L'histoire
se répète, comme on dit souvent. C'est encore le cas aujourd'hui à l'occasion de cette législative. La preuve avec la création d'un nouveau parti : Nouveau Centre - Parti social libéral
européen, parti fondé par des... UDF ralliés à Nicolas Sarkozy.
Le ministre de la Défense UDF-NC Hervé Morin, lors de la présentation de son nouveau parti (www.nouvelobs.com)
En 2002, Jacques Chirac avait été réélu président de la République et décide dans la foulée de sa réélection de créer un grand parti de la droite et du centre. C'est donc la création de l'Union
pour la Majorité Présidentielle (qui deviendra l'Union pour un Mouvement populaire en novembre de la même année) qui a pour but d'englober le RPR et l'UDF. Toutefois, François Bayrou, à l'époque
président de l'UDF a refusé d'intégrer le nouveau parti par crainte d'être marginalisé à l'intérieur de celui-ci. Craintes quelques peu confirmées puisque les 2/3 des parlementaires centristes
décident de quitter le parti de François Bayrou pour l'UMP. Parmi eux, Philippe Douste-Blazy, Jean-Claude Gaudin, Jean-Louis Borloo. Malgré tout, l'UDF tient bon et au soir du second tour de la
législative de juin 2002, l'UDF conserve 28 députés sur les 109 précédemment.
Si je
raconte cela, c'est qu'en 2007, on assiste à un véritable remake qui a pour seul objectif : tuer Bayrou politiquement. C'était d'ailleurs l'objectif affiché il y a cinq ans. Là, c'est un peu plus
explicite : Le Nouveau Centre se veut autonome et ce, sans renier jure-t-on du côté d'Hervé Morin, l'ancien lieutenant de François Bayrou. Balivernes ! Même si leur démarche est sans doute
sincère - ces derniers voulant conserver l'alliance classique avec la droite républicaine - il n'en demeure pas moins qu'une telle initiative sert uniquement à l'UMP et donc à Nicolas Sarkozy qui
cherche à marginaliser un François Bayrou qui fort de ses 19% à la présidentielle, pourrait devenir gênant. D'ailleurs, je reste assez frappé par le fait que ce parti à peine créé pourrait
recueillir un groupe parlementaire à l'Assemblée nationale tandis que le Mouvement Démocrate de François Bayrou à peine cinq sièges dans le meilleur des cas. Autrement dit, l'UDF-NC serait une
force d'appoint et véritable bénet oui-oui centriste au service de Nicolas Sarkozy.
Ainsi, cherche-t-on à assassiner une nouvelle fois le centre, ce qui permettra à la droite UMP d'être hégémonique au Palais Bourbon et ce sans opposition. A mon sens, l'initiative de Morin,
Santini et autres centristes ralliés au chef de l'Etat est vouée à l'échec tant que ces derniers vont se retrouver englués dans une droite au service de Nicolas Sarkozy. La stratégie d'ouverture
qu'affiche hypocritement l'UMP n'est qu'éphémère et il n'en demeure pas moins que les centristes ralliés deviendront les dindons de la farce.
Au risque de surprendre certains d'entre vous, il me semble essentiel pour le bien de la démocratie que le Modem soit suffisamment respecté et représenté à l'Assemblée. En effet, je ne
comprendrais pas que l'on fasse 19 % à l'Assemblée et qu'on ait quasiment aucun représentant à l'Assemblée. Mais j'oubliais ! Sous l'Etat-UMP (je devrais dire l'Etat-Sarkozy) un bon opposant
ferme sa gueule ou... ferme sa gueule (et entre dans le rang) Aussi, si il est encore tôt pour conclure à un recomposition du centre en deux pôles - un pôle droit (UDF-NC) et un pôle
progressiste, voire de gauche (UDF-Modem)... les prochains mois nous donneront sans doute une première indication.
PS : Bénédicte, si tu devais passer par mon blog, tu serais plutôt Modem ou NC ? Autrement dit, Bayrou ou Morin ? (RIRES)
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