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Lundi 28 août 2006

23 août. Eglise Saint Bernard à Paris. A l'intérieur, 300 immigrés en situation irrégulière présents depuis bientôt deux mois. A l'extérieur, des cars remplis de policiers. L'évacuation est immimente. Auparavant, le ministre de l'Intérieur avait insisté : "Avec humanité et coeur".

Le récit est écrit au présent mais les évènements sont bien antérieurs. Il y a tout juste dix ans, le 23 août 1996, après deux mois d'occupation, Jean-Louis Debré - alors ministre de l'Intérieur du gouvernement Juppé - avait ordonné l'évacuation des 300 sans-papiers malgré une grève de la faim et la mobilisation de personnalités de la société civile, l'actrice Emmanuelle Béart et le professeur Schartwzenberg en tête. Cette évacuation avait à l'époque provoqué une forte émotion dans l'opinion qui a exprimé son mécontentement à l'égard du gouvernement.

Dix ans après, l'histoire semble se répéter. La droite est de nouveau aux affaires et la place Beauveau a changé de locataire, la politique en matière d'immigration semble être la même qu'il y a dix ans mais en pire.

L'ambitieux ministre d'Etat semble vouloir prendre à bras le corps le dossier de l'immigration en menant une politique active. Politique active? Certes, mais dans un curieux mélange des genres.

En effet, on ne peut s'empêcher de rappeller que derrière le ministre de l'Intérieur, se cache le président de l'UMP mais aussi le très probable candidat à la succession de Jacques Chirac. Aussi, il s'agit de séduire son électorat mais aussi celui des autres (l'extrême-droite principalement) et montrer que le problème est traité au sérieux.

Mais quel sérieux?

L'actuel ministre cherche à démontrer qu'il mène une politique courageuse et accuse l'inertie des précédents gouvernements. Mais de qui se moque-t-on? Au contraire, Nicolas Sarkozy met en avant une vision manichéenne de l'immigration ("Immigration choisie", "Ceux qui n'aiment pas la France ne se gêne pas pour la quitter", etc.), ce qui est peu flatteur pour quelqu'un qui prétend à la magistrature suprême.

Les récents évènements - expulsion d'enfants immigrés scolarisés en France, évacuation du squatt de Cachan... - démontrent bien que la question de l'immigration n'est pas mieux traitée depuis 2002 que depuis bientôt 25 ans et ne peut se targuer d'être le pays des droits de l'homme si à côté les immigrés en situation irrégulière sont traités avec irrespect. La question ne peut être traité par des mesures spectacle et éléctoralistes - on peut en effet s'interroger sur les raisons de l'évacuation du squatt de Cachan à près de neuf mois de la présidentielle - car au bout du compte, Nicolas Sarkozy ne règle rien et ne fait qu'attiser les tensions et les rancoeurs.

L'épisode de Saint Bernard est une piqûre de rappel et nous montre qu'on ne rester indifférent face à une politique qui ne prend pas en compte les immigrés eux-mêmes. Le mouvement Réseau Education Sans Frontières (RESF), les nombreux parrainages républicains envers des enfants scolarisés menacés d'explusion sont une réponse à une situation insupportable et non cautionnable. Néanmoins, dix ans après Saint Bernard, il est de plus en plus urgent de traiter avec humanité et sérieux la question de l'immigration. Rappelons-le : on ne quitte jamais sa terre d'origine par plaisir et si on le fait c'est qu'on espère des conditions de vie meilleures. Aussi, il faut mettre en avant une véritable et ambitieuse politique de développement à l'égard de l'Afrique subsaharienne notamment en coopération avec les Etats concernés, ce qui au passage signifie également, une rupture totale et complète avec cette politique néo-coloniale qu'est la France-Afrique. L'heure n'est plus aux voeux pieux et aux rêves mais à l'action volontariste, c'est ce titre que nous pourrons mieux répondre au défi de l'immigration tout en donnant les clés du développement à des pays qui ne souhaitent qu'une chose : sortir du chaos.

