Dimanche 30 septembre 2007

« Bernard s’en va-t-en guerre, Bernard s’en va-t-en guerre, Bernard s’en va-t-en guerre, nul sait quand il reviendra ! »

 

Bon, si j’étais un peu plus méchant, j’aurais pu chanter la version originale. Seulement, Mabrouk, cela me fait plus penser à un nom de chien, genre le gentil toutou à son maître ! Mais peu importe ! Voilà donc Bernard Kouchner, notre cher ministre d’ouverture des Affaires étrangères et européennes qui a récemment exprimé sa volonté de guerroyer en Iran contre le méchant président et ce, aux côtés du président américain, Georges Walker Bush, tout content de trouver quelqu’un qui veuille s’occuper de la salle besogne ! 

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Nicolas Sarkozy et Bernard Kouchner à New York, lors de l'Assemblée générale des Nations Unies (www.liberation.fr)

 

Kouchner va un peu à contre courant et il est clair que ses déclarations peuvent provoquer le tollé pour quelqu’un qui se déclare encore comme socialiste (mais bon, passons à propos du vocable). Toutefois, il a le mérite de penser tout haut à une telle éventualité. Néanmoins, son imprudence verbale montre à quel point il serait hasardeux pour les puissances occidentales – Etats-Unis en tête – de s’engager en Iran et surtout à quel point on est quelque peu hypocrite sur ce dossier à l’égard de l’ancienne Perse.

 

En effet, Nicolas Sarkozy – un autre va-t-en guerre à ses heures perdues – avait clamé haut et fort, à l’Assemblée Générale des Nations Unies la semaine dernière, sa volonté de ne pas voir l’Iran se doter de l’arme nucléaire. Bon, il est vrai que voir un Iran islamique détestant tout ce qui est occidental, méprisant certains droits fondamentaux et haïssant Israël se doter de l’arme nucléaire, voilà qui mettrait le désordre dans la région, c’est le moins qu’on puisse dire ! Toutefois, il convient gentiment de rappeler que du temps du Shah – l’ancien empereur d’Iran d’avant la Révolution islamique qui date de 1978 – 1979 – la question du nucléaire faisait loin de faire désordre, bien au contraire !

 

A ce titre, il convient de rappeler que la France avait participé avec l’Iran du Shah Reza Phalavi au financement d’un programme de nucléaire civil et du programme EURODIF (un programme d’enrichissement d’uranium). A ce propos, la France avait même formé des physiciens iraniens. Dès lors, cela ne posait aucun souci dans la mesure où le régime du Shah – qui était bien peu respectueux des Droits de l’Homme – était un allié fidèle du camp occidental en ces temps – pas si éloignés que cela au bout du compte ! – de Guerre Froide. Mais depuis 1979 et l’avènement de la République islamique, les temps ont évidemment changé.

 

Aussi, quelle sera l’attitude des Etats occidentaux, si – dans l’hypothèse peu probable d’un Iran démocratique et pro-occidental – Téhéran réclame sa volonté d’acquérir le nucléaire à des fins militaires ? Autrement dit, il est bien évident que c’est la nature même du régime iranien qui incite les capitales occidentales à se montrer ferme face aux ambitions et aux provocations de Téhéran au sujet du nucléaire. Dès lors, il convient de régler cette question de la façon la plus minutieuse possible et non en jetant des boules puantes comme l’a maladroitement fait notre cher ministre des Affaires étrangères et européennes.

 

Ainsi, Kouchner s’en va-t-en guerre. C’est bien pour lui mais mesure-t-il réellement les conséquences de telles paroles ? Alors, il peut toujours courir et mettre un T-shirt avec pour inscription « Gare au gorille », cela ne fera pas plus effrayer le régime iranien bien au contraire !

 

Mais en fait, c’est qui le gorille ?
par Gilles publié dans : International
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Dimanche 30 septembre 2007

Grenelle-de-l-Environnement.jpgJean-Louis Borloo, ministre d'Etat chargé de l'Ecologie et du développement durable en compagnie de Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d'Etat et des membres du Grenelle de l'Environnement, le 25 juin dernier (www.20minutes.fr) Qui ne connaît pas le fameux Grenelle de l’Environnement ? Si vous me dites que non, je dirai que vous êtes de mauvaise foi ! Bon, rassurez-vous, je vous titille. Toujours est-il que la question de l’environnement et du développement durable prend de plus en plus d’ampleur ces temps-ci et on ne peut que s’en réjouir.

