Le "Lider Maximo",
Fidel Castro. Hier, Fidel Castro a annoncé son intention de ne plus briguer la présidence cubaine. Ainsi, quitte-t-il le pouvoir après un demi-siècle de pouvoir sans
partage.
Un demi-siècle où il aura verrouillé son pays et serré la vis sur Cuba, réduisant ses opposants au silence.
Un demi-siècle où il aura voulu appliquer la révolution socialiste sans pour autant y parvenir (y avait-il
même cru ?)
Un demi-siècle où il aura humilié les
Etats-Unis. De Kennedy à Bush fils, en passant par Nixon, Reagan et Clinton, les présidents des Etats-Unis successifs auront tenté de le renverser, de l’asphyxier, sans résultat malgré la très
forte présence de la diaspora cubaine présente notamment en Floride.
Un demi-siècle où il aura marqué l’Histoire malgré tout : à l’origine de la crise de Cuba en 1962, il
s’est rallié au bloc soviétique sans avoir été incapable – ou suffisamment lucide, c’est selon – de prévoir l’essoufflement de l’idéologie communiste.
Fidel Castro en
compagnie de son frère Raul qui assure l'intérim depuis juillet 2006 et qui le succède au pouvoir. Fidel Castro est un homme charismatique et qu’on l’aime ou qu’on le déteste, il
faut bien reconnaître que c’est quelqu’un de spécial. Un homme aux facettes multiples, révolutionnaire dans l’âme même si le pouvoir l’a un peu embourgeoisé. Un homme capable de faire des
discours interminables – avant lui, le Turc Mustapha Kemal Atatürk en faisait autant ! – tout en tenant tête aux Etats-Unis.
D’ailleurs, cela me rappelle l’affaire du petit Elian en 1998, un Cubain de dix ans qui fut rescapé d’un naufrage alors qu’il immigrait clandestinement avec sa mère et son beau-père vers les Etats-Unis. Recueilli par sa famille de Floride, le petit garçon fut l’objet d’une lutte diplomatique entre Washington et La Havane, le père biologique réclamant que son fils lui soit rendu. Après quelques semaines, la justice américaine donna raison au père. Cette affaire n’a l’air de rien mais est, mes yeux, un symbole de l’opposition entre les Etats-Unis et Cuba.
Toujours est-il qu’une page se tourne à Cuba. Fidel Castro a certes laissé le pouvoir à son frère Raul mais nous savons tous que rien ne sera plus comme avant et même si le frère cadet durcit le régime, l’envie d’une libéralisation se fera encore plus sentir tant qu’elle est désormais à portée de main. Malgré tout, Fidel Castro reste qu’on le veuille ou non, un modèle notamment en Amérique latine et cela est indéniable. Le président brésilien Lula, le président colombien Chavez, le président bolivien Morales… tous se réclament plus ou moins de Castro et un homme comme Hugo Chavez cherche à reprendre le flambeau laissé par le leader cubain.
Oui, une page se tourne : s’ouvre désormais, l’heure des incertitudes.
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