Continent maudit ?
Mardi 14 août
A mes lecteurs
Mon tour du monde se poursuit et rassurez-vous, je tiens le rythme. Il faut dire que ces derniers temps, j’ai été en mode « HP 7 » (Harry Potter and the Deathly Hollows si vous préférez). Je viens de terminer le livre et pour ceux qui avaient la flemme de lire dans la langue de Shakespeare, un conseil : réservez votre journée du 26 octobre et courrez chez votre libraire ! Le livre est tout simplement génial (RIRES).
Mais après cette page promotionnelle, place maintenant à un sujet beaucoup plus sérieux qu’il concerne un continent qui me tient à cœur : l’Afrique.
Gilles
Vue générale de Lomé, capitale du Togo (avec au centre, la Place de l'Indépendance) Il m’était impossible pour moi de
faire ce tour du monde virtuel sans poser le pied en Afrique et notamment au Togo, un pays très important puisque c’est là où se trouvent une partie de mes racines. J’ai en effet, une partie de
ma famille qui vit là-bas et c’est, tout de même, l’occasion de leur rendre une petite visite. C’est aussi l’occasion de vous parler d’un continent qui me tient à cœur :
l’Afrique.
On pourrait en dire sur l’Afrique, vraiment en dire ! Une Afrique multiculturelle, multiethnique, une Afrique diverse. D’Europe, on a souvent une vision caricaturale du continent noir entre compassion et répulsion, entre paternalisme et idées reçues. Au passage, cela me fait bien rire. N’est-ce pas cet imbécile de Charles Trenet qui avait sorti du temps de son vivant : « les Africains sont de grands enfants ? ». Ou certains de dire : « Les Africains, ceci », « l’Afrique, cela », la famine, la guerre, etc. etc.
Alors l’Afrique, continent maudit ? Continent maudit par les guerres, le colonialisme, la Françafrique et autres formes d’ingérences politiques ? Continent maudit et menacé par le réchauffement climatique et le SIDA ? Alors, on pourrait voir le verre à moitié vide et baisser les bras, se dire que le continent noir ne fait que vivre qu’une tragédie et qu’on n’y peut rien.
Il y a quelques semaines, Nicolas Sarkozy déclarait à Dakar (Sénégal) que l’Afrique devait se prendre en main. Cela est effectivement le cas et pour une fois, je suis d’accord avec le Président de la République. Mais où il y a divergence, c’est entre le discours et la méthode. Nombre de fois, les Africains ont entendu les discours volontaristes des différents chefs d’Etat français et nombre de fois la déception fut au rendez-vous. L’enjeu est quelque peu simple : on ne peut prôner le développement pour le continent africain et en même temps, tirer à profit du potentiel africain. Autrement dit, on nous peut se permettre de promettre le développement et parler démocratie et dans le même temps, mettre volontairement à mal l’économie et le système politique de la plupart des pays africains, notamment francophones.
Le Togo en est l’exemple évident. Durant trente-huit ans, ce pays a été dirigé d’une main de fer par le général Etienne Gnassingbé Eyadema et ce, avec la bienveillance de la diplomatie française toutes tendances politiques confondues. Aussi lorsque Gnassingbé Eyadema meurt en février 2005, quelle n’a pas été ma surprise d’entendre Jacques Chirac – à l’époque chef de l’Etat – déclarer : « Je perds là un ami personnel ! ». Mais cela est finalement (bien) peu par rapport à cette autre (et vieille) déclaration : « La démocratie est un luxe pour les pays africains ».
Le continent africain a de précieux atouts mais qui restent assez mal exploités en raison notamment d’un système – la Françafrique entre autres – qui infantilise davantage les pays francophones anciennement colonies françaises. Si le continent africain doit prendre son avenir en main, cela ne peut se faire sans une réelle indépendance et non factice, comme c’est réellement le cas actuellement. Pour illustrer mes propos, je peux évoquer le cas du Franc CFA qui reste une devise bien dépendante de l’Euro tout comme elle l’était avec le Franc Français.
Alors l’Afrique, continent maudit ? Cela est à fortement nuancer d’autant plus que le berceau de l’humanité – hé oui, il ne faudrait pas l’oublier – est en train de bouger. Certains pays comme l’Afrique du Sud ou bien encore le Maroc n’ont plus grand-chose à envier aux pays occidentaux. Qui plus est, la jeunesse constitue une force redoutable pour un tel continent face à une Europe qui ne cesse de vieillir.
Aussi lorsque Nicolas Sarkozy invite les Africains et – notamment les
plus jeunes – à se prendre en main, je dis « chiche ». Toutefois, le président de la République ne peut se permettre de jouer sur deux tableaux : nous jouer « Sarkozy, l’ami
de l’Afrique » et jouer « Sarkozy, père fouettard de l’immigration choisie ». A ce propos, j’ai toujours considéré que le meilleur moyen d’en finir avec l’immigration était peu
être d’arrêter un système : la Françafrique. Mais cela, c’est une autre histoire que j’aurai l’occasion de vous raconter ultérieurement.
A suivre (Prochaine destination : l’Inde. Viendront ensuite, la Chine, la Turquie, les Pays-Bas et une petite surprise !)

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