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Vendredi 8 décembre 2006

Il a fallu un rapport pour souligner ce qui n'est qu'une cruelle évidence ! L'ancien secrétaire américain aux Affaires étrangères, James Baker, a remis au président George Walker Bush, son rapport et - c'est le moins que l'on puisse dire - il ne fait pas les choses à moitié, bien au contraire !

 

Les coprésidents du groupe d'étude sur l'Irak, James Baker (à gauche) et Lee Hamilton, le 6 décembre 2006. (source : www.lemonde.fr)

En une pharse, l'essentiel est dit : "The situation in Iraq is grave and deteriorating. There is no path that can guarantee success, but the prospects can be be improved". (Autrement dit : "A l'heure actuelle, la situation en Irak s'aggrave. Il n'existe aucune solution qui puisse garantir le succès mais les perspectives peuvent être améliorées dans le futur")

Baker a tiré une lourde conclusion : celle que la campagne d'Irak menée par l'administration Bush depuis mars 2003 est un échec cinglant. L'Irak est bien plus instable depuis la chute de Saddam Hussein et ce pays n'est pas loin de l'implosion. C'est une évidence que l'administration Bush - mais aussi son fidèle allié, le Royaume-Uni - a refusé d'admettre, pratiquant avec délice la méthode Coué. Aussi, il n'existe pas d'autre solution face - pardonnez-moi l'expression - au bordel provoqué par les Américains : le retrait

Oui, mais comment le réaliser ? En effet, le retrait est loin d'être la meilleure solution du moment. L'administration Bush a montré toute sa naïveté de la situation, pensant que mener la guerre pour la liberté d'un peuple pouvait le rendre plus prospère et plus démocratique. C'est une chimère qui fut longuement dénoncée et force est de constater que le peuple américain s'en est rendu compte bien tard. Contrairement à ce qu'on leur a fait croire, la démocratie ne décréte pas. On ne la plannifie pas lors de réunions de travail dans le Bureau Ovale ni même dans un plan d'attaque militaire. Le rapport Baker montre, sans aucune ambiguïté, que l'administration n'a pris les dispositions et la distance nécessaires à une telle opération militaire.

Un retrait d'Irak sans aucun soutien de ce pays risquerait d'enfoncer un peu plus cette nation dans une guerre civile qui n'aura pas d'autre issue que celle de l'implosion. Aussi, partir d'Irak comme "sauve-qui-peut" serait un désastre non seulement pour les Etats-Unis mais aussi pour les Irakiens qui ne demandent pas grand chose que de goûter enfin à la liberté qui leur a été promis.

Il est clair que les Etats-Unis doivent changer leur attitude et sortir la tête haute d'un conflit qui ne fait que noircir leur image. Rétrospectivement, ce rapport montre bien que la diplomatie française avait vu juste en refusant de s'engager dans la campagne irakienne. Il faut reconnaître cela au président de la République d'avoir dénoncé la campagne irakienne, parlant aorès coup, d'une boîte de Pandore qu'on a ouverte. Aussi, l'administration Bush, si elle souhaite remporter la guerre contre le terrorisme et pour la démocratie - notamment dans le Proche-Orient - ne doit pas utiliser les méthodes de ceux qu'ils combattent et mettre en avant un idéal, comme les Etats-Unis ont tant réussi à faire face à l'ex-URSS. Cette méconnaissance de la région et l'échec de la campagne irakienne est quelque peu fâcheuse et ne fait que renforcer des groupes et des régimes qui chaquent jour ne font que conspuer la liberté et la démocratie. Les Etats-Unis doivent retrouver un idéal et s'y conformer et utiliser d'autres armes que celles utilisés par leurs ennemis si ils veulent l'emporter. 

par Gilles publié dans : International
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Vendredi 8 décembre 2006

Hier à Porto (Portugal), s'est ouvert le congrès du Parti Socialiste Européen (PSE) en compagnie de Ségolène Royal, candidate socialiste à la présidentielle.

