Présentation

Recommander

Cliquez ici pour recommander ce blog

Calendrier

Décembre 2007
L M M J V S D
          1 2
3 4 5 6 7 8 9
10 11 12 13 14 15 16
17 18 19 20 21 22 23
24 25 26 27 28 29 30
31            
<< < > >>

Liens

Recherche

Dimanche 2 décembre 2007

 Caricature montrant les différants courants du PS lors du congrès de Rennes de 1990. En me rendant à Rennes, il y a un peu plus d’une semaine, je me suis rappelé au bon souvenir de mes révisions et de mes livres d’Histoire, notamment quand je préparais le concours d’entrée à Sciences Po. Aussi, en me baladant dans les rues de la capitale de la Bretagne, je me suis rappelé d’une période récente de l’histoire de mon parti, une période que le PS aimerait bien oublier mais qui lui colle malgré tout à la peau.

 

En mars 1990, avait eu lieu un congrès ordinaire du Parti socialiste, à Rennes, justement. A cette époque, notre parti était aux responsabilités et était sous la direction de Pierre Mauroy. Pour reprendre une expression d’Yves Jeuland dans Le Siècle des socialistes (documentaire diffusé en 2005), « les socialistes avaient choisi le bâtisseur à l’héritier ».

 

Le bâtisseur, c’était Pierre Mauroy tandis que l’héritier, c’était Laurent Fabius. Aussi, le Congrès de Rennes devient l’enjeu de lutte pour le leadership du parti à commencer entre Lionel Jospin et Laurent Fabius tous deux héritiers du courant mitterrandiste. Dès lors, les textes d’orientations perdaient de leur importance et les socialistes n’ont pas hésité à s’affronter (au sens propre comme au sens figuré) durant les trois jours de ce funeste congrès.

PS-1.jpg

François Mitterrand, Pierre Mauroy et les héritiers du courant mitterrandiste : François Hollande, Lionel Jospin, Henri Emmanuelli et Laurent Fabius

 

Depuis cette date et ce fameux congrès, l’objectif de tout premier secrétaire du PS qui se respecte est d’arriver à cette fameuse synthèse. La synthèse, dans notre jargon, c’est l’adoption d’un texte commun d’orientation qui reprend les principales propositions défendues par les différentes motions et ce, au nom de l’unité de notre mouvement.

 

Un tel principe est louable et respectable, mon parti ayant été échaudé par les scissions antérieures et les luttes intestines. Je pense notamment au Congrès de Tours de 1920 qui a vu l’immense majorité des membres de la SFIO faire scission et fonder par la suite, la SFIC (plus connue sous le nom de Parti communiste français) mais aussi au départ de Jean-Pierre Chevènement en 1993, ce dernier fondant par la suite le Mouvement des citoyens qui allait devenir par la suite, le Mouvement républicain et citoyen (une sorte de parti socialiste souverainiste)

 

Toutefois, la synthèse a souvent contribué à satisfaire les différents courants qu’à se mettre d’accord sur une véritable ligne politique ou sur un texte d’orientation. Aussi, la fameuse synthèse de congrès du Mans de novembre 2005 est restée quelque peu bâclée, celle-ci résultant d’un consensus mou (consensus qui consiste à trouver le plus petit dénominateur commun)

 

Dans le cadre de la rénovation, il faut dès lors réfléchir sur la manière de réaliser nos prochaines synthèses. A titre personnel, je considère qu’il faut garder les courants. Néanmoins, ces derniers doivent redevenir des laboratoires à idées et non des écuries présidentielles où on s’identifie plus à un homme (ou à une femme) qu’à un véritable corpus idéologique. Depuis 1990 et ce fameux Congrès de Rennes, les courants ont été détournés de leur principale fonction.

