Quelle surprise ! Ce matin, en me préparant pour aller en cours, j’entends sur France Info, que vingt préfets vont être purement et simplement convoqués par
le ministre de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du Co-développement, Brice Hortefeux, pour le motif suivant : « non-remplissage des quotas de reconduite
d’immigrés hors de France ».

Brice Hortefeux - à droite - en compagnie de Nicolas Sarkozy, de Christian Estrosi et de Claude Guéant (en mars 2007) (www.lefigaro.fr)
Comme si cela ne suffit pas ! Messieurs la vingtaine de préfets qui n’avez pas rempli vos quotas d’immigrés à expulser, vous allez vous faire engueuler par le ministre Hortefeux mais qui rassurez-vous, se fera engueuler par le président de la République à son tour !
Hé oui, du chiffre, du chiffre et encore du chiffre, c’est cela la méthode Sarkozy, méthode qui fonctionne à merveille depuis le 6 mai 2002, date à laquelle il devient ministre de l’Intérieur. Le président de la République – par ministre interposé – n’a que l’obsession du résultat et tout est bon pour arriver, histoire de dire qu’on respecte ce qu’on dit ! Pour cela, rien, je dis bien, absolument rien ne doit gâcher la fureur sarkozyste, au risque de compresser un peu plus les fonctionnaires et serviteurs de l’Etat.
Un tel procédé me choque quelque peu car cela sous-entend que faire du chiffre semble plus nécessaire que d’agir avec humanité. Si le président de la République n’entend pas régulariser massivement les personnes en situation irrégulière, il entend en revanche les expulser de façon massive ! D’où les quotas, ce qui met d’ailleurs à mal, toute volonté de traiter les dossiers au cas par cas. Autrement dit, on ne fait pas dans le détail.
Le rôle du préfet est de représenter et de servir l’Etat. Néanmoins, doit-il être le père fouettard ou
bien encore un robot de la puissance publique au point d’appliquer de façon bête et méchante les directives du ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale ? Là encore, la
présidence Sarkozy cherche à nous faire croire qu’elle agit, elle fait des effets d’annonce pour mieux s’assurer l’électorat d’extrême droite devenu sarko-idolâtre. Pour autant, cette culture
du chiffre et du résultat ne peuvent que mettre à mal la mission des préfets au point que ces derniers préféreront remplir les charters (et donc leurs quotas), plutôt que d’agir avec
professionnalisme et cœur. Qui plus est, on ne peut que craindre un renforcement des contrôles d’identité et des traques contre les sans-papiers, ce qui ne sera que la conséquence d’une
pression toujours aussi forte du ministère de l’immigration, culture du résultat oblige.
Aussi, le président de la République – par ministre interposé – joue encore et toujours dans la communication. Malgré tous ses efforts, je crains fort bien qu’il ne soit encore plus stupide
qu’il ne soit réellement (Ou plutôt que certains de nos concitoyens soient encore plus naïfs qu’ils ne sont réellement). Vous pourrez toujours faire du chiffre, remplir vos quotas,
engueuler certains préfets pour les inciter à devenir de véritables « Inspecteur Javert », il n’en demeure pas moins que tant que vous n’aurez pas traité la racine du problème que
constitue l’immigration clandestine, vous aurez beau faire, le problème restera sans solutions.
Et le problème en question s’appelle la Françafrique !


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