En faisant les courses avec mon père au centre commercial Rosny II, voilà que je tombe sur la une du Parisien. Une « une » quelque peu étonnante puisqu’à la question « souhaitez-vous l’organisation d’un nouveau référendum à propos du Traité simplifié ? », 61% des sondés répondent « Oui ». Si un référendum était organisé, 68% des personnes interrogées se prononceraient pour le « Oui », au traité de Lisbonne.

Sommet de Lisbonne, octobre 2007 (www.lefigaro.fr)
Je suis resté quelque peu silencieux quant à ce fameux traité simplifié qu’on appelle désormais, le traité de Lisbonne. Certes, il permet à l’Union Européenne de repartir sur de bons rails et d’avancer vers une union politique, c’est ce que je souhaite de tout cœur. Qui plus est, la fameuse partie III – celle qui posait le plus de souci dans le feu Traité établissant une Constitution pour l’Europe – a été tout simplement écartée. Enfin, on a gardé l’essentiel : une présidence de l’Union Européenne (ce qui est mieux que cette stupidité de présidence tournante) et un Haut représentant de l’Europe pour les Affaires étrangères.
Alors je devrais m’en réjouir et l’Européen fédéraliste qui sommeille en moi devrait tout simplement dire « Oui » au traité de Lisbonne tant que ce dernier permet à l’UE de sortir de l’ornière dans laquelle elle se trouve depuis ce fameux 29 mai 2005.
Toutefois, il est nécessaire de se rappeler de ce 29 mai. Ce jour-là, le Traité constitutionnel fut rejeté par 55% de nos concitoyens, le rejet de ce Traité marquant un désamour (ou plutôt un malaise) par rapport à la construction européenne. Le vote négatif du 29 mai a le mérite suivant : que l’Europe ne peut désormais se faire sans les citoyens et que leur décision doit être prise en considération. Alors d’une certaine manière, leur vote a été pris en considération puisque la fameuse partie III a été retirée.
Néanmoins, passer par la voie parlementaire pour ratifier le traité de Lisbonne – comme l’avait déjà proposé le chef de l’Etat lors de la campagne présidentielle – voilà qui ne peut que jeter le trouble et la confusion. En effet, passer par la voie parlementaire, c’est faire comme si le référendum de 2005 perdait de sa légitimité et que la parole du peuple importait peu.
Dès lors, je reste quelque dubitatif devant le traité de Lisbonne. En tant qu’Européen fédéraliste, je pencherais en faveur de la ratification. Toutefois, nos chers responsables politiques semblent – dans la majorité d’entre eux – peu à peu oublier un vote, celui du 29 mai. Il est à mon sens, urgent de le prendre constamment en compte si nous ne voulons être à nouveau surpris par une nouvelle défiance de nos concitoyens.
Aussi, ratifier le traité de Lisbonne, et ce quelque qu’en soit la voie empruntée, ne suffira pas et si « La France est de retour en Europe » comme l’a récemment clamé Nicolas Sarkozy, il n’en demeure pas moins que notre retour fera pschitt si nous – militants et responsables politiques – nous nous n’efforçons pas à réconcilier l’Europe et nos concitoyens. Autrement dit, la transparence et honnêteté doivent être de rigueur.
Aussi, je ne sais pas quoi en penser même si mon cœur et ma raison penchent plutôt pour le traité de Lisbonne. Toutefois, si on continue avec les mêmes méthodes – à savoir des conférences intergouvernementales peu transparentes et démocratiques qui établissent des textes qui s’appliquent à des millions de citoyens européens – on risque d’aggraver un peu plus la défiance de nos concitoyens par rapport à la construction européenne. Dès lors, et je me répète, la transparence doit être de rigueur et la transparence suppose tout d’abord, une mise à disposition au grand public du traité de Lisbonne.
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