                                         23 août 1996 : des policiers évacuent un immigré de l'Eglise Saint Bernard (Paris)

 

par Gilles publié dans : Actualité politique
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Lundi 28 août 2006

Du 25 au 27 août dernier, s'est tenu à la Rochelle (Charente-Maritime), la traditionnelle université d'été du PS sous l'oeil de quelques 3000 militants.

Cette université marque avant tout le lancement de l'année politique de la principale formation de gauche dans un contexte de rivalité et de compétition entre présidentiables. En effet, il s'agissait pour chacun de compter ses troupes avant le grand dénouement de novembre prochain, date à laquelle les 200 000 militants désigneront le ou la candidat(e) pour la prochaine course à l'Elysée. Aussi, que retenir de cette université?

On a beaucoup insisté sur la compétition entre (futurs) présidentiables ce qui est, à mon sens, assez regrettable. En effet, l'université d'été en elle-même - lieu de réfexion et de débats - a été éclipsé au profit de la course à l'investiture au sein de mon parti. C'est dommage puisque un projet existe bel et bien - je vous invite d'ailleurs à le consulter sur le site du PS (voir rubrique "Liens") - mais il semble être moins vendeur pour les journalistes que la course entre présidentiables.

Pour autant, on ne peut que se réjouir de l'affluence de militants et de symphatisants à La Rochelle. 3 000 pour une fréquentation habituelle de 2000 adhérants. Preuve qu'au bout du compte, l'actualité du PS intéresse toujours.

Cette université fut celle des remises aux points avant tout notamment entre présidentiables et à ce jeu, c'est Ségolène Royal qui tient la corde. Toujours favorite des sondages, l'actuelle députée des Deux Sèvres et présidente de la région Poitou-Charentes est chez elle en terrain conquis. Durant la durée de l'université, elle a joué d'habileté en se présentant comme présidente de région (à l'occassion du colloque regroupant les chefs d'exécutifs régionaux), ce qui ne lui a pas empêché de lancer quelques petites piques, ici ou là.

L'autre temps fort fut sans doute le retour - officiel, c'est sûr - de Lionel Jospin - sur la scène politique. Devant les militants du MJS et visiblement ému, l'ancien Premier ministre a fait une sorte de mea-culpa en revenant sur les causes de son fiasco en avril 2002 date de la dernière présidentielle. Ces explications étaient attendues depuis le... 21 avril 2002 et il semble bien que la blessure ne s'est totalement refermée. Ce mea-culpa suffira-t-il pour autant pour espérer briguer la candidature socialiste pour 2007? Rien n'est moins sur tant que les militants PS ont encore en souvenir son retrait annoncé de la vie politique. Mais revenir sur l'échec de 2002 est un premier pas décisif. Dans mon précédent blog (voir rubrique "liens") j'avais écrit ceci : "un retour [sur la scène politique] signifierait pour Jospin une rupture - ou plutôt un inventaire - sur lui-même. Osera-t-il faire son propre droit d'inventaire?" Je pense qu'il va dans le bon sens. Néanmoins, il lui reste fort à faire pour se montrer indispensable et montrer qu'il peut, face à la droite réactionnaire et intolérante de Nicolas Sarkozy, être un rempart efficace, ce qui suppose avant tout chose une réconcialiation avec certains militants et les sympathisants de gauche.

Après quelques inquiétudes et réflexion, je me montre assez optimiste pour la suite tant que nos chers éléphants - à commencer par le Premier secrétaire, François Hollande - ont conscience que leurs querelles ne font que perdre de l'énergie au parti. Quoi qu'il arrive, une dynamique ne met peu à peu en route et notre futur(e) candidat(e) aura la lourde tâche de l'amplifier. Il est aussi bon de rappeler que ce sont les militants (et eux seuls) qui trancheront et qu'ils seront en marche face à une droite qui ne respecte plus rien et dont les rivalités sont tout aussi exacerbées.

