Mercredi 1 novembre 2006

Ce matin au réveil. Comme d'habitude, avant d'aller à Sciences Po, p'tit déj et France Info. A 7h00, voilà ce que j'entends : le groupe PS a l'Assemblée nationale a fait une proposition de loi qui infligerait des sanctions à toute personne niant l'existence du génocide arménien.

Il y a de quoi bondir quand même car reconnaître un génocide est une chose, infliger des sanctions pour celui ou celle qui en nierait l'existence en est une autre. A mon sens, c'est se moquer du monde.

Dans un précédent article - que vous pouvez consulter sur ma précédente adresse http://sergil7.spaces.live.com - j'avais exprimé ceci à propos du "rôle positif" de la colonisation et de la polémique qui s'en est suivie : "Si la présence [coloniale] française aurait-été positive, une loi n'aurait pas nécessaire, le seul travail de l'historien aurait suffi pour confirmer ce fait. A ce titre, je juge la loi du 23 février comme absurde et usupatrice. De fait, c'est le politique qui se met à la place de l'historien, ce qui est grave puisqu'il remet en question tout un travail de recherche et de réflexion. En agissant de la sorte, certains députés de la majorité considèrent, avec une totale inconscience, que l'histoire est mal faite et qu'il faut redorer un passé supposé glorieux."

Mon avis n'a pas changé d'un iota. Je considère toujours qu'il est malsain que le politique se mette à la place de l'historien pour juger l'histoire. Ne faisons pas un mélange des genres ! Le politique fait de la politique et l'histoire étudie le passé pour comprendre les faits et les enjeux du futur. Même si, un amendement du député UMP, Patrick Devedjian, fait plutôt figure de "garde-fou" [les "dispositions [de la loi] ne s'appliquent pas aux recherches scolaires, universitaires ou scientifiques"], il n'en demeure pas loin que cette proposition de loi cache un certain malaise car elle vise bien une communauté et un pays en particulier : les Turcs et la Turquie. Si c'est un moyen pour "encourager" les Turcs à reconnaître le génocide arménien, ben on est bien parti ! L'histoire devient une arme politique et c'est inacceptable. Laissons aux historiens, la liberté de comprendre le passé parce que si à priori, ils ne seront pas concernés par les dispositions de la loi, il en demeure pas moins qu'ils sentiront sur leur tête une épée de Damoclès.

Quant à la connotation politique de cette loi, les réactions d'Ankara ne se sont pas faites attendre. Pour information, le parlement turc envisage fortement d'adopter une loi dans laquelle la Turquie reconnaîterait les exactions françaises lors de la guerre d'Algérie. On est là en pleine prise d'otage de l'histoire et c'est le politique qui fait l'histoire, cela ne peut être qu'inquiétant à mon sens.

Aussi, cette proposition de loi ne doit tout simplement pas aller à son but - même si, soyons réalistes, il y a un véritable consensus entre majorité et opposition - et laissons l'Histoire fait tout bonnement son travail : comprendre les faits.

par Gilles publié dans : Actualité politique
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Mercredi 1 novembre 2006

Article - très - court pour une fois ! En effet, que dire de la victoire de "Lula" hormis qu'elle ne surprend pas vraiment. Pour ceux qui visitent régulièrement mon blog, je m'étais fait aucune inquiétude quant à la réélection du président sortant à la tête du Brésil tant que sa popularité est intacte.

 Lula, le président brésilien - en compagnie de son épouse - arborant un maillot sur lequel il est écrit : "La victoire appartient au Brésil."

Toutefois, je vois en Lula, l'histoire se répéter. Je m'explique : en 1981, en France, François Mitterrand avait fait campagne sur le thème "La force tranquille" et entendait clairement provoquer une rupture avec les politiques sociales et économiques menées auparavant. Promesse assez largement tenue malgré le passage à la rigueur de 1983. Cinq ans après, Mitterrand est réélu après avoir mené sa campagne sur le thème "La France unie", bref une stratégie du rassemblement.

Oui, l'histoire se répète selon moi puisque Lula s'est présenté comme le candidat des Brésiliens. De tous les Brésiliens. Pour preuve, il a déclaré au soir de sa victoire : "Le Brésil n'est pas à moi : je ne suis qu'un Brésilien. La victoire n'appartient ni à Lula, ni au PT [Parti des Travailleurs, ndlr], mais au peuple brésilien". D'ailleurs, même si Lula est déterminé à ne pas oublier sa base, il devrait maintenir sa politique d'austérité économique tout en poursuivant sa lutte contre la pauvreté.

