Nicolas Sarkozy lors du 19/20, lundi 30
juin. Ca y est ! La France a pris le 1er juillet, la présidence tournante de l’Union Européenne et ce, pour six mois. Six mois durant lesquels Nicolas Sarkozy tentera
de faire avancer des sujets importants comme notamment la Politique agricole commune (PAC) et l’immigration.
La tâche du chef de l’Etat devait s’avérer facile : en effet, ce dernier se targuait d’avoir remis l’Europe sur les rails avec le traité de Lisbonne. Néanmoins, le « non » irlandais du 12 juin dernier a bel et bien grippé la machine d’autant plus que les choses risquent de s’aggraver. En effet, profitant du rejet irlandais, la Pologne, de part la voix de son président Lech Kaczynski, jette un pavé dans la mare en déclarant son intention de ne pas ratifier le traité. La République Tchèque pourrait l’imiter, ce qui ne fait qu’embarrasser lourdement les autorités françaises.
Dans ce cadre où les citoyens européens se posent des questions sur le bien-fondé et l’avenir de l’Union, que doit faire la présidence française et donc Nicolas Sarkozy ?
Tout d’abord, arrêter de nous sortir ce fameux slogan : « C’est la faute à Bruxelles ! » Cela devient gonflant et plus nos chefs d’Etat s’exprimeront de la sorte, plus on réduira à néant le peu de crédibilité qu’a encore la construction européenne auprès des Européens. Autrement dit, nos dirigeants politiques doivent prendre une fois pour toutes leurs responsabilités surtout lorsqu’on est à l’origine d’un texte destiné à remplacer la défunte Constitution européenne. Il ne suffit pas de dire : « On a sauvé l’Europe ! », encore faut-il le faire concrètement ! En d’autres termes, si le non l’a emporté en Irlande, ce n’est pas à cause du commissaire européen au commerce, le Britannique Peter Mandeslon, mais bien à cause d’un président de la République française qui n’a pas jugé utile de mettre la main dans le cambouis et défendre le traité de Lisbonne en Irlande, laissant tout le loisir aux eurosceptiques de polluer le débat sur place.
Interrogé hier soir par les journalistes de France 3, Nicolas Sarkozy a parlé d’une « Europe qui protège ». Alors, va-t-on enfin avoir cette Europe sociale dont on parle (surtout les socialistes) depuis des années ? On peut toujours courir puisqu’apparemment, le président et la majorité des Français n’ont pas la même vision de la protection ! A l’Europe sociale, Sarkozy défend son projet phare sur l’immigration avec notamment le renforcement du contrôle des frontières ! Pas de quoi donner une meilleure image de l’UE sur la scène mondiale !
Dès lors, je m’interroge et pour être franc, je n’attends pas tellement grand-chose de la présidence
française. En effet, penser que la France – et donc Nicolas Sarkozy – puisse régler en six mois ce qui est débattu depuis des années, c’est être bien naïf ! Vous direz que j’exagère mais
c’est bel et bien l’objectif de la présidence française qui vient de démarrer. A cela, notons le peu d’enthousiasme qu’elle suscite dans l’Hexagone, ce qui est bien dommage au
passage surtout si le gouvernement préfère gaspiller des millions d’Euros de campagne publicitaire pour nous parler pouvoir d’achat au lieu de promouvoir l’Union
Européenne.
Ainsi, le président de la République a une marge de manœuvre limitée et charge à lui de promouvoir l’Europe de façon positive. Malgré tout, ce n’est pas six mois de présidence française qui vont changer le regard de nos compatriotes sur l’Europe. Non, non ! Tout un travail en amont doit être désormais effectué et si Nicolas Sarkozy semble adorer le service public, il pourrait faire en sorte qu’elle ait plus de moyens pour qu’elle ait une antenne de rédaction digne de ce nom à Bruxelles ! Hé oui, la France, pays moteur de l’UE est l’Etat qui consacre beaucoup moins de temps et d’argent à l’Europe sur le plan audiovisuel par rapport au Royaume-Uni ! En effet, là où France Télévisions peine à avoir une rédaction européenne, une chaîne comme la BBC détient le plus gros bureau à l’étranger.
Cherchez l’erreur !
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