Samedi soir, Ségolène Royal a réuni ses partisans et fidèles lieutenants politiques pour un
meeting-concert au Zénith de Paris intitulé « Rassemblement pour la fraternité ».
Dans une ambiance plutôt bonne enfant, l’ancienne candidate PS à la présidentielle de 2007 voulait remercier tous ceux qui l’avaient soutenu durant la précédente campagne, cette dernière
rappelant que la réunion du Zénith était prévue de longue date. Malgré tout, le « Rassemblement pour la fraternité » marquait aussi l’occasion pour Royal de marquer sa différence
avec ses deux principaux rivaux à la succession de François Hollande au poste de Premier secrétaire du PS et de mobiliser ses troupes à quelques semaines d’un Congrès de Reims qui s’annonce comme
essentiel à la fois pour le premier parti d’opposition mais aussi pour l’ancienne porte-étendard des socialistes.
Car en effet, Ségolène Royal sait qu’elle joue gros dans cette affaire que constitue le Congrès de Reims. En clair, c’est quitte ou double : « double », alors elle pourra s’imposer à la tête du PS et prendre une sérieuse option pour la présidentielle de 2012. « Quitte », alors ses ambitions seront durablement contrariées à la grande satisfaction de ses camarades.
La présidente de la région Poitou-Charentes a bel et bien compris cela et si le
« rassemblement pour la fraternité » avait un côté détendu et festif avec la présence musicale d’artistes comme Cali ou bien encore le groupe Trust sans compter les Neg’Marrons, son but
était en revanche clairement politique. En effet, le « Rassemblement pour la fraternité », c’est un peu le prototype de ce Ségolène Royal imagine pour le PS : un parti ouvert,
moderne ou tout le monde est content d’être là ! Cela change pas mal des meetings classiques socialistes plus ou moins ternes à force de traditions et de convenances ! En clair, le
« Rassemblement pour la fraternité » a pour principal but d’être l’antithèse de ce que doit être le PS si Ségolène Royal et sa motion « Tous ensemble, soyons fiers d’être
socialistes » s’imposaient à l’issue du congrès de Reims de novembre prochain. Une manière de dire, qu’elle sera capable de rajeunir le PS en l’ouvrant davantage aux
Français.
Ségolène Royal, comme je l’ai dit précédemment, joue gros dans l’affaire mais au fond use bel et bien d’habileté dans la conquête du PS car là où Bertrand Delanoë et Martine Aubry préfèrent la
tradition et les jeux d’appareil, la présidente de la région Poitou-Charentes opte en revanche pour le contact direct avec les Français. Au fond, elle reste logique dans sa façon de concevoir le
PS et la société française, ce qui lui donne un avantage non négligeable par rapport à ses deux rivaux.
Ségolène Royal en compagnie du chanteur Cali, lors de la campagne
présidentielle de 2007. Toujours est-il que Ségolène Royal reste une personne qui clive notamment à l’intérieur du PS et si personne n’ose se l’avouer, on peut affirmer sans problème
qu’au bout du compte, le destin du PS et celui de Royal sont liés. Car si, elle suscite une vive opposition d’un côté, elle suscite également un large espoir de l’autre notamment du côté de ceux
qui voient en elle, la possibilité pour le Parti socialiste de se redresser, et de se rénover entièrement notamment dans les méthodes et l’idéologie. Ségolène Royal le sait pertinemment tout
comme elle sait pertinemment qu’elle ne pourra pas faire machine arrière dans la course au Congrès. Elle reste bel et bien candidate au premier secrétariat du PS mais est consciente que tout se
joue maintenant.
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