La présidentielle me prend pas mal de mon temps, il faut l'avouer et j'ai un peu de mal à me concentrer d'une part sur mes cours - je suis censé réviser - et d'autre part, à me consacrer à d'autres sujets d'actualité. Toutefois, il me tenait à coeur de parler de la Turquie et de la gigantesque manifestation qui s'est déroulée à Istanbul, samedi dernier pour la défense de la laïcité.
Des partisans d'une Turquie laïque manifestent à Istanbul, avec drapeaux et bandeaux aux couleurs du kémalisme, le 29 avril 2007. (www.lemonde.fr)
J'admire ces manifestants pour la défense d'un principe qui est largement inspiré du notre tout en étant éloigné. Je m'explique : en Turquie, la laïcité est le fer de lance, le socle fondateur de la République moderne fondée par Mustafa Kemal Ataturk en 1923. Dans sa pensée, la laïcité devait servir de moteur à la modernisation du pays et à son occidentalisation. Elle constitue donc une rupture avec l'Empire ottoman et l'Islam qui n'est interdit mais qui est relégué dans la sphère privée. La nation turque s'est construite à partir de ce principe de laïcité, principe plus ou moins mis en cause par les musulmans modérés au pouvoir depuis novembre 2002.
Néanmoins, il faudrait nuancer car si certains Turcs, proches du kémalisme - que l'on pourrait associer à la gauche laïque par opposition aux musulmans modérés du PKK, proches des conservateurs - il faut quand même rappeler que le gouvernement de Recep Tayyip Erdogan a tout de même mené des réformes importantes telles que l'abolition de la peine de mort afin de se conformer aux critères de Copenhague, indispensable pour que la Turquie intègre l'Union Européenne. Aussi, je reste quelque peu déconnecté face à l'inquiétude des Turcs face à la possibilité qu'un musulman modéré puisse accéder à la magistrature suprême, autrement dit, à la fonction de président de la République.
Cette fonction est symbolique mais justement, c'est parce qu'elle est symbolique que certains Turcs s'inquiètent, pensant à une menace pour la laïcité. Comme je vous l'ai dit, la laïcité est le ciment de l'identité et de la nation turque actuelle. C'est un gage d'ouverture envers l'Occident et qui plus est, la monnaie d'échange, la garantie pour accéder au rêve européen. L'armée turque est la garante de la laïcité, ce qui peut toujours surprendre, notamment chez nous.
Aussi, les Turcs doivent se battre pour la laïcité, pour leur laïcité, ce qui me paraît essentiel que la Petite anatolie intègre l'Union Européenne.
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