 

Et dire que c’est parti, un homme : Nicolas. Non, il ne s’agit pas de Sarkozy qui n’a fait que suivre la tendance (comme les autres ex-candidats à la présidentielle d’ailleurs) mais de Nicolas Hulot, un des présentateurs vedette de TF1. Depuis son coup de poing sur la table, la question de l’énergie et du développement durable est partout : télé, ouvrages, films… et déclinée à toutes les sauces !

 

Comme je vous l’ai dit, on ne peut que se réjouir que la question de l’énergie soit enfin prise en considération. Aussi, j’en attends beaucoup de ce fameux Grenelle de l’environnement. Cette rencontre entre responsables agricoles, spécialistes et experts, gouvernement et citoyens ne doit en effet, ne pas s’inscrire comme une tendance, sorte d’énième plan de communication !

 

D’ailleurs, il semble bien que l’écologie soit devenue un énorme plan de communication pour être toujours aussi proche des gens. En effet, je vois mal comment on pourrait être en faveur du réchauffement de la planète ou nier la réalité de celle-ci (à moins de s’appeler Claude Allègre !) et, au contraire, jurer la main sur le cœur, de se préoccuper de l’avenir de nos enfants. Toutefois, il ne s’agit pas seulement de constater que « la maison brûle » – comme l’avait déclaré Jacques Chirac au sommet de la Terre de Johannesburg en 2002 – mais d’agir et ce, de façon intelligente !

 

Et c’est là que le bas blesse car si certaines propositions soumises au futur Grenelle de l’Environnement semblent quelques peu intéressantes – par exemple : réduire la vitesse de 10 km/h hors agglomération, favoriser l’énergie solaire… – certaines questions qui fâchent ne semblent toujours tranchées et Dieu sait que ce n’est pas demain. A ce titre, je pense au nucléaire civil, si cher au président de la République. Ferons-nous du nucléaire, l’énergie du XXI° siècle en dépit des inconvénients et des risques de cela implique ou bien suivrons-nous les Allemands qui développent de plus en plus les énergies renouvelables et propres ? Et surtout, Nicolas Sarkozy, dans ses choix – car pour ceux qui aurait oublié, un Grenelle de l’Environnement aura bien lieu mais c’est Sarkozy qui tranche comme d’habitude ! – privilégiera-t-il l’avenir de la planète ou encore les intérêts économiques de notre pays ?

 

Car il ne faudrait pas oublier que si le Grenelle de l’Environnement doit marquer un tournant (du moins, je l’espère), les affaires doivent continuer notamment pour nos champions nationaux tel qu’Aréva par exemple. Le président de la République voulant à tout prix privatiser le numéro un mondial du nucléaire, il aurait tout intérêt à privilégier la voie du nucléaire et ce, en connaissance de causes.

 

Ainsi va la question énergétique : tendance et remplie de bonnes intentions. Dès lors, je pense aux Verts qui sont les grands perdants de ce futur Grenelle puisqu’il a fallu qu’un présentateur TV tape du poing sur la table et fasse signer à certains un Pacte écologique pour qu’on se préoccupe soudainement de l’avenir de la planète. Certains diront que c’est tout aussi bien et que l’essentiel, c’est qu’on agisse enfin. Sans doute mais attendons voir car il ne s’agit pas de communiquer sur le fait qu’on agit mais de le faire réellement. Qui plus est, la question environnementale ne doit pas s’arrêter avec ce fameux Grenelle mais doit être traitée au-delà ! Dès lors, « la révolution écologique » que préconisait Dominique Voynet lors de la présidentielle ne doit pas être réduite en un plan de communication et tomber aux oubliettes. L’écologie, c’est un combat de tous les jours et pas seulement un sujet tendance !

par Gilles publié dans : Actualité politique
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Lundi 24 septembre 2007

Brice-Hortefeux-copie-1.jpgBrice Hortefeux, ministre de l'Immigration, de l'Identité nationale, de l'Intégration et du Co-développement. Suite à mon article sur la loi Hortefeux – quatrième loi sur l’immigration votée par la droite depuis sa présence aux affaires en 2002 – j’ai voulu prolonger le débat.