                               

De gauche à droite : Dominique Strauss-Kahn, Jack Lang et Ségolène Royal, lors de l'ouverture de l'université d'été, le 25 août à la Rochelle (17)

par Gilles publié dans : Actualité politique
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Lundi 28 août 2006

Avis aux lecteurs,

Cet article fut, pour la première fois, publié en décembre 2005 dans mon précédent blog dans lequel j'affiche mon appartenance politique. Toutefois, cela ne m'empêche pas d'être ouvert et de débattre avec autrui. Aussi, je vous laisse lire ce billet en espérant débattre avec vous prochainement par le biais des commentaires que vous me laisserez.

                                                                                               Cordialement,

                                                                                                                                               Gilles

2 décembre 2005

 

 

Cela commence par un symbole

                                                                                   

 

Le poing, c'est le combat que l'on mène tous les jours, en tant que citoyen, salairié, mère ou père de famille... C'est lutter pour améliorer son quotidien et celui de ses proches.
La rose, c'est l'amour et la fraternité. C'est apporter une réponse humaine à nos préoccupations et celles de nos concitoyens. A la logique économique, du "laisser faire, laisser passer"  (Quesnay), la rose veut mettre en avant, la logique sociale.
 
"Il faut comprendre le réel, pour atteindre l'idéal" comme disait Jean Jaurès, l'un des pères du socialisme français. En cette année où le Parti Socialiste fête ses 100 ans, je crois sincèrement que c'est un objectif qu'il a toujours voulu et qu'il veut atteindre. Des critiques peuvent être formulées et certaines sont justifiées. Mais dire que le PS est un parti atone et n'ayant rien compris au vote du 21 avril 2002, ce n'est 1) pas lui rendre justice du rôle important joué par ce dernier durant les 25 dernières années 2) de le sous-estimer.
 
Le Parti Socialiste a un précieux potentiel qu'il n'a pas fini d'exploiter d'autant plus qu'il a la capacité de reconquérir tout ceux qui ont été déçus et qui subissent depuis plus de 3 ans, la politique réactionnaire de l'UMP - la plus virulente qu'on ait connu depuis une vingtaine d'années.
 
Seulement, il ne doit tomber dans le jeu de la surenchère politique car promettre à tout-va, c'est bien, être en accord avec ce qu'on dit quand on est au pouvoir, c'est autre chose. Les Français pourraient en tenir rigueur au PS de ne pas avoir été en accord avec ses promesses et avec ses actes, s'il revient au pouvoir en 2007.
 
C'est pourquoi, il me semble assez scandaleux d'accuser un PS frileux ou - pire - mou. Face à une droite qui se radicalise et qui nous entraîne en pré-révolution néo-libérale, le PS - et je le pense sincèrement - se veut pragmatique.
 
Etre pragmatique, c'est être frileux, c'est ne pas avoir de courage, d'avoir renoncé à vouloir "changer la vie"? NON
Etre pragmatique, c'est atteindre l'idéal en prenant compte des réalités actuelles (souvenez-vous de la citation de Jean Jaurès). Etre pragmatique, c'est vouloir sans promettre à tout va quand on est dans l'opposition et se retrouver désarmé quand on est au gouvernement. En un mot, être pragmatique, c'est être responsable.
 
C'est pourquoi - et je pense que vous l'aurez compris - j'ai décidé d'agir dans la vie politique en rejoignant le PS en octobre 2003. Depuis cette date, je suis militant en Seine Saint Denis et face à une droite qui prétend parler au nom des Français, de traduire ce qui'ls pensent, je veux exprimer ma voix discordante. Bien sûr - et je l'ai dit - de nombreux griefs peuvent être apportés au PS, mais force est de constater que le PS a la volonté de revenir au premier plan dans 18 mois et il le prouvera.
 
Vous me direz que je suis naïf, trop optimiste? Peut-être. Mais je reste persuadé que le PS peut créer la surprise en 2007, comme il l'a fait en 1997 et dans une moindre mesure en 1995 (année où la santé du mouvement était bien précaire!). Pour autant, les socialistes doivent oser, se montrer davantage audacieux et surtout bousculer les préjugés.
 
Sur ces dires, j'attends vos commentaires avec impatience. N'hésitez pas à vous exprimer et à apporter vos critiques.
par Gilles publié dans : Le fil rouge
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