Cette rubrique - comme son nom l'indique - est principalement consacrée à plusieurs sujets politiques ou internationaux que je n'ai pu traiter au moment de leur évocation mais qui me tiennent à coeur de commenter tant qu'ils gardent un certain intérêt.
Sur ce, je vous souhaite une bonne lecture!
Gilles
Le Pen prêt à pardonner Brutus !
Jean Marie Le Pen, président du FN
Vendredi 1er septembre au CROUS de Paris. En pleine paperasse administrative avant le départ pour Grenoble. Une file d'attente immense a raison de ma patience et je ne peux que serrer les dents en lisant Libération. Rubrique "Politiques". Tiens! On parle alors de l'extrême-droite.
Le leader du Front national, Jean Marie Le Pen, dans la perspective de 2007 pourrait se rapprocher du numéro 1 du Mouvement National Républicain, un certain... Bruno Mégret, ancien numéro 2 du FN.
L'heure est au Grand pardon au sein de l'extrême-droite anti-républicaine, Jean Marie Le Pen estimant qu'il est à absourdre son ancien héritier "si c'est le prix à payer pour sauver la France" déclare-t-il. On efface tout et on recommence! On oublie la scission de 1998 et les noms d'oiseaux que se sont lancés Le Pen et Mégret. A cette époque et à l'issue d'élections régionales décevantes, l'ancien numéro 2 critique d'une façon viriluente la direction du FN menée par le patriache Le Pen. Ces propos provoquent alors une fronde au sein du parti d'extrême droite menant inévitablement à la scission, Le Pen déclarant au passage : "Je ne recevrais pas la mort du petit Brutus [Bruno Mégret, ndlr]. Moi je sors mon épée et je tue Brutus avant qu'il ne me tue.» De son côté, "Brutus Mégritus" compare Le Pen à "Naboléon" et s'en va créer un nouveau parti.
Ce rapprochement ne fait pas l'unaminité au sein du parti frontiste. En effet, certains s'interrogent sur l'opportunité d'un tel lien d'autant plus que politiquement parlant, le MNR est un mouvement à l'échelle groupusculaire. De fait, le patron du FN voit dans le MNR un vivier à suffrages majeur. Contrairement à 2002, Le Pen est, dans le domaine de l'intolérance et du rejet d'autrui, en concurrence directe avec le président du Mouvement Pour la France, Philippe de Villiers sans compter que face à la politique musculée en matière de sécurité et d'immigration menée par le ministre de l'Intérieur, l'homme de 78 ans tente d'exister et faire entendre sa spécificité. Aussi, Le Pen se veut comme un recours mais aussi un rassembleur en espérant mettre sous sa bannière tout ceux qui se sentent proches de ses idées.
Cela va sans dire que le capitaine du "Paquebot" [siège du FN à Saint-Cloud (92)] joue stratégique. Pour autant et avec du recul, je ne peux m'empêcher d'évoquer la question suivante : info ou intox? Autrement dit, Le Pen cherche-t-il à se rapprocher avec son (ex - ) pire ennemi car il est en perte de vitesse - il aurait du mal à réunir les 500 parrainages nécessaires, dit-on - ou parce que c'est un moyen de parler de lui et de se montrer comme un recours à l'extrême droite de l'échiquier politique à l'attention du "vicomte" de Villiers? Il en va sans dire qu'à huit mois une échéance capitale, l'extrême droite commence à abattre ses cartes et profile peu à peu sa stratégie. Aussi, il faut avoir l'oeil, et le bon face aux petits arrangements entre frères ennemis de l'extrême-droite anti-républicaine.

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