Après quelques jours de disette intellectuelle – hé oui, la vie d’étudiant n’est pas un long fleuve tranquille même à Bruxelles ! –, je reprends la rédaction de mon
blog. Et voilà que je tombe sur un article de Libération assez surprenant.
Dominique de Villepin, ancien ministre des Affaires Etrangères (2002 - 2004) puis de l'Intérieur (2004 - 2005) du gouvernement Raffarin. Premier ministre de 2005 à
2007. En effet, il est fait état d’un possible retour de Dominique de Villepin dans les affaires. C’est en tout cas ce qui est évoqué par certains élus de la majorité à l’occasion des
journées parlementaires de l’UMP qui ont actuellement lieu à Antibes (Alpes-Maritimes). Une nouvelle – si elle est fondée – qui ne manquerait pas de réjouir les proches du dernier Premier
ministre de Jacques Chirac (2005 – 2007) notamment le député du Finistère, Jacques Le Guen qui a déclaré hilare qu’ « avec Villepin dans le gouvernement, nous serions à nouveau dans la
majorité ! »
Alors info ou intox ? Personnellement, je n’ai pas un avis arrêté sur cette nouvelle (ou rumeur) c’est selon seulement pour dire que si une telle information s’avérait crédible, elle serait à
double tranchant aussi bien pour l’ancien chef du gouvernement que l’actuel Président de la République.
Il ne faudrait pas oublier que les deux hommes se détestent cordialement et qu’ils ne se le cachent plus. En effet, Dominique de Villepin s’est longtemps posé comme un défenseur acharné et
romantique du gaullisme et d’une certaine vision de la France qui s’en découle notamment sur la scène internationale, et son intervention fin 2002 au Conseil de Sécurité des Nations Unies lors du
débat sur l’opportunité ou non d’une intervention de l’Iraq nous le rappelle constamment. Autrement dit, on voit mal de Villepin participer à un gouvernement avec un homme dont il ne partage en
rien ses idées et – encore moins – adopte son style, et faire partie de l’équipe gouvernementale l’obligerait à manger son chapeau
Nicolas Sarkozy (à l'époque ministre d'Etat chargé de l'Intérieur et de l'Aménagement du territoire) et Dominique de Villepin (alors Premier ministre) à l'Assemblée nationale
début 2007. De son côté, si la rumeur était fondée, cela permettrait à Nicolas Sarkozy de réaliser un coup politique dans la mesure où il pourrait plus ou moins orchestrer la
réconciliation entre sarkozystes et villepinistes (ces derniers étant les héritiers de Chirac). Du moins en apparence car en réalité, un éventuel retour de Villepin serait un terrible désaveu
dans la mesure où il n’aura pas réussi à imposer sa fameuse rupture tant promise et tant mise en avant. Qui plus est, la stature et le statut de Villepin obligeront le chef de l’Etat à lui
accorder une place de choix dans un gouvernement pour le coup remanié. En effet, les partisans de l’ancien Premier ministre ont prévenu : «Villepin ne veut rien, il ne demande rien, il est
très heureux dans ce qu'il fait. Mais s'il revient au gouvernement, ce ne sera pas pour un secrétariat d'Etat ! Il lui faudrait un périmètre qui couvre toutes ses compétences (Affaires
étrangères, Commerce extérieur et Affaires européennes par exemple)» dixit Jean-Pierre Grand, député de l’Hérault. Simple avis certes, mais clairement explicite de la part des fidèles de
l’ancien locataire de Matignon.
Ainsi, attendons voir ! Rumeur ou indiscrétion ? Pour l’heure actuelle, rien ne permet d’affirmer ou d’infirmer l’une ou l’autre des hypothèses mais si cela s’avérait vrai, on aurait droit à une
situation inédite : une « cohabitation » non pas entre le chef de l’Etat et son Premier ministre mais entre le chef de l’Etat et un de ses ministres-clés ! Car, je vois assez mal Dominique de
Villepin faire la promotion du sarkozysme et de Nicolas Sarkozy, s’il venait à revenir dans le gouvernement. En clair, derrière la volonté d’union nationale affichée par le président de la
République, la guerre secrète entre ce dernier et les héritiers de Chirac risque d’être relancée !
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