A mes lecteurs
Poursuite de mon tour du monde virtuel avec pour nouvelle destination, le Chili. Bon, je fais de mon mieux pour tenir le rythme de croisière. Cela est quelque peu difficile car je fais un job d’été quelque peu fatiguant – je suis magasinier aux entrepôts des Galeries Lafayette à Paris – avec des horaires de dingue et une sieste post-taf devenue quasi rituelle, en raison de la charge énorme de travail, et ce jusqu’au 31 août. Mais bon, c’est pour la bonne cause (RIRES)
Et maintenant, place au Chili !
Gilles
Mercredi 1er août
A la croisée des chemins
Santiago, capitale du Chili. Mercredi 1er août, 14h30.
Après ma virée nipponne, je débarque à Santiago, capitale du Chili, huit ans après y être venu pour la première fois. C’était en août 1999. A cette époque, je participais avec la chorale des
Petits Ecoliers Chantants de Bondy à un festival international de chant choral organisé par la chorale des enfants de Vina del Mar, une ville située non loin de Valparaiso sur la côte
Pacifique.
Huit ans après, Santiago n’a pas changé. Une ville à l’américaine avec ses grandes routes, ses fast-foods et restaurants imposants – d’ailleurs pour vous raconter une anecdote, nous étions partis, ma famille d’accueil et moi, manger un soir dans un restaurant… chinois ! Faut le faire quand même, soit disant en passant ! – la grande ambassade américaine, la Cordillère des Andes tout près… Non le Chili que j’ai visité en 1999 n’a pas changé. Et pourtant, il n’a jamais autant fait parler de lui, notamment ces derniers mois.
En effet, depuis janvier 2006, le Chili vit une sorte de révolution douce. En effet, une femme – Michele Bachelet – dirige un pays réputé comme le plus machiste de l’Amérique latine. Pour vous en convaincre, j’aimerais vous rappeler que le Chili est encore très catholique (comme j’ai pu moi-même m’en rendre compte) et que le divorce fut longuement interdit et je ne vous parle même pas de l’avortement qui est tout simplement prohibé. Aussi, quelle n’a pas été la surprise et finalement l’avancée majeure qu’a constitué l’arrivée de la socialiste Michele Bachelet à la tête de la Modena (le palais présidentiel, ndlr) d’autant plus qu’elle symbolise l’avenir mais aussi le sombre passé de son pays.
En effet, le Chili, ce fut aussi les années de dictature du général
Augusto Pinochet qui se sont traduites par une liberté de la presse plus que rognée, des opposants malmenés, des exils forcés et un néo-libéralisme qui a laissé des traces. A mon sens, le Chili
est à la croisée des chemins car ce dernier doit faire face à son passé sombre d’autant plus que les partisans de l’ancien dictateur ne cachent pas leur admiration pour ce dernier, bien au
contraire ! A ce titre, j’ai été quelque peu surpris de la réaction de ses partisans à l’annonce de sa mort, le 11 décembre dernier.

Augusto Pinochet - dans les années 1980 - ancien général et dictateur du Chili, décédé le 11 décembre 2006
A titre personnel, je me suis toujours demandé ce que pouvait ressentir un Chilien ayant vécu les années Pinochet. Cette question, je me suis l’a même posé la première fois que je suis venu au Chili en 1999. Malheureusement, je n’ai pas pu en savoir plus en raison notamment de la barrière de la langue mais aussi du fait qu’à 15 ans, il y a certains sujets qu’il faut soigneusement éviter. Aujourd’hui, je me la pose toujours cette question à tel point que j’avais fait un petit exposé sur le Chili des années post-Pinochet en conférence de méthode d’Espagnol cette année.
Mais bon, revenons au sujet ! (RIRES). Je pense qu’effectivement, le Chili est à la croisée des chemins car il s’inscrit de plein pied dans la modernité, il n’en demeure pas moins que le passé est là, bien pesant. Pour preuve, les familles des victimes de l’opération Condor réclament des comptes et les pros et antis Pinochet s’affrontent régulièrement depuis la départ de l’ancien dictateur du pouvoir en 1990. Aussi, lorsqu’on parle de Michele Bachelet – qui, au passage, s’exprime dans un excellant français – je me dis qu’elle a une lourde tâche à accomplir : inscrire son pays dans la modernité économique, sociale et sociétale tout en affrontant le passé et ce, sans haine, ni revanche, ce qui est loin d’être évidant surtout lorsque comme elle, on a été victime de la dictature et que sa famille en a payé un lourd tribut.
Vous l’aurez compris, j’ai une affection particulière pour le Chili
un pays qui a de multiples défis à relever. Je pense que ce pays arrivera à en finir avec ses vieux démons et je crois qu’il est sur la bonne voie depuis l’avènement de Michele Bachelet au
pouvoir. Alors, il ne me reste plus qu’à quitter Santiago, pour me rendre sur la côte Pacifique à Valparaiso, en espérant de ne pas attraper froid (hé oui, c’est l’hiver austral
là-bas !)

Michele Bachelet, présidente de la République du Chili, lors de son élection en décembre 2005
A suivre (Prochaine destination : l’Afrique du Sud)
PS : en guise de conclusion, je voulais vous faire un petit cadeau avec un sketch des Inconnus, « Les Frères Garcia ». Pour en savoir plus, cliquez ici. Cela en vaut la peine d’autant plus qu’il est drôle et court.

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