Jacques Chirac, notre ancien président, a fait sensation en déclarant qu’il n’assisterait pas au
défilé militaire du 14 juillet prochain.
Officiellement, aucune raison n’est invoquée. Pour autant, il semble bien que la probable présence de Bachar Al-Assad, le président de la République de Syrie ait motivé l’ancien locataire de l’Elysée à ne pas venir. Il faut en effet préciser que Jacques Chirac est un grand ami de la famille Hariri, dont le père et l’ancien Premier ministre du Liban, Rafic, avait été la victime d’un attentat en mars 2005, attentat dont on accuse la Syrie d’Al-Assad d’en être à l’origine.
A titre personnel, il me paraît juste de la part du chef de l’Etat de boycotter le défilé militaire. En effet, la question n’est pas de savoir s’il faut inviter Al-Assad ou non. Mais l’inviter à participer aux cérémonies du 14 juillet, cela est une faute de mauvais goût et il est clair que Jacques Chirac, ne pouvait pas, cautionner ce que je considère comme un affront à cette journée particulière et hautement symbolique.
De par son attitude, l’ancien président de la République montre qu’il a de la hauteur vis-à-vis de son successeur. Effectivement, il a précisé à plusieurs reprises qu’il ne commenterait pas la politique de Nicolas Sarkozy. Toutefois, cela ne veut pas dire qu’il s’en désintéresse, bien au contraire ! Qui plus est, Chirac exprime clairement sa différence et son désaccord avec le chef de l’Etat, non pas en s’exprimant publiquement – il n’a pas besoin de le faire et il le sait pertinemment – mais par ces petits gestes et attitudes, qui ont l’air anodins mais qui veulent dire, en réalité, pas mal de choses !
Pour illustrer mon propos, souvenons-nous du salon de l’agriculture de février dernier. Lorsque Sarkozy est venu l’inaugurer au Parc des Expositions de la porte de Versailles à Paris, il ne s’est pas seulement illustré en prononçant le désormais célèbre : « Casses-toi pauv’ con ! » mais il a également brillé par sa rapidité. En tout et pour tout, le chef de l’Etat n’est resté que 20 minutes montre en main au salon, montrant au passage toute l’affection qu’il a envers les agriculteurs ! (J’ironise !)
C’est tout le contraire de Jacques Chirac qui se rend dans ce même salon, quelques jours plus tard. Chaleureusement accueilli par les badauds et le monde agricole, il reste pas moins de deux heures à déambuler dans les artères du salon, un peu comme il faisait quand il était au pouvoir. Bref, deux styles mais surtout une façon pour Chirac de marquer sa différence avec Sarkozy et de le dénigrer en se posant comme un homme d’Etat.
Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy, le 10
mai 2007 lors de la commémoration de l'abolition de l'esclavage en France, Jardins du Luxembourg, Paris. Dès lors, l’épisode Al-Asad montre bien que Chirac se met au-dessus du lot et
surtout au-dessus de Sarkozy. A travers cela, l’ancien chef de l’Etat joue à l’homme expérimenté qui cherche à donner des leçons de savoir-vivre et de bon goût diplomatique à un président de la
République qui joue encore à l’adolescent qui teste son nouveau jouet ! Sauf que la République (et par extension), l’image de la France est tout sauf un jouet et on ne peut s’amuser à
égratigner celle-ci en invitant des gens assez peu recommandables, le jour qu’une fête nationale ! (C’est comme si, Georges Walker Bush se décidait d’inviter Kim Jong-Il, le dictateur
nord-coréen aux célébrations de l’Independance Day, le 4 juillet !)
En tout cas, un peu de jugeote ne ferait pas de mal à notre président adolescent qui par sa diplomatie hasardeuse, réduit à néant le peu de crédibilité qui nous reste sur la scène internationale.
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