Mais Lula reste pour les Brésiliens un symbole comme Mitterrand en 1988. Celui qu'on surnommait "Tonton" a su créer un désir, fort de son charisme et de sa popularité. Autrement, il aurait été battu. Bien évidemment, je ne suis pas un spécialiste de la vie politique brésilienne. Toujours est-il que je ne peux m'empêcher de faire la comparaison entre Lula et Mitterrand, à croire que ce dernier s'est réincarné dans l'actuel président brésilien. (RIRES) Néanmoins, Lula entame son second mandat, signe pour lui de défi. Pour entrer dans l'histoire, Lula doit mener les réformes sans autant se couper de ceux qui l'ont porté au pouvoir tout en préservant des scandales et de l'usure du pouvoir. La majorité des Brésiliens lui fait confiance et espère changer la vie. Je ne sais pas comment on dit "Tonton" en portugais, toujours est-il que Lula incarne un espoir, cet espoir que les Brésiliens veulent voir concrétiser. C'est tout le sens de ce nouveau défi : ne pas décevoir.

par Gilles publié dans : International
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Mardi 31 octobre 2006

Dimanche dernier, toujours en famille à Bondy. Avec le p'tit frangin (14 ans et 10 mois tout de même), on regarde Canal + et la nouvelle émission politique de Laurence Ferrari : Dimanche +. Au passage, je reste un inconsolable du Vrai Journal et de son présentateur, le médiatiquement regretté Karl Zéro. On dira ce qu'on voudra, mais cette émission avait vraiment de la gueule. Enfin, passons. L'emission suit son cours quand soudain arrive cet homme :

Je vous présente - pour ceux qui se demandent encore qui est ce personnage - Azouz Begag, ministre délégué à la promotion de l'égalité des chances. Vaste programme ! J'ai écouté attentivement son entretien que vous pouvez encore visionner sur le site de Canal + jusqu'à dimanche prochain. J'ai trouvé quelqu'un de pugnace. Pour autant, je me dis : qu'il est difficile pour lui d'exister politiquement et réellement au sein de ce gouvernement !

En effet, Azouz Begag est, à mon sens, un homme épris de justice et de hônneteté. Il l'a, à maintes occassions, prouvé lors de ses interventions notamment sur la crise des banlieues où il s'est publiquement opposé à la méthode criminelle et irresponsable de Nicolas Sarkozy. D'ailleurs, il ne cache pas son aversion - quoi que le terme est un peu fort - envers le ministre de l'Intérieur et sa fidélité au Premier ministre, Dominique de Villepin. A ce titre, il avait déclaré haut et fort à Laurence Ferrari qu'entre Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy, il votera "pour Dominique de Villepin même s'il n'est pas candidat". Belle preuve de loyauté ! Mais au fait : à quoi sert Azouz Begag ?

Ma question est volontairement provocante, je le sais. Pour autant, je me suis posé cette question et je me la pose toujours. En effet, la droite s'est targuée d'avoir fait d'un Français issu de l'immigration un ministre de la République, là où nous, socialistes, s'est montré quelque peu à la traîne, il faut bien le reconnaître. Mais alors : pourquoi lui avoir confié le domaine de l'égalité des chances si de plus, il n'y a pas les moyens matériels et humains de faire avec ?

Cela me trouble, en effet ! On parle et on reparle d'intégration pour des personnes qui sont Français. Mais c'est fou à la fin ! Le gouvernement a voulu faire preuve de bonne volonté, ok ! Cependant, pour faire un geste fort, il aurait fallu placer Azouz Begag non pas à l'Egalité des chances mais à des postes classiques tel que la Justice, l'Economie et que sais-je. Il est inacceptable de faire de cette homme la caution "black-blanc-beur" d'un gouvernement qui se veut ouvert aux "minorités visibles". Je l'ai dit à maintes reprises : il faut passer par un changement des mentalités pour que les Français issus de l'immigration aient une véritable place dans la République et cela passe par des gestes forts mais aussi par un courage politique au sein des partis.