Aujourd’hui, il est clair que l’immigration est devenue un sujet majeur dans l’opinion française, sujet avec lequel, mon parti s’est souvent senti mal à l’aise entre une volonté généreuse – c’est-à-dire, une politique de régularisation massive – et une réalité à prendre en compte – c’est-à-dire, la nécessité de contrôler les flux migratoires.

Dire qu’on régularisera tous les sans-papiers, c’est être quelque peu démagogique et ne pas rendre service aux pays d’émigration. A ce titre, il est bon de préciser que Ségolène Royal s’était opposée à une régularisation massive et avait opté en revanche pour une politique de développement ambitieuse dans les pays concernés par ce drame que constitue – en quelque sorte – l’immigration. Dès lors, un clivage droite / gauche se redessine puisqu’à la différence de la droite, il s’agit de traiter les problèmes à partir de la racine.

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Immigrés clandestins au large de Mayotte

 

En effet, comment peut-on rester indifférent par rapport à des personnes qui risquent tout et lâchent tout au point de faire un trait sur leur passé, leur existence ? Comment se sentir indifférent lorsque des centaines d’hommes et des femmes osent traverser tout le continent africain pour espérer une vie meilleure ? Comment se sentir indifférent lorsque ces hommes et ces femmes n’ont plus rien à perdre et préfèrent se prendre une balle à la frontière marocaine à Ceuta au lieu de mourir de faim dans leurs pays ?

Alors certains comme Nicolas Sarkozy se prononcent en faveur d’une politique des quotas. Cela me fait rire mais aussi frémir car 1) on a l’impression d’entendre Jean-Marie Le Pen (il y a une quinzaine d’années) et 2) la politique des quotas ne risque pas d’améliorer la question du contrôle des flux migratoires, bien au contraire !

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Carte des flux migratoires

 

Là où le président de la République s’oppose à une régularisation massive car cela favoriserait un appel d’air, une politique de quotas aurait le même effet. En effet, allez dire à un immigré : « on veut 70 000 immigrés pour cette année », ce dernier n’aura plus qu’à se dire : « je n’ai plus qu’à tenter ma chance ! ». Autrement dit, au lieu de réfréner les candidats à l’immigration, la politique des quotas favoriserait davantage l’immigration clandestine. A ce titre, des pays comme l’Italie, le Royaume-Uni ou bien encore l’Espagne en savent quelque chose !

normal-giefem--1024x768--1.jpgAlors que faire ? Que faire face à des gens qui imaginent l’Europe – par extension l’Occident – comme étant la nouvelle frontière, le nouvel Eldorado ? Que faire lorsque l’Europe – il faut le dire – est débordée par ce que Michel Rocard qualifiait de « misère du monde » ?

L’ancien Premier ministre de François Mitterrand (1988 – 1991) disait : « La France ne peut recevoir toute la misère du monde », ce qui avait fait polémique et ce qui est vrai. Néanmoins, elle peut contribuer à la faire diminuer de façon significative. Cependant, cela ne peut se faire sans le concours des autres Etats de l’Union. Autrement dit, la question de l’immigration (principalement clandestine) doit être traitée au niveau communautaire et en collaboration avec les principaux pays concernés par ce phénomène migratoire. Mener une politique migratoire unilatérale et sans le réel concours des principaux pays d’Afrique n’a aucun sens surtout si il s’agit de « piquer » leur matière grise et se contenter de maintenir en place des chefs d’Etat, véritable dictateurs en leurs pays.

François Mitterrand disait – lors de ses vœux à la Nation le 31 décembre 1989 à propos des peuples d’Europe de l’Est– « Les peuples libérés ne demandent pas l’aumône mais des raisons de croire dans un régime de liberté et de justice, c’est-à-dire un certain modèle de vie au sein d’une société de droit ». La France et l’ensemble de l’Union Européenne peuvent jouer un rôle de premier plan. A ce titre, de plus d’une redéfinition des relations franco-africaines, la France peut être la tête d’un véritable Plan Marshall, idée déjà soutenue par l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair.

C’est de la crédibilité et de la mise en place d’une idée initiative que le continent africain sortira de l’ornière et que la question de l’immigration saura être réglée. Faire croire à nos compatriotes que la mise en place de test ADN et de quotas suffiront pour maîtriser les flux migratoires, cela reste un leurre, un clin d’œil au Front national et une insulte à des continents entiers dont on n’est pas mécontents lorsque ces derniers nous fournissent des matières premières ou lorsqu’on arrive à leur vendre des armes !

