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Mardi 4 décembre 2007

03122007.jpg Assemblée exceptionnelle des étudiants de Sciences Po Grenoble, le 3 décembre, amphi A (Photo prise de mon téléphone portable) Hier matin. Après le fameux et tristement célèbre « coup de sang » de notre directeur, Olivier Ihl, une assemblée extraordinaire se tient à l’amphi A de Sciences Po Grenoble en présence du personnel administratif, enseignant et des étudiants.

 

L’amphi est plein à craquer. Il déborde même puisque bon nombre de personnes ont du attendre à l’entrée de l’amphi. La discussion d’aujourd’hui est simple : revenir un peu plus longuement sur les débordements de jeudi dernier et voir les perspectives d’avenir enfin de sortir notre IEP de la crise, une crise grave qui dure depuis bientôt trois semaines.

 

Dès lors, s’engage une discussion et un débat de deux heures. Deux heures pour accoucher finalement d’une petite souris. Autrement dit, au bout de deux heures, les positions des bloqueurs et des anti-bloqueurs restent quelque peu irréconciliables, les rancœurs et les insultes fusant même à la fin de la grande réunion.

 

Comme je l’ai dit précédemment, il est temps que l’IEP Grenoble – et par extension le campus universitaire – sorte d’une crise qui devient de moins en moins supportable. Bientôt trois semaines que les positions se radicalisent notamment du côté des bloqueurs bien que je comprenne leurs revendications et leur colère par rapport à la loi Pécresse, une initiative gâchée de la part de la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche.

 

Dès lors, il convient que le conflit s’arrête ou du moins qu’il prenne une autre tournure. En effet, personne aussi bien du côté des étudiants bloqueurs que du côté du gouvernement n’a intérêt à ce que le blocage dure. Au contraire, un pourrissement du conflit étudiant est le plus cadeau qu’on puisse faire à Nicolas Sarkozy qui n’attend plus que cela pour communiquer.

 

Aussi, nous avons davantage discuté de la situation de crise – exacerbée par le coup de sang de notre directeur – que du réel enjeu : la loi Pécresse (et par extension de la poursuite ou non du blocage) Qu’à cela ne tienne ! La loi Pécresse sera, si je n’abuse, évoquée demain dans une AG interne à l’IEP (au passage, il était temps que cela soit organisé !)

 

03122007-001-.jpg Olivier Ihl, le directeur de Sciences Po Grenoble, faisant des excuses publiques (Photo prise de mon téléphone portable) Le moment fort dans ces deux heures de débats et d’échanges entre les membres de l’IEP – notre grande famille ;-) – fut l’intervention d’Olivier Ihl lui-même qui a publiquement regretté son geste et présenté ses excuses. Dès lors, il fut massivement et longuement applaudi. Aussi, je considère que sa démission – réclamée par certains étudiants – n’a pas lieu d’être. Pire, cela serait une solution de facilité !

 

Sciences Po Grenoble connaît donc une crise sérieuse et il convient qu’on en sorte tous par le haut et – c’est très important – sans humilier un camp ou un autre. Les intentions des étudiants bloqueurs sont louables mais le blocage provoque pas mal d’animosités entre étudiants. En gros, il est tout simplement peu pertinent car on est dans une configuration différente par rapport à la crise du CPE au printemps 2006.

 

Malgré tout, je reste quelque peu désabusé par la situation et je me dis qu’on a raté une belle occasion de réformer en profondeur et avec sérieux les universités françaises. Comme le démonte un article de Marianne – que je vous invite à lire juste après – Nicolas Sarkozy s’est contenté des vieilles méthodes et non d’une véritable politique de rupture (d’ailleurs, c’est un mot qu’il n’utilise déjà plus depuis bien longtemps !)

 

Pour l'université, il faut le contraire de la méthode Sarkozy (www.marianne2.fr)

L'homme de la rupture a préféré combiner avec le patron de l'UNEF plutôt que de réformer réellement l'université.

 Il règne actuellement dans l'université française une atmosphère délétère. Le gouvernement Sarkozy n'en est pas le seul responsable mais il y contribue largement. A vrai dire, rien n'est plus instructif, pour qui veut analyser la « méthode Sarkozy », que de regarder comment le président élu en mai 2007 s'y prend pour ne pas réformer l'université.

Le candidat s'était présenté comme l'homme de la rupture, il promettait une large réforme. On aurait pu attendre d'un candidat libéral à la présidence de la République, largement élu, un souffle nouveau, porté par le suffrage universel. Qu'y avait-il de scandaleux à envisager l'instauration d'une sélection ouverte à l'entrée des universités dans un pays où l'on accepte non seulement la dure épreuve des concours de recrutement dans l'enseignement et la fonction publique mais aussi la « sélection par l'argent » des écoles de commerce et la sélection sauvage des étudiants admis en première année mais incapables de suivre un enseignement universitaire. Il y avait là un énorme projet à faire aboutir, en commençant par un discours de vérité : il vaut mieux une sélection aux règles définies par le législateur que celle, sauvage et terrible, qui conduit à exclure, au fil des années, dans l'indifférence générale, plus des trois quarts des étudiants que l'on a admis à s'inscrire en première année. Une telle politique serait acceptable pourvu qu'elle s'accompagnât d'un effort précoce d'orientation vers des filières créatrices d'emploi. Bien entendu, il faudrait rompre en même temps avec trente-cinq ans de « collège unique » et d'assassinat à petit feu de la promotion républicaine, à laquelle la droite des technocrates et la gauche des idéologues ont également contribué.