Il est, en effet, bon à rappeller qu'il n'existe aucun(e) député(e) - hormis ceux des DOM-TOM - issu(e) des minorités visibles au sein de notre parlement. Bien évidemment, je reste attaché à l'idée de compétence, ce qui rejette toute tentation de discrimination positive. Il est temps que la République donne sa chance à TOUS les Français afin qu'ils soient - à une réelle égalité de traitements - tous reconnus. Vous pourrez me traiter d'idéaliste, d'utopiste et je ne sais encore mais j'ai un rêve : que notre devise "Liberté, Egalité, Fraternité" soit une réalité constante dans notre pays et non uniquement lorsque Zinedine Zidane marque un but contre l'Italie ou lorsque Muriel Hurtis remporte une médaille en athlétisme.

Notre vie politique doit être précurseur de ce que doit être réellement notre société française et il est temps de se battre pour. Azouz Begag se bat pour exister mais son rôle est quelque peu minime, ce qui me fait penser que le gouvernement de Villepin a raté une formidable occasion : car un ministre issu de l'immigration en poste à l'Intérieur et un autre - "blanc" - en charge de l'Egalité des chances aurait eu un impact tout aussi différent que l'inverse. Le ministre délégué reste, malgré lui, enfermé dans ce costume de VRP pour l'égalité des chances taillé sur mesure par le Premier ministre. C'est en cela que la colère de Begag est perceptible telle que je l'ai ressenti dimanche dernier. Il reste considéré comme l'Arabe de service au sein même de l'UMP - dont il n'est pas membre, c'est bon de le souligner ! Candidat à Lyon - sa ville - pour les municipales, il est considéré par le ministre des Transports Dominique Perben, - également candidat, transfuge de la chiraquie et soutenu par Sarkozy - comme un atout pour sa campagne. Mais à quel titre : pour sa compétence ou parce qu'il a grandi dans le quartier populaire de la Duchère ?

 De fait, le cas Begag est révélateur pour mon parti, le PS. Chez nous, il est plus que jamais important de promouvoir l'égalité de TOUS au sein de la République, ce qui ne se fait sans heurts et suppose qu'on aille loin dans les principes que nous défendons. Si nous revenons aux responsabilités au printemps prochain, nous devrons relever ce défi. L'heure n'est plus aux bonnes volontés, place à l'action pour que "vive - pleinement - la France"

par Gilles publié dans : Actualité politique
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Mardi 31 octobre 2006

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Sur, ce je vous attends de pied ferme ! (RIRES) A vos claviers, si vous voulez en permanence me suivre comme votre ombre !

                                                                                               Gilles

par Gilles publié dans : Le fil rouge
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Lundi 30 octobre 2006

Ah les vacances ! Le temps de retrouver sa famille, ses copains, sa région, sa ville. Grenoble est une ville dynamique et sympa. Pour autant, cela fait du bien de rentrer chez soi. A Paris, plus exactement en banlieue parisienne.

Vous le savez, je suis originaire de Bondy en Seine-Saint-Denis, non loin de Clichy-sous-Bois. Rappellez-vous : il y a tout juste un an, deux jeunes - Zyed et Bouna - sont morts électrocutés dans un transformateur EDF après avoir été poursuivis par des policiers. Puis trois semaines de révoltes urbaines. Alors, un an après : Zyed et Bouna sont-ils morts pour rien ?

Un an après, le constat reste amer. Bien sûr, il nous faut encore du recul mais aussi prendre réellement à bras le corps la question des banlieues. De fait, nos chers responsables politiques ont un défaut majeur : le manque de concertation sérieuse avec les parties intéressées pour toute politique ou mesure les concernant. On avait tout dit à la fin de ce qu'on avait appellé avec inexactitude les "émeutes". Je vous épargnerai l'énonciation des mesures annoncées toujours est-il que le sentiment que rien n'a bougé semble perceptible et visible.

La crise de 2005 a montré une chose cependant : que le désir et la volonté d'une partie de la population d'être Français à part entière reste intact et réel. Fallait-il que les évènements de 2005 soient une crise salutaire pour notre pays ? Malheureusement, c'est seulement lorsque cela va mal que l'on se dit : "ah ! il faudrait peut-être revoir notre manière de procéder !". Au passage, je tiens à vous faire part du commentaire d'un internaute qui avait réagi à un article concernant Nicolas Sarkozy, cet internaute ne comprenant pas pourquoi, je m'attaquais au Ministre de l'Intérieur. En voici un extrait pour le sujet qui nous concerne :

"Bonjour monsieur,

Je ne comprends pas vôtre haine primaire et gratuite envers notre ministre de l'intérieur. Il est selon vous la cause de tous les maux français, mais le malaise ne vient-il pas des français eux-même?
Si les jeunes de banlieue, cause majeure des tensions actuelles, étaient un peu mieux éduqués, un peu plus entourés, nous n'arriverions pas à de telles extrêmités."

