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Samedi 20 octobre 2007

Avec tous mes pépins informatiques du week-end dernier, j’en avais presque oublié cette information essentielle, à la fois cocasse mais aussi inquiétante et enfin méprisante.

 

Il y a quelques jours, MAM – pour Michelle Alliot-Marie – dévoilait sa solution miracle pour surveiller la banlieue et les questions de délinquance en banlieue. La solution, la voici :

 

 

bourget-drone.jpg
 

Pour ceux qui ne saurait pas ce que c’est ce truc, voici le drone, un avion sans pilote d’habitude utilisé par l’armée pour des missions d’informations et de surveillance. Je dis d’habitude car notre chère ministre de l’Intérieur – qui doit encore avoir un pied à la Défense ! – semble avoir eu l’idée ingénieuse de se servir de ces drones pour le but qui suit :

 

« Baptisé Elsa – Engin léger de surveillance aérienne - Ce projet vise, selon l’Intérieur, à répondre à trois types de mission : surveillance, de jour comme de nuit, de rassemblements ; aide aux forces de l’ordre lors de violences ; recueil d’informations avant une intervention délicate » (in Libération du 15 octobre 2007)

 

Pour faire simple, le gouvernement semble considérer que la banlieue, c’est désormais l’Iraq et que les habitants que nous sommes devons être traités comme des bêtes de foire. Pas mal pour une Droite dont un de ses représentants vante l’ouverture et dont sa secrétaire d’Etat à la ville – Fadela Amara – cherche à « redonner espoir à la banlieue ».

 

Avant qu’on redonne espoir à la banlieue comme le clame l’ancienne présidente de Ni Putes, ni soumises, il faudrait d’abord qu’on redonne des moyens à ma chère banlieue et ce n’est pas avec Elsa qu’on arrivera à s’attaquer à la question de la banlieue. Une telle initiative me fait penser que le gouvernement baisse les bras et considère qu’un avion sans pilote suffirait pour quadriller la banlieue. Mais enfin, la banlieue, ce n’est pas l’Iraq !

 

Le gouvernement affiche donc au mieux, son indifférence, au pire, son mépris pour la banlieue et ses habitants et MAM ne fait que poursuivre la politique initiée par son prédécesseur : une politique de dénigrement et d’affrontement où on considère que les flics ont bien mieux faire que de se rapprocher des habitants.

 

La banlieue a cruellement besoin de moyens et Dieu sait que l’actuel président de la République et anciennement ministre de l’Intérieur les a promis à nos chers élus locaux. Mais non ! On attend toujours en Seine-Saint-Denis, les effectifs de police qui restent insuffisants – un policier pour 400 habitants dans le 9-3 contre un policier pour 100 à Paris même si Paris est un cas particulier, bien évidemment. En Seine-Saint-Denis, certains maires – de droite comme de gauche – se battent pour avoir un commissariat dans leur commune, afin que les interventions de la police soient plus efficaces ! Mais non, on attend toujours les promesses de la place Beauvau.

 

Aussi, je me dis qu’Elsa reste la solution de facilité pour un gouvernement qui semble pour l’heure mépriser la banlieue. Cela me fait également à un film sorti il y a cinq ou six ans : Banlieue 13. Le synopsis est simple : le gouvernement, débordé par la question des banlieues, décide de construire un mur de séparation afin de laisser les ghettos se dépérir. Comme quoi, de Banlieue 13 à Elsa, il y a un pas.

par Gilles publié dans : Actualité politique
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Samedi 20 octobre 2007
Nicolas-et-C--cilia-Sarkozy.jpg Nicolas et Cécilia Sarkozy Fallait-il que je parle de Nicolas et de Cécilia ? Plus exactement, de leur séparation qui est désormais officielle ?

Il faut dire que j’ai quelque peu hésité avant de me lancer. Après tout, c’est leur vie privée et à titre personnel, le divorce des époux Sarkozy n’a vraiment que trop peu d’intérêt pour moi comme pour la majorité des Français d’ailleurs.

                           

Mais alors, pourquoi les médias ont évoqué ce divorce en long et en travers depuis au moins une quinzaine de jours ?

 

Il faut dire que si le porte-parole de l’Elysée, David Martinon, s’est trouvé moins bavard que son patron, il n’en demeure pas moins que Nicolas Sarkozy subit ce que j’appelle un « effet boomerang ». Souvenez-vous ! Avant d’accéder à l’Elysée, notre cher Nicolas avait mis en avant sa vie privée avec en premier plan sa femme, tous deux à la tête d’une famille recomposée, ce qui est également un élément de rupture si on se réfère à l’évolution de notre société française. Dès lors, il a placé sa famille comme un élément majeur devant servir à la conquête de la Présidence de la République.

 

Aussi, cela me fait un peu rire lorsqu’on évoque les peines de cœur de notre cher président dans la mesure où il est loin d’être innocent. En effet, sa vie privée est un moyen supplémentaire de communication, pour montrer à nos compatriotes qu’il reste proche d’eux et que lui aussi, il subit des difficultés conjugables comme n’importe quel Français. Politiquement et médiatiquement, cela ne mange pas de pain et contribuerait même à lui attirer de la sympathie. Dès lors, le divorce de Nicolas Sarkozy est quelque peu tout bénéfice pour l’actuel chef de l’Etat qui transforme cette simple information banale en diversion politique.

 

Il faudrait, en effet, rappeler que les bruits de couloir à propos du divorce des Sarkozy se faisaient de plus en plus entendre et que rien du côté de Cécilia Ciganer-Albeniz – c’est désormais sous ce nom qu’il faudra appeler madame Sarkozy – ainsi que de celui de l’Elysée n’a été fait pour faire taire la rumeur. Au contraire, l’annonce a été même planifiée afin que le divorce du couple présidentiel devienne le sujet principal, sorte de diversion par rapport à la mobilisation des cheminots et des agents de la RATP ainsi qu’EDF pour la défense de leurs régimes spéciaux.

 

Dès lors, si Nicolas Sarkozy subit un effet boomerang à force de montrer sa vie privée et de jouer l’opinion qui se préoccupe assez peu de ses problèmes de cœur, il n’en demeure pas moins que l’annonce de son divorce reste un avantage politique énorme. En effet, sa séparation reste un moyen de servir sa stratégie de la « rupture » et d’apparaître comme un homme neuf. Et quitte à ne pas être montré du doigt pour ses premiers déboires sociaux, on préfère évoquer sa vie privée, cela reste plus vendeur et finalement moins dangereux. ;) 

Caricature-Epoux-Sarkozy.jpg

Lors des retrouvailles du couple en août 2006

par Gilles publié dans : Actualité politique
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