Une fois de plus, l’UMP peut encore faire la belle alors qu’il n’y a vraiment pas de quoi de pavoiser ! En effet, si elle a réussi à faire passer la réforme des institutions (et sans passer par la case référendum, ce qui est une première dans un pays soi-disant démocratique !), ce n’est que par l’intimidation à l’encontre des parlementaires récalcitrants de la majorité et par la corruption (des esprits) notamment envers les parlementaires PRG. Jean-Pierre Baylet qui rêve de faire renaître un parti radical aux abîmes depuis la fin des années 1950, n’aura que les yeux pour pleurer quand il se rendra compte qu’il se fera fait flouer par le président de la République. J’attends ce moment avec impatience, mais enfin passons car ce n’est pas le sujet !
Toujours est-il que la réforme des institutions n’est que le énième épisode d’une stratégie à laquelle s’est employée l’UMP depuis mai 2007 et la victoire de Nicolas Sarkozy. Pour faire simple, je l’ai baptisée, la stratégie de l’étouffement !
Comment fonctionne-t-elle ?
Elle se base sur la personnalité et le rôle du président de la République qui en renforçant ses pouvoirs, brise l’équilibre politique entre majorité et opposition, équilibre que l’on pouvait constater par un dialogue plus ou moins respectueux entre majorité et opposition. En effet, même si les débats peuvent paraître vifs entre droite et gauche, un camp comme un autre n’a jamais franchi la ligne jaune et a toujours plus ou moins respecté l’autre camp. En cela, une certaine règle de l’art était respectée et permettait qu’on est une vie politique normale, du moins sans excès.
Avec l’élection de Nicolas Sarkozy, tout change ! Fini le débat d’idées droite / gauche, voici venu le temps de la bataille idéologique ! Engagée par une droite qui se veut décomplexée, elle s’emploie à mettre à terre, toute réflexion et toute idée en provenance de l’adversaire. Pour cela, tous les moyens sont bons : ouvertures multiples à gauche et au centre, omniprésence du président de la République dans les médias, déballage de la vie privée de ce dernier… tout est bon pour étouffer l’adversaire, ne pas lui laisser le temps de souffler et d’attaquer et ce, pour mieux le tuer politiquement !
C’est en cela que nous pouvons parler d’une stratégie de l’étouffement car depuis plus d’un an, l’UMP fait de tout son possible pour ne pas laisser de répit à son principal adversaire et de reprendre la main et ce, sur fond de matraquage médiatique ! Il n’y a pas un jour où le président de la République ne s’invite dans les débats du moment polluant un peu plus l’espace de discussion entre les principales formations politiques asphyxiant au passage l’opposition qui peine à se faire entendre. Et si le chef de l’Etat ne s’exprime pas, c’est l’UMP et ses porte-paroles (transformés à l’occasion en porte-flingues) qui reprennent le relais à coup d’attaques et de discours assassins avec pour seul but : semer la zizanie et diviser pour mieux régner : ainsi si Frédéric Lefèvre s’est récemment indigné d’une « chasse à l’homme » à l’encontre de Jack Lang, il ne s’est tout de même pas gêné pour suggérer la démission de François Hollande, de son poste de Premier secrétaire du PS (suite à l’adoption de la révision constitutionnelle pour laquelle le parti a voté contre). De tels propos, voilà qui ne peut que semer la zizanie et étouffer le PS en pleine préparation du congrès avec un objectif final : montrer que le Parti socialiste est en déclin et que les Français ne doivent pas compter sur lui pour prétendre diriger le destin de la France à l’horizon 2012.
Face à cela, que peut faire le PS pour briser cette stratégie de l’étouffement ? A première vue, et si on regarde l’ambiance actuelle qui règne rue de Solférino, il paraît difficile de trouver une contre-stratégie et pour s’en convaincre, il suffit de se reporter sur un débat récurrent : la façon de s’opposer à Nicolas Sarkozy.
La situation politique qui prévaut depuis mai 2007 – et j’en aurais terminé avec cet article – nous incite à jouer sans concession notre rôle d’opposant mais pas n'importe comment et surtout pas à n’importe quel prix, et quand je dis pas à n’importe quel prix, j’inclus toute compromission totale ou partielle avec la majorité et ce, pour une raison simple : la culture du compromis ne rentre pas dans la stratégie de la droite qui à pour but final de réduire durablement l’influence et le poids de la gauche afin qu’elle puisse exercer le pouvoir pour une très longue période. Dès lors, afin de remettre en cause cette stratégie dangereuse pour notre vie politique et notre démocratie, il est du devoir du PS de se remettre dans le travail idéologique tout en affûtant les mêmes armes que l’adversaire. Comme on dit, « si tu veux la paix, prépare la guerre », et c’est tout le défi du PS qui dès le lendemain du congrès de Reims devra batailler ferme pour rénover son corpus idéologique, se doter d’un programme et d’un leader respecté et légitimé par le vote des militants pour que ce dernier échappe du piège que lui a tendu l’UMP et Nicolas Sarkozy et qui semble se refermer de plus en plus au fil des semaines et des mois y passent.
Commentaires