Venant moi-même d'une banlieue, je ne peux accepter le fait que les jeunes des cités soient la cause majeure d'un malaise français mais les victimes. Bien sûr, cela ne pardonne rien au fait que l'on brûle des voitures, des bus ou qu'on fasse des expéditions punitives contre les forces de l'ordre. Toujours est-il que lorsqu'un ministre de l'Intérieur annonce trois ans auparavant que la police de proximité est supprimée et qu'il se comporte en shériff plutôt qu'en pacificateur, il y a de quoi se poser des questions. La cité des Tarterêts à Mantes-la-Jolie (78) ou celle d'Orgemont à Epinay sur Seine (93) ne se ressemble pas, pas plus qu'elle ressemble aux beaux quartiers de Neuilly sur Seine (92)  ou du Raincy (93). Faire respecter les lois de la République, c'est avant tout intégrer un maximum de gens à celle-ci et se montrer réellement ambitieux. Là où des opportunités ont été manquées, il est temps désormais d'avoir le courage politique de dire : "on efface tout et on recommence !"

Nicolas Sarkozy n'est la cause du mal être des Français pas plus que les jeunes de banlieue. Toujours est-il que ces derniers pour la grande majorité d'entre eux vivent sous le coup de la stigmatisation et de la méconnaissance. Non, la banlieue n'est une zone de non-droit où tout le monde a baissé les bras et profitent des aides de l'Etat ! Non, la banlieue ne se résume pas aux caves et aux tournantes ! Non, la banlieue n'est pas rempli de gens qui passent leur temps à insulter la République et qui veulent n***** la France.

De fait, tout part d'un malentendu. C'est difficile à croire pour certains, mais les jeunes de banlieues ne sont pas des êtres sanguinaires menaçant le pays. Je dis cela car on avait tellement extrapôlé lors des évènements de 2005 à tel point qu'un candidait à la présidentielle - franchement catho et anti-homo, cela devrait vous aider - avait préconisé l'intervention de l'armée pour en finir les révoltes. Je passe de commentaires sur cette "brillante" idée !

Aujourd'hui, les Mohammed, Jean-Louis, Farid, Naïma et les autres veulent conquérir la place qu'ils méritent. L'école républicaine n'a de fait pas respecté ses promesses. On scande "Liberté, égalité, fraternité" sur les pantons des mairies et batiments administratifs. Mais bon dieu, que cela soit une réalité ! La banlieue n'est vue de que l'extérieur d'une seule image et il est temps de la considérer autrement. Après tout, c'est la France et non l'Afrique (référence à une conversation : mon interlocutrice m'avait rapporté les propos d'une conseillère municipale UMP de Bondy qui avait déclaré à propos d'un quartier de la ville "Bondy nord, c'est l'Afrique"!) Si, rien n'est fait dans les anneés qui suivront, alors effectivement, Zyed et Bouna seront morts pour rien. Faudra-t-il que la France se déchire pour qu'enfin on ait un courage politique ? Bomber le torse et jouer les shériffs provocateurs n'est pas une solution surtout si par la suite, on se fait l'économie de venir en banlieue depuis... un an, justement ! Il est grand temps de bouleverser les mentalités et d'attaquer aux racines. Vous me direz : "quel idéaliste !" Ben moi, sans idéal, je ne vois pourquoi je militerais dans un parti ou une association. Aussi, il est grand temps que le courage politique prenne le dessus afin que la République soit réelle en banlieue et que cette dernière reconnaisse TOUS ses enfants - et non à l'occasion d'une Coupe du monde, si vous voyez ce que je veux dire !

PS : Je ne sais pas si j'ai été clair dans mes propos, d'autant plus que la banlieue me tient à coeur pour des raisons évidentes. Aussi, je dédie cet article à Zyed et Bouna pour qu'à l'avenir leur mort ne soit pas vaine.

  

par Gilles publié dans : Actualité politique
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