 

Dès lors, il faut passer du consensus mou au consensus fort. Mais cela suppose également que notre formation rénove constamment sa pensée sur de nombreux thèmes. A ce titre, des conventions doivent être à nouveau organisées. L’initiative de notre premier secrétaire, François Hollande lors de la rédaction du projet présidentiel et législatif « Réussir ensemble le changement » en 2006, était pertinente mais tardive. En opposition, l’initiative de Lionel Jospin entre 1995 et 1997 a porté ses fruits et fut payante car notre parti s’est rapidement mis au travail (notamment sur la question de l’emploi) et ce dans l’optique des législatives de 1998. Malgré la dissolution d’avril 1997, le Parti socialiste était en mesure d’aborder la compétition sous de bons auspices car ayant revu son appareil idéologique dès la campagne de 1995.

 

Ainsi, le Parti socialiste doit renouer avec sa tradition de confrontation d’idées et les courants redevenir des boîtes à idées au service de notre parti. Nos différents premiers secrétaires ont et auront toujours raison de prôner l’unité des socialistes mais cela ne doit se réaliser au nom d’un consensus mou et à l’absence d’une vraie confrontation des idées. N’ayons pas peur de la confrontation, même si cela suppose de la casse et des mots qui fâchent. Mais c’est sans doute à ce prix-là que le PS pourra retrouver des couleurs. 

PS : pour information, voici un document montrant les différents courants au sein du Parti socialiste actuel.

Les-courants-au-sein-du-PS.jpg

par Gilles publié dans : La boîte à idées
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Dimanche 2 décembre 2007

Ingrid-B--tancourt-copie-2.jpg Photo extraite de la vidéo prouvant qu'Ingrid Bétancourt, retenue par les FARC, est vivante. Vidéo rendue publique par le gouvernement colombien le 29 novembre dernier (www.liberation.fr) Contre toute attente. C’est contre toute attente qu’on a appris l’existence d’une nouvelle vidéo montrant l’ex-candidate à l’élection présidentielle de 2002 en vie.

 

Toujours retenue au sein des Forces Armées Révolutionnaires Colombiennes (FARC), la sénatrice franço-colombienne semble éprouvée et fatiguée. Une impression confirmée par la lettre qu’elle a adressé à sa mère et dans laquelle, elle évoque ses dures conditions de vie.

 

A titre personnel, je suis à la fois rassuré mais aussi inquiet pour l’otage franço-colombienne. Rassuré  car cela faisait tout de même quatre ans qu’on attendait cette preuve de vie, cette vidéo prouvant qu’elle était bien en vie. Malgré tout, je reste très inquiet car Ingrid Bétancourt semble bien éprouvée par sa captivité, ce qui est bien évidemment compréhensible.

 

Ingrid est vivante, c’est un fait indéniable. Toutefois, je m’interroge. En effet, c’est le président colombien Alvaro Uribe qui a montré cette preuve de vie, peu de temps après qu’il ait écarté le président vénézuélien Hugo Chavez de la médiation entre son gouvernement et les FARC. Aussi, est-ce un calcul politique ou une simple coïncidence ? La question reste quelque peu déplacée et reste bien dérisoire par rapport au cauchemar que connaît la famille Bétancourt, Mélanie et Lorenzo – les deux enfants d’Ingrid – en tête. Toutefois, on ne peut s’empêcher de penser cela d’autant plus qu’Alvaro Uribe avait clairement exprimé son exaspération par rapport à la médiation de Chavez.

 

Ingrid est vivante. Toutefois, le plus difficile reste à faire : la libérer. A ce titre, toutes les voies et solutions doivent être exploitées et en particulier la médiation. A ce titre, il est nécessaire de rappeler le rôle joué par le président Chavez et que ce dernier doit rester en première ligne même si la France doit s’impliquer davantage dans les négociations. Aussi, les présidences Chavez et Sarkozy doivent mettre de tout leur poids pour infléchir la position de Bogota et parvenir enfin à un échange humanitaire.
 

