Caricature montrant les différants courants du PS lors du congrès de Rennes de 1990. En
me rendant à Rennes, il y a un peu plus d’une semaine, je me suis rappelé au bon souvenir de mes révisions et de mes livres d’Histoire, notamment quand je préparais le concours d’entrée à
Sciences Po. Aussi, en me baladant dans les rues de la capitale de la Bretagne, je me suis rappelé d’une période récente de l’histoire de mon parti, une période que le PS aimerait bien
oublier mais qui lui colle malgré tout à la peau.
En mars 1990, avait eu lieu un congrès ordinaire du Parti socialiste, à Rennes, justement. A cette époque, notre parti était aux responsabilités et était sous la direction de Pierre Mauroy. Pour reprendre une expression d’Yves Jeuland dans Le Siècle des socialistes (documentaire diffusé en 2005), « les socialistes avaient choisi le bâtisseur à l’héritier ».
Le bâtisseur, c’était Pierre Mauroy tandis que l’héritier, c’était Laurent Fabius. Aussi, le Congrès de Rennes
devient l’enjeu de lutte pour le leadership du parti à commencer entre Lionel Jospin et Laurent Fabius tous deux héritiers du courant mitterrandiste. Dès lors, les textes d’orientations perdaient
de leur importance et les socialistes n’ont pas hésité à s’affronter (au sens propre comme au sens figuré) durant les trois jours de ce funeste congrès.

François Mitterrand, Pierre Mauroy et les héritiers du courant mitterrandiste : François Hollande, Lionel Jospin, Henri Emmanuelli et Laurent Fabius
Depuis cette date et ce fameux congrès, l’objectif de tout premier secrétaire du PS qui se respecte est d’arriver à cette fameuse synthèse. La synthèse, dans notre jargon, c’est l’adoption d’un texte commun d’orientation qui reprend les principales propositions défendues par les différentes motions et ce, au nom de l’unité de notre mouvement.
Un tel principe est louable et respectable, mon parti ayant été échaudé par les scissions antérieures et les luttes intestines. Je pense notamment au Congrès de Tours de 1920 qui a vu l’immense majorité des membres de la SFIO faire scission et fonder par la suite, la SFIC (plus connue sous le nom de Parti communiste français) mais aussi au départ de Jean-Pierre Chevènement en 1993, ce dernier fondant par la suite le Mouvement des citoyens qui allait devenir par la suite, le Mouvement républicain et citoyen (une sorte de parti socialiste souverainiste)
Toutefois, la synthèse a souvent contribué à satisfaire les différents courants qu’à se mettre d’accord sur une véritable ligne politique ou sur un texte d’orientation. Aussi, la fameuse synthèse de congrès du Mans de novembre 2005 est restée quelque peu bâclée, celle-ci résultant d’un consensus mou (consensus qui consiste à trouver le plus petit dénominateur commun)
Dans le cadre de la rénovation, il faut dès lors réfléchir sur la manière de réaliser nos prochaines synthèses. A titre personnel, je considère qu’il faut garder les courants. Néanmoins, ces derniers doivent redevenir des laboratoires à idées et non des écuries présidentielles où on s’identifie plus à un homme (ou à une femme) qu’à un véritable corpus idéologique. Depuis 1990 et ce fameux Congrès de Rennes, les courants ont été détournés de leur principale fonction.
Dès lors, il faut passer du consensus mou au consensus fort. Mais cela suppose également que notre formation rénove constamment sa pensée sur de nombreux thèmes. A ce titre, des conventions doivent être à nouveau organisées. L’initiative de notre premier secrétaire, François Hollande lors de la rédaction du projet présidentiel et législatif « Réussir ensemble le changement » en 2006, était pertinente mais tardive. En opposition, l’initiative de Lionel Jospin entre 1995 et 1997 a porté ses fruits et fut payante car notre parti s’est rapidement mis au travail (notamment sur la question de l’emploi) et ce dans l’optique des législatives de 1998. Malgré la dissolution d’avril 1997, le Parti socialiste était en mesure d’aborder la compétition sous de bons auspices car ayant revu son appareil idéologique dès la campagne de 1995.
Ainsi, le Parti socialiste doit renouer avec sa tradition de confrontation d’idées et les courants redevenir
des boîtes à idées au service de notre parti. Nos différents premiers secrétaires ont et auront toujours raison de prôner l’unité des socialistes mais cela ne doit se réaliser au nom d’un
consensus mou et à l’absence d’une vraie confrontation des idées. N’ayons pas peur de la confrontation, même si cela suppose de la casse et des mots qui fâchent. Mais c’est sans doute à ce
prix-là que le PS pourra retrouver des couleurs.
PS : pour information, voici un document montrant les différents courants au sein du Parti socialiste actuel.
Photo extraite de la
vidéo prouvant qu'Ingrid Bétancourt, retenue par les FARC, est vivante. Vidéo rendue publique par le gouvernement colombien le 29 novembre dernier (
Jean-Louis Bourlanges, députée
européen UDF (
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