PS : le sujet étant vaste et complexe, je serai sans doute amené à l’évoquer régulièrement en traitant d’autres points ! A suivre donc !

PS 2 : je vous invite à regarder sur le site de France 5, l’émission de Serge Moati, « Ripostes », du 23 septembre, spécialement consacré à ce sujet. Parmi les participants au débat : Philippe Val, Patrick Veil, Christiane Taubira, Brice Hortefeux, Gaston Kelman et Eric Zemour. Cliquez ici! Bonne lecture !

 
par Gilles publié dans : La boîte à idées
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Vendredi 21 septembre 2007

Brice-Hortefeux.jpgBrice Hortefeux, ministre de l'Immigration, de l'Intégration, de l'Identité nationale et du Co-développement. Quand on dit que la France est le pays des Droits de l’Homme, j’ai parfois envie de sourire car plus le temps passe, plus je me dis qu’on devrait avoir honte de s’arroger un tel titre.

  Vous me direz que j’y vais fort, ce qui est vrai. Mais alors, comment accepter que mon pays ait adopté un énième projet de loi sur l’immigration – la loi Hortefeux – qui prévoit entre autres, la possibilité de tests ADN pour tout nouveau candidat à l’immigration ?

  Alors le gouvernement et les députés de la majorité ont prévu le coup en insistant sur le fait que ce test ne sera pas obligatoire et se fera sur la base du volontariat. Toutefois, entre le discours et la pratique, on a souvent de mauvaises surprises.

  Personnellement, je trouve cette mesure scandaleuse car une fois de plus, on stigmatise une population bien précise. En effet, nous savons tous que cette mesure concerne en premier chef, les immigrés en provenance d’Afrique subsaharienne et maghrébine qui devront, bien évidemment, prendre à leur charge ce fameux test. Je reste d’autant plus interloqué par cette mesure qu’un homme comme Jean Marie Le Pen n’aurait eu aucun mal à soutenir. Bref, on séduit l’électorat d’extrême droite, quelques temps avant les municipales, c’est quelque lamentable.

  Cela est d’autant plus lamentable que la loi Hortefeux – et l’amendement initié par le député UMP du Vaucluse, Thierry Mariani – ne prennent véritablement pas en compte certaines particularités. En effet, quelle est l’utilité de faire un test ADN pour un immigré africain ? Dans la tradition africaine, celui qui vous élève n’est pas forcément, celui qui vous met au monde ! Autrement dit, la notion de famille est bien plus large sur le continent noir qu’en Europe où les liens du sang sont exclusifs et les liens de parenté stricts.

  Aussi, l’UMP et le gouvernement font comme d’habitude : on fait dans la communication et on fait croire qu’on travaille alors qu’il suffirait tout simplement d’appliquer les lois déjà en vigueur. C’est tout de même hallucinant ! Pas moins de quatre lois sur l’immigration votées depuis 2002 et elles sont déjà inefficaces ? Non, la majorité adopte une attitude clientéliste visant à fidéliser les électeurs du Front national, fraîchement convertis au sarkozisme.

  C’est tout cela que je peste contre la loi Hortefeux qui ne contrôle en aucun cas la question de l’immigration. D’ailleurs, vous aurez beau à multiplier les lois d’un côté et jouer la coopération de l’autre, on ne règlera en aucun cas ce drame que constitue l’immigration, sinon le fait que fidéliser les électeurs du FN et d’épouser leurs idées. Aussi, je me dis parfois que le grand gagnant de l’élection présidentielle de 2007, ce n’est finalement pas Nicolas Sarkozy mais bien Jean-Marie Le Pen, du moins, ses idées !

  La question de l’immigration ne peut être contrôlée de façon unilatérale. Aussi, les pays émigrants doivent être associés davantage afin que cette question puisse être traitée sans arrières pensées électorales et sans drame. Néanmoins, cela suppose que les relations franco-africaines soient renouvelées et non plus au bénéfice de la France. Autrement dit, qu’on arrête de mettre à sac nos anciennes colonies en s’arrangeant de fermer la porte à ceux qui n’ont plus de perspectives dans leurs pays.

