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Vendredi 2 février 2007

 Je viens d'apprendre que notre cher président de la République avait gaffé à propos de la crise nucléaire iranienne en déclarant qu'il "ne serait pas tellement dangereux que l'Iran puisse avoir l'arme nucléaire". Voici, pour ceux qui auraient échappé à ce qu'il aurait dit, l'intégralité de ses déclarations aux journalistes du Nouvel Observateur, du New York Times et du International Herald Tribune :

"Je dirais que ce n'est pas tellement dangereux par le fait d'avoir une bombe nucléaire - peût-être une deuxième un peu plus tard, bon... ça n'est pas très dangereux. Mais ce qui est dangereux, c'est la prolifération. Ca veut dire que si l'Iran poursuit son chemin et maîtrise totalement la technique électronucléaire, le danger n'est pas dans la bombe qu'il va avoir, et qui ne lui servira à rien... Il va l'envoyer où, cette bombe ? Sur Israël ? Elle n'aura pas fait 200 mètres dans l'atmosphère que Téhéran sera rasée" (Jacques Chirac, 29 janvier 2007)

En première lecture, on pourrait effectivement penser que le chef de l'Etat a commis une bourde. Toutefois, il semble avoir posé un problème essentiel.

Bien évidemment, si le régime islamique de Téhéran devait détenir sa première bombe atomique, cela serait quelque peu fâcheux et donc potentiellement dangereux tant qu'on est en face d'un régime qui est instable et imprévisible - ce qu'il faut nuancer néanmoins. Cependant, la prolifération est tout aussi dangereuse et sur ce point que le président de la République aurait dû insister. C'est d'ailleurs l'enjeu qui se joue dans l'affaire du nucléaire iranien. La prolifération est tout aussi dangereuse que d'avoir la bombe atomique en elle-même. Je dirais même - au risque de choquer certains - que la prolifération est plus dangereuse que la détention de l'arme nucléaire. Réfléchissez un peu : la prolifération nucléaire, c'est avant tout la transmission de la technologie nécessaire à la construction d'armes nucléaires et à ce jeu, une puissance nucléaire telle que l'Iran pourrait jouer au plus offrant notamment face à des organisations terroristes de tout bord qui n'hésiteront pas débourser de l'argent pour acquérir une telle technologie.

Un Iran nucléaire serait un coup dur pour la stabilité mondiale. Toutefois, avoir une bombe atomique peut rapidement devenir un handicap dans la mesure où l'utilisation est quelque peu inutile. Franchement, vous pensez sérieusement que si l'Iran détenait l'arme nucléaire, il l'enverrait immédiatement sur Israël sans en mesurer les conséquences ?

Aussi, je demeure partagé sur la bourde. En est-ce réellement une ? Parce que mine de rien, Jacques Chirac a quelque peu vu juste. Comme quoi, je reste philosophe lorsqu'on accusait Ségolène Royal de méconaissance sur le dossier iranien lorsqu'elle avait déclaré que l'Iran ne devait en aucun cas accéder à la technologie nucléaire. A ce titre, elle a été radicale dans ses propos, c'est le moins qu'on puisse dire, mais finalement la plus lucide.

par Gilles publié dans : International
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Vendredi 2 février 2007

Meeting participatif et enthousiasmant hier soir à la Halle Clemenceau. Notre candidate à la présidentielle, Ségolène Royal, a pris part au quatrième et dernier débat participatif de sa campagne consacré à la jeunesse. Près de 4000 personnes se sont déplacés pour l'occasion, 600 personnes ayant même dû attendre près d'une heure pour certains avant de pouvoir entrer, les portes étant closes à 19h pour des raisons de sécurité.

Ségolène Royal, hier soir à Grenoble (Halle Clemenceau) (www.lemonde.fr)

C'était la première fois que je participais à des débats participatifs et on était tous là : les militants socialistes et MJS bien sûr, une bonne partie de Sciences Po, des membres de "Ségosphère". N'oublions pas les politiques tel que : Michel Destot (député-maire de Grenoble), Jean-Jack Quéranne (président de la région Rhône-Alpes), Chirstiane Taubira (députée PRG de Guyanne), Jean-Louis Bianco (co-directeur de campagne), Patrick Menucci, Razzye Hamidi (président du MJS) et pour finir Bruno Juillard (président de l'UNEF).  Bien évidemment, tout le monde n'a pas pu avoir la parole et s'adresser directement à Ségolène - comme j'aurais, moi-même, aimé le faire - mais l'essentiel était là : qu'elle ne manque pas son RDV avec la jeunesse et je crois sincèrement qu'elle ne l'a pas loupé.