L'UNI poussé au dialogue avec l'UNEF

Mais dès avant l'élection présidentielle on pouvait savoir que Nicolas Sarkozy agirait à l'opposé de ses proclamations. Son seul souci était de ne pas se laisser piéger comme ses prédécesseurs par des manifestations étudiantes et le spectre d'une répétition de « mai 1968 ». L'UNI, syndicat étudiant proche du candidat de l'UMP, avait reçu l'instruction d'entamer un dialogue discret avec l'UNEF, la bête noire des gouvernements de droite depuis 1986, et même, au besoin, de soutenir des candidats du syndicat de gauche dans la répartition des fonctions au sein des conseils d'université. Aussitôt élu, le président Sarkozy, pour faire aboutir rapidement sa réforme de l'université, associa ouvertement Bruno Julliard, le président de l'UNEF, à l'élaboration de la loi. Les mauvaises langues rappelèrent, mais en vain, que la connivence entre les deux hommes remontait à la crise du CPE, lorsqu'ils s'étaient alliés, au printemps 2006, pour faire tomber Villepin. Et l'on a abouti, en juillet 2007, à ce résultat étonnant qu'un président prétendument libéral a accepté de renoncer à toute idée de sélection à l'entrée des universités, condition du ralliement de l'UNEF à son projet. Tout plutôt qu'un affrontement sur l'université à l'automne.
Une crise a tout de même éclaté car les manipulations ont leurs limites et, surtout, l'UNEF n'a pas la représentativité que lui prête le président de la République. En bon nominaliste, il fait profession de ne croire qu'aux chiffres et part du constat que l'UNEF est le syndicat étudiant le plus puissant. En fait, la participation aux élections universitaires est faible et l'UNEF représente, en chiffres rapportés à la participation, moins de 10% des étudiants.

Le pouvoir a joué le pourrissement
Faut-il penser alors que les bloqueurs de facs expriment la volonté profonde des étudiants ? En aucun cas : il s'agit d'une minorité active, encore moins représentative que les syndicats étudiants, qui ne fait que profiter de la faiblesse de l'Etat. Nicolas Sarkozy continue à penser, en effet, que sa tactique va payer ; il joue le pourrissement du conflit. On arrive à une situation inouïe, où quelques milliers d'étudiants à travers la France établissent des « piquets de grève », qui laissent (le plus souvent) passer les candidats aux concours de l'enseignement et leurs enseignants ainsi que le personnel administratif des universités. Le tout se déroule fréquemment sous l'œil des forces de l'ordre, qui n'interviennent pas. Du côté des bloqueurs, donc, comme de l'Etat, une parodie de confrontation qui aboutit à pénaliser les étudiants des premières années, ceux dont on prétend défendre les intérêts.

En l'occurrence, c'est la volonté de la majorité des étudiants qui est bafouée. Dès qu'il est possible d'organiser un vote à bulletins secrets, la majorité vote contre les blocages. C'était déjà le cas, au printemps 2006, de bien des étudiants hostiles au CPE mais qui n'avaient aucune confiance dans la plupart de leurs représentants aux conseils d'université. De même aujourd'hui : les étudiants n'ont pas voté majoritairement pour Sarkozy et ils se méfient de l'actuelle loi mais ils jugent de plus en plus ridicules les rééditions toujours plus parodiques de mai 1968.

En attendant, personne ne répond, dans le monde politique et syndical, à leurs inquiétudes réelles. La méthode Sarkozy contribue un peu plus à la dévalorisation des universités, au sein de l'enseignement supérieur français et par rapport à l'étranger. L'atmosphère risque de pourrir d'autant plus dans les prochaines semaines que, non content de démoraliser un peu plus que ses prédécesseurs le monde étudiant, Nicolas Sarkozy, qui ne comprend pas grand chose au monde de l'enseignement et de la recherche, attaque injustement ceux qui maintiennent le cap dans des conditions défavorables.