Ségolène Royal en compagnie du premier ministre portugais, José Socrates, lors du congrès du PSE à Porto (Portugal), hier

Son accueil fut quelque peu chaleureux, la plupart des responsables des autres partis socialistes ou sociaux-démocrates d'Europe faisant un peu plus connaissance avec l'actuelle députée des Deux-Sèvres. A ce titre, les propos ont été quelque peu positifs, José Socrates [premier ministre du Portugal, ndlr] déclarant à son encontre : "Nous sommes tous derrière toi [...] Ne te fâche pas quand on dit tu n'es pas de gauche, j'ai moi aussi entendu la même chose, tout comme Mitterrand, Blair, Gonzalez, Soares, tous ces socialistes qui ont fai la fierté de la gauche européenne. Ne te laisse pas impressionner. Nous avons besoin d'une nouvelle voix en France et tu es cette nouvelle voix".

Ségolène Royal est de gauche - pour ceux qui en douteraient encore - et, qui plus est, est une véritable européenne. A Porto, elle a affirmé son attachement à la construction européenne, dans la lignée de Mitterrand et de Delors. Dans son discours d'introduction au congrès, elle a déclaré vouloir remettre l'Europe en mouvement. A ce jeu, elle a annoncé la couleur, en s'en prenant à Jean-Claude Tirchet, président de la Banque Centrale Européenne, à propos de la politique monétaire, consacrant un Euro fort et des taux d'intérêts élevés.

Les sceptiques diront que Ségolène Royal fait preuve d'opportunisme sur la question européenne. Pour autant, est-ce faire preuve d'opportunisme, lorsqu'on affirme, enfin, ce qui paraît comme une évidence à propos de la BCE ? Ségolène Royal - et j'en suis persuadé - ne fait de déclarations à la légère lorsqu'elle s'en prend à la BCE proposant ainsi un retour sur son statut d'indépendance vis-à-vis des gouvernements. Nos adversaires répliqueront : "Oui, le Traité de Maastricht impose la règle de l'unanimité pour toute modification à venir du statut de la Banque Centrale". Cela est vrai. Mais, je considère en même temps, qu'il faut, au préalable, faire preuve de courage politique en affirmant, dès aujourd'hui, qu'il faudrait d'ores et déjà, réfléchir au statut actuel de la BCE.

Séoglène Royal semble tirer les leçons du référendum négatif du 29 mai 2005 et il faudrait la conspuer pour cela ? Est-ce une hérésie de vouloir "remettre l'Europe en mouvment" comme elle le dit ? Est-ce une honte de vouloir afficher de nouvelles ambitions pour relancer une construction européenne si nécessaire à tous ? Les Jeunes Populaires accusaient encore Ségolène Royal de "démagogie" Que propose Nicolas Sarkozy pour relancer la construction européenne ? Un "mini-traité" ratifié par le Parlement, ceci au mépris du verdict des Français.

Ségolène Royal est véritablement européenne et ce depuis longtemps. Seulement, elle considère - comme moi d'ailleurs - que la construction européenne ne peut plus se faire sans la participation des citoyens que nous sommes. Je ne crois absolument pas que les gens rejettent l'Europe. Ils ne rejettent ce qu'ils ne connaissent pas ou très mal. Charge désormais au successeur de l'actuel président de la République, de réconcilier les Français avec l'idée européenne.

Je suis profondément européen, et avec notre candidate, je n'ai pas d'inquiétudes à avoir, ces aspirations européennes ne sont en aucun cas en contradiction avec les propositions du projet socialiste - qui propose une renégociation du Traité sur une base institutionnelle uniquement. Ségolène Royal fait preuve de lucidité et de courage politique tandis que le président-ministre-candidat de l'UMP (il cumule tellement de fonctions que j'en perds le nord, parfois) ne se limite qu'à un "mini-traité" pour relancer l'Europe. Si c'est cela son ambition pour l'UE, cela promet pour sa "France d'après"

La France a une carte à jouer depuis le 29 mai 2005 et la construction européenne ne peut suivre son cours sans elle. Elle ne peut se faire sans les citoyens et Ségolène Royal l'a bien compris et ce sans aucun opportunisme même à propos de la Turquie. A ce titre, elle est favorable à l'adhésion de cette dernière - même si on peut lui reprocher son manque de clarté. Seulement, lorsqu'elle déclare que sa réponse sera celle du peuple français, c'est tout simplement qu'elle s'engage si elle est élue de respecter le verdict des urnes d'un référendum qui de toute façon n'arrivera pas avant longtemps. Mais ça, c'est une autre histoire.

par Gilles publié dans : Actualité politique
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