Tout est lié et il faut avoir le courage de le dire. Aussi, à ceux qui pensent qu’une énième loi suffira pour fermer la porte aux immigrés, vous vous mettez le doigt dans l’œil ! Et cela m’énerve d’autant plus que des personnalités de gauche présentes dans le gouvernement soient contraints et forcés de se taire par rapport à de telles mesures. Mais bon, qui ne dit rien consent !

par Gilles publié dans : Actualité politique
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Mercredi 19 septembre 2007

Je vous l’avoue, je n’avais pas envie d’en parler. Mais là, sa va un peu fort sur ce coup-ci ! Vraiment trop fort !

Lionel-Jospin-mars-2007.jpgLionel Jospin en mars 2007, lors d'un meeting de soutien à Ségolène Royal (www.lefigaro.fr) Lundi dernier, Libération traitait en une : « Jospin flingue Royal », l’ancien Premier ministre (1997 – 2002) sortant un livre intitulé « L’impasse » et dans lequel il n’est pas avare de mots durs pour notre ancienne candidate à l’élection présidentielle, c’est le moins qu’on puisse dire !

Je le répète encore une fois – au risque de radoter mais bon, faut croire que le message n’est pas passé chez certains ! – tout le monde est comptable de l’échec de Ségolène Royal dans ma formation. Je dis bien tout le monde. Aussi, si tout le monde pouvait concentrer en énergie à redynamiser le PS et à donner de nouvelles perspectives au lieu de tirer à boulets rouges sur l’ancienne députée des Deux Sèvres, on gagnerait en temps et surtout en crédibilité, merci bien ! N’est-ce pas Lionel, mais aussi Marie-Nöelle au bien encore Claude ?

Et cela m’énerve d’autant plus que j’ai une grande admiration et respect pour Lionel Jospin. Il reste pour moi un grand homme d’Etat, plus soucieux de l’intérêt de la France que du strass et paillettes. Aussi, si il exprimait des réserves sur la campagne de Ségolène, rien ne lui interdisait de s’exprimer, bien au contraire ! Mais non, on a laissé faire !

Qui plus est, la sortie de Lionel Jospin est quelque peu maladroite dans un contexte où mon parti panse ses plaies de la défaite, à un moment où les militants se rassemblent et que nous devons répondre aux mauvais coups du monarque Sarkozy. Pour celui qui ne voulait qu’un simple militant au lendemain de son échec de 2002, cela passe mal et notamment pour les militants. Des militants qui ont tranché en novembre 2006 dans une désignation officielle pour laquelle, Lionel Jospin a renoncé. Des militants qui ont mené campagne en toute loyauté envers Ségolène Royal, ces derniers se moquant éperdument des querelles de chapelles, le problème étant ailleurs.

Je suis quelque peu vindicatif, il est vrai et rien n’interdit à Lionel de s’exprimer. Toutefois, le faire avec une certaine rudesse, le faisant ainsi passer pour un sexiste, voilà qui ne peut que jeter le trouble.

Le PS a besoin de retrouver une meilleure vision et une meilleure crédibilité et ce n’est pas en tirant à boulets rouges sur Ségolène Royal que cela ira pour le mieux. Bien évidemment, si notre candidate avait remporté la présidentielle, tout le monde se serait empressé pour revendiquer sa part de responsabilité… dans la victoire !

Aussi, la sortie de Lionel Jospin laisse à désirer d’autant plus que nous avons besoin de son expérience d’homme d’Etat dans le processus de rénovation du PS. L’ancien Premier ministre le doit au moins à nous, militants socialistes, qui avons du encaisser cette horrible soirée du 21 avril 2002, soir durant lequel son action et ses mesures ont été balayées par la présence de l’extrême droite au second tour.


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Lionel Jospin et Ségolène Royal en août 2006, lors de l'université de La Rochelle (www.lefigaro.fr)

Mais qu’il se rassure car il ne sera pas le seul à subir mes critiques ! Je pense également à Marie-Noëlle Linemann mais aussi Jean-Luc Mélenchon ou bien encore Claude Allègre. Au lieu d’écrire des livres – qui ne serviront évidemment pas à financer le parti – vous feriez bien mieux d’apporter votre pierre à l’édifice afin que nous fassions une refonte en profondeur de notre mouvement et que nous répondions à des questions essentielles. Quant à Ségolène… vous feriez mieux de la suivre ! Elle est loin d’être parfaite – c’est sûr – mais elle au moins, a le mérite de réfléchir sur son échec !

par Gilles publié dans : Actualité politique
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