Avec tous mes pépins informatiques du week-end dernier, j’en avais presque oublié cette information essentielle, à la fois cocasse mais aussi inquiétante et enfin méprisante.
Il y a quelques jours, MAM – pour Michelle Alliot-Marie – dévoilait sa solution miracle pour surveiller la banlieue et les questions de délinquance en banlieue. La solution, la voici :

Pour ceux qui ne saurait pas ce que c’est ce truc, voici le drone, un avion sans pilote d’habitude utilisé par l’armée pour des missions d’informations et de surveillance. Je dis d’habitude car notre chère ministre de l’Intérieur – qui doit encore avoir un pied à la Défense ! – semble avoir eu l’idée ingénieuse de se servir de ces drones pour le but qui suit :
« Baptisé Elsa – Engin léger de surveillance aérienne - Ce projet vise, selon l’Intérieur, à répondre à trois types de mission : surveillance, de jour comme de nuit, de rassemblements ; aide aux forces de l’ordre lors de violences ; recueil d’informations avant une intervention délicate » (in Libération du 15 octobre 2007)
Pour faire simple, le gouvernement semble considérer que la banlieue, c’est désormais l’Iraq et que les habitants que nous sommes devons être traités comme des bêtes de foire. Pas mal pour une Droite dont un de ses représentants vante l’ouverture et dont sa secrétaire d’Etat à la ville – Fadela Amara – cherche à « redonner espoir à la banlieue ».
Avant qu’on redonne espoir à la banlieue comme le clame l’ancienne présidente de Ni Putes, ni soumises, il faudrait d’abord qu’on redonne des moyens à ma chère banlieue et ce n’est pas avec Elsa qu’on arrivera à s’attaquer à la question de la banlieue. Une telle initiative me fait penser que le gouvernement baisse les bras et considère qu’un avion sans pilote suffirait pour quadriller la banlieue. Mais enfin, la banlieue, ce n’est pas l’Iraq !
Le gouvernement affiche donc au mieux, son indifférence, au pire, son mépris pour la banlieue et ses habitants et MAM ne fait que poursuivre la politique initiée par son prédécesseur : une politique de dénigrement et d’affrontement où on considère que les flics ont bien mieux faire que de se rapprocher des habitants.
La banlieue a cruellement besoin de moyens et Dieu sait que l’actuel président de la République et anciennement ministre de l’Intérieur les a promis à nos chers élus locaux. Mais non ! On attend toujours en Seine-Saint-Denis, les effectifs de police qui restent insuffisants – un policier pour 400 habitants dans le 9-3 contre un policier pour 100 à Paris même si Paris est un cas particulier, bien évidemment. En Seine-Saint-Denis, certains maires – de droite comme de gauche – se battent pour avoir un commissariat dans leur commune, afin que les interventions de la police soient plus efficaces ! Mais non, on attend toujours les promesses de la place Beauvau.
Aussi, je me dis qu’Elsa reste la solution de facilité pour un gouvernement qui semble pour l’heure mépriser la banlieue. Cela me fait également à un film sorti il y a cinq ou six ans : Banlieue 13. Le synopsis est simple : le gouvernement, débordé par la question des banlieues, décide de construire un mur de séparation afin de laisser les ghettos se dépérir. Comme quoi, de Banlieue 13 à Elsa, il y a un pas.
Nicolas et Cécilia Sarkozy Fallait-il que je parle de
Nicolas et de Cécilia ? Plus exactement, de leur séparation qui est désormais officielle ?

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