Des nouvelles de Ségolène
Mercredi 18 juillet
Je suis enfin arrivé au Japon. Bon, ne m’en voulez pas mais si j’ai un peu traîné c’est en raison du récent séisme qui a eu lieu sur l’archipel et qui a touché une centrale nucléaire. Apparemment, il ne devrait pas avoir de danger d’après les autorités et la direction de la centrale. Enfin, passons.
J’en profite pour me promener dans les rues de Tokyo, cette mégapole de plus de 29 millions d’habitants. Je me promène dans ce pays quelque peu déroutant et passionnant en attendant de pouvoir faire un article sur la jeunesse nipponne, une jeunesse en perdition.
Je suis quelque peu émerveillé car Tokyo est tel que je l’imaginais notamment dans les mangas et les films d’animation. Mais bon, ce n’est pas tout, il faut que je m’informe. Aussi, je me rends dans un des nombreux cybers café de la capitale ouverts jours et nuits. Une (très) rapide connexion à Internet et me voici sur la toile.
En navigant sur le site du Monde.fr, j’apprends que Ségolène Royal avait récemment fait une réunion
avec plusieurs de ses fidèles et membres de son équipe de campagne durant la présidentielle à l’Assemblée nationale. Une réunion de travail dans laquelle étaient présents des personnalités de la
société civile dont Olivier Duhamel, le fameux constitutionnaliste et professeur à l’IEP de Paris.
Décidément, Ségolène Royal n’est pas une personnalité politique comme les autres. Elle aurait très bien pu se dédouaner de la défaite qu’a connue ma formation au printemps dernier, tout comme l’ont fait certains de mes camarades socialistes. Mais non ! Elle a décidé d’assumer et surtout de réfléchir à cet échec. J’aime bien cette démarche car c’est de ses échecs qu’on arrive à avancer et repartir de l’avant. Au moment où le monde tente d’accabler Ségolène Royal, je trouve qu’elle adopte une attitude digne et remarquable. Elle aurait très bien pu se raccrocher à quelconque enjeu politicien en voulant – pourquoi pas – rester à l’Assemblée nationale. Elle aurait, en effet, très bien pu se représenter à nouveau et d’ailleurs, elle aurait été aisément réélue. Néanmoins, Ségolène avait été claire en juin dernier : elle ne siègera pas à l’Assemblée nationale en raison d’un cumul de mandats, c’est ce qu’elle a fait.
Ségolène Royal a souvent – il faut bien le reconnaître – dérouté le PS notamment de par ses déclarations ou propositions. Cela a bien souvent secoué les plus orthodoxes d’entre nous. Toutefois, je considère qu’elle a donné un coup d’accélérateur important dans le cadre du renouveau du parti. A ce titre, on l’a souvent traité de tous les noms, on l’a accusé de toutes les magouilles et depuis sa défaite, certains aimeraient la voir morte politiquement. On peut comprendre leurs inquiétudes car la période 2007 – 2012 est une période où il est fort probable que l’actuelle présidente de la région Poitou-Charentes jouera les premiers rôles.
Ségolène Royal aura de toutes façons, un rôle clé dans le processus de rénovation du PS d’autant plus qu’elle se remet en cause sans concessions. Certains diront qu’il est bien tard pour effectuer une telle tâche. Mieux vaut tard que jamais dirons nous ! En ce qui me concerne, je considère toujours que Ségolène Royal peut apporter un sang neuf au PS et à sa boîte à idées. Bien évidemment, il ne s’agit pas de rejeter notre passé mais ce cesser une certaine schizophrénie qui veut que l’on place le curseur à gauche quand on est dans l’opposition et au centre quand on accède aux responsabilités.
Ségolène Royal aura un avenir tout aussi important au sein au PS que ceux qui pensent qu’elle est politiquement morte se trompent lourdement et feraient bien mieux de faire preuve de mesure. En effet, il ne faudrait surtout pas oublier que les traversées du désert que De Gaulle, Mitterrand, Chirac Sarkozy et même (dans une moindre mesure) de Jospin ont été le prélude à une reconquête du pouvoir sans précédant. Aussi si l’ancienne députée des Deux-Sèvres connaît un moment difficile – ce que peut se comprendre après une campagne présidentielle où elle a donné de sa personne – il n’en demeure pas moins qu’elle ne compte pas sans arrêter là. Toutefois, avant une probable candidature à la tête du Parti socialiste, prélude à une candidature à l’élection présidentielle de 2012 (qu, à mon sens, sera loin d’être un remake de 2007), Ségolène Royal doit apprendre de ses erreurs. C’est en cela, qu’elle apportera beaucoup au renouveau de mon parti et de mon camp.
Alors, j’entends certains m’accuser de « Ségolisme ». A cela, je leur répondrais : « Je suis socialiste avant tout et c’est cela qui compte ». Peu importe de toute façon ! Je profite de la beauté du mont Fuji et quitte le cyber café pour me rendre sur un lieu bien fréquenté des jeunes nippons, des jeunes nippons plus ou moins désenchantés en raison d’un Japon en crise. Mais cela, c’est une affaire à suivre.
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