Dimanche, 18h50. Je suis chez mes parents et regarde la soirée électorale. Sans grande passion, sans grand suspense. D'ailleurs, en allant accompagner mon père à son bureau de vote
ce matin, j'ai pu constater que ce dernier était bien vide. Apparement, cette élection ne succite vraiment pas les foules. Les jeux sont faits ? Vraiment ? Moi, je dirais qu'il y a sans doute une
certaine lassitude. Sans doute.
Sur France 2, c'est David Pujadas et Elise Lucet qui animent la soirée électorale. On communique une première donnée. C'est l'absention. 39% Un record ! Triste record qui montre que les
législatives sont passées au second plan de notre vie politique et que celles-ci sont plus un vote de confirmation. D'ailleurs, comment juger une politique alors que le président de la République
n'est en fonction que depuis un mois à peine ?
Aussi, je regarde la soirée sans grand suspense. La seule inconnue pour moi, c'est le score de mon parti, en espérant qu'il soit équivalent à celui réalisé par Ségolène Royal au premier tour de la présidentielle en dépit d'un taux d'absention hyper élevé. La réponse vient finalement à 20 heures précises.

Infographie : résultats du premier tour des législatives en pourcentage de voix (www.lemonde.fr)
S'en suit alors la projection en sièges :
Infographie : projection en sièges de la composition de l'Assemblée nationale à l'issue du premier tour (www.lemonde.fr)
A la vue des résultats, je ne peux de m'empêcher de penser aux commentaires des différents analystes politiques. Durant la soirée, on a voulu insister sur une soi-disante vague
bleue. S'achemine-t-elle réellement ? Bon, ne faisons pas la fine bouche, l'UMP détiendra à elle-seule, la majorité absolue à l'issue du second tour le 17 juin. Toutefois, cela me fait bien rire
: comment pouvons-nous parler de vague bleue lorque l'UMP recueille en voix 43 % des suffrages alors que dans le même temps, l'abstention a atteint des sommets ? Alors, les personnalités de l'UMP
nous sortent que les Français ont voulu apporter un message de confiance et de soutien à la politique menée. Mais quelle politique menée quand on sait que rien de concret n'a été fait depuis le
17 mai dernier ?
Toujours est-il que je suis frappé par la composition de cette asssemblée. Comment expliquer de l'UMP recueille 43 % des voix et puisse détenir jusqu'à 70 % des sièges à l'Assemblée alors que
dans le même temps, le Nouveau Centre (nouveau parti de godillots centristes ralliés à Sarkozy moins par convictions mais beaucoup plus par survie politique) recueille 2,2 % des voix et aura
probablement un groupe parlementaire à la différence du Mouvement Démocrate qui totalise 7,3 % des suffrages mais n'aura qu'au maximum que 4 députés dans la nouvelle assemblée ?
La réponse n'est pas à chercher entre midi et quatorze heures. Ces situations ne sont que la conséquence d'un mode de scrutin que je trouve de moins en moins équitable et démocratique et qui fait
bien l'affaire des grandes formations. A ce titre, le PS s'est prononcé depuis longtemps pour l'introduction de la proportionnelle à l'Assemblée. Moi, j'irai plus loin en me prononçant pour une
proportionnelle totale même si pour cela, il faut accepter des indésirables tel que les extrêmes. Mais, c'est la loi de la démocratie.
Au fil de la soirée, je me suis rappellé des belles paroles de la majorité sortante : "rupture", "renouveau politique", etc. etc. J'ai surtout vu une UMP toujours fidèle à elle-même et à l'image
du président de la République : arrogante, triomphaliste et assez peu respectueuse de ses adversaies. Ca promet à l'intérieur du Palais Bourbon pour les cinq prochaines années. Et pour preuve de
ce que j'avance, je reprendrai les paroles de Rama Yade, secrétaire nationale chargée de la Francophonie à l'UMP : "Il ne faut pas vendre la peau de l'ours, en l'occurrence de l'éléphant,
avant de l'avoir tué" [et] "on peut faire également chez nous la Révolution orange ainsi que le Grand Soir" Tout est dit et on devine facilement l'état d'esprit des
sarkozystes.
Ainsi donc, la nouvelle assemblée aura à sa tête un parti dominant, véritable béni oui-oui à la politique de Nicolas Sarkozy. Quant au PS, même si il faut attendre dimanche prochain, je considère
qu'on est en mesure de sauver les meubles et ce, en dépit de tous ceux qui tentent de nous faire la peau. La France a besoin d'une opposition forte auquel cas, l'Assemblée ne serait plus qu'un
lieu d'enrengistrement et de supporters de la politique du président de la République.
Une seule satisfaction néanmoins : le score du FN exceptionnellement bas : 4,6 %. A ce titre, certains se risquent à parler de déclin, voire de fin du parti de Jean-Marie Le Pen. Toutefois, je
reste prudent. Je dirais même plus qu'il serait une erreur de considérer le FN comme marginal désormais. Il suffit de voir où sont passés la plupart de ses électeurs...
PS : au moment où j'écris cet article, il m'est impossible de connaître les résutats des candidats que je soutiens. Mais pas de panique, je vous les communiquerai demain dans la journée.

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