Mieux vaut tard que jamais. Ces jours-ci, je n’ai pas tellement le temps de me consacrer à mon blog, partiels et rédaction de mon mémoire oblige. Toutefois, je ne pouvais pas ne pas commenter le décès d’Aimé Césaire et lui rendre, de façon tout à fait modeste, hommage.
Aimé Césaire a été, est et restera un grand poète français, le père du concept de négritude, autrement dit, la fierté d’être noir. Homme de lettres, ayant fait sa prépa au Lycée Louis le Grand en 1931 en compagnie de Léopold Sédar Senghor – futur président de la République du Sénégal entre 1960 et 1980 – Césaire était un homme qui savait jouer avec les mots et la langue française. Amoureux de sa terre natale, La Martinique, il en a fait plus que sa promotion, il l’a carrément célébré et les Martiniquais le lui ont bien rendu. Ils étaient d’ailleurs nombreux au stade de Dillon, à Fort-de-France, hier pour lui rendre un dernier hommage en présence de nombreuses personnalités politiques de gauche comme de droite dont François Bayrou, Ségolène Royal, les anciens Premiers ministres Pierre Mauroy, Laurent Fabius et Lionel Jospin ainsi que le président de la République, Nicolas Sarkozy.
Homme de gauche, il avait siégé au Palais Bourbon de 1945 à 1993 d’abord sous l’étiquette du PCF puis à partir de 1978 sous l’étiquette socialiste. Par la suite, il fonda sur sa terre natale, le Parti progressiste martiniquais (PPM) et refusa d’entrer à l’académie française. Maire de Fort-de-France de 1945 à 2001, Aimé Césaire était un homme discret et sage mais qui n’hésitaitpas à exprimer ses désapprobations. Preuve en est, il avait refusé de rencontrer Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur en novembre 2005, peu de temps après la crise des banlieues. Par la suite, il avait soutenu la candidature de Ségolène Royal lors de la présidentielle d’avril dernier et fut le président d’honneur de « Désirs d’avenir »
Aimé Césaire repose désormais parmi les siens en Martinique. Personnellement, je pense qu’il aurait du être enterré au Panthéon en compagnie des autres intellectuels et hommes politiques qui ont marqué l’Histoire de notre nation. Car Aimé Césaire « n’appartenait » pas seulement aux Martiniquais, il appartient à la France, qu’elle soit blanche, noire ou beur. Aussi, le Panthéon aurait été un lieu idéal car c’est avant tout, le temple de la République.
Sans doute que les Martiniquais ne sont pas prêts et qu’ils souhaitent tout simplement que Césaire reste parmi eux pour toujours. Seulement, cela me paraît nécessaire que ce grand poète martiniquais rejoigne les Jaurès, Malraux, Hugo et autre Dumas. Cela se fera peut-être un jour. Qui sait !
Toujours est-il que même si l’auteur n’est plus, ses écrits sont là ! Bel et bien immortels.
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