre candidate. Ségolène a donné l'impulsion à nous de marquer l'essai.
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