Des bloqueurs désoeuvrés
Durant la campagne présidentielle, les discours du candidat consacrés à la réforme de l'enseignement supérieur ont abondé en formules injustes et erronées sur la non-performance des chercheurs, sur le gaspillage des crédits, sur l'inutilité des sciences humaines, sur l'absence de discernement des établissements universitaires. Sachant bien qu'il n'a pas le courage d'affronter quelques milliers de bloqueurs désoeuvrés, le pouvoir d'aujourd'hui comme celui d'hier décharge sa mauvaise conscience sur des enseignants et des chercheurs dont le principal défaut est de continuer à croire à la vocation de l'université française, à sa possible compétitivité pourvu qu'on écoute ceux qui le font vivre, malgré des salaires médiocres et des conditions de travail le plus souvent indignes d'une grande nation industrielle.
On attend encore le président et le gouvernement qui auront le courage d'imposer la sélection à l'entrée des universités et l'humilité de laisser les enseignants et les chercheurs déterminer ce qui est le plus utile à la qualité des établissements qu'ils font vivre.

par Gilles publié dans : Actualité politique
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Mardi 4 décembre 2007

Livre-S--gol--ne-Royal.jpg Livre de Ségolène Royal, "Ma plus belle histoire, C'EST VOUS" « Opération reconquête ! » C’est le titre d’un article du Monde à l’encontre de Ségolène Royal, l’actuelle présidente de la région Poitou-Charentes.

 

L’ancienne candidate socialiste à la dernière présidentielle reprend la main après quelques mois de retrait. A ce titre, on s’est pas mal interrogé sur son absence de la sphère médiatique et politique, ce qu’il convient de nuancer puisque Ségolène Royal s’exprimé sur différents sujets notamment la politique étrangère de notre pays ou bien encore la loi d’autonomie des universités. Entre temps, elle a repensé les plaies de la défaite et semble tirer un bilan de sa dernière campagne.

 

C’est ce qui semble ressortir à première vue du livre qui vient de paraître aujourd’hui : Ma plus belle histoire, C’EST VOUS. Elle y raconte notamment ses six mois de campagne et ce, sans tabou. Elle en profite également pour livrer sa vision du PS et de l’avenir notamment pour 2012. 

 



070109-retraites-royal.jpg Lors de la campagne présidentielle en hiver dernier. Ce n’est un secret de polichinelle pour personne, l’ancienne député des Deux-Sèvres (1988 à 2007) vise tout simplement l’Elysée pour le printemps 2012 et à la différence de 2007, elle compte bien se préparer autrement. Tout d’abord, cela passe par une remise en cause de soi, la critique étant toujours nécessaire si on souhaite avancer. La démarche de Ségolène Royal n’est pas évidente, cette dernière étant dû subir de très fortes remarques. Malgré tout, elle compte bien revenir dans la partie.

 

Toutefois, pour revenir dans la partie, il faut se présenter avec une vision, un projet pour la France mais également pour notre parti et c’est tout l’enjeu du prochain congrès qui aura lieu courant 2008. A ce titre, Ségolène Royal a prévenu qu’elle déposera sa propre motion et qu’elle la soumettra devant les militants. Dès lors, elle sait qu’elle joue gros : si elle gagne le congrès, c’est une mise en orbite pour 2012, si elle perd le congrès, ses ambitions présidentielles seront remises en cause.

 

L’actuel premier secrétaire de mon parti, François Hollande avait déclaré en 2005 : « je souhaite que le prochain premier secrétaire désigné soit également le candidat des socialistes pour la présidentielle ». Cela me paraît en effet un élément essentiel afin que nous fassions preuve de clarté notamment devant nos concitoyens.

 

A l’heure actuelle, l’opinion se montre – souvent à juste titre – sévère par rapport à notre formation. En effet, nos compatriotes peinent à se définir par rapport à une personne déterminée. A ce titre, Ségolène Royal semble tirer son épingle du jeu puisqu’elle utilise comme stratégie d’être au-dessus de « la mêlée » socialiste en essayant même de faire des propositions.

 

Ségolène Royal semble donc revenir dans le jeu. Toutefois, cela n’est pas forcément synonyme de reconquête sur le leadership du parti. Aussi, si le Parti socialiste ne peut se faire l’économie de se passer de Ségolène Royal, l’actuelle présidente de la région Poitou-Charentes ne peut en revanche se passer de son parti surtout si il s’agit de le conquérir. Autrement dit, Ségolène Royal doit apprendre à travailler avec le PS et inversement !

S--gol--ne-Royal-2.jpg

Lors de l'Université d'été de la Rochelle en septembre 2007 (www.nouvelobs.com)

 

Et cela paraît d’autant plus nécessaire que Ségolène Royal, quelque soit le poste où elle sera, jouera de toute façon un rôle de premier ordre au sein de notre mouvement. Elle peut apporter le sang neuf dont nous avons besoin au sein de notre formation à la condition de travailler sérieusement sur un projet et une perspective pour notre parti et pour notre pays. 

 Dès lors, Ségolène Royal semble distribuer les cartes et imposer son tempo. Aussi, il faudrait se méfier quand certains cherchent à l’enterrer politiquement. L’histoire a souvent montré que ceux qu’on croyait être au 36ème dessous sont ceux qui reviennent toujours en force ! Ils sont même devenus pour trois d’entre eux, présidents de la République ! Comme quoi, il ne faut jamais insulter l’avenir surtout en politique.

par Gilles publié dans : Actualité politique
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