Si vous souhaitez vous établir dans l’Ouest Parisien, département des Hauts de Seine, j’ai une excellente annonce qui peut vous intéresser :
« Parti politique vend siège national à Saint-Cloud non loin de
la ligne 2 du Tramway. Prix à débattre. Urgent ! »

Le Paquebot, siège du Front national à Saint-Cloud (92)
Si cela vous intéresse, il suffit de lire les dernières unes de nos chers quotidiens dont Le Parisien qui est à l’origine du scoop : Jean-Marie Le Pen, le président du Front national est sur le point de vendre le siège de son parti en raison de graves difficultés financières.
Les difficultés s’accumulent pour le leader du parti frontiste et ce jour du 22 avril qui a vu la stratégie de Nicolas Sarkozy porter ses fruits. Souvenez-vous : au soir du premier tour de la présidentielle, Jean-Marie Le Pen n’avait recueilli qu’environ 10,8% des voix, ce qui était en deca des 16,5% qu’il avait enregistré au premier tour de la présidentielle de 2002. Résultats des courses : un FN quasiment inexistant depuis bientôt cinq mois et un Jean-Marie qui voit son leadership ouvertement remis en question notamment par les cadres de la formation.
A titre personnel, je reste prudent qu’on évoque la fin des années Le Pen. A première vue, on peut se réjouir de l’absence de Jean-Marie Le Pen dans les débats. D’ailleurs, on semble remercier le chef de l’Etat de s’être débarrassé du leader frontiste de 79 ans. Toutefois, si l’ancien député de Paris (1986 – 1988) semble avoir disparu de la scène médiatique, il n’en demeure pas moins qu’il reste au fond le grand gagnant de ces dernières élections. En effet, depuis quelques semaines, ce sont bien les idées du parti d’extrême droite qui sont appliquées par une droite décomplexée qui se veut républicaine. Dès lors, ce que la droite gaulliste et le centre-droit déclaraient de scandaleux du temps de la « splendeur » du Front national – les tests ADN, un ministère de l’immigration, etc. – voici que la droite sarkozyste applique cela, sans que cela ne choque personne !
Marine et Jean-Marie Le Pen, au
soir du premier tour de la présidentielle, le 22 avril dernier (www.liberation.fr) A maintes reprises, on s’est excité sur la fin du Front national et ce depuis les origines de ce mouvement en 1972. A maintes reprises, on a pensé que durcir le
discours sur l’immigration et la sécurité suffiraient à envoyer ce parti aux oubliettes. Et comme toujours, on a fait des conclusions trop hâtives. Pour preuve, les propos de Fadela Amara – lors
du forum « Vive la politique » de Libération qui s’est tenu en septembre dernier à Grenoble – qui se félicitait que son nouveau patron – Nicolas Sarkozy – ait fait sensiblement baisser
le score du FN. A ses propos, l’assistance n’a pas tardé à lui rappeler que les électeurs frontistes sont tout simplement passés du côté de l’UMP (enfin, c’est une façon de parler !) et
qu’il fallait se montrer prudent !
Et ce d’autant plus que le FN et Jean-Marie Le Pen ont à maintes reprises montré leur capacité à rebondir. En 1999, le parti frontiste subissait une grave scission entre lepénistes et mégrétistes. A cette époque-là, on criait également à la fin du FN. Ce qui n’a pas empêché le 21 avril, quatre plus tard ! Dès lors, crier « victoire » quant à la fin du FN me prématuré et je dirais même plus, au risque de choquer certains, « indécent ».
Oui, cela est quelque peu indécent lorsqu’on s’aperçoit que l’UMP n’hésite pas à stigmatiser des populations contre une autre et à faire dans l’émotionnel et le fait divers pour fidéliser les électeurs frontistes récemment convertis au sarkozysme. Si le sarkozysme consiste à recycler les idées du FN alors, l’UMP version Sarkozy aura du souci à se faire dans la mesure où le président de la République joue un jeu dangereux : appliquer les idées du FN, c’est risquer de remettre en question nos principes républicains et écorner notre réputation de patrie des droits de l’Homme, ne pas le faire, c’est voir les électeurs frontistes retrouver la maison-mère. Et faire un tel choix, cela montre qu’on est tombé bien bas !
Dès lors, attendons voir, les prochaines élections nationales de 2012 et là, nous verrons si Le Pen et toute sa clique sont bien morts et enterrés !
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