Les militants socialistes et MJS en train de chauffer la salle en attendant l'arrivée de Ségolène Royal, vers 18h30 (photo prise de mon téléphone portable)

Les jeunes sont exigeants et nous en attendons beaucoup de nos responsables politiques. En effet, il y a urgence : à ce titre, un intervenant avait utilisé le terme de "génération précaire", ce qui souligne toute notre difficulté de pouvoir exister à part entière au sein de cette société. Il fut également question des jeunes originaires de banlieue et pour ceux qui suivent régulièrement mon blog, vous savez que cette question me tient à coeur. A ce sujet, Ségolène Royal en a profité pour s'en prendre au ministre-candidat Nicolas Sarkozy en condamnant sa méthode et son traitement de la crise des banlieues de novembre 2005 en déclarant : "On pourra envoyer tous les bataillons de police et de gendarmerie que cela n'y changera rien, par les mots de la provocation, rien n'est réglé".

Ségolène Royal a martelé tout au long de ce meeting-débat, sa volonté d'être la "Présidente de la République d'une France métissée et colorée", d'une France qui affronte une fois pour toutes son passé colonial - évoquant au passage, l'esclavage comme crime contre l'humanité. A ce titre, elle a cité Djamel Debbouzze et Diam's à côté du philosophe Paul Nizan. Je pense qu'elle est tout simplement sincère dans ses aspirations et il est beaucoup plus enthousiasmant de voir quelqu'un vous tendre la main que de vous stigmatiser en permanence.

Alors il y a toujours les grincheux, les sceptiques et ceux qui considèrent qu'il n'y a rien de nouveau. Toutefois, Ségolène Royal a tout de même proposé des mesures touchant de près les problèmes qui touchent une majeure partie des jeunes : la création d'une carte-jeune santé, la contraception gratuite pour les jeunes jusqu'à l'âge de 25 ans, le permis de conduire offert à tous les apprentis, l'allocation autonomie afin que nous puissons tous suivre notre vie étudiante dans de meilleures conditions. Certains diront que c'est la "petite politique". Hé ben, je m'inscris en faux que ces mesures ont pour ambition de répondre au mieux à nos préoccupations.

Rien n'est parfait et tout peut être critiquable si on cherche bien mais je crois sincèrement que Ségolène Royal prend peu à peu en assurance et construit peu à peu sa stature de chef d'Etat. Elle a voulu prendre le temps, le temps d'écouter. Comme le disait Razzye Hamidi - le président du MJS -, il faut avoir de l'humilité pour écouter le peuple. Tracer une ligne directrice et se poser en guide, en chef de file, cela ne suffit plus. Il faut remettre les citoyens dans le jeu politique et c'est à cela que Ségolène s'est employée même si la tâche est quelque peu hardie. L'actuelle présidente de la région Poitou-Charentes commence à donner des coups, ce qui me manque de toute façon indispensable si elle souhaite faire taire les nombreuses accusations sur ses supposées incompétences. Elle sait également qu'elle sera attendue le 11 février prochain, date à laquelle, elle devra présenter ses orientations pour le pays, ce qui témoigne aussi de l'attente et de la confiance que nos concitoyens sont prêts à accorder à Ségolène - comme le reste de la gauche - qu'elle ne doit pas déçevoir ce jour-là.

Il est bien sûr encore trop tôt mais je pense que la campagne de Ségolène Royal repart de plus belle. Effectivement, il y a eu des mauvaises passes mais cela, c'est le classique même d'une campagne. Rien n'est joué et celui ou celle qui s'amuserait à donner le nom du prochain locataire de l'Elysée serait surpris. Ségolène Royal considère la jeunesse comme une chance et c'est avec elle que je souhaite construire un désir d'avenir durable.

NB : je tiens à préciser que je n'ai pas pu garder le drapeau du MJS que j'ai du le restituer (SNIF)

par Gilles publié dans : Vie militante, vie(s) locale(s)
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