Rocambolesque ! Surréaliste cette affaire. Pour une simple mission humanitaire, voici qu’un groupe de
Français se retrouve inculpé d’enlèvement d’enfants au Tchad et qu'il risque tout bonnement vingt ans de travaux forcés.

Une partie de l'équipage de "l'Arche de Zoé" (www.rmc.fr)
Depuis quelques jours, je ne peux que constater la cacophonie présente au sujet de cette affaire. Et surtout, il reste une question en suspens : que savait exactement la France dans ce dossier ? Que savait exactement notre diplomatie dans cette mission humanitaire menée par l’Arche de Zoé ? Et surtout, pourquoi notre cher ministre des Affaires Etrangères et Européennes, Bernard Kouchner reste bizarrement silencieux dans cette histoire, lui le spécialiste des missions humanitaires qui préfère laisser à Rama Yade, le soin de prendre les coups et de s’occuper de la patate chaude !
Rama Yade, à l'Assemblée nationale, le 30 octobre
dernier Toujours est-il que plus le temps passe, plus notre diplomatie commence à se faire ridiculiser. En effet, comment accepter qu’un président de la République – celui du
Tchad – se permette de porter des accusations graves à l’encontre de nos compatriotes et ce devant les caméras sans aucun problème ? Comment expliquer que notre diplomatie ait commencé à
réagir assez tardivement sur la situation de nos compatriotes ?
J’en pose pas mal de questions. Mais pour la simple raison qu’on en sait pas grand-chose de cette histoire. En réalité, derrière cette affaire, qui ressemble à une mauvaise farce, se cache un enjeu stratégique tout aussi important : le Darfour.
Il faudrait rappeler en effet que la France va déployer dans les prochaines semaines une force militaire dans
le cadre de la guerre civile au Darfour (cette région située à cheval entre le Soudan et le Tchad) afin de protéger la minorité chrétienne persécutée par le gouvernement de Khartoum (la capitale
du Soudan), un exécutif exclusivement musulman. A ce titre, le président tchadien, Idriss Déby, est opposé à la mise en place de cette force militaire sur son pays. Aussi, cherche-t-il sans doute
des garanties et se sert de ces malheureux français pour réclamer compensation.

Idriss Déby, Président de la République du Tchad
Enfin, derrière ses considérations politiques, il convient que la France tire au plus clair la situation car plus celle-ci dure, plus les relations entre Paris et N’Djamena deviennent exécrables. Elles en deviennent d’autant plus exécrables que Paris peine à dire avec clarté ce qu’elle savait de l’opération.
Pour tout vous dire, je reste quelque peu dubitatif au sujet de l’Arche de Zoé et je préfère découvrir les choses au lieu de commencer à leur jeter des tomates. Enfin, il serait bon pour tout le monde qu’on tire au clair les responsabilités de chacun, cela vaudrait mieux notamment pour l’image de notre pays !

Du côté de la rue Roger Salengro (
Nicolas Sarkozy sur le perron de l'Elysée, le 26 octobre dernier (


Marine et Jean-Marie Le Pen, au
soir du premier tour de la présidentielle, le 22 avril dernier (
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