Et cela est d’autant plus important qu’il y a urgence. Urgence par rapport à Ingrid. Urgence par rapport à des otages qui sont de plus en plus éprouvés et dont leur vie ne tient de plus en plus qu’à un fil. Aussi, nous devons passer à l’action, ce qui suppose que chacun des parties fassent preuve de courage et surtout de bonne volonté. La vie des otages vaut – espérons-le – plus que les intérêts et l’orgueil politique de chacun.

par Gilles publié dans : International
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Dimanche 2 décembre 2007

Bourlanges-2.jpg Jean-Louis Bourlanges, députée européen UDF (www.lepoint.fr) « L’Europe fait semblant ». C’est par ces mots que le député européen UDF Jean-Louis Bourlanges a annoncé qu’il quittait le Parlement européen après dix-huit années de présence à Bruxelles et à Strasbourg.

 

Dans un entretien au Monde à dater d’aujourd’hui, cet ancien proche de François Bayrou – le leader du Modem – exprime, à mon sens, sa déception vis-à-vis de la construction européenne. Selon lui, l’Union européenne manque d’élan et surtout d’objectifs notamment depuis le traité de Maastricht de 1992 qui a permis la création de l’Euro. Qui plus est, les intérêts nationaux semblent prendre le pas sur l’intérêt communautaire. Preuve en est, l’attitude de la France vis-à-vis du pacte de stabilité.

 

A ce titre, si l’actuel député européen se félicite de l’activisme de Nicolas Sarkozy, il n’en reste pas moins inquiet quant à « la désinvolture avec laquelle on aborde les questions budgétaire et monétaire et celle du respect de nos engagements envers nos partenaires. »

 

A titre personnel, le départ de Jean-Louis Bourlanges du Parlement européen m’étonne un peu. En effet, si je ne partage pas les mêmes opinions politiques que ce dernier, il n’en demeure pas que Bourlanges reste comme l’un des meilleurs défenseurs de la cause européenne. Toutefois, depuis deux ans, l’Europe fait bien semblant. Du moins, elle ne peut pas faire autrement.

 

Depuis quinze ans et le traité de Maastricht, l’Europe est en manque d’innovation et reste partagée entre une vision fédérale et une vision intergouvernementale sans avoir eu le courage de trancher. Pour preuve, l’Union Européenne s’est certes dotée d’institutions supranationales telles que le Parlement européen ou la Cour de justice des communautés européennes, instances réellement démocratiques au passage. Néanmoins, et comme le souligne très bien Jean-Louis Bourlanges, « Il ne manque qu'une chose [à l’Union Européenne], les compétences correspondantes. Elle est donc surdimensionnée institutionnellement. Elle l'est d'autant plus que deux des principales compétences que lui ont concédées les Etats, la concurrence et la monnaie, sont dépolitisées. Assemblée politique d'une Union qui n'aime pas la politique, le Parlement européen, même s'il ne cesse de grignoter du pouvoir, fait trop souvent figure de porte-avions condamné à faire des ronds dans l'eau. »

 

Dès lors, le départ de Jean-Louis Bourlanges est quelque peu logique dans la mesure où nos chers responsables politiques européens – français en tête – n’osent plus trancher entre deux visions de la construction européenne. Qui plus est, la construction européenne arrive à un tournant puisque la période marquée par la réconciliation de la France et de l’Allemagne touche à sa fin et qu’il faut avoir le courage d’élargir l’axe Paris-Berlin.

 
Aussi, nos chers responsables français doivent réhabiliter l’Europe et non la déconsidérer. Ainsi, si l’actuel président de la République prétend que la France est de retour en Europe, on ne peut dans le même temps de dédouaner de nos engagements notamment en ce qui concerne le pacte de stabilité. Dès lors, la présidence française de l’Union Européenne, effective au 1er juillet 2008, sera quelque peu déterminante pour l’avenir de l’Europe et il s’agira, pour nous fédéralistes, de savoir si nous pouvons aller plus loin que le traité de Lisbonne, le traité le plus incomplet réalisé jusqu’ici.

par Gilles publié dans : Je vous parle d'Europe
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Blog : Politique sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus