« Bernard s’en va-t-en guerre, Bernard s’en va-t-en guerre, Bernard s’en va-t-en guerre, nul sait quand il reviendra ! »
Bon, si j’étais un peu plus méchant, j’aurais pu chanter la version originale. Seulement, Mabrouk, cela me fait plus penser à un
nom de chien, genre le gentil toutou à son maître ! Mais peu importe ! Voilà donc Bernard Kouchner, notre cher ministre d’ouverture des Affaires étrangères et européennes qui a
récemment exprimé sa volonté de guerroyer en Iran contre le méchant président et ce, aux côtés du président américain, Georges Walker Bush, tout content de trouver quelqu’un qui veuille s’occuper
de la salle besogne !

Nicolas Sarkozy et Bernard Kouchner à New York, lors de l'Assemblée générale des Nations Unies (www.liberation.fr)
Kouchner va un peu à contre courant et il est clair que ses déclarations peuvent provoquer le tollé pour quelqu’un qui se déclare encore comme socialiste (mais bon, passons à propos du vocable). Toutefois, il a le mérite de penser tout haut à une telle éventualité. Néanmoins, son imprudence verbale montre à quel point il serait hasardeux pour les puissances occidentales – Etats-Unis en tête – de s’engager en Iran et surtout à quel point on est quelque peu hypocrite sur ce dossier à l’égard de l’ancienne Perse.
En effet, Nicolas Sarkozy – un autre va-t-en guerre à ses heures perdues – avait clamé haut et fort, à l’Assemblée Générale des Nations Unies la semaine dernière, sa volonté de ne pas voir l’Iran se doter de l’arme nucléaire. Bon, il est vrai que voir un Iran islamique détestant tout ce qui est occidental, méprisant certains droits fondamentaux et haïssant Israël se doter de l’arme nucléaire, voilà qui mettrait le désordre dans la région, c’est le moins qu’on puisse dire ! Toutefois, il convient gentiment de rappeler que du temps du Shah – l’ancien empereur d’Iran d’avant la Révolution islamique qui date de 1978 – 1979 – la question du nucléaire faisait loin de faire désordre, bien au contraire !
A ce titre, il convient de rappeler que la France avait participé avec l’Iran du Shah Reza Phalavi au financement d’un programme de nucléaire civil et du programme EURODIF (un programme d’enrichissement d’uranium). A ce propos, la France avait même formé des physiciens iraniens. Dès lors, cela ne posait aucun souci dans la mesure où le régime du Shah – qui était bien peu respectueux des Droits de l’Homme – était un allié fidèle du camp occidental en ces temps – pas si éloignés que cela au bout du compte ! – de Guerre Froide. Mais depuis 1979 et l’avènement de la République islamique, les temps ont évidemment changé.
Aussi, quelle sera l’attitude des Etats occidentaux, si – dans l’hypothèse peu probable d’un Iran démocratique et pro-occidental – Téhéran réclame sa volonté d’acquérir le nucléaire à des fins militaires ? Autrement dit, il est bien évident que c’est la nature même du régime iranien qui incite les capitales occidentales à se montrer ferme face aux ambitions et aux provocations de Téhéran au sujet du nucléaire. Dès lors, il convient de régler cette question de la façon la plus minutieuse possible et non en jetant des boules puantes comme l’a maladroitement fait notre cher ministre des Affaires étrangères et européennes.
Ainsi, Kouchner s’en va-t-en guerre. C’est bien pour lui mais mesure-t-il réellement les conséquences de telles paroles ? Alors, il peut toujours courir et mettre un T-shirt avec pour inscription « Gare au gorille », cela ne fera pas plus effrayer le régime iranien bien au contraire !
Mais en fait, c’est qui le gorille ?
Jean-Louis Borloo, ministre d'Etat chargé de
l'Ecologie et du développement durable en compagnie de Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d'Etat et des membres du Grenelle de l'Environnement, le 25 juin dernier (
Brice Hortefeux, ministre de l'Immigration, de l'Identité nationale, de l'Intégration et du Co-développement. Suite à mon article sur
la loi Hortefeux – quatrième loi sur l’immigration votée par la droite depuis sa présence aux affaires en 2002 – j’ai voulu prolonger le débat.

Alors que faire ? Que faire face à des gens qui imaginent l’Europe – par extension l’Occident – comme étant la nouvelle frontière, le nouvel Eldorado ? Que faire
lorsque l’Europe – il faut le dire – est débordée par ce que Michel Rocard qualifiait de « misère du monde » ?
Brice Hortefeux, ministre de l'Immigration, de l'Intégration, de l'Identité nationale et du
Co-développement. Quand on dit que la France est le pays des Droits de l’Homme, j’ai parfois envie de sourire car plus le temps passe, plus je me dis qu’on devrait avoir honte de
s’arroger un tel titre.
Lionel Jospin en mars 2007, lors d'un meeting de soutien à Ségolène Royal (www.lefigaro.fr)
Lundi dernier, Libération traitait en une : « Jospin flingue Royal », l’ancien Premier ministre (1997 – 2002) sortant un livre intitulé
« L’impasse » et dans lequel il n’est pas avare de mots durs pour notre ancienne candidate à l’élection présidentielle, c’est le moins qu’on puisse dire !

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